mercredi 13 janvier 2016

L'islamologue Montasser Alde'emeh arrêté à Molenbeek

La Libre

Il est accusé de faux

Montasser Alde'emeh a été arrêté tôt ce matin à son domicile de Molenbeek-Saint-Jean, apprend De Standaard aujourd'hui. L'islamologue est soupçonné par la polic fédérale d'avoir réalisé une "fausse attestation de témoin relative à un parcours de deradicalisation de Jawad O. au sein du centre 'De weg naar' lors d'une audience de la chambre du conseil d Anvers, le 27 novembre 2015. "Ce certificat démontre que le jeune homme suivait un cours de déradicalisation, mais la justice n'y croit pas. Deux autres personnes, les frères Jawad et Khalifa O., sont également entendus. 

Jawad O. est inculpé de participation à une organisation terroriste. Il est écroué à la prison dAnvers. Le 24 novembre dernier, la police fédérale apprenait qu'il devait partir pour la Syrie. Il ferait également partie de The Way of life, l'organisation en place à Anvers à partir de Sharia4Belgium. Une enquête a été ouverte pour faux à l'encontre de Montasser Alde'emeh.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CHEVAL DE TROIE OU AUTORITÉ ACADÉMIQUE ?


L’homme avait surgi de nulle part ou presque. Expert du djihad autoproclamé, se présentant comme un spécialiste de la "déradicalisation". il tenait son expertise moins des ouvrages académiques que d’une connaissance de terrain qui lui avait fait nouer de nombreux contacts parmi  les combattants mercenaires de Syrie. Lundi matin, Montasser AlDe'emeh (26) a été tiré de son lit par la police pour être interrogé toute la journée par  le juge d’instruction de Machelen  dans le cadre d’une enquête sur le terrorisme. 

"Khalid O. et Montasser A. sont suspectés d’avoir établi et fait déposer une fausse attestation de témoin relative à un parcours de déradicalisation de Jawad O. auprès du Centre "De Weg Naar" de Molenbeek-Saint-Jean, lors d’une audience de la chambre du conseil d’Anvers du 27 novembre 2015, et ce aux fins de tenter d’obtenir sa remise en liberté", précise encore le parquet.

Jawad avait été arrêté dans le cadre d’un projet de départ en Syrie. Il est soupçonné d'appartenir à la filière " Way of life ", l’organisation qui a succédé à "Sharia4Belgium".

Montasser AlDe'emeh est chercheur à la KuLeuven et à l'Université d'Anvers. Il étudie la radicalisation islamique et le jihad international. Dans ce cadre, il suit un petit groupe de djihadistes belges partis combattre en Syrie. Dans ces billets, Montasser ne fait que rapporter les déclarations de certains djihadistes ainsi que les opinions de Syriens sur place. Il n'est donc pas ici question de soutenir un quelconque mouvement radical, mais bien d'obtenir des éléments d'information afin de comprendre les motivations de ces jeunes Belges. (Le Vif)

Un exemple de sa manière de travailler :

Je lui demande si le djihad lui plaît. "Nous ne sommes plus opprimés" répond-il. Je leur demande s'ils étaient opprimés en Belgique. "Es-tu sérieux ? L'interdiction du voile, l'interdiction de porter un niqab en rue, la discrimination sur le marché de l'emploi, le racisme dans la police anversoise. Et notre foi y est insultée en permanence. Même un chien s'enfuirait d'Anvers"

Pour rappel, Montasser Alde'Emeh est aussi cette personne aperçue le 2 décembre à Bruxelles occupé à filmer des policiers et des militaires. Un incident avait suivi lorsque les policiers avaient procédé au contrôle de son véhicule et pris note du code Imei de son téléphone. L’incident a été largement commenté dans les medias flamands. Affaire à suivre de près.

MG

 

OOK ADVOCAAT IN VERDENKING GESTELD IN ZAAK VALS GETUIGSCHRIFT

De Standaard

 


Montasser Alde’emeh zou een vals getuigschrift uitgeschreven hebbenFoto: Bart Dewaele

Na Montasser AlDe’emeh en de broers Jawad en Khalid O. is nu ook de advocaat van Jawad O., meester Nabil R., in verdenking gesteld voorvalsheid in geschrifte en gebruik van valse stukken. De onderzoeksrechterheeft ook een huiszoeking laten uitvoeren in het kantoor van de advocaat, in bijzijn van de stafhouderDat meldt het federaal parket. Eén en anderdraait rond een attest over een deradicaliseringstraject dat voor Jawad O. zou zijn opgemaakt, maar vals zou zijn.

Jawad O. (26), lid van de radicale moslimorganisatie Way of Life, zit sinds 24 november 2015 in de cel in het kader van een federaal gerechtelijk onderzoek in Antwerpen. De man is in dat onderzoek in verdenking gesteld voor deelnameaan de activiteiten van een terroristische groep omdat hij van plan zou geweestzijn naar Syrië te vertrekken.

Jawad O. verscheen op 27 november voor de Antwerpse raadkamer en zijnadvocaat zwaaide daar met een getuigschrift van een deradicaliseringstraject bijhet Centrum De Weg Naar van Montasser Alde’emehdat in Sint-Jans-Molenbeek gevestigd is. Speurders vermoeden dat het om een vals getuigschriftgaatwaarop bij een onderzoeksrechter in Mechelen een nieuw onderzoek werdgeopend.

In het kader van dat onderzoek viel de politie maandag binnen bij MontasserAlde’emeh thuis en in het centrum De Weg Naar in Sint-Jans-Molenbeek, in de gevangenis van Antwerpen waar Jawad O. opgesloten zit, en bij diens broerKhalid O., een gematigde imam in MechelenDe drie mannen werdenmaandagnamiddag verhoord door de onderzoeksrechter, die hen vervolgens in verdenking stelde maar vrijliet.

De onderzoeksrechter verhoorde maandag ook nog meester Nabil R., zo meldthet federaal parket nu, en stelde ook hem in verdenking.




LES DJIHADISTES BELGES EN SYRIE: "MÊME UN CHIEN S'ENFUIRAIT D'ANVERS"


Montasser AlDe'emehMontasser AlDe'emeh est chercheur à la KuLeuvenet à l'Université d'Anvers. Il étudie la radicalisation islamique, le jihad international et les combattants belges en Syrie.

 

Source: Le Vif

Spécialiste du djihad, le reporter Montasser AlDe'emeh s'est rendu sur le front syrien en compagnie de djihadistes belges et néerlandais afin de tenter de démêler leurs motivations. "La discrimination sur le marché de l'emploi, le racisme dans la police anversoise. Même un chien s'enfuirait d'Anvers" déclare un de ces djihadistes.



© Twitter.com/aldeemeh

Après le lever du jour, je pars pour une base militaire du Front al-Nosra en compagnie d'un djihadiste. Les avions de combat visent tout ce qui bouge. Nous quittons les quartiers d'ouest de la ville d'Alep le plus vite possible. 

Entre-temps, le djihadiste belge assis dans la voiture me raconte l'histoire de son neveu. "Mon neveu était à l'école primaire à Anvers. C'était Pâques et l'enseignante avait divisé les élèves en deux groupes. Un groupe de musulmans et un groupe de non-musulmans. Les non-musulmans ont reçu des oeufs de Pâques, et les musulmans rien". 

J'ouvre les fenêtres de la voiture. Le sifflement des chasseurs à réaction n'impressionne pas le conducteur. Il poursuit : "Le marché de l'emploi est également touché par la discrimination. Un jour, je suis parti chercher un job de vacances avec des amis via un bureau d'intérim. Mes amis autochtones ont eu un job contrairement à nous, les musulmans. En revanche, je trouve bien qu'il y ait du racisme à l'entrée des discothèques. Certains videurs refusent de laisser entrer les musulmans. Une bonne chose ! Les musulmans n'ont rien à faire là!" 

UN AK 47 SUR LES GENOUX 

Nous continuons vers la base militaire, les fenêtres ouvertes et sous le sifflement des chasseurs. Un AK 47 sur ses genoux, un jeune homme blond lit le Coran devant la porte de la base. 

Je lui demande d'où il vient. "Je viens de Finlande" répond-il. Je lui demande si la Finlande ne lui manque pas. "Non, seuls le café, le lait, et le paysage me manquent" me répond-il. "Et tes parents ?". "Non, mes parents sont des incroyants" explique le Finlandais. J'insiste: "Ils ne te demandent pas de revenir"? "Non, ils ont renoncé" me répond-il sèchement. Plus tard, j'apprends que l'homme s'est converti à l'islam en Finlande. Il est entré en contact avec un djihadiste qui l'a incité sur internet à venir combattre. À l'heure actuelle, ils se battent ensemble à Alep. 

Un djihadiste belge devenu commandant local entre dans la base. Je m'assieds et trois enfants viennent m'entourer. Le djihadiste claque bruyamment la porte derrière lui. Un des enfants prend peur. Pensait-il qu'une bombe avait explosé ? 

Je demande à l'un des enfants s'il aime les djihadistes étrangers. "Oui, ils combattent pour Dieu. Ils sont nos frères et Assad est notre ennemi. Je les préfère aux alaouites. Les alaouites sont des incroyants. Ils déifient Ali, le gendre du prophète, et bafouent les autres compagnons". 

"NOUS AIMONS OUSSAMA BEN LADEN" 

"Je suis blessé à la jambe" dit Ayman, un des enfants. "Assad et son armée avaient largué un conteneur plein de TNT sur un quartier résidentiel. J'ai très mal. Même après un an. La barre en fer sera retirée après la fête du Sacrifice" dit-il. Je lui demande quel est son message à la communauté internationale. "Que Dieu maudisse l'Occident. Pourquoi sont-ils du côté d'Assad ? Pourquoi lui permettent-ils de continuer à nous bombarder?" Je lui demande ce que l'Occident devrait faire. "Nous livrer la tête d'Assad. Je le hais. Il a tué les gens que j'aime". Je demande au garçon visiblement frustré quel est son rêve. "La libération de la Syrie et le martyre" dit-il, plein de conviction. Je demande s'ils n'ont pas d'autres rêves. "Si Allah est content de nous, tout ira bien" répond-il résolument. Je leur demande s'ils vont à l'école. "Oui, nous suivons un cours auprès d'un combattant du Front al-Nosra. Nous avons appris une partie du Coran par coeur. Nous aimons Oussama Ben Laden. Lui au moins nous défendait". 

À L'ÉCOLE AVEC LE FRONT AL-NOSRA 

Lors de mon enquête, j'ai constaté que le Front al-Nosra fonde des écoles dans les zones conquises. On leur apprend que l'honneur d' Oumma (la communauté islamique mondiale) est réparé par le djihad armé. Les garçons comme Aymansont formés pour l'avenir. Le rêve ultime des djihadistes au Front al-Nosra est de libérer la mosquée al-Aqsa à Jérusalem. "La souffrance des Palestiniens ne pourra cesser qu'avec le djihad armé" estime un djihadiste néerlandais. 

Un djihadiste anversois se joint à la conversation. Je lui pose quelques questions. Je lui demande si le djihad lui plaît. "Nous ne sommes plus opprimés" répond-il. Je leur demande s'ils étaient opprimés en Belgique. "Es-tu sérieux ? L'interdiction du voile, l'interdiction de porter un niqab en rue, la discrimination sur le marché de l'emploi, le racisme dans la police anversoise. Et notre foi y est insultée en permanence. Même un chien s'enfuirait d'Anvers" répond l'Anversois. Je lui demande comment ses parents ont réagi à son départ. "Ma mère me comprend, mais mon père pas. Il me dit tout le temps que je dois rentrer et que le djihad armé n'est pas obligatoire". Je lui demande si s'était lié à Sharia4Belgium. "Non, je n'ai jamais eu aucun rapport avec eux. J'étais toujours dans la mosquée De Koepel" dit-il en riant.

 

 

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