mardi 15 septembre 2015

Merkel critiquée après sa volte-face sur les réfugiés

Le Vif


Début de rébellion dans son propre parti et problèmes logistiques mal anticipés: Angela Merkel s'attirait lundi des critiques après sa volte-face sur les réfugiés qui l'a vu passer brutalement de la main tendue au camp de la fermeté.



© AFP

"Le conte de fée est terminé", résume le journal Der Spiegel près deux semaines au cours desquels l'Allemagne et sa chancelière ont voulu donner l'exemple dans le monde en ouvrant grand les portes du pays aux demandeurs d'asile.

Particulièrement embarrassant pour la chancelière, c'est le Premier ministre hongrois, tenant d'une ligne très dure face aux migrants et en conflit ouvert avec Berlin, qui a été le premier à saluer dimanche soir le virage à 180 degrés: il a parlé d'une réintroduction "nécessaire" des contrôles aux frontières.

Dans des termes moins diplomatiques l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Henri Guaino, membre du parti de droite français Les Républicains, a ironisé sur le fait que "ce soit l'Allemagne aujourd'hui qui rétablisse ces contrôles alors qu'il y a quelques semaines Mme Merkel a affirmé vouloir accueillir 800.000 réfugiés".

"Elle l'a fait d'ailleurs sans consulter ses partenaires, sans consulter ses voisins, sans se soucier des conséquences", a-t-il regretté.

Traditionnellement ultra-pragmatique et prompte à ajuster ses choix en fonction des tendances de son opinion, Angela Merkel n'en est pas à son premier changement de cap.

En 2011 après la catastrophe de Fukushima, elle avait ainsi cédé aux écologistes en décidant l'abandon de l'énergie nucléaire, qu'elle promouvait peu avant.

Fronde chez des alliés

Mais sur la question des réfugiés "jamais la chancelière n'avait encore dû changer aussi spectaculairement de politique", constate lundi le quotidien Süddeutsche Zeitung. Angela Merkel "doit reconnaître qu'elle a politiquement mal évalué la situation comme jamais", estime-t-il.

La décision de réintroduire les contrôles aux frontières afin de stopper l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés arrivant des Balkans via la Hongrie et l'Autriche a été prise dans un contexte politique interne menaçant de déraper pour la chancelière.

L'aile la plus conservatrice de sa famille politique, la CSU, branche bavaroise de la CDU, ne se privait plus depuis quelques jours de critiquer la politique compatissante du gouvernement.

"Des mesures efficaces sont à présent nécessaires pour stopper l'afflux" car les limites "sont atteintes", a tonné au cours du week-end son ministre des Transports Alexander Dobrindt, membre de la CSU et donc concerné au premier chef: les réfugiés entrent en Allemagne pour la plupart par la Bavière.

Au sein même de la CDU des signes de dissension sont apparus. Un des cadres du parti, Jens Jahn, a estimé que la politique d'ouverture "encourageait" les réfugiés "à prendre la route de l'Allemagne".

La chancelière a dû aussi essuyer au cours du week-end les critiques des chefs de gouvernements régionaux allemands.

Tous, y compris au sein des Unions chrétiennes de Mme Merkel, ont regretté l'impréparation de la politique d'ouverture aux réfugiés ces dernières semaines, aboutissant à un engorgement des foyers d'accueil.

- MAIS QUE VEUT MERKEL? -

La situation du week-end à Munich a constitué le dernier signal d'alarme pour Berlin.

Pour le deuxième week-end consécutif la métropole a fait face à l'arrivée de près de 20.000 demandeurs d'asile, dont certains ont dû dormir dehors faute de toits et de lits.

Au bout du compte l'opinion allemande ne sait plus à quel saint se vouer. Que veut vraiment Angela Merkel sur les réfugiés?

Début juillet elle donnait l'image d'une chancelière froide et inflexible en expliquant lors d'un débat public à une adolescente palestinienne en larmes que l'Allemagne ne pouvait accueillir toute la misère du monde.

Début septembre elle se faisait prendre en photos tout sourire avec des Syriens dans des foyers. Pour finalement revenir à une ligne ferme.

"Dans ces conditions se pose forcément la question de savoir si la politique allemande sur les réfugiés a été conçue avec la volonté de parvenir à un objectif clair", écrit le quotidien conservateur Die Welt

Avec AFP

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL Y A DEUX EUROPE


Il y a deux Europe, celle de la main tendue qui dit oui aux réfugiés et celle de l’intransigeance qui leur dit non. A train où vont les choses, il n’y aura bientôt plus d’Europe du tout, plus d’euro, seulement des Européens retranchés derrière les murailles de leurs frontières d’avant Schengen.

Le camp de la fermeté a eu raison des états d’âmes de la chancelière. Kroll qui se surpasse résume cela en un dessin cruel mais réaliste : Angela qui dit « willkommen » et ensuite la même qui dit « on ne passe pas ». 


A l’évidence la droite et la droite extrême populiste et démagogue a le vent en poupe. La popularité de Merkel risque d’être balayée par cette tempête, elle aussi du reste ; les réfugiés resteront et leur présence physique de plus en plus visible dans les villes et les villages d’Europe va faire monter les tensions. Willy Claes: «Merkel a été surprise par le fossé entre l’est et l’ouest»L’ancien secrétaire général de l’Otan est très pessimiste sur l’avenir de l’Europe à vingt-huit, commente Le Soir. Il n’est pas le seul. L’avenir s’assombrit comme un ciel de novembre et la lecture des journaux devient un pensum douloureux. Même des sages comme Attali ou le flamand Vermeersch mobilisent les esprits en exhortant à la guerre.

MG

 

 

 

SERGE REYNDERS, CONSEILLER PS, DÉRAPE SUR LES RÉFUGIÉS

Serge Reynders est conseiller au CPAS de Saint-Nicolas. Le parti a lancé une procédure qui pourrait déboucher sur une exclusion.

LE SOIR



L'afflux de réfugiés fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux et les dérapages d'hommes politiques se succèdent. Cette fois, c'est Serge Reynders, conseiller PS au CPAS de Saint-Nicolas, qui se retrouve dans l’œil du cyclone.

Selon nos confrères de La Meuse, le PS a décidé de saisir la commission vigilance du parti pour enquêter sur les propos et les partages de Serge Reynders sur Facebook. Une procédure qui pourrait déboucher sur une exclusion.

Serge Reynders a notamment publié sur les réseaux sociaux: "Les migrants ne paieront pas vos retraites, mais vous allez payer leur chômage, leur logement et leurs mosquées" ou "je rêve d’une Belgique qui s’occupe de ses citoyens d’abord."




COMMENTAIRE DE DIVERCITY


"Les migrants ne paieront pas vos retraites, mais vous allez payer leur chômage, leur logement et leurs mosquées" ou "je rêve d’une Belgique qui s’occupe de ses citoyens d’abord."

Mais bon sang, ça sonne comme une brève de comptoir ou un tweet de Lisbeth Homans, un commentaire de De Wever. On imagine ce conseiller PS offrant une tournée à la maison des huit heures de Saint Nicolas et y récoltant un franc succès.

MG  



 

EU-INNENMINISTER OHNE KONZEPT: EUROPA IN DER SINNKRISE

Ein Kommentar von Markus BeckerBrüssel (Der Spiegel)

Europa droht an der Flüchtlingskrise zu zerbrechenSelbst aufMinimalkompromisse, die lediglich die Symptome des Dramas lindernwürdenkönnen sich die Regierungen nicht einigenWenn schon das nichtgeht - wofür gibt es die EU eigentlich noch?

Drei Worte und ein Fragezeichen gehen einem durch den Kopf, schaut man sichdas Ergebnis des Treffens der EU-Innenminister zur Flüchtlingskrise an: Ist das allesHunderttausende Menschen drängen derzeit nach Europa, viele Tausendsind auf ihrem teils qualvollen Weg umgekommen.

Die Behörden in Italien, GriechenlandUngarn, aber auch in Deutschland undÖsterreich sind zum Teil völlig überfordert mit dem AnsturmInzwischenkursieren Schätzungennach denen eine Million Flüchtlinge kommen werden - allein in diesem Jahrallein nach Deutschland.

KEINERLEI GEMEINSAME LINIE ZU ERKENNEN

Eine Million. Egal, wie genau diese Schätzung am Ende zutreffen wird: 40.000, selbst 160.000 Menschen sind im Vergleich dazu eine lächerliche kleine ZahlZum Lachen allerdings besteht kein Grundwenn man sich vor Augen hältdassdiese eine Grundsatz-Einigung auf die Verteilung von 160.000 Flüchtlingen das Hauptergebnis des Innenminister-Treffens ist.

Das bedeutet nichtdass die EU nun Flüchtlinge zu Hunderttausendenunkontrolliert über die Grenzen kommen lassen sollte. Das schafft in Windeseilemehr Problemeals es löstwie die Bundesregierung mit ihrem jüngstenZickzackkurs eindrucksvoll vorgeführt hat.

Das Problem am Verhalten der EU-Regierungen ist vielmehrdass es keinerleigemeinsame Linie erkennen lässt, die zumindest die Hoffnung auf einelangfristige Lösung der Flüchtlingsmisere wecken könnteDazu müssten die EU-Staaten ihre Außen-, Wirtschafts-, Sicherheits- und Entwicklungshilfepolitikkoordinieren und so genügend Gewicht auf die Waage bringen, um Krisen schonan den Herden anzugehen  und Flüchtlingswellen zu verhindern, bevor sieentstehen.

Das allerdings setzte Einmütigkeit in einem Umfang voraus, der derzeit nichteinmal ansatzweise zu sehen istStattdessen verbeißen sich die Innenminister in die Frageob einige Zehntausend Flüchtlinge nun per bindender Quote oderfreiwillig verteilt werden sollenSelbst wenn sie sich am Ende auf die Quote einigtenwäre das nicht mehr als die Behandlung eines kleinen Teils der SymptomeUnd selbst das scheint ihnen derzeit nicht zu gelingen.

EUROPA, DOCH NUR EIN LOCKERER FREIHANDELSRAUM?

Wer nun die Schuld in Osteuropa abzuladen versuchtsollte sich vor Augenhalten: Die große Mehrheit der Deutschen, die sich derzeit kräftig selbst auf die Schulter klopfen ob ihrer Humanität und Großzügigkeithaben sich erst fürFlüchtlinge interessiertals sie zu Tausenden nach Deutschland strömten. Solange sie in Italien oder Griechenland ankamen und dank des Dublin-Abkommens auch dort blieben, interessierte sich hierzulande kaum jemand fürdas Elend.

Das alles wirft Fragen auf, die den Existenzgrund der EU berühren: Will sie eineStaatengemeinschaft sein, die Probleme gemeinsam angehtauch wenn siemanche Staaten weniger betreffen als andere? Oder will sie eher eine Art lockerer Freihandelsraum sein, dessen Mitglieder in allen wichtigen Fragenallein - und eben auch egoistisch - entscheiden?

Wenn man dem Flüchtlingsdrama überhaupt etwas Positives abgewinnen will, dann vielleicht dieses: Es zwingt die Europäerüber sich selbstüber ihrVerhältnis zueinander und ihr Verhältnis zum Rest der Welt nachzudenken. Und wenn alles gutgehtkommt am Ende eine EU dabei heraus, die Menschen ausguten Gründen anzieht und daraus ihre Stärke bezieht.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY



PAS LE MOINDRE FRÉMISSEMENT D’UNANIMITÉ

Pas le moindre frémissement d’unanimité entre les gouvernements des 28, pas l’ombre d’une ligne ou vision commune en vue de résoudre à long terme cette crise déstabilisatrice majeure des réfugiés. Il faudrait qu’ils commencent par s’entendre sur la possibilité d’une harmonisation de leurs politiques extérieures, économiques, sécuritaires, et d’aide au développement. Que veut devenir l’Europe ? Une fédération d’Etats qui parle d’une seule voix et s’attaque collectivement aux problèmes ou alors une zone molle de libre échange, à l’anglo-saxonne dont les pays membres décident individuellement et égoïstement en fonction de la conjoncture nationale et électorale du moment. La crise des réfugiés est un défi majeur qui va forcer les nations européennes à réfléchir enfin sérieusement à leur destin commun, leurs relations mutuelles et leur positionnement par rapport au reste du monde. C’est loin d’être gagné.

MG


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