mercredi 18 novembre 2015

"Vous n'aurez pas ma haine" : l'émouvant message d'un homme qui a perdu sa femme dans les attentats

  LA LIBRE BELGIQUE



Comme beaucoup d'autres, Antoine Leiris, journaliste à France Bleu, a perdu un proche dans l'attentat du Bataclan. En l'occurrence, sa femme. Ravagé par la tristesse, il a toutefois tenu à s'exprimer sur Facebook et à s'adresser aux terroristes qui lui ont pris son épouse. Un message bouleversant devenu viral.

"Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore".

"JE SUIS DÉVASTÉ PAR LE CHAGRIN, JE VOUS CONCÈDE UNE VICTOIRE MAIS ELLE SERA DE COURTE DURÉE"

Ce lundi, Antoine a pu voir le corps de sa femme dans un institut médico-légal. Une expérience terrible qui lui a toutefois donné le courage de se battre. 

"Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès".

"Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEUX  TEXTES À DIFFUSER LARGEMENT 

Si vous êtes prof de morale, de religion, animateur/trice d’ateliers d’expressiondiscutez les en classe ; si vous enseignez le français  proposez les comme sujet de dissertation à vos élèves, si vous êtes prof de langues modernes, faites lestraduire librement en donnant quelques indications de vocabulaire. Si vous êtes seul, méditez les en silence, si vous êtes au bistrot lisez les à voix haute à vos amis. Faites en sorte que cette voix porte loin, très loin.

 

ATTENTATS À PARIS : POURQUOI IL A TIRÉ SUR LE CARILLON

Obs

Je ne suis pas seulement journaliste à "L'Obs", je suis aussi un habitué de ce café visé par les attentats. Et j'essaye de comprendre pourquoi il a été pris pour cible.


15 novembre 2015, fleurs et bougies devant le Carillon, bar du 10e, victime de l'attaque terroriste du 13 novembre à Paris. (AFP / BERTRAND GUAY)

IL ne connaissait pas les horaires des "happy hours", pourtant affichés en toutes lettres sur les vitres du Carillon : 18h-20h. IL est arrivé avec une heure et demie de retard. De rage, IL a puni ceux qui, plus ponctuels, buvaient leur bière ou sirotaient leur mojito en terrasse à moindres frais. Pour quelle autre raison, sinon ? Comme j'aimerais me poser sérieusement cette question.

En réalité, IL savait très bien où IL allait. On ne saura possiblement jamais s'IL visait le Carillon en particulier. Mais il est difficile de croire qu'IL a choisi ce genre de bar par hasard.

Chacun a son QG. Le mien, c'est le Carillon. Et je crois que je l'aime précisément pour les raisons qui font qu'il le déteste. Ce bar n'a pas de genre. Il est tout et rien à la fois. Il n'est pas trop bourgeois, il n'est pas trop bohème. Il n'est pas très propre, il n'est pas très sale. Il n'est pas à la mode, il n'est pas ringard. Il n'est pas communautaire, il y a toutes les communautés.

C'est pour cela qu'IL a dégainé. En janvier dernier, il fallait être journaliste, juif ou policier pour être tué. Aujourd'hui, tout le monde est menacé. Y compris quand on est musulman, si on ne vit pas comme IL l'entend. La peur doit être généralisée.

Alors, vendredi soir, IL est venu répandre l'effroi. Peut-être étaient-ils plusieurs, mais de ses yeux désormais pleins de larmes, ce responsable du Carillon n'en a vu qu'un :

IL EST DESCENDU DE SA VOITURE ET IL A TOUT CANARDÉ. LES GENS TOMBAIENT, TOMBAIENT..."

Au lendemain de l'attaque, sur le trottoir, il y avait du sable. Pour couvrir le sang. Sur la devanture rougeâtre, il y avait de petits autocollants. Pour marquer chaque impact de balle. Dix-sept au total. Il y eut plus de tirs. Mais combien de projectiles sont-ils venus se loger dans les entrailles des clients ? Le décompte morbide faisait état, samedi soir, au Carillon et au Petit Cambodge qui lui fait face, de quinze morts et dix blessés en urgence absolue.


Il y avait aussi des bougies, qui tentaient de résister au vent, et des fleurs, beaucoup de fleurs, des roses blanches le plus souvent. Des dessins, des poèmes, un drapeau tricolore.

Si on fermait les yeux, cependant, si on écoutait, seulement, on pouvait croire que rien n'était arrivé. Au milieu des pleurs silencieux des badauds, des journalistes à la recherche de témoignages, des généreux venus offrir leur sang à l'hôpital voisin, un homme, la soixantaine, gavroche vissée sur le crâne, devise à haute voix.

Il martèle :

Les musulmans ne sont pas des terroristes, mais les terroristes sont des musulmans."

Une jeune et grande fille noire le corrige :

Il n'y a pas que des terroristes musulmans, il y en a de toutes les races".

Le sexagénaire essaye de se reprendre : "Bien sûr que l'islam, ce n'est pas que ça, mais il y a des dizaines de milliers de personnes qui aspirent à cet islam-là. Et puis, ils crient 'Allahou akbar' !"

Un autre homme, plus jeune, très bien mis, intervient à son tour :

Parce qu'ils se revendiquent comme tels, ils seraient de vrais musulmans ? Si je dis 'shabbat shalom', est-ce que je deviens juif ? 

"Il faut arrêter", tranche une quatrième oratrice, à la voix aussi douce que ferme.

ICI, C'EST UN QUARTIER COSMOPOLITE. C'EST POUR ÇA QU'ILS L'ONT VISÉ."

Dans le populaire et très mélangé dixième arrondissement de Paris, de tels débats, animés mais courtois, sont récurrents. Après les attentats de janvier, on en entendait fréquemment au Carillon. Samedi, on croyait presque que rien n'avait changé. A la différence près que la terrasse était fermée.



La grande terrasse d'angle, cette cible facile, tellement facile. Bondée la semaine, débordée le week-end, au point d'avoir valu plusieurs fermetures administratives à ses gérants. Voilà maintenant que c'est la police judiciaire qui l'ordonne. Sauf que cette fois, ce n'est pas de notre faute. Mais, comme d'habitude, je sais que je reviendrai bientôt y boire des pintes. Malgré LUI.

Julien Martin

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SILENCE ON MÉDITE

De tout ce que j’ai lu et filtré sur le carnage barbare, ceci sont les deux articles qui m’ont le plus ému. Ici, c'est un quartier cosmopolite. C'est pour ça qu'ils l'ont visé. Chacun a son QG. Le mien, c'est le Carillon. Et je crois que je l'aime précisément pour les raisons qui font qu'il le déteste. Ce bar n'a pas de genre. Il est tout et rien à la fois. Il n'est pas trop bourgeois, il n'est pas trop bohème. Il n'est pas très propre, il n'est pas très sale. Il n'est pas à la mode, il n'est pas ringard. Il n'est pas communautaire, il y a toutes les communautés.

 

 

MG




Bonsoir à toi le "terroriste", 

À toi l'homme mort déchiqueté par l'action de ton propre pouce et qui nous laisse tous orphelin ce soir.. Orphelin de toutes ces personnes qui sont mortes hier, orphelin de ceux qui vont mourir demain à cause de tes frères d'ignorance. Orphelin de ma religion, que tu nous voles un peu plus chaque jour en introduisant par la terreur une image négative de l'islam dans la conscience des gens à travers le monde. Orphelins de certains de mes amis, que tu as réussi à convertir au racisme par tes actes barbares que tu justifies par ton amour pour dieu, Mon Dieu ! N'y a-t-il rien qui t'interpelles ? Ton cerveau serait-il devenu si vide aujourd'hui pour que tu traduises cet amour en assassinant des innocents ? Que se passe-t-il ? 

Il y a encore si peu de temps, tu étais ce petit enfant en lequel sa maman croyait et rêvait de voir un jour avec une robe d'avocat ou une blouse de médecin pour la sortir du quartier et de la misère dans laquelle elle vit. Ce soir, tu as détruis les rêves de ta mère, et tu détruis un peu plus chaque jour ceux de tous les musulmans qui peuplent cette terre. N'aimes-tu donc plus ta mère ? Tu détournes égoïstement les principes de ma religion en pensant que rejoindre un groupe terroriste en Syrie te laverais de tous tes péchés d'adolescent, dealeur, et ignare qui cherche un sens a sa vie. Penses-tu vraiment que dieu t'attende les bras grands ouverts avec des centaines de vierges dans des jardins plus reluisants que tout ce qui existent sur terre pour la seule raison de t'être fait exploser au milieu de tous ces innocents ? Je ne te comprends pas ! Qu'ont-ils à voir avec tout cela ? Qui es-tu vraiment ? Dans quel verset Dieu t'appelles-t-il à devenir lâche et endosser les cornes du diable pour féliciter ta reconversion perverse de petit délinquant rebelle en découpeur de tête ? 

Ce soir, je suis aussi orphelin du mot "Djihad". Ce mot qui à la base parle de bataille contre soi-même pour devenir un homme meilleur, pour devenir un bon musulman (Djihad Al Nafs). Ce noble mot que tu as réussi à t'accaparer et qui doit surement beaucoup t'aider pour te persuader que dans le fond, oui, tu es vraiment un musulman en croisade puisque de toute façon la terre entière te nomme de la sorte.

Enfin, je suis aussi triste pour toi ce soir, triste que tu n'aies jamais vraiment lu le coran, que tu n'aies jamais lu que le suicide ou le meurtre sont des actes plus qu'interdits dans la religion et que le mot "Islam" lui-même, vient de l'étymologie du mot "Salaam" qui signifie "paix", alors comment as-tu fait pour faire de la fin de ta vie un cocktail de ces deux mots dégueulasses pour devenir un kamikaze ? 

Finalement, je sais qu'en ce moment même tu es train de payer pour tes innommables péchés. Pour ton ignorance et ton ego surdimensionné qui t'ont laissé croire que tu pouvais te prendre pour dieu le temps d'un soir, juger à sa place et décider de qui avait le droit de vie ou non ce vendredi 13 novembre 2015 a Paris. Et pire que tout, justifier tes meurtres en son nom.

J'aurais aimé te poser toutes ces questions avant que tu ne deviennes l'horreur humaine incarné mais ce soir, je ne te souhaite que le plus sombre des enfers.


Kamil Abderrahman


 

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