mercredi 18 novembre 2015

Témoignage exclusif de la mère de Bilal Hadfi, kamikaze de Paris: "J'avais l'impression qu'il allait exploser d'un jour à l'autre"

CHRISTOPHE LAMFALUSSY 

La Libre



"J'ai peur de recevoir un sms", nous avait dit Fatima, dix jours avant les attentats de Paris. Ce n’est pas l’habituel message de l’Etat islamique annonçant laconiquement la mort du “martyr” en Syrie que Fatima a reçu, mais une avalanche de nouvelles qui ont déferlé le week-end dernier sur la mère de Bilal Hadfi. Car son fils au visage juvénile est l’un des trois kamikazes du Stade de France.

“La Libre Belgique” l’avait longuement interrogée le 3 novembre à titre de mère de djihadiste en Syrie. Cette interview (dont certains extraits sont parus dans La Libre” du 12 novembre) prend aujourd’hui une tout autre ampleur. 

Bilal Hadfi, 20 ans, étudiant en électricité à l’Instituut Anneessens Funck, était le fils cadet de Fatima. Son père est décédé il y a huit ans et est enterré au Maroc. Il a deux frères et une sœur. De nationalité française, la famille vit à Bruxelles de longue date, a occupé un logement social à Bruxelles-Ville jusqu’en mars dernier avant de déménager dans un autre appartement de la capitale.

Sa mère le décrit comme une “cocotte-minute” en Belgique. “J’avais l’impression qu’il allait exploser d’un jour à l’autre”, dit-elle.

Le jeune Bruxellois est parti subitement pour la Syrie le dimanche 15 février 2015, sans aucun avertissement à sa famille. Au contraire, il a prétexté un voyage au Maroc “pour se ressourcer” et se recueillir sur la tombe de son père.

Le samedi soir, il se rend à l’appartement pour une dernière fois. “On a dû lui donner quelque chose pour gérer car il n’était pas dans son état normal”, dit-elle. “Quand il est venu à la maison, il avait les yeux rouges. Il m’a prise dans ses bras. Il savait que c’était un départ sans retour.”

Dimanche, lundi et mardi, il téléphone successivement à sa mère pour lui raconter son soi-disant voyage au Maroc. Mais mercredi, “ma fille me téléphone pour me dire qu’elle vient me soutenir. Mesdeux garçons arrivent et là je vois que quelque chose de pas catholique est arrivé. Ma fille me dit : Bilal est parti. Il est mort ? Non il est parti en Syrie.”

L’univers de Fatima s’effondre et sa première réaction est de s’accuser. Elle se demande comment “elle n’a rien vu venir” et se remémore les mois précédents. Avec le recul, les choses s’éclaircissent.

RADICALISÉ EN QUELQUES MOIS

Fatima ignore quels gens il a fréquentés (on cite des liens via les réseaux sociaux avec Abou Isleym Belgiki dont une photo est apparue en juillet en Syrie, à côté d’un homme crucifié et décapité) mais elle remarque un changement de comportement. “Il a arrêté les cigarettes, le shit un mois avant”, dit-elle. “Il jeûnait le lundi et le jeudi pour demander pardon à Dieu. Moi je trouvais cela positif qu’il se repentisse et qu’il ne soit plus dans l’alcool et les joints.” Fatima et sa fille portent le voile “mais ce n’est pour cela que ma fille est partie en Syrie”.

L’un de ses anciens professeurs décrit un étudiant politisé, qui s’est radicalisé en quelques mois. “Après les attaques de ‘Charlie Hebdo’, on a eu un cours très agité lors duquel il a presque monopolisé la parole. Il défendait les attaques, il disait que c’était normal, qu’il fallait que la liberté d’expression s’arrête. Que les insultes à la religion s’arrêtent. Oui, à l’époque, ça m’a vraiment inquiété et je l’ai à nouveau signalé lors d’un conseil de classe et par écrit à la direction”, a dit Sara Stacino à la VRT.

“DANS CE PAYS, JE N’AI PAS MA PLACE”

Les premiers contacts téléphoniques avec Bilal en Syrie sont difficiles. A l’un de ses frères qui l’engueule pour avoir quitté la Belgique, il répond : “Ne crie pas, c’est ma décision. Dans ce pays, je n’ai pas ma place.”

Fatima cherche à maintenir le fil ténu avec son fils. Elle n’avertit pas la police, car elle craint que ceci empêchera son retour. Bilal ne dit pas où il se trouve, mais il demande à sa mère de le rejoindre en Syrie pour participer à la création de l’Etat islamique. Elle refuse. “Si je viens, c’est pour venir te rechercher”, dit-elle. Elle veut rester avec ses enfants à Bruxelles. Lui souhaite qu’elle rompre les ponts avec la Belgique, ce “pays de mécréants”.

Au téléphone, de Syrie, Bilal semble parler sous la surveillance d’une autre personne. Il ne rit plus. Il semble, dit sa mère, “avoir pris vingt ans”. Un jour, le fils exprime ses sentiments plus fortement. “J’ai peur que tu meures et que tu ailles en enfer parce que tu vis dans un pays de kouffar, lui dit-il.

LA POLICE BELGE LE SUIVAIT DE PRÈS

Le 8 mars 2015, à 17h30, la police belge débarque dans l’appartement familial en défonçant la porte d’entrée. Le fils aîné est menotté. La mère, en crise d’hystérie, est plaquée au sol par trois policiers. Ils emportent de nombreux objets, dont des étoiles de ninja et un bâton d’aïkido. Cette perquisition sera suivie plus tard d’une intervention de la brigade antiterroriste à 4h30 du matin, puis, “tout dernièrement” d’une visite de la police fédérale.

La police belge suivait donc Bilal Hadfi de près et l’avait inscrite dans la liste “Syrie” de l’Ocam. Fatima affirmait avant les attentats qu’elle n’avait plus de nouvelles de son fils depuis trois mois, qu’il ne répondait plus au téléphone ni aux emails. Etait-ce parce que, cet été, Bilal est entré en clandestinité pour commettre l’attentat ? Comment est-il venu de Syrie à Paris ? Est-il passé par la Belgique ? L’enquête le dira.

Vendredi dernier, le plus jeune des djihadistes de l’assaut de Paris s’est fait exploser aux abords du Stade de France, dans une rue quasi déserte. Prêt à tuer massivement, il a été refoulé du stade, sa ceinture remplie d’explosifs et de boulons, parce que, dit la presse française, il n’avait pas de billet pour le match France-Allemagne.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« DANS CE PAYS, JE N’AI PAS MA PLACE. »

Ce qu’il veut, ce terroriste, c’est rompre les ponts avec la Belgique, ce “pays de mécréants”. 

Ces témoignages sont terrifiants. Ils montrent comment en peu de mois des gamins sont transformés en bombes humaines par d’habiles lavages de cerveau. Les sectes ne procèdent pas autrement. Il est préoccupant de constater que Molenbeek offre un terreau particulièrement favorable à une telle évolution. Ajoutons que Molenbeek est gangrené par le trafic de drogues. De toute évidence le laxisme des milieux politiques en porte une très large part de responsabilité comme le montre le plaidoyer sans fards du sénateur De Stexhe dans une carte blanche assassine qu’on ne saurait passer sous silence.  

 


ATTENTATS DE PARIS: ATTOU ET AMRI, LES CHAUFFEURS DE SALAH, AURAIENT FABRIQUÉ LES EXPLOSIFS

GILBERT DUPONT La Libre



Selon nos informations, les deux suspects placés sous mandat d’arrêt lundi à Bruxelles par la juge Isabelle Panou s’appellent Hamza Attou et Mohamed Amri. Ce sont eux qui, la nuit des attentats de Paris, ont quitté Molenbeek pour se rendre à Paris où Salah Abdeslam les attendait, pour le ramener à Bruxelles.

Alors que Attou et Amri sont en aveux sur le fait d’avoir eu ce “simple rôle (logistique) de taxi”, rien de plus. Ils n’étaient pas à Paris au moment des tueries. Ils affirment n’avoir participé à aucune des sept attaques dans les Xe et XIe Arrondissements et au Stade de France.

Cependant, on apprenait en soirée que les perquisitions chez Amri et chez Attouavaient permis aux enquêteurs de trouver du nitrate d’ammonium à leur domicile. Ce produit est connu comme un engrais entrant dans la fabrication d’engins explosifs. Il s’agit dès lors d’une évolution capitale dans l’enquête puisqu’ils pourraient dès lors être les fabricants des explosifs recherché par les forces de l’ordre.

Lorsque les enquêteurs ont demandé à quoi leur servait le nitrate d’ammonium, leur réponse: de l’engrais pour leur jardin.

En outre, on a retrouvé au domicile d’Attou des munitions de calibre 5.56 mais surtout de 7.62 qui est utilisé pour les kalachnikov.

 

“ON NE SAVAIT PAS”

Autre élément communiqué par les deux suspects, ils ignoraient que Salah Abdeslam avaient pris part aux attentats. “On ne savait pas.” Ils précisent d’ailleurs avoir reçu l’appel de Salah plusieurs heures après les attentats au Stade de France et au Bataclan. Salah Abdeslam ne les aurait appelés que vers 2 h du matin.

Le lieu de rendez-vous était à Barbès. Et c’est bien là que les deux Molenbeekois ont récupéré Salah Abdeslam, vers 5 h du matin.

Attou et Amri se sont rendus à Paris à bord d’une VW Golf. C’est Mohamed Amri qui conduisait. Lors du retour, leur véhicule a été contrôlé par la police à trois reprises, notamment à hauteur de Cambrai. La police ne connaissait pas à ce moment le signalement d’Abdeslam. Le trio est arrivé sans encombre à Molenbeek. Il faisait jour.

Interrogés sur l’endroit où ils ont déposé Salah Abdeslam, ils se contredisent. La VW Golf n’était pas louée. Le véhicule appartient à Attou. Les deux déclarent n’avoir pas vu d’armes : ou bien Abdeslam s’en est débarrassé à Paris… où alors Attou et Amri mentent.

Les deux sont défendus par les avocats Carine Couquelet, Sophie De Waegeneeret Xavier Carette, qui ne font aucun commentaire. Ils sont inculpés de… 129 assassinats terroristes et participation aux activités d’une organisation terroriste.

Interrogés sur ce qu’a déclaré Salah Abdeslam sur le chemin du retour, Attou et Amri disent : “On n’a pas beaucoup parlé.” Et quant à l’état de Abdeslam, ils répondent : “Il était un peu stressé.” Hamza Attou, 21 ans, de Molenbeek, n’a aucun antécédent judiciaire. 




MOLENBEEK: MERCI PHILIPPE !

 Une opinion d'Alain Destexhe, Sénateur MR.



Suite aux attentats de Paris, Molenbeek est devenue mondialement célèbre en un week-end. Du Brésil à la Chine, du Canada à l’Afrique du sud, les journalistes découvrent ce foyer de radicalisme situé au cœur de la capitale de l’Europe. Pourtant, rien de neuf sous le soleil. Pour celui qui voulait s’informer, cette situation n’était que trop connue.

Depuis le début des années 2000, Molenbeek est régulièrement citée dans la plupart des affaires terroristes concernant notre pays. Parmi, les plus connues, citons l’assassinat du commandant Massoud en Afghanistan deux jours avant le 11 septembre 2001, le pittoresque cheikh Bassam et son Centre islamique belge, les attentats de Madrid en 2004 et plus récemment l’attentat de Nemmouche au Musée Juif, la cellule de Verviers, ou encore l’attaque du Thalys, …

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois, dit l’adage. Pas en Belgique. Ceux qui ont tenté de soulever le voile l’ont fait dans une grande solitude. En 2008, le livre, « En sous-marin dans le petit Maroc », d’une journaliste flamande d’origine marocaine, Hind Fraihi, montrait déjà la radicalisation des jeunes molenbeekois. Dès 2004, le site djihadiste assabyle.com du Centre islamique belge nous avait amené avec Anne Marie Lizin à déposer une proposition de loi visant à interdire l’apologie du terrorisme. En 2009, dans « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac », avec Claude Demelenne, un journaliste de gauche, nous tirions la sonnette d’alarme. Plus récemment, dans son livre « L’iris et le croissant », le sociologue Felice Dassetto utilisait le terme de « Molmuslim » pour résumer la situation à Molenbeek.

VINGT ANS D’OMERTA

Pendant vingt ans, une sorte d’omerta a régné. Ceux qui tentaient de la briser étaient traités d’islamophobes ou de racistes. Au cœur de ce système figurait le puissant Philippe Moureaux, coqueluche des médias, qui a longtemps exercé un véritable magistère moral et politique sur la politique bruxelloise. A la fois Bourgmestre de Molenbeek, Président de la Fédération socialiste de Bruxelles et Vice-Président du PS national, il faisait régner un climat de terreur intellectuelle contre lequel peu osaient se lever. Bien avant que le think tank « Terra Nova », proche du Parti socialiste français, ne le théorise, Philippe Moureaux avait compris que l’avenir du socialisme (bruxellois) passait par les immigrés qui allaient devenir, symboliquement, le nouveau prolétariat, remplaçant une classe ouvrière autochtone en rapide diminution.

« NOUS SOMMES TOTALEMENT INCAPABLES D’INTÉGRER UNE NOUVELLE VAGUE D’IMMIGRATION » (1993)

Moureaux devient bourgmestre en 1992. En 1993, il pouvait encore dire ceci : « les clandestins sont en train de détruire complètement notre modèle social. (…) Le CPAS de Molenbeek ne peut pas être le CPAS du quart de la Roumanie, du tiers du Pakistan » (Le Vif L’Express, 17 septembre 1993) ou encore « je le dis clairement et durement : nous sommes totalement incapables d’intégrer une nouvelle vague d’immigration. On va arriver à des situations conflictuelles ». (Vlan, 29 septembre 1993). On peine à croire que c’est lui qui a prononcé ces phrases. Par la suite, il se transforma en grand inquisiteur de quiconque osait tenir de tels propos.

COMMUNAUTARISME

Changement radical de discours et de politique, donc. L’immigration légale (et clandestine) est encouragée. Le regroupement familial est facilité par les services de la commune. Celle-ci ferme les yeux sur les mariages blancs qui permettent de légaliser des centaines de clandestins. Au niveau fédéral, le vigilant sénateur Moureaux est aux premières loges pour simplifier la législation sur le regroupement familial et l’acquisition de la nationalité (qui devient quasi automatique), accorder le droit de vote aux étrangers et, à son initiative, la lutte contre le racisme est érigée en nouveau paradigme du discours politique.

Molenbeek connait alors la plus forte augmentation de population de la Région bruxelloise et de Belgique. La population recensée (les clandestins sont très nombreux) a augmenté de 12% en 5 ans et de 30% en 15 ans. 30% de plus depuis le prophétique « nous sommes totalement incapables d’intégrer de nouvelles vagues d’immigration » ! Et ce n’est pas fini...

Parallèlement à cet accroissement incontrôlé, qui se déroule sans que l’on sache si ces nouvelles générations d’immigrés et leurs enfants partagent nos valeurs (le PS s’opposant jusqu’à récemment à un parcours d’intégration obligatoire), un modèle communautariste se met en place. Visites fréquentes dans les mosquées (qui appellent à bien voter lors des campagnes électorales), subventions d’associations musulmanes, mise à disposition des locaux de la commune pour des écoles coraniques, placement sur la liste PS de proches des mosquées, participation visible aux Fêtes de l’Aïd El Kébir ainsi qu’à des défilés anti-israéliens où l’on scande des slogans antisémites.

« LE CHARME DES IMPÉRATIFS DES MOLLAHS »

L’héritage historique laïc et anticlérical (au sens large) du PS est jeté aux orties au grand dam de quelques socialistes historiques. Pour Jean-Maurice Dehousse, un ancien bourgmestre de Liège : « le sympathique Philippe Moureaux, pour avoir adoré en son jeune temps les icônes staliniennes et fermé les yeux sur le goulag ne se convertit-il pas aujourd’hui certes progressivement mais néanmoins profondément aux charmes des impératifs des mollahs de Molenbeek ? » Dans ses mémoires « L’ami encombrant », Merry Hermanus, un ex-cacique du PS bruxellois raconte son engueulade par Philippe Moureaux : " J'en ai marre, laïcard, sale laïcard, tu veux minoriser une population fragilisée alors que tes amis juifs, eux, peuvent tout se permettre ! "

LA RTBF COMPARÉE À … GOEBBELS

Pendant vingt ans donc, Philippe Moureaux a, avec succès, intimidé des médias complaisants et l’ensemble du monde politique, y compris au MR, véritablement tétanisé par l’idée d’être taxés de racistes. En témoigne spectaculairement l’affaire Deborsu. En avril 2012, Frédéric Deborsu, journaliste à la RTBF, réalise pour « Questions à la Une », un reportage inédit - jusque-là, la RTBF n’a jamais vraiment abordé ces sujets dans un long reportage - dans lequel il montre les dérives communautaristes dans des communes bruxelloises dont Molenbeeket le double discours de certains élus d’origine étrangère pris en flagrant délit de mensonges. Philippe Moureaux compare alors les méthodes du journaliste à celles de… Goebbels, le chef de la propagande d’Hitler ! Depuis, la RTBF n’a plus abordé ces questions en profondeur, pas plus que la plupart des autres médias belges.

ZONES DE NON DROIT

Lors du tournage, le journaliste et moi-même nous pûmes constater que la loi sur l’interdiction de la burqa n’était pas respectée sur le marché local, en présence de la police. Des quartiers de Molenbeek sont ainsi devenus progressivement des zones de non-droit où la police ne va plus qu’en force, où les agents des services de l’eau ou de l’électricité doivent se faire accompagner par la police pour couper les compteurs, où presque tous les restaurants sont fermés lors du Ramadan, où « sale juif » est devenu une insulte courante, où les écoles sont désertées lors de la fête de l’Aïd qui n’est pourtant pas un jour de congé légal, et où les blondes et celles qui oseraient porter des jupes trop courtes se font régulièrement traiter de putes ou de salopes. C’est dans ce climat que des organisations radicales comme le Centre islamique belge et d’autres ont pu prospérer toute liberté, sans que la police locale s’en mêle.

La responsabilité de cette situation n’incombe évidemment pas qu’à Philippe Moureaux. La presse et le monde politique (tous partis confondus, même si certains sont plus responsables que d’autres) ont longtemps préféré se voiler la face.

CLIENTÉLISME …

Moureaux n’est plus dans le jeu politique. Inutile de lui tirer dessus. Le mal est fait. Le problème est que les racines mentales du système Moureaux sont toujours bien présentes parmi nombre d’élus du PS, qui ont aussi pu émerger grâce au copinage et au clientélisme (sans parler des liens familiaux) qui constituent son second pilier, à côté du communautarisme. Et pour cause, puisque ce système est désormais la clé des victoires électorales du parti à Bruxelles. Philippe Moreaux a réussi à transformer en profondeur une région historiquement libérale, celle du temps pas si lointain où Hervé Hasquin, qui en fut ministre-président, claironnait que le MR, désormais dans l’opposition, était « incontournable ».

Aujourd’hui, la marmite explose. Comme le dit la bourgmestre Françoise Schepmans, on a longtemps vécu dans le déni. Le déni nous explose aujourd’hui à la figure et nous avons la gueule de bois.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA POLÉMIQUE ENFLE

Voici que soudain Molenbeek est ostracisée comme le fut jadis Schaerbeek du temps de Roger Nols mais pour des raisons exactement inverses. Le papierd'Alain Destexhe est assassin mais il renvoie, hélas à une vérité de terrain qui fut longtemps occultée par l’habileté machiavélique de Philippe Moureaux. Ceci estun coup terrible pour les socialistes bruxellois et une aubaine dont le MR et la N-VA ne vont pas se priver de l’exploiter dans leur croisade anti Ps. Di Rupo se tait et Laurette ne dit rien. C’est la consternation. Mais à quelque chose malheur est bon et soudain les yeux s’ouvrent sur Molenbeek et les langues se délient.Molenbeek met brutalement l’Europe en émoi et la Belgique au ban des nations. Schaerbeek, Anderlecht, Saint-Josse entendent siffler les balles médiatiques et retiennent leur souffle car assurément le phénomène de la radicalisation n’est pas circonscrit essentiellement à MolenbeekDestexhe est un redoutable polémiste, un Zemmour à la fois intelligent et bien renseigné. Son papier qui fait mouche fera énormément de dégât latéral. On ne saurait cependant le passer sous silence. Mais de là à vouloir bombarder Molenbec au premier ou au second degré il y a un pas médiatique qui ne peut faire mousser qu’un provocateur à la Zemmour.

MG





«BOMBARDER MOLENBEEK»: CETTE BOMBE-LÀ S’APPELLE ALLER-RETOUR

Béatrice Delvaux éditorialiste en chef 
Le Soir

Eric Zemmour suggérait à François Hollande de bombarder Molenbeek plutôt que Raqa, le fief de Daesh en Syrie. Du second degré dit la direction de RTL, obligée d’éteindre l’incendie.

La bombe est « tendance ». Il y a celle qu’on met autour de ses hanches, façon ceinture. Il y a celle qu’on lâche d’un avion. Et puis il y a celle qu’on jette sur Molenbeek au petit matin, et qu’on se prend dans la figure toute la journée. C’est ce qu’on appelle la bombe « aller-retour » : on la lâche en faisant le malin dans son petit pull orange, derrière un micro et entre les quatre murs d’un studio parisien, et puis, hop, elle vous revient en pleine lucarne, obligeant votre entraîneur à venir devant les caméras expliquer que c’était une tactique de jeu, mais pas un objectif.

De quoi s’agit-il ? De la dernière de Zemmour . Il est 21h40 et cela fait dix heures que j’essaye d’éviter l’objet qui a fait buzzer nos amateurs de sensations vite fortes, et vite vides. En résumé donc, pour ceux qui n’auraient pas cliqué sur le soi-disant objet du délit, le sieur Zemmour, chroniqueur de son état, provocateur de profession, se paye François Hollande hier matin sur RTL. Il lui reproche de jouer au chef de guerre, de lancer une guerre sur la Syrie après celles peu victorieuses contre l’Afghanistan et l’Irak, le tout après avoir été le compagnon d’armes de l’Arabie saoudite et du Qatar qui ont nourri Daesh. Il dénonce aussi la passivité des gouvernants socialistes qui aujourd’hui font les matamores, mais refusent, dit-il, d’enfermer les 10.000 terroristes répertoriés sur sol français, ou de mettre en prison les auteurs de méfaits, ou qui conservent ce Schengen qui fait circuler, selon lui l’ivraie, bien plus que le bon grain. Et le voilà donc qui conclut : «  Au lieu de bombarder Raqa – fief de Daesh en Syrie ; NDLR –, la France devrait plutôt bombarder Molenbeek d’où sont venus les commandos du vendredi 13. »

Gros émoi, qui provoque ensuite la sortie de la direction de RTL précisant que Zemmour «  n’a évidemment pas appelé à bombarder cette commune bruxelloise, mais utilisé le second degré pour démontrer que les bombardements en Syrie ne servent à rien, tant que les frontières européennes ne seront pas rétablies. »

Et alors ? Trois constats et trois messages à Mr Z.

LES TROIS CHOSES ?

1. Après avoir écouté et réécouté la bande son de ce moment qui na rien danthologie, force est de constater que de fait, c’était du second degré 2. Que cela ne méritait ni cet excès d’honneur ni cette indignité ; 3) que je viens de perdre 15 minutes et 3000 signes à m’en préoccuper. Les trois messages à Z ? 

1) Vous aurez peut-être appris depuis hier, que le bombardement se manipule avec précaution, sous peine de se faire exploser ; 2) qu’on dit Molenbéék, et pas Molenbec 3. Et que si vous cliquez sur ce lien vers le site du Soir , vous découvrez que, sous vos bombes, il n’y a pas un tapis de djihadistes, mais une forêt de vrais visages. Et boum !

 

 


"DE INWONERS VAN MOLENBEEK ZIJN GOEDE MENSEN. JAMMER VAN DAT HANDVOL IDIOTEN"

Bericht uit Molenbeek 

Jan Stevens vertoeft deze week in het meest verguisde deel van Brussel, enbrengt er elke dag verslag over uit.

Op de hoek van de Ribaucourtstraat en de Leopold II-laan scheldt een vrouwvan middelbare leeftijd twee beteuterd kijkende voorbijgangers de huid vol. Zedraagt een zwarte lederen broek en dito laarzenAmin slaat het schouwspelgrinnikend gade. "Ik ken haar goed", zegt hij. "Ze woont een paar straten verderen verkoopt hier bijna elke ochtend haar show." "Alcohol?" vraag ik. "Nee", antwoordt hij. "Ze is niet goed bij haar hoofd en hoort thuis in de psychiatrieIntussen maakt ze deel uit van het vaste meubilair van Molenbeek."

Ik sla de Ribaucourtstraat in en wandel in de richting van het GemeentepleinIkwandel langs een bakkereen halalslagereen vishandel en een kebabzaakIn de etalage van een elektrowinkel staan wasmachines opeengestapeld, met daarboven een flikkerende flatscreen. Voor de deur van een kleine moskee rookteen man een sigaret. Hij wijst naar zijn hart en zegt plechtig: "Turquie". Ik vraaghoe het met hem gaatHij antwoordt: "Turquie".

'DE INWONERS VAN MOLENBEEK ZIJN GOEDE MENSEN, ONGEACHT HUN HERKOMST OF CULTUUR. JAMMER VAN DAT HANDVOL IDIOTEN'

INWOONSTER VAN MOLENBEEK

Het Gemeenteplein staat vol zendwagens. Bij gebrek aan nieuws interviewenjournalisten elkaar. Een oudere dame draait de voordeur van haar statigeherenhuis open. Op de gevel hangt een bordje met 'Advocaat'. "Al die negatievepersaandacht verdient Molenbeek niet", zegt ze hoofdschuddend. "Dit is eenmooie gemeentemijnheerIk woon hier 45 jaar. De inwoners van Molenbeekzijn goede mensenongeacht hun herkomst of cultuur. Jammer van dat handvolidioten."

In het theehuis Le Nieuw Royal aan het Sint-Jan-Baptistvoorplein zitten achtjonge mannen gebiologeerd naar de voetbalmatch Taiwan-Irak te kijken"Die jongens zijn zelf gevlucht uit Irak", zegt de theezetter van dienst"Ze wonen nog niet zo lang in Molenbeek." Aan de andere kant van het theehuis kijken drieoude mannen even gebiologeerd naar Discovery Channel op een minstens even gigantisch tv-scherm. "Wij spreken alleen Arabisch", verontschuldigt een van hen zich in het Frans.

'DE AANSLAGEN ZIJN VERWERPELIJK, MAAR NU WETEN WE WEL WAT SYRIËRS, LIBANEZEN, IRAKEZEN EN PALESTIJNEN AL JARENLANG DAG IN DAG UIT MEEMAKEN'

KHALED, INWONER VAN MOLENBEEK

De prille dertiger Khaled zit alleen aan een tafeltjedrinkt muntthee en tokkeltop zijn smartphone. Hij slaat graag een praatje. "In Molenbeek is alles peis en vree", zegt hij. "Ik begrijp die angstpsychose niet. Ik heb me nog nooit bedreigdgevoeldzelfs niet 's avonds laatIk nodig alle bange Vlamingen uit om op bezoek te komen. Het hangt hier op straat vol camera's; wat kan er in 'shemelsnaam misgaan?" Kent hij een van de jongens die betrokken was bij de aanslagen in Parijs? "Nee. Wat zij gedaan hebbenheeft niets met de islam temakenZij zijn fascisten." Dat laatste woord spuwt hij uit. "Molenbeek is niet de bakermat van het jihadisme. Die aanslagen zijn verwerpelijk, maar nu weten we wel wat SyriërsLibanezenIrakezen en Palestijnen al jarenlang dag in dag uitmeemakenIk hoop dat we daar lessen uit trekken."

Aan de ingang van het metrostation Graaf Van Vlaanderen staan drie agentenrond een gekleurde jongen met een baardje en een rugzak. "Je moet begrijpendat we geen risico's nemen als iemand zoals jij zich eigenaardig gedraagt", zegteen van de agenten boos in het NederlandsDe jongen staart naar de grond.

 

 

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