mardi 17 novembre 2015

"Signalen over radicalisering werden weggelachen"

VRT De Redactie


              Belga

Wim Deloof - Jens Franssen



"Hij was een fijne leerlingGemotiveerdsociaal en geïnteresseerd. Tot hij plots radicale standpunten begon in te nemen." Lerares Sara Staccino gaf twee jaargeleden les aan Bilal Hadfi, de jongeman die zichzelf vorige week vrijdagopblies voor het Stade de France. Ze gaf meermaals aan dat er problemen waren, maar kreeg nauwelijks gehoor.

Bilal Hadfi is een van zeven daders van de aanslagen in Parijs. Twee jaargeleden volgde hij les in een school in Molenbeek. "In het 5e middelbaar was het een vlotte jongenMaar het volgende schooljaar werd hij veel serieuzer. Hijzei dat ook zelf", vertelt lerares Sara Staccino, die les gaf aan de jongeman van 20. Radiojournalist Jens Franssen ging met haar praten.

CHARLIE HEBDO

"Bilal had een meer dan gemiddelde belangstelling voor politiekMaar zijngedachten werden almaar extremer. Hij wou ook geen muziek meer luisterenomdat dat haram was (niet toegestaan voor moslims). Op een geven moment vertelde hij dat het goed was dat terreurgroep Boko Haram steeds groteregebieden innamDat hij zulke gedachtesprongen maakteverontrustte me wel", zegt Staccino.

Na de aanslagen op Charlie Hebdo begin dit jaar heerste er een gespannen sfeerin de klasHadfi nam daarbij graag het woord en liet gematigde leerlingennauwelijks aan bod. "Hij vond het terecht wat gebeurd was en vaarde fel uittegen de vrije meningsuiting omdat het magazine zijn godsdienst beledigd had. Ik heb dat gesignaleerd aan de klassenraad en heb de directie daarvanschriftelijk op de hoogte gebracht."

PUBERALE HOUDING

Toch heeft de school aanvankelijk een afwachtende houding aangenomen. Er is niet direct hulp ingeroepenVolgens Staccino wou de directie niet stigmatiseren.Bovendien had de houding van Hadfi misschien meer te maken met puberalerebellie dan met radicaliseringwerd gedacht. "Hij was intelligent, op zoek naarzijn plaats in de maatschappij. Maar hij was ook gefrustreerd en droeg het leedvan de wereld op zich."

Na de aanslag op Charlie Hebdo kwam Hadfi nog een week naar schoolDaarnavertelden zijn klasgenoten dat hij in Syrië zat. Ook op Facebook uitte hijextreme standpunten. "Toen ik dat te weten kwam, ben ik opnieuw naar de directie gestapt. En dan hebben ze dat doorgegeven naar een hoger niveauikvermoed de inspectie. Wat er verder gebeurd is, daarvan ben ik niet van op de hoogte gebracht."

         AP

DADER ÉN SLACHTOFFER

"Ergens voel ik dit aan als een persoonlijk falen. Ik kon Bilal niet op anderegedachten brengen. Ook het systeem heeft gefaald. We zijn te voorzichtiggeweest uit schrik om te stigmatiserenEigenlijk is die radicalisering heel snelverlopen. Het begon met spijbelen en toen heeft hij op enkele maanden tijdradicale beslissingen genomen."

Dat Staccino alles zag aankomenalles gemeld heeft en niets kon doen om het geweld te stoppennoemt ze heel frustrerend. "Ik zie hem als dader en alsslachtofferHij was een eenvoudige jongen met goede bedoelingen. Maar op éénof andere manier werd hem het gevoel aangepraat dat hij niet welkom was in onze maatschappijOok zijn ouders konden weinig beginnenHij was het slachtoffer van indoctrinatieAnderzijds ... hij wist ook goed waar hij mee bezigwas."

Sara Staccino werkt vandaag in een andere school, maar blijft erg emotioneelover het verlies van een potentieel talent dat wel erg ver en heel extreem van het pad afweek.

WIE IS BILAL HADFI?

Bilal Hadfi is een Fransmangeboren op 22 januari 1995. Hij is de eerste van de twee mannen die zichzelf opbliezen op vrijdag 13 november aan het Stade de France. Hadfi woonde in Neder-over-Heembeek. Nadat hij had meegevochten in Syrië is hij naar België teruggekeerd en blijkbaar uit beeld verdwenen bij de Belgische veiligheidsdiensten.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA CLÉ DU PROBLÈME


Qui sait lire un tant soit peu entre les lignes trouvera ici la clé du problème.

Nous avons apparemment à faire à un adolescent exemplaire et parfaitement bien intégré, un bon élève de surcroît selon son  professeur. Mais voilà que soudain, vers 17 ans, Bilal change radicalementPuberté, dira le PMS et la direction malgré les mises en garde de sa prof inquiète. On voudra éviter de le stigmatiser et on aura bien tort car il se fera sauter à Paris au stade de France vendredi dernier entraînant la mort d’innocents de son âge.   

Que s’est-il passé ? On ne nous le dit pas clairement mais Bilal aura trouvé sur sa route des recruteurs salafistes qui lui ont lentement mais sûrement lavé le cerveau. Ceci se passe à Molenbeek où les prédicateurs radicaux circulent en rue sans être inquiétés par qui que ce soit. Là est le problème et nulle-part ailleurs. Il faut traquer les recruteurs et les imams troubles de certaines mosquées louches.

«Ils ne sont ni fous, ni psychopathes, ils sont idéologisés»

Dans le cas de Merah, comme pour Charlie, l’impulsion ne vient pas du dehors mais du dedans. Ils ont adhéré et se sont radicalisés en France. La stratégie de lutte est donc intérieure et non extérieure. Il s’agit de comprendre pourquoi ces jeunes adhèrent à une telle idéologie et tenter de les stopper dans leurs opérations. 

Ce n’est pas l’islam qu’il faut incriminer mais l’islamisme des rues pernicieux et prosélyte. Ne pas le comprendre c’est refuser de sauver notre jeunesse belge issue de l’immigration musulmane. Il y a péril en la demeure. Ils ont été fanatisés par la parole idéologique , ils ne sauraient être déconditionnés que par la parole. Les seuls capables de les sortir de leur fantasme sur la Syrie sont d’ex-jihadistes revenus de ce pays. Ce sont les seuls crédibles auprès d’eux. Si les services de renseignements français sont enclins à utiliser ces repentis dans la lutte antiterroriste, les politiques, eux, ne veulent pas prendre ce risque. Les ex-jihadistes sont donc criminalisés et emprisonnés, ce qui empire la situation. 

Seuls les jeunes repentis  peuvent déradicaliser d’autres jeunes, cela paraît tellement évident.


MG





MARC SAGEMAN «ILS NE SONT NI FOUS, NI PSYCHOPATHES, ILS SONT IDÉOLOGISÉS»

Par Cécile Daumas — Libération




Marc Sageman en 2007. Photo Karen Bleier. AFP

 

Spécialiste de la psychologie des terroristes, cet ancien de la CIA décrypte les spécificités des attaques de vendredi à Paris. Pour lui, la clé dans la lutte contre les jihadistes, qui se vivent comme des soldats défendant une communauté imaginée, réside dans l’utilisation par les services de renseignements de repentis revenus de Syrie.

 Marc Sageman «Ils ne sont ni fous, ni psychopathes, ils sont idéologisés»

Ancien de la CIA, l’Américain Marc Sageman est spécialiste de la sociologie et de la psychologie des terroristes. Né en France, il travaille aussi sur la violence politique dans l’histoire, notamment française. Les événements à Paris lui inspirent la plus grande prudence. «D’expérience, je sais que les informations récoltées au début de l’enquête s’avèrent assez fausses après. Un ou deux ans plus tard, on se rend compte que l’histoire n’était pas du tout celle que l’on croyait.» Dans sa tête, de nombreuses hypothèses : est-ce une action planifiée de l’étranger ou bien des Français qui se sont organisés au nom de l’étranger ? L’opération peut aussi être un mélange des deux, avance Marc Sageman.

QUELLE DIFFÉRENCE VOYEZ-VOUS AVEC LES ATTENTATS DE JANVIER 2015 ?

Ces attaques sont très différentes par leur envergure. Une opération de type Merah, avec une seule personne, ne m’aurait pas étonné. Ce qui me surprend cette fois, c’est le nombre de personnes cordonnées et le fait qu’elles ne se soient pas fait repérer par la police. Charlie et l’Hyper Cacher, c’était trois personnes, avec deux frères en plus. Or, plus il y a d’individus impliqués, plus il est difficile de maintenir l’opération secrète. Le risque de fuites augmente : il y en a toujours un qui parle. Pour ces attentats parisiens, deux scénarios sont possibles : soit les terroristes se sont organisés rapidement pour ne pas se faire remarquer (ils connaissaient déjà les lieux de la capitale, se répartissant grossièrement le territoire), soit ce sont des individus venus de l’étranger, inconnus en France. L’attentat de Bombay en 2008 avait été perpétré par dix Pakistanais, infiltrés dans la ville depuis la mer et qui s’étaient entraînés durant des mois.(…)

POURQUOI LA FRANCE EST-ELLE VISÉE ?

Par rapport aux autres pays européens, la France a bien plus de ressortissants qui ont fait le voyage vers la Syrie. Il s’agit donc d’une question de nombre. Par ailleurs, le jihadisme français a beaucoup évolué depuis 1995. A cette époque-là, les attentats de Paris avaient été montés par le GIA, qui avait le contrôle de voyous lyonnais. Aujourd’hui, les jeunes terroristes ne semblent pas encadrés. Dans le cas de Merah, comme pour Charlie, l’impulsion ne vient pas du dehors mais du dedans. Ils ont adhéré et se sont radicalisés en France. La stratégie de lutte est donc intérieure et non extérieure. Il s’agit de comprendre pourquoi ces jeunes adhèrent à une telle idéologie et tenter de les stopper dans leurs opérations.

COMMENT S’Y PRENDRE ?

Les jeunes jihadistes s’identifient aux victimes syriennes. Ils ne combattent pas seulement Al-Assad, ils combattent aussi la France. Ils sont en guerre et protègent leur pays, une communauté imaginée, l’Oumma (qui désigne l’ensemble des musulmans). Lorsque celle-ci est attaquée - comme en Syrie -, elle doit être selon eux défendue coûte que coûte. Ces individus n’ont pas de problèmes psychologiques, ils ne sont pas fous. Ce ne sont pas des psychopathes, ils sont idéologisés. Ils se sentent comme des soldats et tuent pour leur patrie. Ils sont fiers d’appartenir à cette internationale jihadiste. Les seuls capables de les sortir de leur fantasme sur la Syrie sont d’ex-jihadistes revenus de ce pays. Ce sont les seuls crédibles auprès d’eux. Si les services de renseignements français sont enclins à utiliser ces repentis dans la lutte antiterroriste, les politiques, eux, ne veulent pas prendre ce risque. Les ex-jihadistes sont donc criminalisés et emprisonnés, ce qui empire la situation.




ABDELHAMID ABAAOUD, COMMANDITAIRE PRÉSUMÉ DES ATTAQUES À PARIS

Par Willy Le Devin — Libé

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Opération de police ce lundi dans le quartier de Moelenbeek, en Belgique. Abdelhamid Abaaoud est originaire de ce quartier de Bruxelles. AFP

 

L’ETAT ISLAMIQUE AURAIT CONFIÉ À CE BELGE DE 27 ANS LA MISSION D’ENTRAÎNER DES JIHADISTES POUR LA PLANIFICATION D’ATTENTATS EN EUROPE.

 Abdelhamid Abaaoud, commanditaire présumé des attaques à Paris


Abdelhamid Abaaoud, Belge de 27 ans, est vraisemblablement l’homme qui est derrière les attaques perpétrées à Paris vendredi soir. Il serait parti en Syrie il y a environ deux ans. Depuis, à l’instar du Français Salim Benghalem, geôlier des quatre journalistes français retenus en otage de juin 2013 à avril 2014, Abaaouda gravi les échelons au sein de l’Etat islamique (EI). L’organisation lui aurait alors confié la mission d’entraîner des jihadistes pour la planification d’attentats en Europe.

L’homme à la longue barbe noire, plutôt fluet, était connu dans la région de Raqqa, capitale syrienne du califat de l'EI, depuis une vidéo effroyable dans laquelle il conduisait un 4X4 tirant plusieurs corps. Il est intime de Salah Abdeslam, 26 ans, l’un des participants présumé aux attaques de Paris, actuellement en fuite, et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Selon plusieurs sources du renseignement intérieur et extérieur, Abaaoud aurait été en contact ces derniers mois avec Ayoub El-Khazzani, l’auteur de l’attaque commise le 21 août dans le Thalys Amsterdam-Paris. D’autres sources affirment que des contacts existaient avec Sid Ahmed Ghlam, l’étudiant algérien de 24 ans qui projetait des attaques contre des églises de Villejuif (Val-de-Marne) en avril. Enfin, il apparaît quasi certain qu'Abaaoud connaît Mehdi Nemmoucheauteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles le 24 mai 2014, et passé brièvement par Molenbeek à son retour de Syrie.

Originaire du quartier de Molenbeek, situé dans la banlieue de Bruxelles, de nationalité belge, Abaaoud, dont le nom de guerre est Abou Omar Al-Soussi, a fait venir en Syrie il y a quelques mois son jeune frère Younès, âgé de 15 ans.

Selon M6, un témoignage intéressant sur Abdelhamid Abaaoud a été recueilli par les policiers français. Sur la base d’une information livrée par un jihadiste espagnol, les services ont interpellé mi-août Reda H., un homme de retour de Syrie. En garde à vue, ce dernier a révélé avoir reçu un entraînement pour commettre des attentats en France. Un entraînement dont le commandement était visiblement assuré par Abdelhamid Abaaoud. Blessé durant les exercices, Reda H. est rentré en Europe avec pour consignes de frapper une salle de concert. Pour accomplir cet objectif, Abaaoud aurait confié à Reda H. des identifiants de connexion et 2 000 euros en liquide.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ILS SE CONNAISSENT TOUS


Apparemment ils se connaissent tous et beaucoup passent par Molenbeek. Cette information est presque rassurante car elle montre qu’à ce stade, le phénomène  est relativement bien circonscrit par une organisation criminelle cohérente. Beaucoup plus grave serait qu’on ait à faire à des attentats spontanés et nullement coordonnés, ce qui prouverait que l’ensemble d’une tranche d’âge est gangrenée.

Il semblerait qu’au stade actuel, cela ne soit pas le cas mais le phénomène peut se révéler contagieux. "Si lui Salah Abdeslam est capable de cela, tous mes potes sont capables de cela ..." Je ne l'ai jamais vu s'énerver, c'est un type posé qui est apprécié par les filles. Un type comme moi, comme toi... De temps en temps, on fume un petit pétard et on sort dans les boîtes à Bruxelles pour s'amuser. Mais toujours sans alcool... Nous, on voulait vivre notre vie sans s'imposer des trucs de religion. On a jamais abordé ensemble la religion, c'était un truc que l'on gardait privé. Et puis on fréquentait une série d'endroits pas très religieux... Jamais j'aurais pu imaginer un tel scénario. Si lui est capable de cela, alors tous mes potes sont capables de cela !" Il vivait sa petite vie comme tous les jeunes... Il était tranquille. Quand nous parlions éventuellement de terrorisme, de kamikazes, on en rigolait. Cela ne nous touchait pas, cela ne nous concernait pas !"

Il s’agit du portrait d’un autre gamin d’apparence normale brusquement radicalisé, comme par enchantement. Autrement dit lui aussi a croisé la route des prêcheurs recruteurs de Molenbeek et environs.

MG



LE TÉMOIGNAGE D'UN AMI DE SALAH ABDESLAM: "SI LUI EST CAPABLE DE CELA, TOUS MES POTES SONT CAPABLES DE CELA ..."

RÉDACTION EN LIGNE  

 L'interview de l'ami de Salah Abdeslam DH

O. (28 ANS) EST UN AMI DE SALAH ABDESLAM. IL DÉVOILE À LA DH EN EXCLUSIVITÉ LE PORTRAIT D'UN AMI PAS TRÈS RELIGIEUX DANS SON COMPORTEMENT.

Pour rappel, Salah est devenu l’ennemi public n°1 ce dernier week-end. Introuvable pour le moment, on le soupçonne d’avoir participé activement aux attentats de Paris de vendredi soir. Un de ses frères s’est fait exploser devant un café au coeur de Paris, boulevard Voltaire. Un autre a été arrêté samedi puis relaxé ce lundi.

La DH a rencontré un autre jeune molenbeekois, ami de l'homme recherché en Belgique et à l'étranger. Il nous parle de lui.

"Cela fait 5 ou 6 ans que je le fréquente presque tous les week-ends", explique O. "On a toujours passé des bons moments ensemble. Je ne l'ai jamais vu s'énerver, c'est un type posé qui est apprécié par les filles. Un type comme moi, comme toi... De temps en temps, on fume un petit pétard et on sort dans les boîtes à Bruxelles pour s'amuser. Mais toujours sans alcool... Nous, on voulait vivre notre vie sans s'imposer des trucs de religion. On a jamais abordé ensemble la religion, c'était un truc que l'on gardait privé. Et puis on fréquentait une série d'endroits pas très religieux... Jamais j'aurais pu imaginer un tel scénario. Si lui est capable de cela, alors tous mes potes sont capables de cela !"

Salah a perdu son job à la Stib en 2011. Depuis, il était sans emploi. "Salah cherchait un job. Sinon, on passait du temps au café, on regardait la Ligue des Champions... Son truc, c'était le foot ! Il vivait sa petite vie comme tous les jeunes... Il était tranquille. Quand nous parlions éventuellement de terrorisme, de kamikazes, on en rigolait. Cela ne nous touchait pas, cela ne nous concernait pas !"

 

 

 

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