jeudi 26 novembre 2015

COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT: UNE VRAIE CACOPHONIE...ET DE NOMBREUX SILENCES

Caroline Lallemand 


Source : Le Vif/l'express

Dans le contexte actuel de menace terroriste, une vraie cacophonie règne au niveau de la communication des informations censées rassurer la population. Les Belges ne savent plus à quelle source se fier. Il est grand temps que le gouvernement se dote d'un expert externe en communication, suggèrent de nombreux observateurs.

A-t-on bel et bien évité le pire dimanche soir selon les déclarations du ministre de l'Intérieur Jan Jambon et les informations du Laatste Nieuws? Était-ce une mesure exagérée que de fermer les écoles, comme l'a suggéré Geert Bourgeois ? Selon Reynders, invité à s'exprimer sur la chaîne américaine ABC, "il y aurait encore 10 terroristes dans la nature" tandis que le New York Times, dans un long article consacré à la situation très particulière de notre Royaume, parle de 80 djihadistes que la bourgmestre de Molenbeek "n'a pas tenus à l'oeil".

La ministre de l'Enseignement, de son côté, annonce la mise en place de "safe room", proposition vite devenue polémique. Dans les incohérences de communication relevées ces derniers jours et qui n'ont pas le don de rassurer la population, on citera encore Maggie De Block et Jan Jambon qui désirent mieux protéger les hôpitaux et les casernes de pompiers sans plus de détails spécifiques.

La confusion est grande. Les informations se bousculent dans les médias belges et étrangers, alors que du côté du gouvernement, seule source officielle à communiquer à l'heure du JT, c'est le grand silence radio. Le Premier ministre s'entêtant à refuser tout commentaire sur l'enquête, ne confirmant aucune des sorties de ministres précités et suscitant encore plus d'interrogations de la part du grand public, dont la principale: pourquoi avoir rouvert les établissements scolaires et le métro alors que Bruxelles est toujours placée en menace 4 ?

Les déclarations de Jan Jambon aux journalistes font aussi froncer les sourcils des autres membres du gouvernement : devaient-ils donner ces informations alors que rien n'a été confirmé par le parquet ? Pourquoi brise-t-il de la sorte le secret de l'instruction ? Pour projeter toute l'attention sur lui, font remarquer quelques observateurs critiques, tout comme Reynders, reçu en "guest star" par la chaine américaine ABC, qui y a livré des informations exclusives. Et même si la déclaration du ministre des Affaires étrangères semble avoir été sortie quelque peu de son contexte, on peut s'étonner qu'il s'exprime aussi ouvertement outre-Atlantique, alors que sa communication est totalement muselée lorsqu'il apparaît à côté du chef du gouvernement dans le "bunker", la salle de presse du 16 rue de la Loi. Est-il, comme analyse Nicolas Baygert, professeur de Communication à l'IHECS, "un simple relais de la communication gouvernementale ?". "Didier Reynders en tant que ministre des Affaires étrangères a joué son rôle de VRP de l'image de la Belgique et il l'a fait plutôt bien, comme sur le plateau du "Grand Journal" sur Canal+", commente le professeur interviewé par la RTBF.

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Le gouvernement de Charles Michel, confronté aux répliques du séisme de Paris, a, dans un premier temps, bénéficié de la présomption de confiance. Sentiment vite ébranlé par l'inconséquence entre le discours et les actes (réouverture des écoles et du métro malgré le maintien du niveau d'alerte maximale) observée au lendemain d'un week-end de paralysie sans précédent de la capitale de l'Europe. Les incompréhensions entre pouvoir fédéral et entités fédérées puis les règlements de comptes politiciens dégainés par la N-VA ont fini de saper la quête d'une improbable union nationale, et retarder l'apaisement de la population.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CHARLES MICHEL SUR LE FIL DU RASOIR



C’est, pour qui en douterait encore, la guerre des nerfs entre la N-VA nationaliste et le Ps communautariste.

A l’évidence, la N-VA utilise la crise actuelle pour lancer une vaste offensive à la fois anti PS et anti Bruxelles. Gare à l’effet boomerang.

 

Entre ces deux formations, la détestation est totale et sans rabibochage possible. Il est trop tôt pour se poser des questions sur l’après 2019. Quoique… A supposer bien sûr que la suédoise tienne jusque-là. 

Les silences du président Elio m’intriguent. Spécule-t-ils sur une chute possibleet toute proche de Charles Michel I ? Celui-ci ne communique pas avec sa population : une vraie cacophonie...et de nombreux silences(titre le Vif) .La confusion est grande. Les informations se bousculent dans les médias belges et étrangers, alors que du côté du gouvernement, seule source officielle à communiquer à l'heure du JT, c'est le grand silence radio. Le Premier ministre s'entêtant à refuser tout commentaire sur l'enquête, ne confirmant aucune des sorties de ministres précités et suscitant encore plus d'interrogations de la part du grand public, dont la principale: pourquoi avoir rouvert les établissements scolaires et le métro alors que Bruxelles est toujours placée en menace 4 ?

Bref un vrai pot au pot à la sauce piquante N-VA. L’article du NYT est à ce point dévastateur que nous avons décidé de le publier intégralement sur DiverCity. Il donne, à tort ou à raison, après celui du Monde  l’impression que la gestion de cette crise est aussi calamiteuse que l’enquête autour du monstreDutroux avec laquelle elle présente de sinistres similitudes. 

Seule l’annonce d’une victoire sur ces « ennemis » de l’ombre pourrait nous sortir de cette situation. Mais quid si la Belgique doit vivre durant des semaines avec l’idée que le pire est possible chaque jour, sans prise sur les événements ?(BD)

Risquons-nous, à défaut de cette annonce salvatrice mettant fin à la crise d’assister à une démission du gouvernement fédéral ? ou simplement de son chef Charles Michel avantageusement remplacé par l’habile Didier Reynders ?

Sommes-nous à la veille d’élections anticipées ? Avec quelles alliances possibles ? Un retour des socialistes au pouvoir ? Avec les libéraux, ou sous forme d’une coalition des gauches ? On imagine que nos présidents de partis francophones et flamands se réveillent en pleine nuit baignant dans leur sueur. Quid d’une Belgique sans gouvernement pendant une longue période intérimaireagitée par les menaces terroristes et la non gestion de l’afflux massif d’immigrants tandis que les partis sont en négociation ? Mais ne noircissons pas le tableau à loisir. Bart De Wever, lui peut dormir tranquille, le temps travaille pour lui, comme il travaille pour sa cousine bleu Marine. La responsabilité du gouvernement et singulièrement celle de Charles Michel est écrasante. En effet si la capitale de la Belgique est visée, celle de l’Europe  ne  l’est pas moins et aussi, et surtout peut-être le siège de l’OTAN laquelle est à la manœuvre en Syrie. Il serait temps, s’il veut survivre, qu’il commence à communiquer et qu’il parle vrai pour rassurer les Belges et les Européens. Oui on est en guerre et on avait plus vu pareil couvre-feu à Bruxelles depuis la seconde guerre mondiale.  S’il devait se révéler ne pas être justifié et s’il devait s’avérer qu’il  participait,en fait, d’une manœuvre de la N-VA pour discréditer Bruxelles et le PS, notre pays se retrouverait dans une crise de régime aussi aigüe que la question royale.

MG

 

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