lundi 26 octobre 2015

Raz de marée de la droite conservatrice en Pologne

Jurek Kuczkiewicz, à Varsovie

Le Soir

Le parti de la droite conservatrice Droit et Justice (PiS) éjecte la Plateforme civique, le parti de Donald Tusk, du pouvoir. La Pologne risque de redevenir un partenaire moins constructif au sein de l’Union européenne.


Jaroslaw Kaczyns                                                    ©AFP

Peut-on perdre des élections après avoir manœuvré un pays hors de la crise financière la plus grave depuis 1929, lui assurant la poursuite de sa croissance et l’amélioration de son niveau de vie, et après avoir renforcé considérablement l’influence de ce pays dans l’Union européenne ? C’est possible : la Plateforme civique (PO), le parti de Donald Tusk devenu président du Conseil européen il y a un an, vient d’en faire la démonstration spectaculaire en Pologne. Et sa défaite est en même temps une victoire fracassante de Droit et Justice (PiS).

Un raz-de-marée de la droite. Le PiS obtiendrait 39 % des voix (contre 30 % en 2011). Soit un résultat semblable à celui qu’avait obtenu Donald Tusk en 2007, lorsqu’il éjecta le parti de Jaroslaw Kaczynski du pouvoir après deux années de gouvernement chaotique. Mais pour avoir une idée plus juste du glissement à droite opéré par l’électorat polonais, il convient d’y ajouter les 9 % obtenus par la liste de Pawel Kukiz, ex-punk rocker reconverti en patriote catholique et antisystème – oui, cela peut paraître difficile à comprendre – et les 4,9 % de la liste Korwin.

Le PiS est un parti de droite catholique conservatrice, patriote pour ne pas dire nationaliste, qui s’est enraciné dans les campagnes et les petites villes polonaises, devenant le parti des malcontents. Selon les premières indications, il obtiendrait le meilleur résultat dans presque toutes les voïvodies (régions), ce qui lui confère une légitimité incontestable.

L’échec du pouvoir sortant. La Plateforme obtient 24 % (contre 39 % en 2011). Son partenaire de coalition atteint 5,2 %, soit à peine moins que les 6 % d’il y a quatre ans. De 45 % à 30, la déculottée est douloureuse.

La gauche balayée. Alors qu’elle totalise 10 % des votes – ce qui n’est déjà pas beaucoup – la gauche n’entrera pas à la Diète (chambre basse). Avec 6,2 %, le Cartel de gauche, qui rassemblait un parti social-démocrate qui n’est plus que l’ombre de lui-même, le parti anticlérical libéral de Janusz Palikot et les Verts, n’atteint pas le seuil fixé aux cartels qui est de 8 %. Et le parti de gauche radicale Ensemble reste au-dessous du seuil de 5 % fixé aux partis.

 


LA POLOGNE, NULLE PART OU UN PEU PARTOUT EN EUROPE?

Jurek Kuczkiewicz
Le Soir

L’édito de Jurek Kuczkiewicz



                                                          Photo d’illustration © EPA

Les Polonais l’ignoraient, le grand public ailleurs en Europe aussi, et même à Bruxelles, le fait était peu connu : la Pologne faisait partie du groupe très informel des « Big 6 », celui des « six grands Etats membres », dont les représentants coordonnaient les positions avant toute grande décision ou négociation européenne.

Pendant les huit années de gouvernement par la Plateforme civique, le leader historique Donald Tusk a inscrit son pays au cœur des processus de décision européens, avec détermination, sans forfanterie et beaucoup d’entregent. (On a vu où cela l’a mené.) Avec un gouvernement du parti Droit et Justice, dont le suspicieux et ombrageux président Kaczynski sera le vrai patron, le ton va changer. Alors que le gouvernement sortant s’assimilait à l’UE, le nouveau reviendra à une vision « eux et nous ». Ce basculement politique de la Pologne va peser considérablement sur la dynamique intra-européenne : alors que ce pays de 38 millions d’habitants tirait la Mitteleuropa vers le cœur de l’intégration européenne (même si la Pologne n’est pas membre de l’eurozone, à la différence de quelques autres), elle formera désormais un pôle de résistance coriace avec les trois pays restants du groupe de Visegrad (République tchèque, Slovaquie et Hongrie). On a vu comment, depuis la crise des réfugiés, ils ont fait entendre leur différence.

Ce ne sera pas bon pour la Pologne. Mais ce ne sera pas bon non plus pour l’UE : à l’exercice difficile et frustrant à l’Ouest de devoir négocier avec le Royaume-Uni son maintien dans l’Union, s’ajoute maintenant à l’Est une nouvelle dynamique aux tendances centrifuges.

C’est dangereux aussi, car la tentation pourrait grandir dans la « vieille Europe » de laisser s’éloigner les autres – après le Brexit, un relâchement des amarres à l’Est – et de se conforter dans cette « Europe carolingienne », selon la jolie expression d’un dirigeant polonais. Tout cela n’est pas pure chimère : il suffit d’observer les craquements actuels entre Etats membres de l’UE dans la crise des réfugiés.

Enfin, il y a une dernière bévue qui guette. L’exemple polonais présente bien entendu des couleurs locales un peu particulières, notamment religieuses. Mais il constitue le énième cas dans l’UE, où s’affiche de façon si contrastée l’opposition entre une vision ouverte et optimiste sur le monde et sur le progrès économique, social et sociétal, et une vision sombre, méfiante et craintive, qui voit le salut dans le repli ou l’exaltation nationale. On peut regretter cette dernière vision. Elle ne naît cependant pas de rien, mais d’inquiétudes sociales auxquelles les élites libérales, progressistes et pro-européennes, ont clairement du mal à répondre. La Pologne, en ce sens, n’est donc pas « nulle part », n’en déplaise à Alfred Jarry : elle est aussi un peu partout en Europe…



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ANGELA MERKEL MET L’ALLEMAGNE EN DÉLICATESSE AVEC L’EUROPE DE L’EST

 

La Pologne risque de redevenir un partenaire moins constructif au sein de l’Union européenne. Bel euphémisme. Disons plutôt que L’Europe sest levéce lundi matin avec la gueule de bois. Le camp des eurosceptiques anti-réfugiés se renforce considérablement avec cette victoire des conservateurs polonais. C’est une très mauvaise nouvelle pour Angela Merkel dont la posture pro réfugiés seheurte à une crispation des opinions publiques dans son propre pays et, singulièrement, dans les anciennes républiques dominées autrefois par l’Union soviétique. En Allemagne, les attentats d’extrême droite contre les centres d’accueil se multiplient (ils ont doublé par rapport à l’année dernière) et les groupuscules de plus en plus se fédèrent. Le quotidien suisse les Observateurs CH (Une vision de l'actualité suisse libérée de la pensée unique) .commente :Angela Merkel est devenue la cause principale d’une crise politique majeure en Europe, aux ramifications continentales. La Hongrie, sous l’égide de son Premier ministre Viktor Orban, a sonné la révolte contre ce qui est vécu comme une politique suicidaire imposée à l’Europe par la chancelière. Déjà divisée entre le Nord et le Sud avec la crise de l’eurozone, Angela Merkel y a ajouté une fracture entre l’Est et l’Ouest, ou du moins entre Paris et Berlin d’une part et les nations orientales de l’autre. Très suivie par nombre de pays, comme la Slovaquie, la Tchéquie, la Pologne ou les états baltes, la Hongrie a fait échec au projet de répartition obligatoire des immigrés musulmans dans les pays de l’Est. La Slovaquie menace de “quitter l’UE” si Berlin et Bruxelles cherchaient à lui imposer une immigration afro-islamique. (…) Si un chef de gouvernement aussi puissant qu’Angela Merkel devait chuter sur la question de l’immigration de masse musulmane, cela déclencherait un vent de panique dans toute la classe politique européenne., Si d’aventure Merkel devait capituler, cette débâcle politique aurait des répercussions politiques sur tout le continent. Les partis anti-immigrationnistes sont  partout en progression, au point d’être déjà au gouvernement en Finlande ou atteignant 25% en Suède, 39% en PologneL’écroulement d’Angela Merkel signifierait la fin du multiculturalisme. Nous assisterions, progressivement, à une inversion massive du discours de la part des gouvernants, contraints d’intégrer la nouvelle donne politique, géopolitique et idéologique sur le sujet. Cette inflexion générale est déjà, pour ainsi, en mouvement:(…) les sondages pour les élections présidentielles françaises de 2017 donnent Marine Le Pen à 31% des intentions de vote. Le référendum britannique sur la sortie de l’UE porté par l’eurosceptique Nigel Farrage – qui a entrepris dans l’intervalle d’y ajouter la question migratoire – est plutôt bien parti pour aboutir à la rupture. Bref, le processus de désintégration de l’UE, mais aussi de ses états-membres en interne, est bien enclenché. 

Il est franchement difficile de réfuter un tel raisonnement. Ce qui est certain c’est que la stratégie de Poutine qui consiste à attaquer en Syrie les opposants à son allier Assad porte ses fruits. En effet cette politique entraîne un accroissement du nombre des réfugiés syriens qui quittent l’enfer des combats pour prendre la direction de l’Allemagne et encombrer encore davantage les routes de l’immigration. Angela Merkel est prête à tout pour que la Turquie les héberge sur son territoire, quitte à rouvrir le débat sur la candidature de la Turquie en Europe. Certes c’est de l’excellente realpolitik mais il faut bien voir qu’une telle stratégie est de nature à exacerber les opinions publiques dans l’est européen. Poutine veut mettre Merkel à genoux et il réussit à fragiliser sa position de jour en jour sur la question du flux incontrôlable et incontrôlé des réfugiés. Non, il n’est pas du tout exclu que Angela Merkel soit contrainte à terme à la démission. 

Les malheurs de Merkel devraient entraîner, irrémédiablement le bonheur de Marine Le Pen : Le député socialiste de l'Essonne estime que la présidente du Front national est «absolument» en mesure de devenir présidente de la République.

Alors, sommes-nous en 1787, en 1913 ou alors en 1932 ? L’évolution des derniers mois m’incline à penser que 1932, un an avant les élections qui ont porté Adolf Hitler au pouvoir avec alors seulement 33 % des voix serait la bonne réponse à cette lancinante qustion.

Oui l’Europe s’est levée kundi-matin avec la gueule de bois.

MG


 

MARINE LE PEN, PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE : POUR BOUTIH, C'EST «JOUÉ D'AVANCE»


Le Figaro

Par Tristan Quinault Maupoil





LE SCAN POLITIQUE - Le député socialiste de l'Essonne estime que la présidente du Front national est «absolument» en mesure de devenir présidente de la République.

C'est une phrase qui devrait faire parler d'elle au sein du Parti socialiste. Invité dimanche de BFM Politique, le député socialiste Malek Boutih a livré son pronostic pour l'élection présidentielle de 2017. «Je n'ose pas le dire mais je crois que 2017, c'est un peu joué d'avance (...) en l'état actuel des choses, je ne vois pas comment Marine Le Pen ne gagne(rait) pas l'élection présidentielle», a lâché l'élu de l'Essonne.

«Je ne crois pas que ce soit une question de casting. Quelque part, malheureusement, j'ai le sentiment, qu'on est dans une situation de crise politique et qu'à jouer le casting, c'est encore refuser de voir le fond des choses», a completé Malek Boutih, interrogé sur l'intérêt que le PS aurait à être représenté par Manuel Valls ou François Hollande.

Poursuivant: «Moi ma crainte, ce n'est pas que la gauche perde. C'est que la République perde 2017.» Relancé par la journaliste, le socialiste a jugé que Marine Le Pen est «absolument» en mesure de devenir présidente de la République. Et quid d'un changement de cap du gouvernement? «Peut-être même que s'il y a un peu de changement, ça ne suffira pas à l'arrêter.»

Avant 2017, il y aura les élections régionales de décembre. Marine Le Pen est candidate à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Les sondages lui sont favorables. Mais contrairement à Malek Boutih pour l'élection présidentielle, le gouvernement se veut prudent. A l'image de la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchuqui ,dimanche sur France 5, a trouvé «dramatique» que Marine Le Pen soit présentée «partout» comme la «future présidente» de région.


SLOVEENSE PREMIER WAARSCHUWT VOOR INSTORTING EUROPESE UNIE

DE MORGEN

 

Migranten en vluchtelingen worden door agenten naar een opvangcentrumbegeleid nadat ze de Kroatisch-Sloveense grens zijn overgestoken. ©AFP

De Europese Unie zal "uit elkaar vallenindien er niet snel eengemeenschappelijke aanpak voor de vluchtelingencrisis wordt gevonden. Die waarschuwing uitte de Sloveense premier Miro Cerar vandaag bij zijn aankomstin Brussel voor topberaad met dertien Europese collega's die rechtstreeksbetrokken zijn bij de vluchtelingenstromen op de Balkanroute.

"Europa staat op het spelen als we niet alles doen wat mogelijk is om eengemeenschappelijke oplossing te vinden en die uit te voerendan is dit het begin van het einde van de EU en Europa", waarschuwde Cerar.

"Absoluut onhoudbaar"
In Slovenië kwamen de voorbije tien dagen meer dan 60.000 vluchtelingenbinnen. Dat is "absoluut onhoudbaarvoor een klein land als Sloveniëzo steldeCerar"Hoewel we nog steeds controle over onze grenzen hebben en menselijken solidair proberen te zijnzullen we dit niet nog weken volhouden indien we geen steun krijgen van andere landen van de Europese Unie", zei hij.

Europese grenswachters
Verwacht wordt dat Slovenië op steun mag rekenen. Zo zouden Europesegrenswachters naar het land worden gestuurdOok aan de Grieksetoegangspoort tot Europa zouden er meer Europese patrouilles komenDaarnaast hoopt initiatiefnemer Jean-Claude Juncker dat de leiders het eenszullen raken om geen vluchtelingen meer door te sturen naar buurlanden zonderwederzijdse instemming.

Hongaarse grens gesloten
De dramatische situatie in Slovenië is het gevolg van de sluiting van de Hongaarse grens met Servië en Kroatiëwaardoor vluchtelingen zich een wegdoor Kroatië en Slovenië proberen te banen op weg naar Duitsland en anderenoordelijke landen. "Hongarije ligt niet meer op de route. Wij zijn hier vandaagenkel als waarnemer", stelde premier Viktor Orban vast.

 

BUNDESKRIMINALAMT WARNT VOR SCHWERER RECHTER GEWALT


FlüchtlingeHelfer und Politiker als Ziele: Das BKA ist wegen der Gewaltbereitschaft im rechten Spektrum alarmiertAuch de Maizière warnt.

: ZEIT ONLINE


Polizisten bei rechten Protesten in Heidenau © Axel Schmidt/Reuters

Das Bundeskriminalamt (BKA) warnt vor dem Hintergrund der Flüchtlingskrisevor weiteren schweren Gewalttaten von Rechtsradikalen. FlüchtlingeHelferund Politiker könnten das Ziel von fremdenfeindlichen Gewalttätern werdenheißt es laut Süddeutscher Zeitung, NDR und WDR in einer vertraulichenLagebewertung der Behörde. Die Einschätzung wurde wenige Tage vor der Messerattackegegen die Kölner Oberbürgermeisterin Henriette Reker erstellt.

Es sei davon auszugehendass die rechte Szene ihre Agitation gegen die Asylpolitik weiter verschärfen werdeheißt es in der BKA-Bewertung lautBerichtDas ansonsten "sehr heterogene rechtsextremistische Spektrumfindehier einen ideologischen Konsens. Neben Brandstiftung griffen die Täter zuWaffen wie Zwillen mit Stahlkugeln und Holzknüppeln sowie ButtersäureDazukönnten neue Formen wie die Blockade von Bahnstrecken und Autobahnenkommen, um die Ankunft weiterer Flüchtlinge zu verhindern.

Die Angriffe auf Asylunterkünfte sind laut BKA-Statistiken stark gestiegen. In den ersten drei Quartalen dieses Jahres waren es 461 Tatenbei denen die Behörde einen rechten Hintergrund annimmtDamit hat sich die Zahl der Delikte gegenüber dem gesamten Vorjahr mehr als verdoppelt.

Bundesinnenminister Thomas de Maizière (CDU) warnte vor einer"gefährlichen Radikalisierung" von größeren Teilen der Gesellschaft.

 

 

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