lundi 30 novembre 2015

Olivier Willocx: "Il faut des cours d’arabe à l’école"

La Libre Belgique

 RAPHAËL MEULDERS ET MATHIEU COLLEYN 



Selon Olivier Willocx, de Beci, Bruxelles va devoir réhabiliter son image suite à la menace terroriste. "Bruxelles a intérêt à s’inspirer du modèle d’intégration flamand", dit-il. D’après lui, la discrimination à l’embauche est aussi le fait des personnes issues de l’immigration.

 

L’UNITÉ NATIONALE FACE AUX MENACES N’A PAS TENU TRÈS LONGTEMPS. LA N-VA A RAPIDEMENT CIBLÉ MOLENBEEK, ET "L’ISLAMO-SOCIALISME". CETTE COMMUNICATION EST-ELLE NÉFASTE POUR BRUXELLES ?

Peut-être, mais on ne peut pas rendre la N-VA coupable d’une situation, alors qu’elle n’était pas au pouvoir. Selon moi, il y a eu un compromis politique pour ne pas s’occuper de Molenbeek. Dans les années 80, la gauche a voulu maintenir de l’emploi ouvrier dans une ville où elle était historiquement minoritaire. Les libéraux étaient contents de pouvoir s’éloigner du centre et de laisser les jeunes issus de l’immigration dans leurs écoles. Certains, sans le cacher, avaient intérêt à ce que l’ascenseur social soit bloqué. Contrairement à Elio Di Rupo, qui a eu faim et est soucieux de cette progression sociale, Philippe Moureaux vient de la bourgeoisie bruxelloise. C’est un marxiste pour qui le "Grand Soir" viendra quand l’implosion sociale aura lieu. Cette opposition entre socialistes a marqué la gestion de Bruxelles.

PHILIPPE MOUREAUX A-T-IL PACTISÉ AVEC LES ISLAMISTES, SELON VOUS ?

Cela a peut-être été sa dérive, mais cela n’a pas été sa finalité. La gestion libérale de certaines communes a été aussi catastrophique pour les populations d’origine immigrée. Dans les années 90, on a délibérément fermé des écoles "pour que les étrangers partent de la commune". Longtemps, on a relégué les jeunes d’origine étrangère en enseignement professionnel et technique, pour "sauver notre enseignement général". Certaines écoles à Uccle ont refusé la remédiation scolaire et c’est de la discrimination. Tous les partis ont participé à cela. On en paie les pots cassés.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PROJECTEUR SUR MOLENBEEK

1. Il y a eu un compromis politique pour ne pas s’occuper de Molenbeek. Certains, sans le cacher, avaient intérêt à ce que l’ascenseur social soit bloqué. ". Longtemps, on a relégué les jeunes d’origine étrangère en enseignement professionnel et technique, pour "sauver notre enseignement général". Certaines écoles à Uccle ont refusé la remédiation scolaire et c’est de la discrimination. Tous les partis ont participé à cela. On en paie les pots cassés. (OW)
2. "Nous devons oeuvrer (à) essayer de diminuer cette colère chez les jeunes". La poudrière couve depuis des années: chômage élevé, drogues, petite délinquance et ghettoïsation à deux pas du centre-ville, sans omettre, de l'aveu général, un certain laxisme des politiques et des forces de l'ordre. (Sarah Turine)
3. "L'Etat islamique a une stratégie diabolique, satanique, pour attirer les gens à l'aide de sa propagande sur la pauvreté et l'injustice. Puis quand ils arrivent là-bas (en Syrie), il passe à la phase de la guerre", Jamal Habbachich

Tout cela est archiconnu depuis des années, même si on fait mine de le découvrir avec une surprise feinte. La différence ? C’est que ce qui est dit et écrit ouvertement désormais était regardé comme politiquement incorrect avant les attentats de Paris. Les yeux se sont ouverts. Certes, l’’image de Molenbeek et celle de Bruxelles s’en trouvent anéanties. Mais surtout on ne saurait nier plus longtemps que cette jeunesse en colère va donner encore pas mal de fil à retordre à notre société. Jan Jambon, notre ministre de l’intérieur, a beau bomber le torse façon Sarko, ce n’est pas lui qui viendra à bout du problème molenbeekois.

C’est un travail de très longue haleine qui exigera un investissement social, donc financier majeur, une bombe à retardement qui menace la cohésion sociale et le vivre ensemble. On constatera au passage l’efficacité relative d’une commune comme Schaerbeek pour affronter les mêmes problèmes. C’est remarquable quand on se souvient ce qu’était Schaerbeek à l’époque où cette grande commune était dirigée par un ami proche de Jean Marie Le Pen de 1970 à 1989. Les medias se plaisent à mettre en avant les verres à moitié vides en ignorant ceux qui sont plus qu’à moitié pleins.

MG



MOLENBEEK : "IL FAUT DIMINUER LA COLÈRE CHEZ LES JEUNES"

Le Vif Rédaction en ligne

"Repaire de jihadistes" aux yeux du monde, la commune bruxelloise de Molenbeek a pourtant lancé des initiatives pour prévenir la radicalisation de jeunes en perdition susceptibles de suivre l'itinéraire meurtrier des frères Abdeslam, impliqués dans les attentats de Paris.



© Belga

Sarah Turine est l'élue en charge de la jeunesse à Molenbeek. Islamologue de formation, elle est en première ligne de la bataille menée pour empêcher les départs en Syrie afin de rejoindre le groupe Etat islamique (EI). La première étape consiste généralement à dépêcher un sociologue et un psychologue pour tenter de renouer les liens entre un jeune déclassé sur le point de basculer et sa famille. La suivante est de mettre en lumière les graves conséquences du choix qu'il s'apprête à faire. "Nous devons oeuvrer (à) essayer de diminuer cette colère chez les jeunes", explique à l'AFP mme Turine"nousdevons leur dire qu'ils ont une place ici, qu'ils ne sont pas des citoyens de seconde zone, et décrédibiliser le discours" des recruteurs, poursuit la jeune élue écologiste, qui supervise un programme de prévention de la radicalisation.

Dans une Belgique qui compte en Europe le nombre le plus élevé de "combattants étrangers" par rapport à sa population, il n'est pas aisé pour les familles de savoir vers qui se tourner, en particulier à Molenbeek, considéré comme un "terreau fertile" de radicalisation. La poudrière couve depuis des années: chômage élevé, drogues, petite délinquance et ghettoïsation à deux pas du centre-ville, sans omettre, de l'aveu général, un certain laxisme des politiques et des forces de l'ordre. Ces critiques font grincer des dents le Premier ministre Charles Michel: "Nous n'avons pas en Belgique des endroits où la police n'ose pas circuler dans certaines banlieues, comme c'est le cas en France parce que les voitures sont caillassées", s'est-il insurgé dimanche à la radio-télévision publique RTBF.

CIBLER LES PLUS VULNÉRABLES

Bilal, musulman de 21 ans, sait à quel point les recruteurs de l'EI peuvent être persuasifs. Une douzaine de ses amis, garçons et filles, ont rejoint le jihad en Syrie. "Les recruteurs ciblent les faibles", témoigne-t-il. Ils ont joué avec le sentiment de culpabilité de ses amis et "leurs délires dans les boîtes de nuit", leurs relations avec le sexe opposé et "leurs antécédents avec la loi", un mode de vie déviant au sein d'une communauté appauvrie et conservatrice. Les recruteurs attisent aussi leur sentiment d'injustice face aux interventions occidentales au Moyen-Orient, relève Bilal, qui a résisté aux sirènes jihadistes. Jamal Habbachich, qui préside un conseil de 22 mosquées à Molenbeek, rapporte que les recruteurs abordent les jeunes marginalisés par le biais de tracts qu'ils distribuent dans la rue et sur les marchés. "L'Etat islamique a une stratégie diabolique, satanique, pour attirer les gens à l'aide de sa propagande sur la pauvreté et l'injustice. Puis quand ils arrivent là-bas (en Syrie), il passe à la phase de la guerre", avance-t-il.

Certes, les mosquées collaborent avec Sarah Turine pour prévenir la radicalisation des jeunes. "L'imam met les jeunes en garde: +Attention, si vous prenez ce chemin-là vous aller détruire votre vie+", explique M. Habbachich dans son bureau de la mosquée Attadamoun. Mais les moyens sont limités pour toucher les plus vulnérables. Rétablir les liens familiaux et communautaires que les jeunes ont rompus, en travaillant avec les écoles et les travailleurs sociaux, c'est la priorité d'Olivier Vanderhaeghen, l'administrateur du programme de prévention.

"D'abord, le jeune va rompre avec son réseau, ses amis, l'école, avec son club de sport par exemple", énumère M. Vanderhaeghen. "Dans la deuxième phase, il va rompre avec l'espace public. Il ne va plus fréquenter les mêmes endroits, il va changer de quartier. Enfin, il va rompre avec sa famille et ses proches", phase finale du processus d'isolement. Selon Sarah Turine, le programme a permis d'"aider des dizaines et des dizaines" de jeunes musulmans. Mais pour Jamal Habbachich, il reste beaucoup à faire pour former les jeunes, les aider à trouver un emploi et leur donner une échappatoire pour s'exprimer. "Personne ne les écoute, personne ne leur parle", déplore-t-il.

 

 

dimanche 29 novembre 2015

Directeur ‘moeilijke’ Brusselse school geschorst

Tom YsebaertDe Standaard



De Brusselse burgemeester Yvan Mayeur. Fotobelga


De Brusselse school Anneessens-Funck moet het even zonder directeur stellen. De man werd geschorst na een incident woensdagHet is opnieuw een opdoffer voor de school die al een schok te verwerken kreeg toen een van haar leerlingen, Bilal Hadfizichzelfbleek opgeblazen te hebben bij de aanslagen in Parijs.

 

De directeur van het stedelijk Instituut Anneessens-Funck in Brussel is preventief geschorstDat werd door verschillende bronnen aan De Standaard bevestigd. De bevoegde schepen van OnderwijsFaouzia Hariche (PS), wilde geen commentaar geven.

De beslissing werd donderdag op het schepencollege genomen. Volgende week wordt de man gehoord door het college. Tot zolang is hij niet welkom op de school. Daarna zal er beslistworden over eventuele sancties.

Aanleiding is een incident dat zich woensdag voordeed. De school ging weer open na twee dagen sluiting vanwege de terreurdreigingDirectie en leerkrachten waren vanuit het stadhuisopgeroepen om voldoende vroegomstreeks halfacht, al op de school aanwezig te zijn.

Burgemeester Yvan Mayeur (PS) en schepen Hariche, die woensdag een toer maakten van enkele scholenbrachten ook een – onaangekondigd – bezoek aan Anneessens-Funck. Groot was hun verbazing toen ze daar de directeur niet aantroffen. Die kwam pas na acht uur terplaatseHij schreef die vertraging toe aan lange files op de weg.

Maar de politici tilden er zwaar aan. ‘Ze pikten het niet dat de kapitein niet aan boord was’, zegt een goedgeplaatste bron. ‘Op zo’n kritiek moment moet een directie er staan om leerlingen en leerkrachten te ondersteunen. Maar er zijn nog bezwarende elementen die al van langer dateren, dit was de spreekwoordelijke druppel.’

Anneessens-Funck kwam vorige week in het nieuws toen bleek dat Bilal Hadfieen van de terroristen die zichzelf opbliezen bij de aanslagen in Parijs, op het instituut hadschoolgelopen.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL Y A DIRECTEUR ET DIRECTEUR

 

Pas envie de commenter le bras de fer entre un dirlo de la ville de Bruxelles et son bourgmestre matamore, le divin Mayeur qui n’arrête pas de se mettre en scène devant les caméras. Très envie de lancer une fleur à Kroll qui ne cesse de se surpasser.

Surtout, je soumets à votre sagacité le très remarquable avis qu’a fait parvenir la direction de Decroly aux parents d’élèves. Admirable !


MG





 

"Nous allons faire ce que nous pouvons, avec ce que nous sommes, avec les moyens dont nous disposons, avec nos compétences qui sont d’abord pédagogiques et humaines; l’école reste avant tout l’endroit où se construit une pensée démocratique, humaine, scientifique, analytique… indispensable à mettre en œuvre au quotidien.

 

Voilà ce que sont les écoles. Elles ne seront en revanche jamais des forteresses invulnérables et inviolables. Y parviendrait-on qu’elles deviendraient également des métaphores de la peur et du rejet de l’autre.

 

Les enfants et les adultes qui viennent travailler à l’école ont besoin de s’y sentir en sécurité. Nous mettons en œuvre des moyens pour y parvenir, nous travaillons avec la commune et avec la zone de police à cette fin ; par exemple en mettant des procédures claires en place pour le court et le long terme. Mais il faut que chacun reste conscient que garantir la sécurité de façon absolue nous est impossible.

 

Par contre, œuvrer à la garantie d’un autre droit inviolable, le droit à l’éducation, c’est dans nos cordes. Faire penser les enfants, accueillir leurs sentiments, mettre en mots les peurs et les craintes, leur faire prendre de la distance, leur donner des pistes d’analyse, se replonger dans un travail d’observation, recueillir l’eau accumulée dans les pluviomètres et se questionner, émettre des hypothèses, relever des températures, prendre en compte la course du soleil, se documenter sur l’origine et le développement des démocraties, analyser les résultats des élections en Argentine, dévorer les ouvrages grecs, disséquer un potiron, construire une maquette du système solaire, comparer la presse francophone et néerlandophone… sont autant de pistes que nous allons suivre pour retrouver la sérénité indispensable à la mise en œuvre de tout projet éducatif et pédagogique"

 

 

 

samedi 28 novembre 2015

La Stib se sépare de travailleurs signalés comme "radicalisés"

DH



La Société des transports intercommunaux de Bruxelles (Stib) s'est séparée d'un groupe de 4 à 5 de ses travailleurs, pointés par les services de sécurité comme "radicalisés" ou "représentant un danger pour leur activisme musulman radical", rapporte samedi l'Echo, citant plusieurs sources fiables et indépendantes. 

Certains de ces travailleurs auraient effectué des voyages vers la Turquie et/ou la Syrie pour rejoindre ou entrer en contact avec l'Etat islamique.

Parmi ceux ayant fait des voyages vers la Syrie, certains étaient en congé "maladie" - ce qui rend les licenciements très sensibles. En effet, rien ne permet de se séparer d'un collaborateur pour "radicalisation" ou pour avoir effectué des séjours à l'étranger.

Interrogé, le patron de la Stib, Brieuc de Meeûs, se refuse à infirmer ou confirmer ces informations.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ENTRISME


Et voilà que soudain on prend des mesures qui auraient dû l’être depuis très longtemps. Les yeux s’ouvrent, les écailles tombent, ce sont des lendemains qui déchantent. Même constat à la RATP parisienne. L'un des kamikazes du Bataclan était employé de l'entreprise publique pendant 15 mois. La montée de la communautarisation, surtout parmi les chauffeurs de bus, inquiète.

Voilà qui n’est pas de nature à rassurer le Parisien et le Bruxellois lambda.


MG



LA RATP CONFRONTÉE À LA POUSSÉE DU COMMUNAUTARISME ISLAMISTE


Le Figaro   Eugénie Bastié


 



L'un des kamikazes du Bataclan était employé de l'entreprise publique pendant 15 mois. La montée de la communautarisation, surtout parmi les chauffeurs de bus, inquiète. Selon Le Parisien, de nombreux «fichés S» travailleraient dans l'entreprise publique.

 


Samy Amimour, l'un des kamikazes du Bataclan, a travaillé à la RATP quinze mois entre 2011 et 2012. Un détail qui pourrait paraître anodin, mais qui en réalité est assez révélateur d'une tendance: la montée du communautarisme islamiste au sein de l'entreprise publique.

La multiplication d'incidents liés à l'islam a été signalée ces derniers temps, en particulier parmi les 17.000 chauffeurs de busPour éviter le caillassage des bus dans certains quartiers, [la RATP] a embauché des grands frères au profil peu recommandable. Depuis, elle fait le ménage.» raconte une source au Parisien.

Christophe Salmon, responsable CFDT à la RATP, parle lui de «comportements banalisés», comme «le refus de serrer la main de collègues féminines, ou le refus de prendre un bus qui a été conduit par une femme».

(…)Depuis 2005, une clause stipule dans le contrat de travail des salariés un devoir de laïcité et de neutralité: «Vous vous engagez à adopter, dans l'exercice de vos fonctions, un comportement et des attitudes visant au respect de la liberté et de la dignité de chacun. 

LA RATP SERAIT L'UN DES ENTREPRISES QUI EMPLOIE LE PLUS DE «FICHÉS S»

Pourtant, en décembre 2012, une vingtaine de machinistes, dont plusieurs étaient membres de la CGT, ont dénoncé au dépôt de bus de Nanterre, les discriminations dont elles étaient victimes au quotidien, et qui seraient le fait d'agents imposant une lecture rigoriste du Coran. Une vidéo, tournée par le site identitaire Riposte laïque, montrait les femmes se plaindre qu'on ne leur serre plus la main et d'autres discriminations. 

(…)Le dépôt de Charlbourg, serait particulièrement communautariste.

Selon des informations du Parisien, l'entreprise publique serait l'une de celles qui emploie le plus de «fiche S». Une information que n'a pas confirmé ni démentie la Régie. ««Nous n'avons pas accès aux fiches S, nous ne pouvons pas savoir», répond un porte-parole.

 

Menace terroriste: le niveau 4 aurait coûté 52 millions par jour à Bruxelles

Le Vif

L'impact économique du niveau 4 de l'alerte terroriste à Bruxelles est conséquent. L'émission de la VRT "De vrije markt" l'estime à environ 51,7 millions d'euros par jour. Plusieurs journaux évoquent samedi les conséquences de la menace terroriste sur l'économie de la capitale.


© Reuters

La VRT avance que l'impact pour le secteur de l'horeca, les commerçants et les producteurs d'alimentation fraîche par exemple se chiffre à environ 22 millions d'euros par jour. Par ailleurs, les entreprises ont pu moins produire, notamment en raison de l'absence d'une partie du personnel, et cela a représenté une perte de 29,7 millions d'euros. Soit un total de quelque 51,7 millions d'euros par jour à Bruxelles, montant qui sera encore révisé lorsque toutes les données seront disponibles.

Par contre, le commerce en ligne a vu ses ventes augmenter, tandis que le secteur du gardiennage a été particulièrement sollicité ces derniers jours.

Selon le ministre de l'Emploi Kris Peeters, 535 entreprises bruxelloises ont déjà invoqué la mesure de chômage temporaire pour cause de force majeure.

D'autres indicateurs des conséquences de la menace terroriste sur l'économie sont cités par les journaux samedi, comme la baisse d'environ 20% des passagers à Brussels Airport et des nuitées à Bruxelles.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEGRAISSER BRUXELLES


Dans les années soixante, le grand slogan aussi bien des Wallons que des Flamands c’était : dégraisser Bruxelles. C’est fait, Bruxelles n’a plus que la peau sur les os et il se pourrait bien que cette trop longue alerte au niveau 4 lui ait donné le coup de grâce. A qui profite le crime ? Assurément à la N-VA dont la détestation à l’égard de la capitale est notoirement connue. Il est bien certain que tout le battage médiatique international fait autour de Molenbeek est de nature à ternir pour longtemps l’image de la ville région

Mais ne soyons pas négatifs, l’ambiance festive et bon enfant des jeux d’hiver et le dynamisme de son bourgmestre omniprésent dans les médias aura vite fait de rectifier l’image de la capitale. Soyons confiants.

MG 


Bruxelles : l'ouverture des Plaisirs d'hiver est maintenue

Le Vif

Source : Belga

A la suite de la baisse du niveau de la menace sur Bruxelles de quatre à trois, le collège de la Ville de Bruxelles a décidé vendredi matin de maintenir l'ouverture des Plaisirs d'hiver programmée vendredi soir, ont annoncé le bourgmestre Yvan Mayeur et l'échevin du tourisme Philippe Close.

 

Menace terroriste: nous sommes passés dans une nouvelle ère

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef 

Cette nouvelle ère postule que nous allons côtoyer le danger qui peut survenir à tout moment dans notre quotidien. L’édito de Béatrice Delvaux.


•                                                                            © Photo News

Vendredi dernier, on ne savait rien de ces niveaux et des conséquences lourdes liées aux chiffres – 3 ou 4 – qui sortent du « tambour ». On nous aurait dit il y a une semaine que des militaires quadrilleraient la Grand-Place et que nous allions rester terrés chez nous, on aurait crié au fou. Pourtant, tout cela s’est produit. Et si aujourd’hui, on rit de nouveau, c’est une manière déguisée de constater que nous sommes toujours en vie.

Et pourtant, il ne faut pas être dupes : nous sommes passés dans une ère nouvelle, qui postule que nous allons côtoyer le danger qui peut survenir à tout moment dans notre quotidien. Il faudra donc vivre comme si de rien n’était, tout en sachant que le pire est possible, et accepter une série de mesures et de contrôles qui encadreront nos mouvements.

Cette nouvelle ère est marquée par quelques enseignements :

 1)  nous avons commis des erreurs dans le passé par naïveté, d’une part sur l’intégration – extrêmement négligée – et d’autre part sur la lutte contre l’islamisme radical, que nous payons aujourd’hui ;

 2) la Belgique est « un des » mais pas « le » maillon faible du renseignement en Europe. Trop facile pour les pays européens et la France en particulier de désigner un coupable alors que ce sont tous les Etats membres qui ont fauté. Ils n’ont pas mis en application les mesures prises depuis Charlie Hebdo, continuent à ne pas échanger leurs renseignements et sont en train par mauvaise foi de faire sauter Schengen qui n’est pas leur problème, mais leur atout ;

 3)  une peur intime s’est insinuée cette semaine en nous : il faudra autre chose que des militaires pour la « consoler » ;

 4) nombre de Belges d’origine étrangère se sont sentis regardés, surveillés, soupçonnés ces derniers jours : il va falloir réparer ces humiliations, dangereuses car elles s’ajoutent à d’autres ;

 5)  Bruxelles a eu le sentiment d’être punie cette semaine. Ce n’est qu’en associant Flamands et francophones qu’on arrivera à la redéployer, dans l’intérêt de tous ;

 6) les autorités politiques belges ? Elles aussi ont basculé dans un nouveau monde et ce n’est pas facile à gérer.

Le dernier enseignement détermine tous les autres : ce n’est pas une guerre de religion qui est à l’œuvre, mais la lutte contre une barbarie qui manipule une religion et la crise d’identité et d’adolescence de jeunes gens perdus, au service des desseins de Daesh plus terre à terre (argent, pouvoir) que spirituels.

Si le dispositif sécuritaire est indispensable à court terme, c’est le champ de l’espoir (emploi, épanouissement, respect) offert par nos sociétés que nous devons retravailler.



 

COMMENTAIRE DE DUVERCITY

« VIVRE COMME SI DE RIEN N’ÉTAIT, TOUT EN SACHANT QUE LE PIRE EST POSSIBLE » OU CARREMENT VIVRE AUTREMENT ? 

 

Il faudra donc accepter une série de mesures et de contrôles qui encadreront nos mouvements. Cette un euphémisme pour nous expliquer, en nous ménageant que rien ne sera désormais comme avant : une nouvelle ère commence. Elle est marquée par quelques enseignements et de toute évidence d’un grand déficit de libertés pour tous :

 1)  nous avons commis des erreurs dans le passé par naïveté, d’une part sur l’intégration – extrêmement négligée – et d’autre part sur la lutte contre l’islamisme radical, que nous payons aujourd’hui 

Reste à savoir à qui renvoie ce « nous »  pronom personnel très impersonnel en l’occurrence dans une société saturée de « je » hyper individualisés. A l’évidence, ce « nous » renvoie d’abord et avant tout à la classe politique qui a  regardé le peuple des immigrés musulmans d’abord comme de la chair à usine et plus tard comme un vaste vivier de voix dociles. Curieusement, les djihadistes assassins se recrutent au sein des immigrés de la troisième génération. C’est dire si leur éducation par les familles d’abord, par l’école ensuite a échoué. Certes, il ne faut pas généraliser, il y a de magnifiques exceptions. Toutefois, il ne faudrait-il pas sous-estimer le rôle négatif des mosquées qui ont d’emblée fait la différence entre « eux » (marchant dans la droite voie) et « nous » les occidentaux égarés. Certes « nous », les Belges , avons commis des erreurs mais eux ont répugnés à s’intégrer globalement comme surent le faire les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Grecs, les Polonais. On me rétorquera qu’eux étaient de culture chrétienne, donc parfaitement soluble dans notre société de plus en plus sécularisée. Et les Juifs ? In n’y a pas plus assimilé qu’un belge de confession ou de culture israélite et elle s’est faite par le canal de l’école regardée par cette communauté culturelle comme le moyen d’émancipation par excellence.  

Même un Philippe Moureaux qui prétend n’avoir rien à se reprocher confesse qu’il a négligé les jeunes de sa commune (40% de chômage chez les jeunes Molenbeekois). Négligence coupable mais pas seulement de Philippe MoureauxMais il faut bien voir que les valeurs de là-bas prennent largement le dessus sur les valeurs d’ici transmises par des enseignants peu formés à affronter des élèves hostiles à ce qu’ils incarnent lorsqu’une population se regroupe en ghettos communautaires où règne un formidable contrôle social exercé par le pouvoir occulte des mosquées et des grands frères autoritaires et surtout, lorsque le cordon ombilical est nourri par le contact quotidien avec la culture et l’actualité des pays d’origine via les paraboles et la télé satellite. Ils sont tellement comme « nous » ces enseignants et tellement différents « d’eux ». C’est ce qui explique le succès récent des écoles de caractère islamique comme « la Vertu » qui refuse du monde. L’islamisme doit se combattre en amont via un enseignement qui émancipe et développe l’esprit critique et la pensée autonome. Cela c'était la vocation de l’enseignement officiel et sa valeur ajoutée. Le pouvoir politique soucieux de démocratiser les études a largement dévalué le niveau d’exigence dans les écoles publiques. 

La faillite de l’intégration c’est d’abord l’échec de cet enseignement dont il faudra analyser les causes. On aimerait que Joëlle Milquet s’y attèle mais elle est trop préoccupée des intérêts du seul réseau libre qu’elle chouchoute pour consacrer de l’énergie, du temps et de l’argent à cela.  Danger !

On pointera notamment la dégradation spectaculaire de la discipline et la féminisation à outrance de la profession (les musulmans ne regardent pas la femme comme égale de l’homme) et ensuite la détérioration du recrutement liée à la perte de prestige de cette belle profession.  


 2) la Belgique est « un des » mais pas « le » maillon faible du renseignement en Europe

Ce qui fait la force d’Israël, c’est la qualité de ses services de renseignement chose tellement négligée chez nous. Israël se sait menacée depuis sa fondation, nous venons à peine de découvrir que nous étions un peuple cible de l’islamisme militant. La politisation à outrance de nos services publics n’y est sans doute pas étrangère, les mesquineries linguistiques non plus (comme à l’armée). L’affaire Dutroux nous a fait découvrir les failles de la gendarmerie (supprimée depuis) et les failles de notre justice. Nous découvrons maintenant le peu de fiabilité du renseignement belge.    

 

 3)  une peur intime s’est insinuée cette semaine en nous : il faudra autre chose que des militaires pour la « consoler » Cette peur est salutaire dans la mesure où elle provoque une prise de conscience brutale qu’une partie de notre jeunesse issue de l’immigration (mais pas seulement elle) n’en peut plus de ce système ultra matérialiste et se rebelle brutalement contre lui, savamment manipulée par Daech. Il est à craindre que ceci ne soit qu’un début.


 4) nombre de Belges d’origine étrangère se sont sentis regardés, surveillés, soupçonnés ces derniers jours : il va falloir réparer ces humiliations, dangereuses car elles s’ajoutent à d’autres.

Voilà un argument qui passe difficilement. Ces humiliations dangereuses sont une conséquence des attentats barbares, pas une cause. Mais réjouissons-nous car nous sommes toujours en vie. 

 5)  Bruxelles a eu le sentiment d’être punie cette semaine. Ce n’est qu’en associant Flamands et francophones qu’on arrivera à la redéployer, dans l’intérêt de tous ;

Mais punie de quoi au juste, sinon de la gestion laxiste, calamiteuse de politiciens populistes, clientélistes et osons le mot, carrément mafieux, de certains municipalistes démagogues. Cette politique a entraîné l’exode massif des classes moyennes vers la ceinture verte laquelle a entrainé jusqu’à la migration vers Lasne d'une des grandes pointures du PS bruxellois. 


 6) Ce n’est pas une guerre de religion qui est à l’œuvre, mais la lutte contre une barbarie qui manipule une religion et la crise d’identité et d’adolescence de jeunes gens perdus, au service des desseins de Daesh plus terre à terre (argent, pouvoir) que spirituels.

Si le dispositif sécuritaire est indispensable à court terme, c’est le champ de l’espoir (emploi, épanouissement, respect) offert par nos sociétés que nous devons retravailler.

Qui oserait affirmer le contraire. Mais on s’y prend comment ? L’arrivée massive de réfugiés  venus de Syrie et d’Irak et d’ailleurs rendra la tâche encore plus difficile. Autant dire mission impossible dans un pays dont l’industrie se réduit à peau de chagrin.

Assurément oui, nous sommes passés dans une nouvelle ère, l’ère du doute et de la grande crise  européenne. Le danger peut survenir à tout moment dans notre quotidien.

Le danger ? Quel danger ?Les périls sont innombrables, pointons en quelques-uns : terrorisme aveugle et barbare, une immigration massive non contrôlée, un populisme de droite, un islamisme totalitaire, un réchauffement climatique inquiétant, la perte des valeurs, les crises financières, l’essoufflement conjoncturel, l’abandon de la jeunesse et sa révolte prochaine, l’explosion des dépenses sociales. 

Réjouissons-nous malgré tout de toujours être vivants. Apprendre donc à « vivre comme si de rien n’était, tout en sachant que le pire est possible ». Non ! Apprenons de toute urgence à vivre carrément autrement. C’est maintenant ou jamais…

MG