samedi 26 décembre 2015

Des opéras sous le sapin: bravo!


Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef 
Le Soir


La culture est tout autant nécessaire que la sécurité pour gérer la menace terroriste.



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Il n’y aura pas que des policiers et des chars sous le sapin de Noël des Belges. Il y aura aussi des opéras, du cirque et des pièces de théâtre. La décision prise hier par le gouvernement n’est ni une blague ni un détail, c’est une vraie bonne nouvelle. Rien que la possibilité de faire cohabiter dans cet espace les mots policier et opéra fait soudain mieux respirer.

Car si, pour gérer cette crise terroriste, on a besoin de plus de sécurité, c’est au court terme qu’on s’attaque surtout, ainsi qu’à la surface du problème. Sur le fond, les remèdes doivent notamment favoriser l’ouverture des esprits, l’enrichissement intellectuel et émotionnel des individus, la rencontre des univers et des personnes, soit une politique de long terme qui passe notamment par l’école et la culture.

UN TAX SHELTER POUR LES ARTS DE LA SCÈNE

C’est pourquoi il faut saluer la décision prise hier par le gouvernement, qui étend aux arts de la scène, le mécanisme du tax shelter, qui offre un avantage fiscal à ceux qui soutiendront un spectacle de théâtre, d’opéra, de cirque, de théâtre de rue, etc. Le mécanisme, créé pour le cinéma, a permis à nombre de films (pas seulement commerciaux) de voir le jour, à des réalisateurs et à toute une industrie de se développer, au bénéfice de l’économie et de la renommée belges.

Il est trop tôt pour juger de l’impact sur les arts de la scène, que certains annoncent plus limité. L’essentiel aujourd’hui n’est pas là, mais dans ce nouveau soutien apporté à la culture, vu comme axe stratégique du « vivre ensemble et de la lutte contre le radicalisme » par le ministre Didier Reynders. Ce dernier veut visiblement faire de la culture son combat au sein du gouvernement. Après l’exception culturelle obtenue pour Bozar et la Monnaie, il signe ainsi une deuxième initiative qui permet au gouvernement d’ajouter un (petit) axe de fond à une politique surtout sécuritaire.

La fermeture forcée des théâtres lors du lockdown bruxellois avait plongé la ville dans une insondable tristesse. Avec l’annonce de ce tax shelter, c’est comme si la vie reprenait un peu de sa place perdue depuis ce novembre de niveau 4.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA CULTURE, COMME AXE STRATÉGIQUE DU « VIVRE ENSEMBLE ET DE LA LUTTE CONTRE LE RADICALISME »

 

La culture est vue comme axe stratégique du « vivre ensemble et de la lutte contre le radicalisme » par le ministre Didier Reynders. Ce dernier veut visiblement faire de la culture son combat au sein du gouvernement.

On observe à Bruxelles un foisonnement culturel comparable à celui de Berlin. C’est un atout absolument majeur de la capitale de l’Europe qui jusqu’ici a été pratiquement ignoré par la Région Bruxelloise. Et voici que Didier Reynders entend favoriser l’ouverture des esprits, l’enrichissement intellectuel et émotionnel des individus, la rencontre des univers et des personnes, soit une politique de long terme qui passe notamment par l’école et la culture.

Didier Reynders ? Pourquoi lui ?

C’est que  Didier Reynders est devenu bruxellois et qu’il a dans ses attributions la gestion des institutions culturelles fédérales à savoir : Bozar, la Monnaie, les grands musées bruxellois etc.

De plus il est candidat à la succession de Armand De Decker (66 ans) au maïorat de Uccle. Enfin et surtout, il était candidat à la succession de Charles Picqué aux dernières élections régionales et il compte bien évincer Rudi Vervoordt de son siège aux prochaines régionales.

C’est dire qu’en misant sur la culture à Bruxelles, Didier Reynders fait œuvre utile pour tous les Bruxellois mais aussi pour son propre avenir politique.

MG    

 

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