mardi 8 décembre 2015

Les écoles refusent la «mise sous tutelle» de Joëlle Milquet

Pierre Bouillon 

Le Soir


La ministre veut « accompagner » les écoles dont les performances s’écartent (trop) de la moyenne. Les pouvoirs organisateurs dénoncent une atteinte à leur liberté.

 
© Le Soir

Le Parlement de la Communauté française doit examiner ce mardi un projet de décret « fourre-tout » qui, parmi bien d’autres mesures, se propose de faire diminuer l’échec scolaire.

L’article 70 de ce décret permettrait à la Communauté française de mener des actions spécifiques auprès des établissements (primaires et secondaires) dont « les performances présentent un écart significatif en dessous de la moyenne des établissements. »

UN TEXTE FLOU… MAIS QUI INQUIÈTE

Le décret, qu’un arrêté devra préciser plus tard, ne dit pas à quelles « performances » l’on songe mais il s’agirait des résultats obtenus aux épreuves externes (CEB, CE1D…), les taux de redoublement, de mixité sociale ou d’exclusion observés dans l’école. Quant aux actions spécifiques, elles ne sont pas encore précisées non plus, mais il serait question de mobiliser l’inspection singulièrement. Ou d’imposer à l’école de s’assigner des objectifs chiffrés de redressement.

Ce texte, encore très flou, donc, inquiète les diverses fédérations de pouvoirs organisateurs (PO) des écoles subventionnées. Dans un communiqué commun diffusé cet après-midi, le Segec (enseignement libre confessionnel), le CECP (enseignement communal), le CPEONS (secondaire officiel) et la Felsi (libre non-confessionnel), dénoncent le risque d’atteinte à leur liberté d’enseignement et jugent que la Communauté s’octroie les « pouvoirs spéciaux. » Avertis de ce projet depuis quelques semaines, les PO avaient demandé à la ministre d’amender son projet. En vain.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ATTENTION !

Les forumeurs se déchainent :

"...En dessous de la moyenne..." signifie : " ...trop d'échecs dus à un nivellement par le bas insuffisant... ! "
N'oublions pas que le seul objectif RÉEL ne consiste qu'à faire des économies sur le dos de la qualité de l'enseignement (et donc du contribuable et surtout de ses enfants) !

N'oublions pas que "Échec à l'échec" signifie entr'autre :
1) "DÉGUISER un échec en réussite" sans pour autant améliorer les performances de l'enseignement (ce qui risquerait d'engendrer des coûts).
2) Culpabiliser et apeurer les enseignants (par un procès, par exemple) qui osent encore pointer les insuffisances d'un élève en donnant une cote insuffisante, qu'elle soit méritée ou non.
3) etc..., etc...

 

Il faudrait tout de même "se bouger". On ne peut continuer à se satisfaire de la qualité de l'enseignement en Belgique qui malgré des moyens considérables (taux d'encadrement nettement plus favorable qu'en France, par exemple) ne parvient pas à se distinguer dans les différentes appréciations portées sur les systèmes scolaires dans le monde. On notera que les homologues néerlandophones obtiennent des résultats sans commune mesure avec les notations observées tant à Bruxelles qu'en Wallonie. Par ailleurs, les taux impressionnants d'échec dans les différentes formes d'enseignement supérieur et les méthodes utilisées dans l'enseignement de la Communauté Wallonie Bruxelles ne sont pas la cause du moindre résultat, mais d'un facteur sous-estimé: l'importance et la problématique du taux d'immigration et ses problèmes d'intégration. La Flandre a un parcours "obligatoire" à ce problème depuis de nombreuses années, ce qui explique la différence.La langue locale n'est pas maitrisée.... Il est plus facile de frapper sur le pianiste, que sur le maître d'orchestre.

 

Ne suffirait-il pas que les inspecteurs jouent pleinement leur rôle de conseillers pédagogiques ? ah c'est vrai , j'oubliais, il y a les paperasses.

Vous avez vu qui sont les inspecteurs? Pour beaucoup, des gens qui ont déserté leur classe et qui font appliquer les programmes. La qualité de l'enseignement n'est pas ce qui prime. C'est le contenu même des programmes qui est à revoir.

Désolé mais les inspecteurs (de la CFWB) n'ont pas à assurer cette mission. Le décret de 2007 confie ce rôle aux conseillers pédagogiques des réseaux. La mission principale des inspecteurs est l'évaluation du niveau de l'enseignement. Leurs constats sont communiqués aux PO qui ont pour mission de remédier aux faiblesses constatées.

J'ai lu "écoles en dessous de la moyenne". Je comprends que les PO réagissent. La liberté est absolument indispensable pour s'adapter notamment dans les écoles qui ont des élèves ayant des difficultés.

Vu la situation actuelle de l'enseignement, on peut difficilement niveler encoreplus bas!

Va-t-elle aussi accompagner les écoles qui surperforment afin de les remettre dans la moyenne ? Si oui, c'est du nivellement par le bas et nous n'en voulons pas.

l'article dit clairement que des écoles avec peu de mixité sociale (donc "élitistes") seront 

"accompagnées".


Nul doute que cela va encore faire du bruit...




LES POUVOIRS ORGANISATEURS NE VEULENT PAS DES "POUVOIRS SPÉCIAUX" DE JOËLLE MILQUET

Le Vif


Source : Belga

L'ensemble des pouvoirs organisateurs des différents réseaux de l'enseignement subventionné en Fédération Wallonie-Bruxelles ont dénoncé d'une même voix lundi la volonté de la ministre de l'Education de pouvoir mettre à l'avenir "sous tutelle" les écoles présentant un écart de performances significativement inférieur à la moyenne.

"Ces dispositions n'ont pas été soumises à l'avis du Conseil d'Etat et constituent de véritables "pouvoirs spéciaux". Elles introduisent une réduction radicale et disproportionnée au principe de liberté d'enseignement inscrit dans la Constitution", font-elles valoir dans un communiqué commun.

Les quatre PO appellent en conséquence la ministre Joëlle Milquet à renoncer à ce projet, inséré aux articles 69 et 70 d'un avant-projet de décret "fourre-tout" qui doit être théoriquement approuvé demain/mardi en commission du Parlement. Si leur appel ne devait pas être entendu par la ministre, les PO annoncent leur intention de "réévaluer" alors leur participation au Pacte pour un enseignement d'excellence, ce vaste processus réflexif sur l'école lancé il y a un an par la ministre de l'Education. Ils saisiront aussi la Cour constitutionnelle. "Cette mise sous tutelle directe du gouvernement est à rebours du discours officiel visant à conjuguer l'autonomie et la responsabilité", rappellent les quatre pouvoirs organisateurs.

Concrètement, ceux-ci dénoncent notamment la volonté de la ministre de s'octroyer via ce décret le droit d'élaborer pour ces écoles dites sous-performantes des dispositifs d'accompagnement, de définir les actions prioritaires à mener, et de préciser les ressources internes et externes à l'établissement à mobiliser. "Encore une fois, ce sont les écoles qui ont les publics en difficultés qui risquent d'être sanctionnées. Encore une fois, on prétexte les travaux du Pacte pour imposer par la force des mesures inacceptables", juge Roberto Galluccio, secrétaire général du CPEONS (écoles secondaires des communes et provinces).

Dans un communiqué diffusé lundi soir, la ministre de l'Education estime ces critiques "étonnantes et tout à fait injustifiées". Selon elle, celles-ci s'expliquent par une "peur infondée de perte de pouvoir" dans le chef des pouvoirs organisateurs, "alors que l'intention est de les responsabiliser", souligne Mme Milquet. Celle-ci rejette leurs critiques relatives à l'absence d'avis du Conseil d'Etat. "Les deux dispositions ont été envoyées au Conseil d'Etat, qui a remis son avis en date du 28 septembre 2015 et dans lequel il n'a nullement remis en cause ce dispositif d'accompagnement. Il a demandé à ce que le gouvernement précise les dispositifs d'accompagnement dans le texte légal, en vue de leur mise en place dans les établissements concernés, ce qui a été fait", fait valoir la ministre.

Pour Mme Milquet, la concertation a bien eu lieu. "Le projet a été adapté pour tenir compte de leurs remarques. Il ne remet nullement en cause le rôle d'employeur des PO et est basé sur le respect de l'autonomie et du protocole de collaboration", assure celle-ci. A ses yeux, cette opposition est en réalité le signe d'une "certaine peur face au changement, pourtant légitime, et à un certain sentiment non fondé de perte de pouvoir, alors que nous voulons justement le renforcement de la responsabilisation des acteurs en même temps que le renforcement de leur autonomie", conclut la ministre.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LEVÉE DE BOUCLIERS CONTRE UN TEXTE FLOU… MAIS QUI INQUIÈTE


Le décret, qu’un arrêté devra préciser plus tard, ne dit pas à quelles « performances » l’on songe mais il s’agirait des résultats obtenus aux épreuves externes (CEB, CE1D…), les taux de redoublement, de mixité sociale ou d’exclusion observés dans l’école.

Tout ceci, comme toujours avec Joëlle Milquet est extrêmement flou.

Il semble bien, en effet, que ce soient les écoles dites élitaires et socialement homogènes qui soient en ligne de mire  Pour faire simple : Saint Pierre  et Jacqmain. Il est vrai qu’on y buse allègrement et que la qualité intrinsèque de l’enseignement dispensé n’y est pas forcément exceptionnelle. Qu’à cela ne tienne, on y recourt à outrance aux leçons particulières tarifées, les parents ayant les moyens de payer. C’est le pire des systèmes et il se maintient depuis des décennies. Je songe à cet excellent professeur de latin qui hésita longuement à accepter la direction de son établissement car il s’aperçut que son salaire annuel serait inférieur à ses revenus de professeur (avec un treizième, voire un quatorzième mois virtuel obtenu grâce aux leçons particulières). En effet, dans cet athénée huppé, les profs se refilaient mutuellement leurs élèves en cours particuliers. C’est insensé. Si c’est contre cela que veut lutter la ministre, on ne saurait tout à fait lui donner tort. Mais le moins qu’on puisse dire est qu’elle s’y prend si malhabilement qu’elle est en train, sans doute inconsciemment, de rallumer la guerre scolaire. On observera en effet que  l'ensemble des pouvoirs organisateurs des différents réseaux de l'enseignement subventionné en Fédération Wallonie-Bruxelles ont dénoncé d'une même voix lundi la volonté de la ministre de l'Education de pouvoir mettre à l'avenir "sous tutelle"

Autrement dit, c’est tout l’enseignement officiel (des villes, des communes et des provinces) qui entre en guerre contre la ministre.

MG

 

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