samedi 14 novembre 2015

Nous sommes tous des Parisiens


Maroun Labaki 

Les questions se bousculent dans les esprits, sans réponse, après les attaques de Paris. L’édito de Maroun Labaki.



• 

Comme si le sol se dérobait sous nos pieds… François Hollande, immensément ému, parlant à son pays et au monde, peu avant minuit, pour annoncer l’instauration de l’état d’urgence et la fermeture des frontières de la France ! Sommes-nous donc si vulnérables ? Qu’est-ce qui est vraiment acquis, pour nous et pour nos enfants ?

Vendredi soir, Paris semblait encore être à feu et à sang. Que s’y passait-il exactement ? Qui avait commandité ce cauchemar ? Les questions se bousculaient dans les esprits, sans réponse. Daesh ?

Jeudi, c’est Beyrouth qui avait vécu l’horreur. Mais si le Liban n’est qu’un confetti délavé prêt à s’embraser, le feu, à l’évidence, menace ailleurs, et à grande échelle. En quelques jours, Daesh avait frappé à deux reprises hors de son champ de bataille habituel. Le groupe « Etat islamique » avait détruit un avion russe au-dessus du Sinaï, tuant ses 224 passagers et membres d’équipage. Puis il avait semé l’effroi dans le sud chiite de la capitale libanaise, avec 44 morts.

La Russie est récemment entrée en guerre aux côtés de Bachar el-Assad. Le Hezbollah, la puissante milice chiite libanaise, prêtait main-forte au régime de Damas depuis 2013.

Coupons l’herbe sous le pied de ceux qui ont perdu la raison ; les populations n’ont perdu que l’espoir

A qui le tour ? 

(…)

La baudruche djihadiste peut se dégonfler. Jouons de tous les moyens possibles pour percer son imposture.

 


«LES REDOUTABLES CAPACITÉS D'ENDOCTRINEMENT DE DAECH»  

Figaro

 

(…)«Le péril kamikaze est d'autant plus crédible que la nébuleuse terroriste s'est métamorphosée par rapport aux années 2000. Outre le fait que «l'évolution de la menace concerne tout d'abord sa localisation» en se situant «désormais de manière permanente sur notre territoire, contrairement à ce qui avait prévalu dans les années 1990 lors des attentats du Groupe islamique armé (GIA), menés par des commandos extérieurs», la commission parlementaire sur les filières djihadistes pointe une autre «évolution marquante» dans le fait que «les terroristes, endoctrinés, ont la volonté de mourir». «Dans l'imaginaire des djihadistes, la mort constitue le but final, s'apparentant à un sacrifice ou à un martyre, leur permettant d'accéder au paradis, et même de sauver leurs proches lorsqu'ils sont étrangers au djihadisme, note le document. Ce “terrorisme sans retour” (…) implique des actions kamikazes contre lesquelles il est particulièrement difficile de lutter.» De fait, le dispositif Vigipirate, quel que soit son seuil d'alerte, ne pourrait répondre à une opération suicide de grande ampleur et par nature imprévisible.

«Le scénario d'une frappe kamikaze est tout à fait exportable sur le sol français, même si sa mise en œuvre est en théorie plus compliquée qu'en Irak ou en Syrie, estime le criminologue Alain Bauer, coauteur d'un opus sur les terrorismes  (1). En effet, monter une telle opération nécessite que les commanditaires ne soient jamais loin, qu'ils maintiennent la pression sur l'opérateur en le tenant avec une laisse courte. (…) Rien ne s'oppose plus à ce qu'un combattant volontaire revenant en France avec un syndrome post-traumatique «dévisse» en prenant pour cible le métropolitain, un marché ou un centre commercial. Et ce, avec ou sans mandat d'une organisation terroriste.

(1) «Terrorismes», d'Alain Bauer et Christophe Soullez, éd. Dalloz.

 


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE SCENARIO DU PIRE


Paris, la France, l’Europe sont sous le choc. 

Hollande, malgré lui, soudain dans la posture de Churchill face au Blitz, Helmut Schmidt à MogadishuAura-t-il les nerfs, tiendra-t-il la distance, va-t-il se révéler enfin car ce n’est, à l’évidence, qu’un début et l’ennemi est déterminé et organisé ?

Images de guerre civile à la télévision comme à Beyrouth hier et autrefois.

C’est l’irruption de l’imprévisible tellement prévisible.

La stratégie de Jésus : éviter que ne parte la première pierre. C’est raté, place désormais à la violence « mimétique » pour parler comme feu le grand René Girard. 

La stratégie du Daech : terroriser les Français, leur faire haïr les musulmans, tous les musulmans, ceux de là-bas et ceux d’ici pour que ces derniers se raidissent et se radicalisent massivement. But : provoquer le chaos, une guerre civile européenne en déplaçant le conflit sur le vieux continent où affluent les réfugiés dans le plus grand désordre, nous mettre à genoux.

C’est le moment de vérifier la pertinence de la phrase de Hölderlin : là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve .

MG

 

 

 

 

 

Aucun commentaire: