lundi 7 décembre 2015

Michel Onfray et la place de l’intellectuel

Vincent Engel 

Le Soir

L’intellectuel français a décidé de quitter le champ médiatique. C’est regrettable pour le débat public, estime Vincent Engel.



•                                                                  Michel Onfray.

 

Les ennemis de l’intérieur ? « Je ne sais pas si la démocratie est le meilleur ou le moins mauvais des systèmes ; ce que je sais, c’est qu’il est le plus fragile. Et ses ennemis extérieurs, pour réels qu’ils soient, sont parfois l’épouvantail qui masquent un mal plus profond qui le ronge de l’intérieur… »

En annonçant sur un plateau télé sa décision de quitter le champ médiatique et de fermer son compte Twitter, Michel Onfray a suscité des réactions qui sont à l’image de celles que son rôle d’intellectuel, et la manière dont il l’assume, provoquent depuis longtemps. Elles sont surtout le reflet de l’incompréhension d’un penseur profond et original et du rejet que subissent les intellectuels aujourd’hui. Plus largement, du rejet d’une pensée qui entend mettre l’actualité à distance, proposer une réflexion approfondie sur des sujets éminemment complexes et se dégager des lectures du monde conditionnées par des idéologies qui confortent un néocolonialisme et une emprise sur le monde toujours plus grande de l’économique, et donc de structures dirigeantes supranationales et toujours plus dégagées des contraintes de la loi.

Puisqu’on m’a fait l’honneur, dans certains commentaires sur le forum des lecteurs, de me comparer à Michel Onfray – et c’est bien un honneur car je n’ai pas la prétention d’arriver à la cheville intellectuelle de cet homme dont j’admire la pensée et l’érudition, quand bien même je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit et écrit –, je commencerai en lui adressant un message personnel : je vous comprends mais je regrette cette décision.

Je comprends, car la situation vécue par Onfray doit être épuisante. On lui reproche de courir les plateaux et de ne penser à rien d’autre qu’à multiplier sa présence médiatique ; personne ne semble considérer que, ce faisant, il assume pleinement, à sa manière, une responsabilité d’intellectuel qui a une opinion – il n’a jamais prétendu qu’elle était la seule valable, mais il demande, et c’est la moindre des choses, que les arguments qu’on lui oppose soient étayés et développés – et qui entend la diffuser le plus largement possible. N’oublions pas que Michel Onfray est le fondateur des universités populaires, par lesquelles il entend proposer les meilleurs cours à ceux qui, de plus en plus, sont exclus d’un savoir et d’une instruction de qualité, approfondie, et sont soumis à l’abrutissement diffusé par la plupart des programmes télévisés.

UN PENSEUR LIBERTAIRE

Peut-être faut-il avant toute chose rappeler ceci : Michel Onfray est un philosophe libertaire. La pensée anarchiste et libertaire est sans doute une des plus difficiles à appréhender aujourd’hui, à l’heure où l’ultralibéralisme – qui n’a pas grand-chose à voir avec le libéralisme qui nourrit la Révolution française et fonde la démocratie représentative, mais c’est un autre débat – est capable de tout récupérer, y compris la révolte et la révolution. Le Che n’a-t-il pas été utilisé par la filiale luxembourgeoise de Dexia pour une campagne publicitaire ?

Onfray, donc, est un rebelle, un anarchiste, un libertaire, et les écrits qu’il a consacrés à ce sujet sont passionnants. Or, comment peut-on définir cette pensée ? Difficile, certes, de la réduire et de la synthétiser puisque, par définition, elle est multiple ; mais il est néanmoins possible de distinguer quelques principes.

D’abord, la fédération. Pas celle qui est en train de ridiculiser la Belgique aux yeux du monde entier ; la fédération anarchiste est un réseau de cellules, de groupes à taille humaine où chaque individu jouit d’une véritable égalité. Entre ces groupes, nulle hiérarchie non plus, mais des échanges et des dialogues. Au sein des fédérations comme entre elles, un principe de solidarité et de mutualité, qui n’est pas incompatible avec l’indépendance et l’individualité. Solitaire et solidaire, pour reprendre la belle formule de Camus.

Ensuite, le refus de croire qu’un groupe, quel qu’il soit, détient une vérité qu’il pourrait imposer aux autres. Chaque groupe fonde ses règles de vie commune. Quand Onfray dit que le Mali a le droit d’imposer la charia, c’est dans cette logique, mais dans cette double logique : à la fois un droit autonome (auto-nomos, poser à soi-même sa propre loi) et refus de la logique hypocrite de l’Occident qui ne défend les droits de l’homme que dans les pays où il n’y a pas de pétrole.

La pensée libertaire repose également sur la provocation et la diffusion la plus large possible de ses idées. De ce point de vue, et en reprenant le principe de la fédération et des réseaux, on pourrait croire qu’Internet a été inventé par les anarchistes, ou du moins pour eux – ce qui est ironique, quand on sait que c’est l’armée américaine qui l’a développé. Mais c’est aussi révélateur d’une autre caractéristique des libertaires : le retournement des outils de « l’adversaire », ainsi que le démontrent quotidiennement les Anonymous.

Et donc, oui, Michel Onfray a usé (et abusé disent certains) des médias et des réseaux sociaux, Twitter en particulier. Mais les médias ont aussi profité de lui ; Onfray fait de l’audience. Il est, comme on dit dans le jargon radio-télé, un « bon client ». Vif, intelligent, cultivé – et toujours davantage que la plupart des interlocuteurs qui le défient dans une joute où la victoire du contradicteur n’a aucune importance, son seul rôle étant celui d’un boute-en-train, d’un « picador » chargé d’assurer le spectacle. Il l’a fait en connaissance de cause, évidemment, connaissant les risques, et parmi ceux-ci, le principal : n’avoir jamais le temps de développer une idée correctement, être coupé sans cesse, devoir ramasser sa pensée en une ou deux phrases.

LA RÉCUPÉRATION

La première récupération possible est donc bien entendu celle qu’opèrent les médias français qui utilisent Michel Onfray autant que celui-ci les utilise. C’est de bonne guerre, sans doute, et le philosophe aurait peut-être pu s’en accommoder puisque cela s’inscrit dans une logique libertaire. Si on prend la peine de regarder, mais surtout d’écouter ces émissions, ce qu’y dit Onfray, la manière dont il se comporte physiquement, on est frappé par la maîtrise de l’homme, tant sur ses gestes que sur ses paroles. Et surtout, par sa capacité impressionnante de ne pas perdre le fil de sa pensée et de ne pas se laisser entraîner là où il ne veut pas aller – le plus souvent, vers des simplifications grotesques ou vers l’aveu qu’il soutiendrait Marine Le Pen ou Daesh.

La seconde récupération est plus compliquée : celle que Daesh a faite, en diffusant des vidéos où des propos du philosophe semblent lui donner raison et justifier ses actes de terrorisme. Dans un tel détournement des propos et de la pensée, il n’y a pas beaucoup de réactions possibles ; et Onfray a décidé d’annoncer, dans l’émission d’Ardisson, qu’il renonçait aux médias et à Twitter : « Si vous vouliez bien me faire la grâce d’imaginer qu’il faut plusieurs phrases pour exprimer une idée »a-t-il expliqué, tout en sachant que chaque phrase, prise isolément, peut être détournée.« Donnez-moi une phrase d’un homme, et je le condamne à mort », proclamait fièrement Fouquet-Tinville, grand fournisseur de têtes lors de la Révolution.

LES JUGEMENTS

La décision appartient à Onfray et à lui seul ; ce qui est par contre assez stupéfiant, ce sont certaines réactions, dont certaines combinent à la fois la médiocrité et la lâcheté, comme les couards qui bombent le torse en apprenant la mort de celui qu’ils détestaient mais qu’ils n’ont jamais osé affronter. Sur les forums, nombreux sont ceux qui se lâchent et assassinent verbalement celui qui, selon eux, aurait outrepassé tous les droits en s’imposant dans les médias et en « imposant » ses idées, en s’exprimant là où les autres doivent se taire – lecteurs et spectateurs souvent anonymes qui ne prennent pas un instant en considération qu’ils occupent eux aussi les médias et, somme toute, de manière bien plus massive et permanente que les plus populaires des intellectuels.

Dans l’Obs, Thierry de Cabarrus cache difficilement sa joie, même si, évidemment, il commence par mettre en doute la décision d’Onfray, lequel n’est à ses yeux qu’un monstre l’ego surdimensionné prêt à tout pour être dans la lumière, y compris à se contredire. Et c’est le reproche que l’on retrouve souvent à propos d’Onfray, et qui n’est possible que si l’on n’a pas pris le temps de le lire et de l’écouter attentivement.

En particulier par rapport à l’islam ; on lui reproche d’être passé d’une islamophobie à une islamophilie, d’abord en pointant ce qui, dans le Coran, justifiait les pires violences, puis en dénonçant la responsabilité de l’Occident dans la haine que les jeunes musulmans (de naissance ou convertis) peuvent lui porter. Mais il n’y a pas contradiction entre les deux points de vue, et pas plus de haine dans le premier que d’amour dans le second ; il ne s’agit que d’un constat objectif, fait par d’autres qu’Onfray.

D’un côté, nombreux, y compris dans le monde arabe, appellent à une relecture du Coran pour en « corriger » les passages les plus controversés, comme l’ont fait les autres traditions du Livre ; de l’autre, il ne faut pas nécessairement être adeptes des théories de la guerre des civilisations pour constater que l’Occident a effectivement semé la ruine et le désordre, et qu’il récolte en partie ce qu’il a semé.

Si vous ne voulez pas croire Michel Onfray, lisez et écoutez l’excellente émission de Matthieu Aron sur France Inter « Secrets d’info », consacrée à « Daesh : autopsie d’un monstre » ou, pour aller plus loin encore, l’analyse remarquable d’Olivier Roy qui place ce terrorisme dans une histoire plus longue, celle de la révolte d’une génération qui ne trouve pas sa place et pour laquelle, aujourd’hui, la religion est le prétexte idéal – il s’agirait donc, pour Roy, non pas d’une radicalisation de l’islam mais d’une islamisation de la radicalité.

D’autres, proches d’Onfray, lui reprochent justement cette « fuite » ; « C’est quand on est attaqué qu’il faut faire face, se défendre et contre-attaquer ! Et non battre en retraite ! »s’écrie Serge Uleski sur le site Agoravox

LE BÉNÉFICE DU DOUTE ET LE DOUTE DU BÉNÉFICE

Et si, en prenant du recul, Onfray avait simplement voulu rappeler l’essentiel ? Qu’une pensée riche et complexe – la sienne ou celle de n’importe qui – nécessite du temps et de l’ouverture d’esprit pour être comprise. L’apport majeur d’Onfray à notre temps, ce sont ses livres – et ils sont nombreux. Dans ces ouvrages comme sur les plateaux télés, il y aborde tous les sujets qui touchent à notre temps, assumant ainsi pleinement son rôle d’intellectuel. Mais hélas, il y a infiniment moins de lecteurs prêts à lire des centaines de pages que de téléspectateurs heureux de savourer dix minutes de polémique à l’écran. La retraite que s’impose Onfray – et j’espère qu’elle ne durera pas éternellement – est une invitation à une retraite semblable pour tous.

D’abord, pour tous ceux qui usent et abusent des médias, en particulier les responsables politiques qui, comme l’affirme Jacques Mouriquand sur son blogparticipent « à la dévaluation de leur propre parole […] à l’instant même de l’envoi » de leurs tweets – critique qui, bien sûr, s’adresse aussi à Onfray, du moins dans le chef de Mouriquand, il faut replacer l’usage que le philosophe en a fait dans cette vision libertaire que j’ai tenté d’exposer. Ensuite pour le public, qui gagnerait sans doute à prendre le temps de lire les essais d’Onfray, non pas pour se laisser convaincre, mais pour élargir et nourrir leurs réflexions. Car contrairement à un Attali, des penseurs comme Onfray n’attendent pas que leurs lecteurs les approuvent ; les philosophes sont des « accoucheurs » de l’esprit, qui rappellent à chacun, comme Hamlet à Horatio, qu’il y a « plus de choses dans le ciel et sur la terre que ne peut l’imaginer ta philosophie ».

UNE CRAINTE

On peut cependant redouter que ce silence soit d’une certaine manière une nouvelle victoire de la terreur, tout comme la montée de la peur et du tout-sécuritaire. En ces jours si particuliers, je ne peux m’empêcher de penser sans relâche à Camus – qu’Onfray connaît si bien – et je me demande ce qu’il ferait. Lui aussi était un intellectuel engagé, présent dans les médias. Rédacteur en chef de Combats, il a fustigé la liesse macabre qui s’était emparée de la presse occidentale au lendemain d’Hiroshima, sans être pour autant un spécialiste de l’armement ou du nucléaire. En homme, en philosophe, en intellectuel, il a pris parti, il a défendu ses positions dans des situations douloureuses et complexes, comme la guerre d’Algérie. Il a été conspué, moqué. Mais tout comme Onfraydit très justement qu’il faut cinquante ans pour « déterminer que les guerres qui ont été faites n’auraient pas dû être faites », il en faut autant pour se rendre compte qu’un intellectuel décrié en son temps, comme Camus l’a été, n’avait peut-être pas tort…

Je crois que Camus soutiendrait Onfray, même si cet autre compagnon de route des libertaires n’a jamais été aussi radical dans ses propos ni aussi provocateur. On peut ne pas aimer, on peut détester Onfray, on peut critiquer ses idées, souligner ses erreurs ; mais c’est cela, le débat. Onfray n’empêche personne de parler, de le critiquer, de l’attaquer. Il incarne, comme d’autres, avec d’autres, la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Si Onfray se tait aujourd’hui, qui osera encore défendre une parole différente, provocatrice et intelligente, argumentée, construite ?

Peut-on espérer que, dans un temps que j’espère pas trop éloigné, on prendra le temps de juger Onfray sur le fond, sur ce que disent vraiment ses livres (et pas seulement ses déclarations dans les médias), non pas pour accueillir une parole d’évangile, non pas pour être d’accord avec lui, mais pour renouer avec le sens d’un vrai débat d’idées, qui rend tout le monde plus intelligent ? Notre monde en a grand besoin.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ISLAMISATION DE LA RADICALITÉ ?

Voici donc le dernier cri de l’interprétation du phénomène terroriste qui s’impose et est en train de mettre l’Europe à genoux en lui faisant prendre conscience de sa formidable fragilité. Ce ne serait donc pas l’islam qui se radicalise mais la radicalité qui s’islamise ? Ce retournement argumentaire est désormais sur toutes les langueset il fait chorus sous toutes les plumes. Déjà le grand Mohamed Arkoun redoutait une islamisation de la modernité face aux thuriféraires d’une modernisation désirée de l’islam qui en effet se fait désirer.  

Au moment où j’écrivais ces lignes, nos voisins français se ruaient aux urnes pour offrir au Front National une victoire facile à laquelle, en somme, il ne s’attendait pas. Car ce n’est pas la théorie du « remplacement » ou celle de l’ « effacement » de nos valeurs, qui font ses choux gras, quoique…Non ce qui assurera sa victoire c’est que la jeunesse désormais se raidit

Cette radicalisation semble prendre deux formes : soit celle d’une adhésion désormais avouée sans honte et sans vergogne par beaucoup de post adolescents aux couleurs du FN, soit pour les plus désespérés d’entre eux, celle de conversions convulsives et soudaines à la bannière de Daech ou, disons-le plus clairement, de l’ennemi islamiste radical.  On en est exactement-là !

La génération des sans espoir et des sans boulot se radicalise tous azimuts. Les plus téméraires, les plus ambitieux et les plus diplômés fuient cette Europe qu’attire des hordes de réfugiés où se mélangent joyeusement réfugiés politiques et migrants économiques.

Le modèle européen (voracité consumériste, nonchalance bobo, soixante-huitardisme sénile et attardé droit de l’hommisme sélectif)  ne fait guère rêver la grande masse des jeunes qui redoutent chômage, précarité, exclusion. Ils rejettent aussi bien le hollandisme brouillon que le sarkozysme débridé, le merkelisme girouette et le caméronisme tonitruant. Les eurocrates de Bruxelles ne les font vraiment pas rêver. Chez nous, les tribulations médiatiques des Yvan Mayeur, Denis Ducarme, Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet, Charles Michel et autres De Wever-Jambon-Francken les exaspèrent carrément.  

« Le vrai débat d’idées, qui rend tout le monde plus intelligent ? Notre jeunesse en a grand besoin. »

Quant aux intellos médiatiques de profession, ils font comme les marionnettes trois petits tours sur les plateaux télé et puis s’en vont. On les juge et les condamne, quand ils ne sont pas interrompus, sur base de petites phrases brandies hors contexte par des animateurs télé hystériques et myopes pour la plupart.

Quand on prend la peine de lire leurs livres qu’habite ou qu’inspire la fameuse complexité morinienne on est perdu dans les méandres de celle-ci. 

C’est à cela que je songeais, en relisant mes notes prises à l’écoute du philosophe Lambros Couloubaritsis et de ses joyeux contradicteurs invités par Richard Miller dans le cadre de la chaire Jean Gol.

La radicalité est par essence une idéologie qui se suffit à elle-même, celle de ceux qui savent mieux que les autres. Et qui parfois en viennent aux voies de faits et à la violence pour imposer leurs points de vue hélas mortifères.

C’est cette radicalité a donné des voix et des ailes au FN.

Je ne suis pas, pour ma part partisan de l’assimilationnisme républicain et j’amême quelques doutes quant à l’efficacité d’une démarche d’intégration à la Ducarme père et fils. J’ai donc été ravi de lire sous la plume de Lambros Couloubaritsis, en page 672 de son second tome, un plaidoyer musclé pour l’interculturel, l’exact contraire de la démarche  radicaliste:


Comment réaliser une nouvelle universalité en tenant compote de la légitimité des cultures différentes qui traduisent les valeurs d’une communauté et qui sont transmises de génération à génération, mais, en même temps, qui édifient des valeurs communes transcendant les cultures, qui seraient des valeurs humanistes qui défendent la dignité humaine ? 

Cette universalité peut-être de l’ordre de l’interculturalité c’est-à-dire d’un projet qui met les cultures en interaction pour promouvoir le respect d’une autre culture et d’y puiser, le cas échéant, certaines de ces valeurs, selon le principe de la réciprocité, mais toujours sous le couvert des valeurs communes instituées. Pour qu’un tel projet puisse se réaliser, le critère doit toujours être la dignité humaine. Ce qui veut dire que le critère suppose que toutes les valeurs d’une culture ne sont pas acceptables, car celles qui subvertissent ou ébranlent la dignité humaine doivent être abolies, comme c’est le cas de l’inégalité entre hommes et femmes, de l’excision, de la violence familiale, du harcèlement... Mais pour que les interactions interculturelles puissent créer un monde commun, il convient d’établir en commun des valeurs communes.


Mes notes de conférence me renvoient à " des façons de penser qui font penser :
La science devient de plus en plus inaccessible. 

La complexité s'impose pour que différents systèmes de libertés puissent interagir.
La liberté c'est de faire soit le bien, soit le mal, la souffrance étant la mesure de sa pertinence. 
Le paradoxe du savoir est que plus on s'approche d'une problématique, moins elle est déchiffrable.

Le point ultime de la réflexion est la stratégie décisionnelle.

La violence discursive doit être dépassée par la délibération.
La souffrance est le critère anatomique de la connaissance.

Le discours politique d'aujourd'hui s'adresse au pouvoir d'achat.

L’idée de complexité est une aventure. 
Le moment "réfléchissant " doit être suivi d'actes posés ; mais sont-ils le fait de la liberté ?
Non car le poids du sens de la responsabilité et la difficulté d'identifier les causes pèsent sur la prise de décision.

Le système techno-économique nous impose une absence de contrôle alors que nous accédons à une multiplicité croissante de contrôles des détails.

Nos droits démocratiques se transforment en tyrannie, celle des modes de vie. Lesquels ne sont pas des styles de vie.

Et c’est bien là que les salafistes m’inquiètent, ils entendent éradiquer nos styles de vie. "2084. La fin du monde", le livre choc de Boualem Sansal, que j’ai eu la mauvaise idée de lire, nous montre ce qui se passe quand ils s’emparent du pouvoir et imposent à la fois leur mode et leur style de vie. Orwell est ici largement dépassé. 

L'éthique n'est pas inscrite dans les lois, c'est une affaire privée, donc absente du champ politique.
La moisson ne fut pas maigre.

C’est dire qu’il faut oser s’éloigner de la sphère des medias et se plonger dans les livres, aller à la rencontre de ceux qui donnent le meilleur  d’eux même pour les écrire.


MG


Lambros Couloubaritsis : La philosophie face à la question de la complexité. Le défi majeur du xxième siècle .

Tomes I et II

Editions Ousia 



ENQUÊTE SUR LA "GÉNÉRATION DAECH"

Soraya GhaliFrançois Janne d'Othée

Le Vif/l'express

L'explication qui dominait jusqu'ici - misère sociale, rejet par la société occidentale - est de plus en plus contestée. La majorité des jeunes partis d'ici pour devenir djihadistes seraient plutôt animés par une soif de révolte. Aux accents nihilistes.



Djihadistes dans une ville de Syrie. © Belga

Sa bouille juvénile est apparue partout, sur une photo qui a fait le tour du monde : une barbe naissante, le doigt levé, extrêmement déterminé. Bilal Hadfi, "Billy du Hood" ("de la rue") dans sa vie numérique, était le plus jeune terroriste identifié des attentats de Paris : 20 ans, cadet d'une fratrie de quatre, ayant grandi dans une cité bruxelloise. Le 13 novembre, il s'est fait exploser à proximité du Stade de France. Autrefois timide et fumeur de joints, il s'est progressivement radicalisé. Ses proches racontent qu'au printemps 2014, la Palestine, d'abord, puis la Syrie, ont pris une part plus importante dans ses discussions et que son vocabulaire est devenu plus guerrier et religieux. En février de cette année, Bilal est parti en Syrie. Comme Sean Pigdeon et Samy, qui avaient rejoint l'Etat islamique en novembre 2012, avec trois amis de leur quartier de Laeken, dans le nord-ouest de Bruxelles. Ils étaient alors les premiers Belges à s'être envolés pour la Syrie...

Les Européens sont pris de vertige en découvrant, semaine après semaine, le nouveau visage de leurs enfants qui partent s'enrôler dans les rangs de l'insurrection djihadiste ou en éprouvent la tentation : ils sont jeunes, tantôt de famille musulmane, tantôt convertis, ruraux ou urbains, issus de milieux en difficulté ou des classes moyennes et parmi eux des jeunes filles, parfois des couples avec enfants... En Belgique, selon les derniers chiffres communiqués par le procureur fédéral, sur 494 djihadistes belges partis en Syrie et en Irak, l'immense majorité appartient à la communauté d'origine marocaine ou sont des convertis. Actuellement, 272 se trouvent en Syrie, 13 sont en transit vers cette destination. Les autres sont rentrés ou morts. Beaucoup d'hommes, issus de la deuxième génération surtout, une cinquantaine de femmes et une trentaine de mineurs.

Comment expliquer une telle épidémie ? Comment devient-on terroriste en étant né et en ayant grandi en Belgique ? Ces jeunes semblaient intégrés. Ils n'étaient pas fraîchement débarqués d'un pays musulman. Personne ou presque ne semble avoir évalué leur degré de radicalisation. Ils n'avaient rien de l'apparence d'une bande de salafistes. Les frères Abdeslam ? Des petits caïds, vendeurs de shit, noceurs, connus pour des délits de droit commun. Abdelhamid Abaaoud ? Fils d'un commerçant de vêtements plutôt aisé, lui aussi fumeur de shit, buveur d'alcool, glandeur, auteur de larcins divers.

Un tel paradoxe semble donner raison à Olivier Roy, directeur de recherche et professeur à l'Institut universitaire européen de Florence : ce sont les musulmans "born again" et surtout les convertis - un quart des partants - qui livrent une première clé d'explication. "Ils montrent, dit-il au Vif/L'Express, qu'il ne s'agit pas de musulmans radicalisés mais de radicaux islamisés. Phénomène qui touche une frange marginale de la jeunesse en général et non le coeur de la population musulmane. Qui concerne aussi des candidats n'ayant jamais souffert du racisme et avec peu de raisons de s'identifier à une communauté musulmane." L'analyse qui domine - la misère affective et sociale, l'emprise sectaire et le recrutement via le Web - ne serait donc plus la plus pertinente pour vraiment comprendre l'enrôlement djihadiste. "On perçoit ces jeunes comme des victimes d'un simple endoctrinement et de rabatteurs du djihad, mais c'est un faux discours", estime Serge Garcet, docteur en psychologie et directeur du service de victimologie de l'ULg. "C'est leur nier la capacité de poser des choix. Ces jeunes revendiquent leur identité radicale. Ce sont eux qui vont chercher sur les sites ce qui renforce cette identité. Ils sont volontaires lorsqu'ils partent. Ils ne sont pas manipulés. Ils étaient en attente, ''prédjihadistes'' avant même de rencontrer l'offre djihadiste."

DES ADOLESCENTS "ATTARDÉS"

On le voit dans le réservoir européen de l'Etat islamique : les nouveaux djihadistes font partie d'une même génération, ou plutôt d'une même tranche d'âge : 23 ans en moyenne. Ils sont aussi ce que les psychanalystes appellent des "post-adolescents" : à l'image des Abdeslam - 31, 29 et 26 ans -, qui habitaient encore chez leurs parents, collés les uns aux autres. Seul l'aîné, Yazid, s'est marié et a quitté la maison. Génération de crise et... génération en crise. Mais, comme les convertis d'ailleurs, ils rompent avec leurs parents, "ou plutôt avec ce que leurs parents représentent en termes de culture et de religion", écrit Olivier Roy dans son dernier ouvrage (1).

Les nouvelles recrues d'Europe proviennent très rarement d'un schéma familial pratiquant traditionnel. Ces jeunes sont en pleine situation de déculturation : leurs familles sont originaires d'un premier pays ; ils ont été éduqués dans un autre pays, occidental ; avant de partir faire le djihad dans un troisième. Leurs parents ne leur ont rien transmis de l'islam. "Pour la plupart d'entre eux, ils sont totalement autodidactes en la matière. Ils ne comprennent pas l'arabe, ne l'apprennent pas. Très souvent, ces jeunes ont été déislamisés et ne connaissent même pas les prières quotidiennes. Ils se contentent de marqueurs extérieurs, de comportements, de façons d'être. Lorsqu'on les questionne, on se heurte à la même réponse : ils sont en lutte contre une société de "mécréants"", signale Serge Garcet, qui a rencontré des jeunes revenus des camps d'entraînement. Quand, brusquement, ils coupent avec l'"islam ignorant des darons", celui de leurs pères, perverti par les influences culturelles, ethniques, nationales, ils choisissent l'islam radical et tentent en vain d'y convertir leurs parents. C'est-à-dire un islam fondé sur le fantasme d'une oumma ("communauté") planétaire, homogène mais attaquée et qu'il faut sauver corps et âme. Un islam qui sépare le licite de l'illicite, la vérité du complot. "Ils se tournent vers quelque chose qui n'est pas leur point de départ. Un islam qui leur permet de se reconstruire tout seuls. Car ils ne veulent ni la culture de leurs parents ni d'une culture ''occidentale'', devenues symboles de leur haine de soi", souligne Olivier Roy.

En rupture avec leurs familles, les jeunes djihadistes sont également désocialisés et ne participent guère à la vie religieuse locale. "C'est sans doute l'élément clé à prendre en compte dans le basculement de l'action violente, considère Hassan Bousetta, docteur en sciences politiques et sociales et directeur adjoint au Centre d'études de l'ethnicité et des migrations (ULg). Ils sont mal intégrés dans la communauté musulmane." Ainsi ils n'ont presque jamais été particulièrement dévots. Peu d'entre eux fréquentent la mosquée du quartier et on ne leur connaît pas de passage par une organisation politique, dans le sens d'un militantisme classique. Ni de lutte réelle : ils ne manifestent pas pour l'Irak ou la Palestine, ne montent pas une association pour soutenir un orphelinat en Syrie. Aucun n'a fait de sérieuses études religieuses. "Aucun ne s'intéresse à la théologie. Aucun ne s'intéresse à la nature du djihad ou à celle de l'Etat islamique. Ils n'ont aucune conscience des différents conflits ou des différentes factions qui s'inscrivent dans le théâtre irako-syrien", détaille Serge Garcet.

Une fois radicalisé, un chef de bande peut ainsi se muer en gourou, en pseudo-émir autour duquel se rassemblent des émules plus ou moins proches : frères, copains... Un groupe de "potes" qui se sont rencontrés dans le quartier, au club de foot ou en prison et qui partagent des expériences fortes. Centrés sur eux-mêmes, ces copains recréent une fraternité, une famille et basculent collectivement dans l'action. Ce sont ces parcours que l'on retrouve chez les frères Kouachi, auteurs du massacre de Charlie Hebdo, les frères Clain, qui se sont convertis ensemble, les frères Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud, qui kidnappe son petit frère. "Le recrutement se fait de façon horizontale, essentiellement par des pairs. C'est la parenté et l'amitié qui pèsent, beaucoup plus que la religion ou le quartier", enchaîne Serge Garcet.

Comment expliquer pourtant le passage à l'acte ? Aucun conflit hors Europe n'a attiré autant de combattants européens. "Le passage à l'acte est facilité par le passé de petit délinquant. Ces jeunes ont déjà reconstruit leur cognition mentale et modifié leur neutralisation morale : ils ont volé, agressé... L'autre n'existe déjà plus", relève Serge Garcet. Et pourquoi Daech ? Selon Olivier Roy, parce que l'Etat islamique offre à ces "jeunes paumés de la mondialisation" fascinés par la mort, un sens, une cause, un vrai terrain où ils peuvent se réaliser, un récit d'héroïsme et la garantie de faire la Une dans les médias. Aujourd'hui, de nombreux experts partagent cette analyse, tel Farhad Khosrokhavar, sociologue spécialiste de l'islam, auteur de Radicalisation (2) : "Le passage à l'islam radical donne à ces jeunes une légitimité et une ''dignité'' qu'autrement ils n'ont pas à leurs propres yeux. Tant qu'ils sont délinquants, ils se savent hors la loi. En adhérant à l'islam radical, ils deviennent eux-mêmes les dispensateurs de la norme, contre ceux qui les jugeaient de hautSouvent, cela se cumule avec un héroïsme et un désir de martyre qui les libère du souci de se protéger, et leur prouve à eux-mêmes leur supériorité morale par rapport à une société qui a peur de mourir, alors qu'eux acceptent d'aller jusqu'au bout de leur idéal devenu mortifère."

Au fond, ce qu'ils disent, c'est que la vie n'a plus de valeur, ni la leur, ni celle des autres. Dans les messages qu'ils laissent, certains évoquent une "renaissance". Ils seraient donc plus attirés par la violence que par l'utopie et la charia. Cette nouvelle génération de djihadistes rejoindrait Daech avant tout parce que, nous affirme le philosophe François De Smet, "c'est la meilleure ''marque'' de l'action nihiliste présente sur le marché, celle qui garantit le plus d'impact". C'est aussi le seul "label" dans lequel ils trouvent une logique anti-impérialiste, que l'extrême gauche ne fournit plus. "Et pour adhérer à l'ultragauche ou à l'écologie radicale, il faut avoir lu, afficher un profil d'intello, ce que ces jeunes ne font ni ne sont", poursuit Olivier Roy.

POURQUOI PAS LES TURCS ?

Mais, par ricochet, le parcours de ces djihadistes a jeté des interrogations sur la communauté turque, qui représente un peu plus de 200 000 individus. Partout le constat est le même : en Belgique, aux Pays-Bas, en France et même en Allemagne : chez les jeunes Européens d'origine turque, on observe très peu d'engagement au martyre. Pourquoi ? Selon Coskun Beyazgül, directeur général de la Diyanet de Belgique, la très officielle "église" musulmane turque, un point essentiel se situe dans la frustration historique et postcoloniale, que les Turcs n'éprouveraient pas. Le djihadisme s'appuie en effet sur un "idéal islamique blessé". La notion recouvre une certaine réalité historique du monde musulman au début du XXe siècle : la fin du dernier empire (ottoman), l'abolition du principe de souveraineté du califat, le dépeçage des territoires par les puissances coloniales. Les musulmans passent de la position de maîtres à celle de subalternes chez eux. Ça ressemble à l'humiliation du traité de Versailles pour l'Allemagne. "Pour l'idéologie radicale, c'est là que résident les malheurs actuels des musulmans. D'où le but de Daech de reconstituer l'Etat islamique impérial", déclare Coskun BeyazgülIl semble bien que la communauté marocaine se révèle plus poreuse à l'idée d'un islam blessé. "C'est la raison pour laquelle il ne faut pas exclure la dimension religieuse dans le radicalisme violent. Des familles entières sont parties pour réinstaurer un califat", rappelle Hassan Bousetta.

Si la communauté belgo-marocaine est durement touchée par les départs, ce serait aussi parce qu'elle serait devenue plus perméable au wahhabisme et au salafisme. Pour le ministre Rachid Madrane (PS), "le péché originel, en Belgique, a été de confier les clés de l'islam en 1973 à l'Arabie saoudite pour s'assurer un approvisionnement énergétique". Résultat : la pratique de l'islam apaisé qui était celle des personnes qu'on a fait venir du Maroc, a été infiltré par du wahhabisme, du salafisme. "C'est ça qu'on paie aujourd'hui." En Belgique, cette mouvance est soutenue par la présence d'imams et de conférenciers formés à Médine, en Arabie saoudite, par le développement Internet et par des chaînes satellitaires relayant le discours des prédicateurs salafistes, et depuis peu, l'ouverture par exemple de centres de formation aux sciences islamiques.

"Le Maroc a contribué à créer des mosquées en Belgique mais le contrôle y est moins important que dans celles gérées par la Turquie. Les imams y font un peu ce qu'ils veulent", ajoute Michaël Privot, converti à l'âge de 19 ans et islamologue. La communauté belgo-turque, elle, est très organisée et structurée, surtout en Flandre. Chez les Belgo-Turcs l'islam s'enseigne encore sur un mode de transmission vertical, de maître à élève, et surtout de vive voix. Les mosquées sont fréquentées en famille et les jeunes y prient souvent avec leur père ou grand-père : une bonne façon de désamorcer l'extrémisme. Et en refusant de recruter les imams dans la communauté d'expatriation, la Diyanets'assure une transmission religieuse (et comportementale) conforme au modèle original, à celui qui prévaut dans le pays d'origine des parents, en sous-estimant peut-être les évolutions en cours en Belgique. Cette stratégie implique que les agents de cette transmission doivent être fraîchement débarqués du pays d'origine, autrement dit, ils doivent être "authentiques" : les imams prêchent en turc (un prêche identique dans toutes les mosquées) et la grande majorité n'est pas francophone. "Il y a bien sûr une part de contrôle, mais cela favorise aussi la cohésion de la communauté, analyse le psychologue Altay Manço, directeur scientifique à l'Institut de recherche formation et action sur les migrations (Irfam). C'est ce qu'Erkan Toguslu, chercheur à la KULeuven, appelle une démarche de "première génération perpétuelle" : elle consiste à faire en sorte que les enfants nés sur le sol belge possèdent la même sorte d'islamité que leurs parents ; ce qui renforce également l'identité turque et un fort référentiel à la Turquie. "La religion des Turcs, c'est le nationalisme, alors que du côté marocain, c'est davantage la méfiance qui règne à l'égard du pouvoir en place à Rabat, complète Altay Manço. Du coup, le Turc se profile comme un "mitoyen", et le Marocain davantage comme un citoyen. Le premier va respecter les règles dans le sens "on ne vous embête pas mais ne nous embêtez pas non plus", tandis que le second se revendique davantage comme un habitant de la maison, avec les droits subséquents."

Reste une particularité de la communauté belgo-turque : on y réussit ensemble, en famille par exemple. On aide les autres, on s'y prête de l'argent. "En termes de création d'entreprises, la différence saute aux yeux : 20 % des Turcs sont indépendants, contre 8 à 10 % de Marocains, pointe Altay Manço. Et ces entrepreneurs travaillent aussi avec la Turquie, qui a connu une forte croissance. Au sein de la communauté belgo-marocaine, c'est par contre une solidarité intrafamiliale et bien moins communautaire qui joue, les Belgo-Marocains ayant davantage parié sur l'intégration via l'école et les études supérieures."

(1) En quête de l'Orient perdu, Entretiens avec Jean-Louis Schlegel, par Olivier Roy, Seuil, 288 p.

(2) Radicalisation, par Farhad Khosrokhavar, éd. de la Maison des Sciences de l'Homme, coll. "Interventions", 191 p.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL NE S'AGIT PAS DE MUSULMANS RADICALISÉS MAIS DE RADICAUX ISLAMISÉS


Chaque journée apporte sa moisson de détails, d’analyses, celle-ci est particulièrement déroutante pour ne pas dire franchement terrifiante 

 

Comment ne pas songer au radicalisme des premiers chrétiens qui affrontaient la mort hardiment dans les amphithéâtres  romains face aux lions et autres supplices cruels. Trois siècles plus tard le christianisme devenait la religion officiellle de l’empire sous Constantin.

MG

 

 

 

 

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