vendredi 18 décembre 2015

L’islamophobie devient plus violente

Le Soir


Depuis les attentats de Paris, la gravité des actes commis contre les musulmans augmente en Belgique.


                                                      © Reporters

Le 13 novembre a peut-être marqué un tournant dans l’histoire de l’islamophobie en Belgique. Depuis les attentats de Paris, et tous les événements qui ont suivi, dont le « lockdown » de Bruxelles, le Collectif contre l’islamophobie en Belgique (CCIB) a remarqué une augmentation de la gravité des actes anti-musulmans.

« Les propos islamophobes sur la Toile prennent désormais la forme de véritables appels au meurtre. Ensuite, des jeunes femmes en foulard qui se faisaient insulter en rue se font maintenant agresser. La nature des faits est donc nettement plus préoccupante », abonde Patrick Charlier le directeur francophone du Centre interfédéral pour l’égalité des chances.

« IL FAUT OUVRIR LES YEUX »

Dix délits ou crimes de haine, c’est-à-dire des agressions, des menaces de mort… ont ainsi été répertoriés en un peu plus d’un mois. De même, la violence policière et le comportement de certains membres des forces de l’ordre interpellent : interventions très musclées, discrimination manifeste…

La crainte du vice-président du CCIB, Hajib el Hajjaji, est l’impact que ces actes peuvent avoir sur les jeunes musulmans : « S’ils ont déjà l’impression et qu’ils constatent en plus que ceux qui représentent l’État, cet État de justice, de droit qu’on leur vend, vont à l’encontre de leurs droits, cela ne peut qu’accentuer les phénomènes de repli et de radicalisation qu’on observe aujourd’hui. »

Le comité appelle donc à des positionnements politiques forts et à une lutte sérieuse contre l’islamophobie : « Il faut ouvrir les yeux : on ne pourra pas lutter contre la radicalisation si on ne lutte pas contre l’islamophobie », conclut Hajib el Hajjaji.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

STRATEGIE


Tout cela participe de la stratégie de Daech : susciter l’horreur par des actes barbares qui suscitent l’islamophobie et par ricochet la radicalisation des musulmans modérés. En d’autres mots : créer un climat de haine, de tensions et de guerre civile en Europe.

Françoise Schepmans constate qu’il y a un réseau mafieux qui est tombé dans le radicalisme violent sur le territoire de Molenbeek. C’est une réalité.  » Et de poursuivre : «  Je suis convaincue qu’il y a une proximité entre la petite délinquance même ordinaire et le radicalisme violent. Tous ces individus Molenbeekois c’étaient des petits voyous qui se sont transformés en monstres en prenant une part active aux attentats de Paris  ».

Tout ceci est infiniment préoccupant.


MG

 


SCHEPMANS: «IL Y A UN RÉSEAU MAFIEUX TOMBÉ DANS LE RADICALISME À MOLENBEEK»

La bourgmestre est revenue sur l’assaut donné le 16 novembre dans le but de retrouver Salah Abdeslam.

Françoise Schepmans (MR), bourgmestre de la commune de Molenbeek, est revenue ce matin au micro de Bel RTL sur l’assaut du 16 novembre, précisant d’emblée qu’elle ne disposait pas d’information concernant le déroulement précis de l’enquête. « Je n’ai aucune information, j’ai été informée en temps réel, au moment où l’assaut débutait. C’était important pour sécuriser les écoles dans le périmètre  ».

Et de préciser : «  Il sera essentiel de faire une analyse dont la manière dont ses opérations se sont déroulées.  »

« UNE RÉALITÉ »

A la question, est-il plausible que Salah Abdeslam soit revenu se cacher à Molenbeek après les attentats de Paris, Françoise Schepmans répond positivement : «  C’est plausible. Je n’ai pas d’info à cet égard, mais on constate qu’il y a un réseau mafieux qui est tombé dans le radicalisme violent sur le territoire de Molenbeek. C’est une réalité.  » Et de poursuivre : «  Je suis convaincue qu’il y a une proximité entre la petite délinquance même ordinaire et le radicalisme violent. Tous ces individus Molenbeekois c’était des petits voyous qui se sont transformés en monstres en prenant une part active aux attentats de Paris  ».

ET LA PRÉVENTION ?

Comment la commune lutte-t-elle contre le radicalisme au quotidien ? «  Nous avons un fonctionnaire contre la radicalisation que nous avons engagé il y a plus d’un an. Il est chargé de former les acteurs de premier plan – comme les enseignants – pour leur expliquer le phénomène de la radicalisation  », détaille la bourgmestre.

Concernant le fichage, François Schepmans explique avoir reçu les noms, adresses et dates de naissance d’un certain nombre d’individus : «  J’ai fait vérifier si ces personnes étaient encore dans la commune. Nous avons procédé à une radiation importante des 85 noms que nous avons reçus. Il y en a une quarantaine sur le territoire de la commune suspectés d’être prédicateurs, d’être radicalisés. Donc il faut vraiment faire la distinction. Ceux-ci, si le dossier est judiciaire, sont surveillés par le fédéral, ce n’est pas le rôle de la commune.  »

 

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