dimanche 31 janvier 2016

Guy Verhofstadt: "Laissons l'Europe reprendre la gestion de la frontière turco-grecque"

Le Vif


Source: Belga

Guy Verhofstadt propose que les Etats membres de l'UE créent immédiatement une nouvelle agence pour reprendre le contrôle frontalier entre la Turquie et la Grèce.



Guy Verhofstadt © Reuters

Il plaide pour que les trois milliards d'euros d'aides promis par l'UE à la Turquie aillent directement en soutien financier des réfugiés dans les camps, pour qu'ils ne tentent plus la traversée vers l'Europe.

La Grèce n'arrive pas à surveiller ses frontières extérieures. La Commission européenne a proposé de mettre sur pied un corps européen de garde-côtes et garde-frontières, mais il faut pour cela une nouvelle législation, ce qui prend du temps.

Guy Verhofstadt estime qu'on peut prendre des actions immédiates. Selon les Traités, les Etats membres peuvent mettre sur pied une European Rapid RefugeeEmergency Force (ERREF), sans que de nouvelles règles ne soient nécessaires. Il estime que le Conseil du 18 février devrait prendre cette décision. Cette nouvelle agence, composée de 2.000 personnes venant de tous les Etats membres, reprendrait immédiatement le contrôle de la frontière entre la Turquie et la Grèce et enregistrerait les réfugiés dans des centres d'accueil.

Dans une tentative d'endiguer l'afflux de réfugiés, l'UE a conclu un accord avec la Turquie, qui doit recevoir trois milliards d'euros. Guy Verhofstadt propose d'utiliser cet argent pour améliorer la situation dans les camps de réfugiés. Un milliard devrait aller au Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, et deux milliards devraient être consacrés à un soutien direct aux réfugiés là-bas, propose le libéral.

"Une des raisons principales pour lesquelles les gens quittent ces camps et tentent une traversée dangereuse est le fait qu'ils doivent survivre là-bas avec sept dollars par mois. Si nous augmentons ce montant, ils pourront eux-mêmes améliorer leurs conditions de vie dans les camps."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE DERNIER DES EUROPEENS


Lui, il y croit comme fer à l’Europe comme solution à la plupart de nos problèmes. Tous les autres ne jurent plus que par leur souveraineté nationale. Si Schengen implose, l’euro ne lui survivra pas et sans euro, finie l’Europe.  On en est là et on retient son souffle.

MG

 

samedi 30 janvier 2016

Des dizaines d'hommes masqués attaquent des migrants à Stockholm

La Libre

AFP 




Plusieurs dizaines d'hommes masqués, présumés liés au milieu des hooligans et à la nébuleuse néo-nazie, ont convergé vendredi soir vers le centre de Stockholm pour agresser des migrants, a indiqué samedi la police suédoise.

Aucune plainte de victimes potentielles n'avait été déposée samedi à la mi-journée, a précisé à l'AFP une porte-parole de la police de Stockholm, Towe Hägg.

Entre 50 et 100 personnes, masquées ou encagoulées, s'étaient donné rendez-vous vendredi en début de soirée à Sergels Torg, une grande place piétonne de la capitale suédoise où se croisent jeunes, marginaux et migrants mineurs non accompagnés.

D'après des témoins interrogés par le quotidien Aftonbladet, les agresseurs ont molesté "des personnes d'apparence étrangère" et distribué un tract non signé appelant à infliger aux "enfants des rues nord-africains le châtiment qu'ils méritent".

"Je passais, j'ai vu un groupe habillé en noir, masqué (...) qui a commencé à frapper des étrangers", a raconté un témoin. "J'ai vu trois personnes molestées".

Informées d'un "projet d'agression de migrants mineurs non accompagnés dans le centre de Stockholm", les autorités avaient déployé d'importants moyens avec la présence au sol d'unités anti-émeutes et le survol du centre par des hélicoptères.

Un homme de 46 ans a été arrêté après avoir porté un coup au visage à un policier en civil.

Trois personnes âgées d'une vingtaine et d'une trentaine d'années ont été interpellées pour trouble à l'ordre public puis relâchées. Une autre, porteuse d'un couteau, sera poursuivie pour port d'arme prohibé.

Une enquête pour "association en vue de commettre des violences agravées" doit permettre d'identifier les personnes ou les organisations à l'initiative des violences.

Le site internet Nordfront, vitrine du mouvement néo-nazi SMR, affirmait vendredi soir tenir de "sources sur place" qu'une "centaine de hooligans" des clubs AIK et Djurgården s'apprêtaient à "faire le ménage parmi les criminels immigrés d'Afrique du nord".

Les sources policières citées par le quotidien Aftonbladet confirment les soupçons pesant sur ces groupes radicaux.

En 2015, 163.000 réfugiés ont déposé une demande d'asile en Suède. Le ministre de l'Intérieur Anders Ygeman a annoncé mercredi que le pays entend expulser près de la moitié de ces migrants, dont la demande d'asile a été ou sera rejetée.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY


ET VOICI QUE SURGISSENT LES GROS PÉPIN.

 

 

Pascal Smet: "Dans 10 ans, les tunnels pourront fermer"

Le Vif

"Les conditions ne sont pas remplies aujourd'hui pour prendre la décision de fermer définitivement les tunnels mais à terme il faudra le faire", indique samedi le ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics, Pascal Smet (sp.a), dans une interview accordée à l'Echo.



© BELGA

"Sur la mobilité, il faut bien avoir en tête que l'origine du problème, c'est que sur les 400.000 navetteurs qui viennent travailler à Bruxelles, 250.000 viennent seuls en voiture. Les problèmes de mobilité, ce n'est pas la faute de Bruxelles", estime en outre M. Smet.

Dans une interview accordée au journal flamand De Morgen Pascal Smet évoque une période de 10 ans avant que les tunnels bruxellois ne puissent définitivement être fermés.

Ce dernier pense qu'il faut davantage de parkings de dissuasion, de transports en commun et la mise en place d'un réseau suburbain pour améliorer la situation dans la capitale. Pascal Smet précise par ailleurs qu'il n'attaque pas la ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), qui n'est "pas responsable" de la situation actuelle.

"C'est le résultat de la politique fédérale des vingt dernières années. À Bruxelles aussi, on a laissé traîner les choses. Mais ces dernières années, ça a commencé à bouger. On va investir 5,2 milliards d'euros à la Stib pour le métro, les bus et les trams. On va aussi créer 8.500 places de parking de dissuasion d'ici 2020. Le Fédéral pourrait aussi améliorer la mobilité dans la capitale. Il en va de l'intérêt de tous", ajoute le ministre bruxellois.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES FERMER DANS DIX ANS ?



Les réparer à grands frais aujourdh’hui (au moins cinq ans de travaux) pour les fermer ensuite, définitivement.

Etrange logique que celle de ce monsieur Smet. Comme on aimerait qu’il la ferme tout de suite.

MG

jeudi 28 janvier 2016

Bruxelles, les fissures du rêve américain


Arnaud Pinxteren

Député bruxellois, Secrétaire Politique, Ecolo Bruxelles

OPINION  Le Vif


Depuis plus de cinquante ans, nos dirigeants veulent une "Bruxelles drive in" où la voiture est le symbole ultime de la modernité. Comme si les embouteillages étaient un signe de réussite et le gage de la prospérité économique. Avec la fermeture du tunnel Stéphanie, n'est-il pas temps de faire de vrais choix ? Que voulons-nous pour notre capitale ?



© DR

Les fissures observées dans le plafond du tunnel Stéphanie ne mettent pas seulement à nu des armatures corrodées, mais également tout un modèle d'approche des questions urbaines liées à la mobilité, héritées des années d'abondance de l'État providence et du rêve de la ville américaine tel que le représentait l'Expo 58. Il s'agissait alors de régler les problèmes d'accessibilité posés dans une capitale, centre économique et commercial par excellence, en donnant plus de place à chaque mode de déplacement à grands coups d'investissements publics, financés par la productivité exceptionnelle des Trente Glorieuses.

Ce modèle reposait sur une vision où la ville, ses quartiers historiques, ses habitants et ses espaces publics sont remodelés au profit des déplacements des travailleurs et des consommateurs. Les travaux colossaux de la Petite Ceinture devaient servir ce modèle "drive in". Désormais, il serait possible de rallier le coeur de la capitale, ses bureaux et ses centres commerciaux au volant de son véhicule particulier.

Mais, aujourd'hui, les conditions ont changé. L'espace se fait trop rare pour le donner exclusivement à un mode de transport. La puissance publique est désargentée. Les infrastructures sont usées jusqu'à la corde. Il s'agit maintenant de développer une approche intégrée de la mobilité et d'imaginer un nouveau partage inventif de l'espace public.

Car notre ville s'asphyxie, la voiture continue d'occuper près de 2/3 de nos rues, nos tunnels routiers se fissurent, et nos finances publiques se raréfient. On peut faire un peu plus de la même chose, faire comme si la voiture était toujours ce symbole ultime de modernité et de réussite. On peut continuer à essayer d'attirer un maximum de consommateurs-automobilistes au coeur de la ville. On pourrait continuer à investir dans le béton et l'acier. On pourrait procéder à des réparations de fortune sur des tunnels symboles d'une autre époque qui, après le viaduc Reyers et le tunnel Stéphanie, vont les uns après les autres, inéluctablement arriver en fin de vie. Oui, on pourrait garder notre "capitale Drive In". Ou pas.


Ne serait-il pas temps, à Bruxelles, de revoir notre vision de l'avenir de notre ville ?

Outre-Altantiquenos "cousins d'Amérique" en sont revenus, eux, de ce modèle de ville 'Moderne' à l'américaine. Des modèles différents ont vu le jour ces 20 dernières années. Ils remettent les citoyens, les habitants des villes au centre de la réflexion. Ils veulent émanciper les villes de leur dépendance automobile. Ne serait-il pas temps, à Bruxelles, de revoir notre vision de l'avenir de notre ville ? Pourquoi ne pas faire, nous aussi, le choix de cette "nouvelle modernité" ?

Créons une ville européenne, cosmopolite, du XXIe siècle. Ne soyons plus l'exemple du mal belge "court-termiste". Soyons plutôt la preuve qu'une transition écologique et sociale de nos sociétés et de nos villes est possible, aussi en matière de mobilité. C'est pour cela qu'Ecolo veut un Mobility shift qui réduit sensiblement la place dévolue à la voiture, dans les déplacements comme dans l'espace public. Cela passe par un investissement massif dans les transports publics de surface, par l'augmentation drastique de la part modale cycliste, l'intégration généralisée du déplacement piéton, par le développement massif du parc automobile partagé (voitures partagées, taxis, professionnels).

L'argent est là, il ne reste qu'à choisir le modèle de ville souhaité. Le Gouvernement bruxellois annonce dans le cadre de son budget 2016 et du plan d'investissement de la Stib, des investissements de 5,2 milliards sur 10 ans liés essentiellement à la réalisation de quelques kilomètres de métro. Dans le même temps, Beliris serait prêt à injecter des millions dans la rénovation des tunnels bruxellois. Ces moyens ne pourraient-ils pas être investis bien plus efficacement, au profit d'un espace public plus agréable, retravaillé grâce et en lien avec le développement d'un réseau de transport en commun de surface ? Au profit d'un air plus respirable dans tous les quartiers apaisés, pour préserver notre santé ? En organisant la desserte fréquente dès aujourd'hui de l'ensemble des gares bruxelloises au travers d'un réseau express ?

Suivons l'exemple de San Francisco, Grenoble, Vancouver, Copenhague...OEuvrons, autorités régionales et fédérales, à une capitale qui place la qualité de vie au coeur de la vision de notre ville, les transports publics de surface au coeur de notre stratégie de mobilité, l'interaction entre nos communautés d'habitants au coeur de notre projet et de notre prospérité.

Nous, Bruxellois, ne sommes pas qu'un groupement de consommateurs. Notre ville, Bruxelles, n'est pas qu'une capitale administrative. Elle n'est pas qu'un noeud routier. Bruxelles et ses habitants vivent, mais se cherchent encore un destin propre.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MOBILITY SHIFT


Nos "cousins d'Amérique" en sont revenus, eux, de ce modèle de ville 'Moderne' à l'américaine

Créons une ville européenne, cosmopolite, du XXIe siècle. Ne soyons plus l'exemple du mal belge "court-termiste". Soyons plutôt la preuve qu'une transition écologique et sociale de nos sociétés et de nos villes est possible, aussi en matière de mobilité.

Nous, Bruxellois, ne sommes pas qu'un groupement de consommateurs. Notre ville, Bruxelles, n'est pas qu'une capitale administrative. Elle n'est pas qu'un noeud routier. Bruxelles et ses habitants vivent, mais se cherchent encore un destin propre.

Il est assez lamentable qu’il faille la crise des tunnels pour prendre conscience, dans l’urgence, qu’on se trompe de politique depuis soixante ans, de gouvernance et surtout de vision de la ville. Après la crise du piétonnier (n’importe quoi, n’importe comment) voici l’imbroglio des tunnels (le triomphe de l’imprévoyance géré  par une succession de ministres flamands : Grauwels, De Lille, Smet) dont on ne voit pas la moindre lumière poindre à la sortie.


MG





Onkelinx sur les tunnels à Bruxelles : «Le problème est monstrueux»

Le Soir avec Belga

Laurette Onkelinx (PS) et Didier Reynders (MR) appellent les Régions et le fédéral à se mettre autour de la table pour trouver une solution sur la mobilité à Bruxelles.

Les chefs de file du PS et du MR à Bruxelles ont appelé lundi à un travail commun, associant le fédéral et les Régions, sur la mobilité dans et autour de Bruxelles après les avaries de deux tunnels dans la capitale.

«Il faudra des investissements. Il faut qu’au niveau belge, gouvernement fédéral, gouvernements bruxellois, wallon et flamand, on se mette ensemble, autour de la table, pour trouver une solution», a déclaré la présidente de la fédération bruxelloise du PS, Laurette Onkelinx, sur les ondes de Matin Première.« Le problème des tunnels est un problème monstrueux. On coupe l’accessibilité à certains quartiers. Pour les habitants des autres régions, les navetteurs wallons et flamands c’est aussi un problème », a-t-elle commenté.

«On doit travailler ensemble, entre le fédéral et les Régions. Comment gérer le RER, le métro bruxellois, la rénovation des tunnels?», a lancé, comme en écho, le président du MR bruxellois, Didier Reynders, sur Bel-RTL (la vidéo pour mobile).

La Région bruxelloise doit dégager des moyens pour ses tunnels, estime Mme Onkelinx. Mais au préalable, elle doit connaître la situation exacte de ces infrastructures et décider ensuite quels tunnels pourront être rénovés ou abandonnés et quelles sont les solutions de rechange qui se présentent.

Une alternative  : le RER

La mobilité bruxelloise repose aussi sur le RER. Or, sa mise en oeuvre connaît un retard considérable en Wallonie alors qu’en direction de la Flandre, il sera opérationnel dès 2016. La presse a fait état ce week-end des problèmes de financement qui hypothèquent l’avenir du projet sur les lignes Bruxelles-Namur et Bruxelles-Nivelles.

«Le RER devra être complété», a assuré M. Reynders, vice-premier ministre MR. «Il y a un vrai débat à avoir: comment finance-t-on l’ensemble du RER, parce qu’il doit être réalisé.»

Au sujet du financement, M. Reynders trace des lignes de partage: le ferroviaire incombe à la compétence fédérale, la Région prendrait en charge les tunnels tandis que l’extension du métro bruxellois doit bénéficier d’un co-financement de Beliris, fonds fédéral affecté à Bruxelles. Sur ce point, le ministre attend la conclusion d’un accord définitif avec le gouvernement bruxellois.

Le budget de la Région bruxelloise n’est pas en déficit, grâce au refinancement obtenu dans le cadre de la 6e réforme de l’Etat. «Nous ne demandons rien aux autres Régions», a assuré Mme Onkelinx. L’ex-vice-première ministre en appelle en revanche aux autres entités dans le cadre du débat européen sur le respect des normes budgétaires. «Il faudra en parler aussi avec l’Europe: laissez-nous investir sans pour autant nous sanctionner pour un petit déficit», a-t-elle demandé.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARQUER DES POINTS


Harcelés par les mauvais sinbdages (Vervoort-Onkelinx) ou enhardis par une soudaine embellie (Reynders) notre petit personnel politique bruxellois ne songe qu’à se faire mousser pour gagner des points. Il y parviennent, for the worse not for the better. Tour ceci achève de décrédibiliser les hommes et les femmes politiques et d’écorner une image de Bruxelles de plus en plus désastreuse.

They are not funny. C’est du cinéma ! Du très mauvais cinéma !

MG

 



POLÉMIQUE SUR LES TUNNELS: CECI N’EST PAS DIGNE D’UNE CLASSE POLITIQUE

BÉATRICE DELVAUX, ÉDITORIALISTE EN CHEF
Le Soir

BÉATRICE DELVAUX REVIENT SUR UNE JOURNÉE QUI A TOURNÉ À L’AIGRE APRÈS LE COMITÉ DE CONCERTATION SUR LES TUNNELS BRUXELLOIS.


•                                                                  © DR

Mais quelle conception surannée de la politique ! Quoi, elle servirait à trouver des solutions ? L’intérêt public dépasserait l’intérêt particulier et s’imposerait face aux susceptibilités et aux bas calculs électoraux ! Lundi, on pensait encore que si les gouvernants avaient institué un « comité de concertation », c’était pour son utilité, pour ses vertus de mener à des solutions, au terme de discussions, houleuses ou tendues, mais qui tendaient vers un mieux pour la collectivité. On imaginait qu’au sortir de ces réunions, le pays fonctionnerait mieux, car durant quelques heures, les hommes et les femmes qui en ont reçu la charge en avaient huilé les rouages.

« C’EST DU CINÉMA »

Mais quelle naïveté ! Hier, la définition de ce comité de concertation nous est venue d’un de ses membres : «  C’est du cinéma. Il ne s’y passera rien. Ça ne sert absolument à rien. Quand j’y suis, je me mets en mode off et j’attends que ça passe. » Le « meilleur » est en effet que le spectacle du désaccord n’est pas assumé dans la salle et réservé aux seuls (20 !) participants, mais qu’il est offert à tous, à la sortie. Déjà qu’ils n’aient pas honte de n’avoir rien résolu, mais en plus, ils exhibent les désaccords, voire pire, le mépris profond qu’ils ont les uns pour les autres.

Le gouvernement fédéral nous avait promis de faire fonctionner ce pays, d’oser les réformes jamais entreprises, de faire avancer la Belgique vers un mieux. Quoi de mieux dès lors qu’un comité de concertation pour forcer tout le monde à entrer dans le tempo, avec un Premier ministre chef d’orchestre ? Un vieux briscard belge nous le disait mardi à propos de l’Europe : «  Celui qui exerce un vrai leadership au service d’une perspective finit toujours par triompher  », ajoutant, «  c’est en se montrant modeste et au service de tous, qu’on gagne ses galons  ». Un leader ne peut laisser une réunion qui doit donner des solutions aux Belges – et à l’Europe qui s’inquiète de la mobilité belge – se transformer en foire d’empoigne dont l’extérieur ne peut retenir qu’une chose : la Belgique est un pays non gouverné. Et l’étranger en l’occurrence n’a ni le temps, ni la patience, ni l’envie de se demander si c’est le fédéral ou les Régions qui sabotent le pays.

 

 


mercredi 27 janvier 2016

Donald Trump qualifie Bruxelles de "trou à rats"

BELGA


I

Le candidat à l'investiture présidentielle républicaine Donald Trump a dirigé l'une de ses dernières saillies vers Bruxelles et Paris. 

Il a estimé mardi que la capitale belge est devenue un "trou à rats" ("hellhole") où les musulmans ne sont pas parvenus à s'intégrer. Donald Trump a proféré ces propos lors d'une interview accordée à Fox Business Network alors qu'une journaliste lui demandait si sa proposition d'interdire aux musulmans l'accès au territoire américain était réaliste.

"Quelque chose est en train de se passer", a répondu le candidat actuellement donné favori par les sondages pour décrocher l'investiture du Grand Old Party. "Allez à Bruxelles, allez à Paris (...). Quelque chose de mauvais est en train de se passer, là où ils veulent imposer la charia (loi islamique, ndlr) (...). Vous savez, il faut un minimum d'assimilation. Il n'y a pas eu d'assimilation."

Donald Trump s'est ensuite attardé sur le cas de Bruxelles. "J'ai été à Bruxelles il y a une vingtaine d'années, belle, tout était tellement beau. Maintenant, c'est comme vivre dans un trou à rats."

Le milliardaire a également fait savoir mercredi qu'il ne participerait pas au débat télévisé opposant les différents candidats républicains qui se tiendra jeudi dans l'Iowa.





COMMENTAIRE DE DIVERCITY


LA RÉSISTIBLE ASCENSION DE L’OGRE TRUMP 



On ne parle  plus que de lui. Nous ne le connaissons qu’à travers la caricature que font de lui les medias. Mais les Américains semblent voir en cet ogre malappris l’incarnation du selfmade man qui participe du rêve américain.  Il y a un côté cow-boy dans  cette grande gueule qui paraît sortie tout droit d’un western de série B un peu comme Ronald Reagan du reste. Trump c’est aussi le surgissement de l’imprévisible, le triomphe de l’improbable. Beaucoup donnent Hilary Clinton favorite et la voient déjà présidente. On aimerait tellement leur donner raison mais après 16 années de Obamaclintonmania , les Américains pourraient avoir envie d’autre chose. Et lui c’est vraiment tout autre chose, ce n’est pas  Mr. Smith Goes to Washington (1939 Capra avec James Stewart) maisun remake virtuel de la marche de Mussolini sur Rome.

MG

 


TRUMP SE DIT FIER DE SES ORIGINES ALLEMANDES. MAIS LES ALLEMANDS SONT-ILS FIERS DE TRUMP ?

MARCEL LINDEN, CORRESPONDANT EN ALLEMAGNE 

La Libre


Le grand-père paternel du candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine est originaire du bourg de Kallstadt

Donald Trump n'a de cesse de répéter qu'il veut interdire l'accès aux Etats-Unis aux musulmans et aux Mexicains. Le candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2016 est pourtant lui-même petit-fils d'un immigré. En 1885, son aïeul Friedrich Trump, âgé de 16 ans et originaire de Kallstadt dans le Palatinat, avait, comme des millions d'Allemands avant et après lui, débarqué à New York. "Je suis fier que du sang allemand coule dans mes veines. C'est clair. Épatant !", avait-il confié il y a deux ans du haut de sa "Trump Tower" à la réalisatrice Simone Wendel, qui tournait un film sur Kallstadt, où elle-même est née. Un autre illustre multimillionnaire originaire du village viticole est Henry John Heinz, fondateur de la célèbre marque de ketchup.



On peut cependant douter que Donald Trump soit vraiment fier d'avoir des antécédents allemands. Son père Frederick, qui a amassé une fortune immobilière en construisant des baraquements pour la Navy et des dizaines de milliers de logements dans les quartiers mal famés de Brooklyn et Queens, n'avait-il pas propagé la légende que sa famille provenait de Karlstadt en Suède ? Après 1945, il n'était en effet pas bon d'être de descendance allemande.

À Kallstadt, bourgade de 1 200 habitants, aucune rue ne porte le nom des millionnaires Trump et Heinz. Sur la maison natale du grand-père Trump il n'y a pas d'écriteau commémoratif. Le bourg est situé sur la "Deutsche Weinstrasse", la route du vin allemande, célèbre pour ses fêtes du vin et sa gaieté. C'est dans cette région que le Palatin Helmut Kohl avait fait goûter au président français François Mitterrand son plat préféré, le fameux «Saumagen », la panse de porc farcie à la palatine.

Que pense les "locaux" du candidat républicain ? "Donald Trump est un peu fort en gueule, mais il ne se laisse pas acheter et c'est un fonceur", confie le vigneron Albert Heinz au quotidien allemand "Die Welt". Pour un autre vigneron, Bernd Weisenborn"on ne peut pas être fier" du comportement du candidat républicain dans sa campagne électorale. Le nom Trump (on prononce Troump en allemand) lui va bien : il signifie tambour.

 


 

mardi 26 janvier 2016

En cas d'élections, l'actuelle coalition perdrait la majorité, selon un sondage

Le Vif Rédaction en ligne

députés à la Chambre, s'il fallait voter aujourd'hui pour les élections fédérales, selon un sondage.


© BELGA

L'actuelle coalition ne bénéficierait plus que du soutien de 73 députés à la Chambre, s'il fallait voter aujourd'hui pour les élections fédérale, selon le baromètre Le Soir, HLN, VTM, RTL-TVI. Chaque partenaire de la majorité perdrait des plumes.

On constate que la N-VA, si elle reste de loin le premier parti en Flandre n'est plus qu'à 28,5% (32,4% aux dernières élections). Son tassement profite au Vlaams Belang(+5,8%), cinquième parti en Flandre. En net recul, le PS (-5,3% en Wallonie et -6,7% à Bruxelles), reste le premier en Wallonie. En recul également, le MR est premier à Bruxelles. Dans le sud du pays, c'est le PTB qui continue de grimper.

PROJECTIONS PAR RÉGIONS

En Wallonie, le PS (26,7%) devance le MR (23,1%), le cdH (11,1%), Ecolo (9,2%) et le PTB (8,8%). A Bruxelles, le MR (20,7%) l'emporterait devant le PS (18,2%), DéFI (9,8%), Ecolo (8,1%), le PTB-PvdA (7%) et le cdH (6,8%). En Flandre, après la N-VA suivent le CD&V (16%), le sp.a (15,2%), l'Open Vld(12,5%), le Vlaams Belang (11,6%) et Groen (10,3%).

Hormis le Vlaams Belang, la famille écologiste (sutout grâce à Groen) et le PTB-PvdA sont les seuls à progresser.

En projection de sièges, la tripartite traditionnelle est celle qui serait la plus confortable (95 sièges). Un olivier pourrait être soutenu par 77 sièges; avec l'extrême gauche, il aurait 81 sièges.

MAGGIE DE BLOCK TOUJOURS EN TÊTE

Au rayon des personnalités politiques les plus populaires, Maggie De Block trône toujours en tête dans les trois régions du pays. Le président de la N-VA perd sept points en Wallonie mais en prend trois en Flandre où il complète le trio de tête derrière le Premier ministre Charles Michel.

Le sondage a été effectué du 15 au 20 janvier après l'annonce par la N-VA d'une nouvelle réflexion sur l'approfondissement des réformes institutionnelles vers le confédéralisme. La marge d'erreur est de 3,1% en Wallonie, 3% en Flandre et 4,2% en Flandre.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARGE D’ERREUR ?

Il est absolument hors de question de faire des pronostics dans un contexte d’une grande instabilité. Il suffirait d’un nouvel attentat, d’un accident nucléaire ou d’autre chose pour que ces prévisions soient bouleversées.

L’élément le plus intéressant et le moins rassurant c’est la montée du Belang aux dépens de la N-VA. Nous parlions hier d’une surenchère de Bart De Wever pour conserver son électorat volatile. Peine perdue, il s’en iront comme il sont venus. Apparemment le MR n’est pas récompensé de son audace, au contraire, il perd du terrain en Wallonie.  On lira avec intérêt la brillante et indépassable synthèse de Béatrice Delvaux.  Une fois de plus, chapeau bas.

Elément à retenir : si De Wever, harcelé par le Belang qui reprend du poil de l’immonde bête, n’est pas réélu Anvers en 2018, s’il trébuche à Anvers, la N-VA chutera au scrutin fédéral.

Autre élément à pointer, la relative montée de la SPa auiguillonée par le brillant John Crombez.

MG



RÉENCHANTER LA POLITIQUE? TOUT RESTE À FAIRE


Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef (Le Soir) 

Fragilisée, la suédoise? C’est ce qu’on pourrait déduire de notre sondage... Gare cependant aux conclusions trop rapides. L’édito de Béatrice Delvaux.



                                                                                       Bart De Wever (N-VA) et Charles Michel (MR) © Photo News

Fragilisée, la suédoise ? C’est ce qu’on pourrait déduire de notre sondage, puisqu’elle perdrait sa majorité en sièges, à la Chambre. Gare cependant aux conclusions trop rapides. Primo, il s’agit d’un sondage, soumis aux limites du genre. Secundo, cette perte de majorité est à considérer en parallèle de la hausse de la cote du gouvernement fédéral. Plus que l’action de l’exécutif saluée par les sondés, c’est en fait la faiblesse de certains partis composant cette majorité qui la plombe. C’est le cas du CD&V, qui ne parviendrait visiblement pas à convaincre les électeurs de sa plus-value dans cet attelage particulier, et de l’Open-VLD, qui peinerait à exister dans un électorat particulièrement ciblé et choyé par la N-VA.

Si le duo N-VA-MR doit avoir des raisons de s’inquiéter un brin à la lecture de nos chiffres, c’est pour deux autres raisons.

 Primo, le score du Belang, l’extrême droite flamande, qui repart à la hausse et pourrait susciter de la nervosité auprès de la N-VA. Dans les rangs du parti nationaliste flamand, on le reconnaît d’ailleurs : il faut à tout prix éviter que le Belang reprenne du poil de la bête et puisse in fine mettre en danger le score ou la majorité de Bart De Wever aux élections communales à Anvers. Car, en Flandre, ils en sont convaincus – et certains poussent à des stratégies en ce sens : si De Wever trébuche à Anvers, la N-VA chutera au scrutin fédéral. Les nationalistes ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir déjà les yeux – et les déclarations – braqués sur les élections communales de 2018, considérées comme hautement stratégiques par tous. Il ne faut désormais plus oublier que les partis en lice sont, non pas à trois ans et demi, mais à deux ans et demi d’une élection. Cela va peser de plus en plus lourd, de plus en plus vite.

 Secundo, si le MR, seul parti francophone de la majorité fédérale, peut se réjouir dans ce sondage de sa position renforcée à Bruxelles, son chef de file, Charles Michel, a lui toujours visiblement quelques soucis à se faire quant à sa popularité. Elle est au zénith en Flandre, mais c’est pour la beauté du geste, car ces fans-là ne vont pas voter pour lui au moment clé. Par contre, la Wallonie continue à bouder son Premier ministre, l’empêchant sans doute de tirer le score de son parti dans le sud du pays.

Mais la véritable conclusion de ces chiffres, qui ont en fait peu évolué depuis la dernière publication – à l’exception du score en vrille du CDH –, réside dans le sentiment très atone de nos sondés envers les partis politiques, quels qu’ils soient. L’engouement ne s’est toujours pas produit : il y a encore beaucoup à faire pour réenchanter la politique. Mais reconnaissons que les événements graves et complexes de ces derniers mois ont plombé les esprits et les espoirs.