samedi 9 janvier 2016

Abandon du projet Saidi: l’affaire prend une tournure politique

Béatrice Delvaux. Le Soir



Face aux critiques virulentes, Ismaël Saidi a décidé de renoncer à son projet contre la radicalisation. De Bock avait fait part de ses soupçons de « clientélisme ».



•                                                    Didier Gosuin © Belga

Un procès « non fondé »

Le vice président du gouvernement bruxellois s’en prend violemment au membre de son parti, Emmanuel De Bock, député bruxellois, qui avait mis en cause le déblocage de sommes conséquentes, avait-il déclaré hier, sans que le projet soit avalisé en conseil des ministres. «  Ce procès fait à Mr Saidi est totalement non fondé  », éructe son collègue de parti, Didier Gosuin. «  Le projet a été validé par le Conseil des ministres, il était seul sur la table, il est utile et crédible et a mon total soutien. Le pinaillage politique auquel on assiste, est une erreur politique dans le chef de Mr De Bock.  »

Si Gosuin est ulcéré c’est parce qu’il considère la personnalité d’Ismael Saidi et le projet de déradicalisation en soi et tel qu’il a été élaboré concrètement, est d’une urgence vitale : «  Mr Saidi a toute ma confiance. Je l’ai contacté ce matin en espérant qu’il change d’avis. Je sais qu’il existe d’autres éléments de menaces qui pèsent sur lui, mais en tout cas faire du pinaillage politique quand on est en face d’un réel besoin d’explications vers les jeunes, qu’on a une nécessité urgente et impérieuse de sortir du radicalisme à l’œuvre, est irresponsable  ».

MAINGAIN SUR LA MÊME LONGUEUR QUE GOSUIN

Et de poursuivre : «  Mon souhait, fort, est qu’il puisse revenir sur sa décision. Il n’y a aucun clientélisme dans ce dossier, Mr De Bock (Défi) a perdu une occasion de se taire. Dans ce genre de dossier, les politiques doivent être attentifs à ce qu’ils disent. »

«  Je suis laïc, et il est urgentissime de mettre un frein à la radicalisation religieuse qui est en cours. Quand j’entends en plus Mr Sarkozy brandir les valeurs chrétiennes ! Si le contre-feu de l’islamisme, ce sont les valeurs chrétiennes, on retombe dans l’obscurantisme. J’ai cru comprendre qu’il y avait eu aussi des pressions côté PS, mais je règle d’abord les problèmes dans la maison politique, et Mr Maingain, président de Défi est sur la même longueur que moi : le désaveu clair et net de Mr De Bock. J’espère qu’il va revenir sur ses déclarations. Je veux que cela se sache. Que le politique torpille ce genre d’initiative est inacceptable. Ce n’est pas la ligne de mon parti. Le projet de Mr Saidi est excellent. On en a besoin comme de pain  ».

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAINGAIN : MR DE BOCK A PERDU UNE OCCASION DE SE TAIRE.

DE WOLF: «UNE GRAVE ATTEINTE À L’IMAGE DE BRUXELLES»

CLERFAYT : "MAIS C’EST TRAGI COMIQUE !",

• Le chef de

 Le chef de groupe MR estime que le projet contre la radicalisation de la majorité bruxelloise et d’Ismaël Saidi a manqué de vision. Cest une véritable atteinte à l’image de Bruxelles.  » Et d’enfoncer le clou : «  Le ministre président doit gérer sa majorité plutôt que de critiquer le fédéral dans sa gestion de la lutte contre le terrorisme  ».. « manque de vision, de cohérence et d’harmonie au sein du gouvernement bruxellois sur un sujet aussi grave et capital pour les Bruxellois  ». Et d’estimer que «  le ministre président est contré dans sa propre majorité et met en péril les liens et les partenariats avec la société civile dans un moment où exactement le contraire est requis  ».

Un autre poids lourd de la formation s'est immiscé dans ce dossier : Bernard Clerfayt. Le bourgmestre de Schaerbeek est venu défendre Emmanuel De Bock face à Gosuin et Maingain : "Il est heureux qu'Emmanuel De Bock s’interroge sur la manière dont on a attribué ce qui aurait dû être un marché ! Cela parait ridicule en comparaison avec les états de service de Monsieur Saïdi, mais c’est ainsi. 

Le moins que l'on puisse écrire, c'est que cette polémique divise fortement.

Yamila Idrissi, députée flamande pour la Commission Culture à Bruxelles Bruxelloises : « Cher Ismaël, je suis profondément choquée ! Votre projet si précieux, plus important que jamais, arrêté à cause de menaces de mort et de chagrin politique. Il est inacceptable dans une ville moderne comme Bruxelles, en Belgique et en Europe de réduire quelqu’un au silence à l’aide de menaces, de calomnie et de critiques.

« Quand les dégoûtés s’en vont, il reste les dégoûtants ». Cher Ismaël, nous ne pouvons pas baisser les bras. C’est pourquoi j’aimerais vous prier de revenir sur votre décision et de poursuivre cette initiative indispensable. Continuez à répondre à la terreur par la culture. Donnez-nous des mots si nous n’y parvenons pas nous-mêmes. Montrez la véritable force de l’art et de la culture : créer des passerelles, lier les gens. C’est précisément maintenant que nous devons à nouveau apprécier ces valeurs qui sont si importantes pour nous. Et nous devons donner les bonnes priorités : On ne touchera pas à ces valeurs !

Courage et merci du fond du cœur ! »

Ca n’est pas tout à fit aussi drôle que Bossemans et Coppenolle mais ça participe de la même zwanze. Ce serait à mourir de rire si l’enjeu n’était pas dramatique : mettre en place une stratégie efficace de dé radicalisation.

MG 

 

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