mardi 29 décembre 2015

Patrick Dewael: « Le PS ouvre enfin les yeux sur la laïcité de l’Etat »

Le Soir

Le chef de groupe VLD plaide pour un principe « clair et immuable » concernant la séparation de l’Eglise et de l’Etat.


Je m’en réjouis. (…) Manifestement, les yeux des socialistes francophones se sont enfin ouverts après les attentats de Paris et leurs ramifications à Molenbeek et Bruxelles. » Voilà comment Patrick Dewael, le chef de groupe VLD à la Chambre, a réagi aux propos de Laurette Onkelinx plaidant pour la neutralité religieuse des autorités dans Le Soir du 23 décembre. Si le libéral flamand défend depuis plus de dix ans « une stricte neutralité religieuse dans les services publics », il veut aller plus loin.



Dans une carte blanche qu’il adresse au Soir, il appelle à ancrer l’idée de laïcité dans la Constitution. « Nous avons intérêt à nous doter d’un principe constitutionnel clair, univoque, et immuable concernant la séparation de l’Eglise et de l’Etat », estime-t-il. Pour lui, les représentants de l’Etat (juges, policiers, fonctionnaires au guichet…) ne peuvent donc pas porter de signes religieux ostentatoires. Il veut également interdire le port du voile, de la croix, du turban ou de la kippa pour les élèves de l’enseignement primaire et secondaire du réseau public. Pour Patrick Dewael, il faut rebondir sur les déclarations de Laurette Onkelinx pour organiser un « débat en profondeur sur les valeurs fondamentales de notre société » au Parlement fédéral.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FAUT-IL INSCRIRE LA LAÏCITÉ DANS NOTRE CONSTITUTION ?

Olivier Maigain est depuis longtemps le politicien le plus favorable à l’inscription de la laïcité de l’Etat dans la Constitution, Il reproche au monde politique de refuser d’aller jusqu’au bout d’un débat de fond:  "Il y a des courants d’opinions à ce point radicalisés que nos valeurs fondamentales pourraient être remises en cause". Et de citer l’égalité des femmes et des hommes que l’on attaque déjà, selon lui, par des formes de ségrégation comme les cours de gymnastique ou de natation séparés.

Pour le président du FDF, il est donc primordial d’inscrire nommément le principe laïcité de l’Etat pour ancrer le fait que l’autorité de la loi est " supérieure à quelque loi religieuse ou morale que ce soit. Quand on n’ose pas les mots, on n’ose pas les idées " en insistant sur le fait qu’il existe des "valeurs intangibles".

Nadia Geerts partage largement les idées du président du FDF. En revanche, Francis Delpérée, sénateur cdH, a toujours  jugé cet ajout totalement inutile: "La Belgique est déjà un pays laïque. L’égalité de l’homme et de la femmes est inscrite dans la loi fondamentale, de même que l’indépendance réciproque de l’Etat et de l’Eglise ".

Pour le constitutionnaliste, une proclamation supplémentaire n’aurait pas de sens. Et surtout, il craint que l’on ouvre ainsi la boîte de Pandore : "Une telle modification reviendrait à revoir le financement des cultes, de l’enseignement et des hôpitaux". 

Richard Miller (MR) a tenté de trouver une sorte de "compromis linguistique" en proposant d’introduire le principe de "neutralité" de l’Etat plutôt que celui de laïcité. "Ce qui est dérangeant dans l’Etat actuel de la constitution est qu’il faut déduire le principe de neutralité  des textes légaux. Il vaudrait mieux les préciser", estime le sénateur MR, moins favorable au terme "laïcité" qui peut être compris de manière différente dans son acceptation politique ou philosophique. Et voici que Patrick Dewael(chef de groupe Open-VLD à la Chambreveut dans la carte blanche qu’il adresse via Le Soir, à la chef de groupe PS, Laurette Onkelinx profiter de l’avancée très claire faite par ce poids lourd socialiste à deux reprises dans nos colonnes , en se déclarant favorable à l’inscription de la laïcité de l’Etat dans la Constitution. (Béatrice Delvaux in Le Soir).

En tout état de cause il faudra une majorité des deux tiers ce qui n’est pas garanti.

Nos sociétés multiculturelles aujourd’hui en difficulté, ont visiblement besoin d’indications sur le socle des valeurs communes. Mais à une condition : que les politiques s’imposent de voler haut, d’être à la hauteur de l’enjeu, en le traitant avec dignité, sans racolage ni populisme. (BD)

Est-ce à dire que le PS entend renouer avec le combat laïc auquel, si on en croit la lettre ouverte de Merry Hermanus à Elio di Rupo évoquée longuement ici, il avait renoncé. C’est un signal intéressant et un débat qui mérite d’être suivi avec attention. Rappelons que la laïcité à la française implique la double incompétence : celle de l’Etat en matière de religion et celle de la religion en matière politique.

On lira avec étonnement les prises de position du nouveau primat de Belgique en matière d’application de la législation sur l’euthanasie.

De l’eau au moulin des partisans de l’inscription de la laïcité dans la constitution. 


LE NOUVEAU PRIMAT DE BELGIQUE JOZEF DE KESEL CRÉE LA POLÉMIQUE EN FLANDRE, L'EGLISE REMET LES POINTS SUR LES "I"

BELGA 



Le nouveau primat de Belgique, Jozef De Kesel, s'est confié au quotidien Het Belang van Limburg du week-end. Au cours de l'interview, l'archevêque a notamment déclaré que les hôpitaux catholiques avaient le droit de refuser de pratiquer l'avortement ou l'euthanasie, propos qui n'ont pas manqué de faire réagir. 

Pour calmer la "tempête médiatique" qui secoue le nord du pays, l'Eglise a tenu à remettre lundi les points sur les "i". "Je peux comprendre que quelqu'un qui a un mode de vie laïque n'éprouve pas de problème à ce sujet", explique Jozef De Kesel dans les pages du journal limbourgeois. "Mais du point de vue de ma foi ce n'est pas évident. Je pense que j'ai le droit de dire cela, et davantage encore: je trouve qu'au niveau institutionnel nous avons aussi le droit de décider que nous n'allons pas pratiquer l'euthanasie et l'avortement. Je pense notamment aux hôpitaux catholiques."

Les propos n'ont pas manqué de faire réagir en Flandre. Le président de la Commission fédérale Euthanasie, Wim Distelmans, sur la VRT, trouvait par exemple étrange "que Monseigneur De Kesel estime que les hôpitaux ont le droit d'adopter leur propre point de vue moral, alors qu'ils sont des institutions publiques". Le professeur a qualifié les déclarations de Jozef De Kesel de "faux pas" et espère que le nouvel archevêque "en restera là".

La parlementaire N-VA Valerie Van Peel évoque quant à elle une "erreur grave de raisonnement", tandis que l'Open VLD Jean-Jacques De Gucht estime que "les institutions catholiques vivent de subsides et doivent suivre la loi".

Pour "clore" un débat qu'il estime infondé, le site Kerknet réaffirme lundi que les hôpitaux catholiques ne sont pas tenus d'assurer l'euthanasie. Il en tient pour preuve le rapport parlementaire concernant le projet de loi relatif à l'euthanasie. A la page 178 de celui-ci, est déclaré que "les établissements de soins auront, après l'entrée en vigueur de la loi en projet, la possibilité de refuser de collaborer à la pratique de l'euthanasie et que dès lors, les établissements pourront également choisir de ne pas pratiquer l'euthanasie pour des raisons de principe".

Preuve pour Tommy Scholtès, porte-parole de la conférence épiscopale, que même si les institutions catholiques ne permettent pas l'euthanasie en leurs murs, elles respectent pleinement la loi. Pour Kerknet, "la loi ne crée par un droit fondamental à l'euthanasie. Elle se limite à la dépénaliser, et à permettre aux médecins de l'effectuer dans des conditions légales".



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"LES INSTITUTIONS CATHOLIQUES VIVENT DE SUBSIDES ET DOIVENT SUIVRE LA LOI". 

Que les patients en prennent de la graine. Une institution catholique n’est pas une institution publique aux yeux de l’Eglise.

 

 

 

 

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