lundi 14 décembre 2015

AUX RÉFORMES CITOYENS





 Il y a ce lundi beaucoup de perdants -Sarko, Marine, Hollande, Vals- et un grand vainqueur : le bon sens et le sursaut républicain. Il faut s’en réjouir, calmement. Coup de chapeau aux électeurs qui ont voté contre leurs convictions pour faire front au Front de taureau. Face au danger, l’électorat républicain a surmonté son indifférence, sa déception ou sa colère, pour opposer au Front national une barrière démocratique qui le prive des succès espérés. (Libé)

Après un sursaut de participation- 40 % des électeurs sont malgré tout allés à la pêche-la droite l'emporte dans  sept régions, le PS résiste en conservant 5 régions et le FN est battu partout. Assurément, l'ensemble de la gauche a subi une dégringolade vertigineuse (Figaro)elle subit une humiliation qui s’inscritdurement au passif de François Hollande et de Manuel Valls.

Du côté du FN la déconvenue est rude. Il échoue partout, qu'il y ait ou non unfront républicain contre lui. Les électeurs utilisent le parti de Marine Le Pen pour faire entendre leur colère, les Français continuent à refuser de voir en lui une alternative crédible. Pour sa présidente, c'est une mauvaise nouvelle, qui pourrait, dans son parti, nourrir un vent de doute.

Le FN n'a pas disparu pour autant du paysage politique, que nenni.

La colère du peuple, non plus du reste. Qu’on s’en souvienne C’est plus qu’un avertissement carrément ou coup de semonce, l’ultime coup de semonce avant de toucher la proue. A droite, comme à gauche on a senti le souffle du boulet. Résistible ascension de Marine certes mais gare au scrutin présidentiel de 2017. D’ici là tout peut arriver et presque rien ne saurait être prévu. Il reste un an pour commencer de réhabiliter l’action politique, agir en faveur des classes populaires, secouer le joug de l’orthodoxie, promouvoir une République sociale et rassembler autour d’une politique amendée les électeurs de gauche dès le premier tour de la présidentielle. La défense républicaine a sauvé les meubles. Il est temps de passer à l’offensive.

Cette victoire est surtout une non-défaite. Le PS ne pourra indéfiniment sauver sa peau en agitant l’épouvantail FN. Il arrivera un moment où les électeurs, décidément bonne pâte dans ce scrutin, auront épuisé leurs réserves d’indulgence(Libé)

Le bons sens exigerait que l’on commence un quinquennat par un train de réformes aussi nécessaires qu’impopulaires. François Hollande est condamné à faire l’inverse et promptement. Le temps presse pour lui et surtout pour la France et l’Europe. Aux réformes citoyens.

MG

 

VOTE FN : LE DERNIER COUP DE SEMONCE ! Le Vif



© REUTERS

L'électorat du FN grimpe d'élection en élection. Comme l'a très bien dit Xavier Bertrand qui a atomisé Marine Le Pen hier : " Cela fait 30 ans -30 ans !- que l'ensemble de la classe politique, dont je fais partie, explique qu'elle a reçu le message, qu'elle a tout compris, que plus rien ne sera comme avant... Et pourtant, qu'a-t-elle fait ? ". Et d'ajouter que des réformes devaient être prises de manière immédiate et que c'était la "dernière chance".

Élu en 2012, François Hollande se disait être le candidat qui saurait rassembler la France. Trois ans plus tard, il laisse un pays divisé comme jamais. Le résultat des scores du FN n'est pas la faute des médias, de la crise ou - de manière encore plus absurde - des électeurs, mais bien celui des gouvernants qui, depuis des décennies, ont détourné leur regard des vraies préoccupations des citoyens.

(…)En Belgique aussi, le paysage politique bouge. Le dernier baromètre politique montre des mouvements radicaux qui montent tant à gauche qu'à droite, avec un PTB à plus de 10% et des partis à la droite du MR (PP et autres) représentant 12%, soit un total de plus de 22% des voix qui ne vont plus aux partis traditionnels. C'est déjà un fameux signal, alors que ces partis sont peu structurés et presque absents du paysage médiatique. Cette montée et la création de nouveaux partis sont, par ailleurs, des mouvements de fond en Europe. Dernier exemple : l'Espagne qui votera bientôt et qui voit les deux partis traditionnels mis en danger par deux nouveaux partis récents.

(…)Aujourd'hui, après trois ans de "Hollandisme", c'est carrément un tsunami jamais vu. Exemple similaire en Belgique : Bart De Wever qui a atomisé le Vlaams Belang aux dernières élections par une campagne sans tabou.

(…)Il est urgent que le logiciel intellectuel des partis politiques se reconnecte au réel. Le Sénat, qui n'a plus aucune compétence législative, a présenté la semaine dernière un rapport sur la GPA alors que bien d'autres sujets plus urgents auraient eu le mérite de la discussion : chômage, sécurité, défis économiques de demain, soutien aux PME, simplification des charges administratives...Le politique doit aussi se renouveler, le fait d'être politicien à vie ou ministre pendant 20 ans ne facilite pas la remise en question et ne permet pas le tonus nécessaire à l'émergence de nouvelles idées.

Enfin, ce que l'on peut aussi constater dans les résultats d'hier, c'est que ce sont les lignes les plus claires qui ont été plébiscitées tant à gauche qu'à droite. Monsieur Le Drian, ministre PS ayant refusé tout candidat Vert sur sa liste pour ne pas présenter un programme qui ne lui ressemblait pas, a tout simplement reçu une majorité absolue. Laurent Wauquiez, jeune candidat décomplexé de droite, a lui aussi largement devancé le FN et le PS dans sa Région. Les gens veulent voir des candidats avec de la clarté et des convictions, c'est cela la meilleure défense de la démocratie.

La France a heureusement évité l'extrême droite hier, mais elle doit maintenant faire l'inventaire des raisons qui ont conduit le FN à plus de 40% dans certaines régions et en tirer des conclusions, sous peine de déchanter bientôt.

 

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