mardi 26 janvier 2016

En cas d'élections, l'actuelle coalition perdrait la majorité, selon un sondage

Le Vif Rédaction en ligne

députés à la Chambre, s'il fallait voter aujourd'hui pour les élections fédérales, selon un sondage.


© BELGA

L'actuelle coalition ne bénéficierait plus que du soutien de 73 députés à la Chambre, s'il fallait voter aujourd'hui pour les élections fédérale, selon le baromètre Le Soir, HLN, VTM, RTL-TVI. Chaque partenaire de la majorité perdrait des plumes.

On constate que la N-VA, si elle reste de loin le premier parti en Flandre n'est plus qu'à 28,5% (32,4% aux dernières élections). Son tassement profite au Vlaams Belang(+5,8%), cinquième parti en Flandre. En net recul, le PS (-5,3% en Wallonie et -6,7% à Bruxelles), reste le premier en Wallonie. En recul également, le MR est premier à Bruxelles. Dans le sud du pays, c'est le PTB qui continue de grimper.

PROJECTIONS PAR RÉGIONS

En Wallonie, le PS (26,7%) devance le MR (23,1%), le cdH (11,1%), Ecolo (9,2%) et le PTB (8,8%). A Bruxelles, le MR (20,7%) l'emporterait devant le PS (18,2%), DéFI (9,8%), Ecolo (8,1%), le PTB-PvdA (7%) et le cdH (6,8%). En Flandre, après la N-VA suivent le CD&V (16%), le sp.a (15,2%), l'Open Vld(12,5%), le Vlaams Belang (11,6%) et Groen (10,3%).

Hormis le Vlaams Belang, la famille écologiste (sutout grâce à Groen) et le PTB-PvdA sont les seuls à progresser.

En projection de sièges, la tripartite traditionnelle est celle qui serait la plus confortable (95 sièges). Un olivier pourrait être soutenu par 77 sièges; avec l'extrême gauche, il aurait 81 sièges.

MAGGIE DE BLOCK TOUJOURS EN TÊTE

Au rayon des personnalités politiques les plus populaires, Maggie De Block trône toujours en tête dans les trois régions du pays. Le président de la N-VA perd sept points en Wallonie mais en prend trois en Flandre où il complète le trio de tête derrière le Premier ministre Charles Michel.

Le sondage a été effectué du 15 au 20 janvier après l'annonce par la N-VA d'une nouvelle réflexion sur l'approfondissement des réformes institutionnelles vers le confédéralisme. La marge d'erreur est de 3,1% en Wallonie, 3% en Flandre et 4,2% en Flandre.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARGE D’ERREUR ?

Il est absolument hors de question de faire des pronostics dans un contexte d’une grande instabilité. Il suffirait d’un nouvel attentat, d’un accident nucléaire ou d’autre chose pour que ces prévisions soient bouleversées.

L’élément le plus intéressant et le moins rassurant c’est la montée du Belang aux dépens de la N-VA. Nous parlions hier d’une surenchère de Bart De Wever pour conserver son électorat volatile. Peine perdue, il s’en iront comme il sont venus. Apparemment le MR n’est pas récompensé de son audace, au contraire, il perd du terrain en Wallonie.  On lira avec intérêt la brillante et indépassable synthèse de Béatrice Delvaux.  Une fois de plus, chapeau bas.

Elément à retenir : si De Wever, harcelé par le Belang qui reprend du poil de l’immonde bête, n’est pas réélu Anvers en 2018, s’il trébuche à Anvers, la N-VA chutera au scrutin fédéral.

Autre élément à pointer, la relative montée de la SPa auiguillonée par le brillant John Crombez.

MG



RÉENCHANTER LA POLITIQUE? TOUT RESTE À FAIRE


Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef (Le Soir) 

Fragilisée, la suédoise? C’est ce qu’on pourrait déduire de notre sondage... Gare cependant aux conclusions trop rapides. L’édito de Béatrice Delvaux.



                                                                                       Bart De Wever (N-VA) et Charles Michel (MR) © Photo News

Fragilisée, la suédoise ? C’est ce qu’on pourrait déduire de notre sondage, puisqu’elle perdrait sa majorité en sièges, à la Chambre. Gare cependant aux conclusions trop rapides. Primo, il s’agit d’un sondage, soumis aux limites du genre. Secundo, cette perte de majorité est à considérer en parallèle de la hausse de la cote du gouvernement fédéral. Plus que l’action de l’exécutif saluée par les sondés, c’est en fait la faiblesse de certains partis composant cette majorité qui la plombe. C’est le cas du CD&V, qui ne parviendrait visiblement pas à convaincre les électeurs de sa plus-value dans cet attelage particulier, et de l’Open-VLD, qui peinerait à exister dans un électorat particulièrement ciblé et choyé par la N-VA.

Si le duo N-VA-MR doit avoir des raisons de s’inquiéter un brin à la lecture de nos chiffres, c’est pour deux autres raisons.

 Primo, le score du Belang, l’extrême droite flamande, qui repart à la hausse et pourrait susciter de la nervosité auprès de la N-VA. Dans les rangs du parti nationaliste flamand, on le reconnaît d’ailleurs : il faut à tout prix éviter que le Belang reprenne du poil de la bête et puisse in fine mettre en danger le score ou la majorité de Bart De Wever aux élections communales à Anvers. Car, en Flandre, ils en sont convaincus – et certains poussent à des stratégies en ce sens : si De Wever trébuche à Anvers, la N-VA chutera au scrutin fédéral. Les nationalistes ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir déjà les yeux – et les déclarations – braqués sur les élections communales de 2018, considérées comme hautement stratégiques par tous. Il ne faut désormais plus oublier que les partis en lice sont, non pas à trois ans et demi, mais à deux ans et demi d’une élection. Cela va peser de plus en plus lourd, de plus en plus vite.

 Secundo, si le MR, seul parti francophone de la majorité fédérale, peut se réjouir dans ce sondage de sa position renforcée à Bruxelles, son chef de file, Charles Michel, a lui toujours visiblement quelques soucis à se faire quant à sa popularité. Elle est au zénith en Flandre, mais c’est pour la beauté du geste, car ces fans-là ne vont pas voter pour lui au moment clé. Par contre, la Wallonie continue à bouder son Premier ministre, l’empêchant sans doute de tirer le score de son parti dans le sud du pays.

Mais la véritable conclusion de ces chiffres, qui ont en fait peu évolué depuis la dernière publication – à l’exception du score en vrille du CDH –, réside dans le sentiment très atone de nos sondés envers les partis politiques, quels qu’ils soient. L’engouement ne s’est toujours pas produit : il y a encore beaucoup à faire pour réenchanter la politique. Mais reconnaissons que les événements graves et complexes de ces derniers mois ont plombé les esprits et les espoirs.

 

 

 

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