jeudi 7 janvier 2016

Bart De Wever: "Il faut briser les tabous"

La N-VA rêve d’indépendance? Que ceux qui sont surpris se mordent les doigts


Béatrice Delvaux éditorialiste en chef Le Soir


Nouvelle sortie pour la N-VA qui voit la fin de la Belgique en 2025. Surprenant ? Certainement pas. Le but du parti n’a pas changé ces dernières années, en un mot : l’indépendance. L’édito de Béatrice Delvaux.

La Flandre indépendante ? Trop tôt en 2020, mais une réalité en 2025, nous prédit Liesbeth Homans. Ceux qui font les vierges effarouchées ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Qui croyait que la N-VA avait renoncé à ses désirs communautaires et à ses rêves d’indépendance ? Dans toutes les langues et interviews, les éminences, même fédérales, nationalistes rappellent que le premier article de leurs statuts n’a pas changé et que le but de leur parti reste l’indépendance. Le communautaire n’est qu’entre parenthèses au fédéral, le temps d’une législature – si on croit les promesses.

La N-VA veut mettre à profit ces années qui séparent de l’élection de 2019 pour soigner ses différents profils et électorats, tantôt l’un, tantôt l’autre. Hasard de calendrier, la journée d’hier jouait sur les différents fronts sur lesquels le parti de Bart De Wever veut conquérir (le centre et centre droit) ou consolider (les ultra-nationalistes). Avec d’un côté Liesbeth Homans qui donne la date de fin de la Belgique, et de l’autre, Bart De Wever qui introduit Nicolas Sarkozy devant le patronat flamand d’Anvers.

DE WEVER JOUE DANS LA COUR DES GRANDS

En se mettant dans le sillage des Cameron et Sarkozy, De Wever raccroche sa vision politique au club des dirigeants de grands pays (et pas seulement d’une région) qui « osent briser les tabous » : défendre une identité circonscrite («  l’identité chrétienne qu’on a lâchement refusé d’inscrire dans la constitution européenne, c’est ce que vous appelez les Lumières  », précisait hier Sarkozy à De Wever) et vouloir une autre Europe, qui revendique de ne pas ouvrir grands les bras aux réfugiés et proclame la mort de Schengen.

Ce trio Sarkozy/Cameron/De Wever convoqué hier par le président nationaliste assoit son appartenance à un autre axe européen, face à deux épouvantails devenus communs : Merkel – dont il était de bon goût à Anvers de se gausser – et la gauche – le « c’est elle qui donne, mais c’est nous qui payons » de Sarkozy a fait éclater de rire le Stadsschouwburg. Un club de dirigeants qui se veulent rationnels et n’ont pas peur de flirter avec le populisme ambiant, promoteurs d’un projet européen qui n’est pas celui défendu par la Belgique.

La N-VA joue de cette tactique à plusieurs bandes. Ceux qui s’indignent de la sortie de Homans n’ont guère de prise pour réclamer à Charles Michel de récuser ce partenaire qui veut exécuter son pays : c’est depuis le régional qu’on attise le feu communautaire, tandis que les nationalistes fédéraux, eux, ont endossé le costume des gestionnaires loyaux. Seul Bart De Wever en fait surfe sur toutes les catégories, permettant aux électeurs existants ou potentiels d’être convaincus que toutes ces idées (nationalistes, sécuritaires, socio-économiques) peuvent coexister. Ne pas effrayer les uns tout en rassurant les autres : c’est la voix choisie pour ratisser large et devenir ce parti dominant qui pourra in fine imposer l’objectif qui reste bien le premier. Comme le rappelait Bruno De Wever, historien du nationalisme, dans La Libre  : « Entre l’efficacité et la Flandre, mon frère choisit la Flandre. »


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INDEPENDANCE CHACHA ?


Béatrice Delvaux est régulièrement critiquée et raillée par les forumeurs et les lecteurs du Soir ? Nonsense. Béatrice a regardé dans le jeu de Bart ; elle a vu qu’il a toutes les cartes en main et elle sait qu’il maîtrise les règles du poker menteur. Lire et relire cet édito c’est comme regarder dans le marc de café ou la boule de cristal, l’avenir y est inscrit en grosses lettres gothiques : la Flandre sera indépendante et la prochaine législature électorale nous dira selon quelle recette le coq wallon sera cuit et désossé et à quelle sauce les francophones seront mangés. Et Marc Goblet de faire exactement ce qu’il faut pour accélérer le processus et accomplir la prophétie. La gauche ? « c’est elle qui donne, mais c’est nous qui payons » Sarko devant le gratin des businessmen flamands réunis dans le très élégant théâtre municipal d’AnversUne mise en scène géniale signée Bart le bourgmestre et surtout De Wever le président de la N-VA. On aimerait connaître le cachet qu’a réclamé le Nicolas l’Agité.

Bart De Wever surfe sur toutes les catégories, permettant aux électeurs existants ou potentiels d’être convaincus que toutes ces idées (nationalistes, sécuritaires, socio-économiques) peuvent coexister. Ne pas effrayer les uns tout en rassurant les autres : c’est la voie choisie pour ratisser large et devenir ce parti dominant qui pourra in fine imposer l’objectif qui reste bien le premier.

Voilà, les aiguillages sont mis en place et le train N-VA fonce vers l’indépendance tandis que Elio di Rupo se tait dans toutes les langues et surtout celle qu’il ne maîtrise pas ; que Paul Magnette disparaît des radars ; que Rudi Vervoort se cherche une image et que Joëlle embrouille l’école francophone, notre seul atout pour ne pas complètement rater notre avenir. Et Charles Michel dans tout cela ? C’est une excellente question, merci de l’avoir posée !

MG

 


Bart De Wever: "Il faut briser les tabous"

Le Vif

 

Le bourgmestre d'Anvers et président de la N-VA Bart De Wever a plaidé mercredi, à l'occasion de la visite du président des Républicains Nicolas Sarkozy, en faveur d'une nouvelle approche de la politique migratoire en Europe. Il a également présenté l'extrémisme musulman comme la plus grande menace pour l'Europe depuis la fin de l'Union soviétique et averti des conséquences d'une politique trop naïve en faveur des réfugiés.


Bart De Wever et Nicolas Sarkozy © BELGAIMAGE

Bart De Wever s'est adressé à quelques centaines d'entrepreneurs venus l'écouter à l'occasion des vœux du Voka.

Evoquant les attentats récents dans le monde, et notamment en France, il a averti du danger que représentait l'extrémisme musulman, y compris celui qui a grandi en occident, un "des plus grands défis après le nazisme et le stalinisme". Bart De Wever a également abordé le dossier des réfugiés, dissociant les réfugiés politiques, les réfugiés de guerre et les migrants économiques. Admettant que les réfugiés devaient pouvoir, dans un certain nombre de cas, être accueillis, temporairement, ailleurs que dans leur région d'origine, il a appelé à préférer cependant "un accueil digne de ce nom et sécurisé dans leurs propres régions".

"La crise ne doit pas être gérée mais stoppée", a-t-il averti appelant à un changement de cap européen qui passe par le renoncement à un certain nombre de tabous. Il a cité David Cameron et Nicolas Sarkozy au nombre de ses alliés qui œuvrent à la réalisation d'une autre politique migratoire et une autre politique de sécurité. "Appeler à une autre Europe, tel est le débat que nous devons à présente lancer", a-t-il conclu en préambule de l'intervention de l'ex-président français.

"SCHENGEN EST MORT"

Nicolas Sarkozy a développé sa vision de l'avenir de l'Europe. Pour l'ancien président, le référendum au Royaume-Uni "permet de poser la question des compétences de l'Europe... Il faut rendre une partie des compétences communautaires aux États", a-t-il estimé en affirmant encore: "Schengen est mort. Il fallait d'abord une politique d'immigration commune".

Le président des Républicains s'est déclaré en faveur d'une nouvelle approche de la politique migratoire en Europe. Il a également présenté l'extrémisme musulman comme la plus grande menace pour l'Europe depuis la fin de l'Union soviétique et averti des conséquences d'une politique trop naïve en faveur des réfugiés.

Belga/CB


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BART ET NICOLAS EN TENUE DE CAMPAGNE ELECTORALE

On aimerait que quelqu’un nous dise combien l’ancien Président de la République a touché pour sa prestation. Jamais  il ne s’en est caché, il adore faire des ménages lesquels, on le sait sont grassement payés. Surtout on voudrait savoir qui a payé l’histrion. La Voka ? Sa chère Angelina en prend pour son grade : ses jours à la chancellerie sont comptés. Mais qui pour lui succéder ? L’Allemagne va connaître des années très difficiles et l’Europe aussi.

MG

Angela Merkel sous pression après les agressions de Cologne

Le Vif

Angela Merkel affronte des critiques redoublées contre sa politique d'ouverture aux réfugiés, que ses détracteurs cherchent désormais à lier à l'agression d'une centaine de femmes lors du Nouvel An à Cologne, qui a scandalisé l'Allemagne.



© Reuters

L'affaire, à la Une mercredi de tous les grands médias, complique la tâche de la chancelière allemande en ce début d'année car elle fait spectaculairement ressurgir les craintes diffuses que suscite dans une partie de l'opinion l'afflux sans précédent de migrants venus de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan et les doutes sur la capacité à les intégrer dans le pays. Plus d'une centaine de plaintes ont été enregistrées après les agressions contre des femmes commises le soir de la Saint-Sylvestre, a indiqué mercredi la police locale à l'AFP. Sur la défensive, Angela Merkel va devoir à ce propos affronter en fin d'après-midi en Bavière les foudres de la branche locale de sa famille politique, la CSU, qui l'a invitée de longue date à sa réunion de rentrée pour lui redire à quel point elle juge le cap actuel du gouvernement sur le dossier des réfugiés, dangereux pour le pays. "Si des demandeurs d'asile ou des réfugiés se livrent à de telles agressions" comme à Cologne, "cela doit conduire à la fin immédiate de leur séjour en Allemagne", a lancé en forme d'avant-goût le secrétaire général de la CSU, Andreas Scheuer.

LES DÉTRACTEURS SE MOBILISENT

Les autorités ont beau marteler ne disposer à ce stade d'aucun élément montrant que des réfugiés étaient impliqués, les détracteurs de la chancelière se sont engouffrés dans la brèche. Ils arguent de témoignages des victimes parlant d'auteurs d'apparence "nord-africaine" ou arabe".

Après ces incidents, "est-ce que l'Allemagne est suffisamment ouverte sur le monde et multicolore pour vous, Madame Merkel ?", a lancé Frauke Petry, la responsable du parti populiste Alternative pour l'Allemagne, qui progresse depuis des mois dans les sondages et devrait faire son entrée dans trois parlements régionaux supplémentaires lors d'élections en mars. Les thèses complotistes fleurissent sur internet et dans les mouvements populistes, accusant les grands médias d'avoir à dessein passé pendant plusieurs jours sous silence les événements de Cologne pour ne pas alimenter le discours anti-migrants. Elles sont en partie alimentées par la chaîne publique ZDF, qui a fait son mea culpa pour ne pas avoir mentionné les événements de Cologne avant mardi, parlant d'une "négligence". Comme ils le font depuis déjà des mois quand il s'agit des réfugiés, plusieurs portails d'information ont préféré fermer les commentaires sur ces sujets, qui servent de défouloir xénophobe. La police locale elle-même n'a commencé à donner des éléments sur la nuit du Nouvel An que lundi, trois jours après, et n'en a révélé toute l'ampleur que mardi.

Elle argue que les plaintes des victimes ne sont arrivées que peu à peu, faisant état d'attaques de femmes par des hommes agissant en bandes et commettant attouchements sexuels et vols. Ce qui a fait bondir le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière, furieux de l'inaction des forces de l'ordre le soir du Réveillon.

MERKEL CONTRE UNE LIMITE AUX RÉFUGIÉS

Ce dernier a appelé à ne pas avoir de "tabou" si les auteurs sont d'origine étrangère mais appelé, à l'unisson du gouvernement, à ne pas stigmatiser les réfugiés.

Des actes similaires, mais de bien moindre ampleur, ont aussi été signalés à Hambourg (nord) et Stuttgart (sud-ouest) lors du Réveillon. Dans ce contexte, la pression pesant sur Merkel pour fixer une limite aux nombre de demandeurs d'asile autorisés à entrer dans le pays est appelée à encore croître, d'autant que les réfugiés continuent malgré le froid à arriver au rythme de plusieurs milliers par jour (127.320 en décembre, 1,1 million sur 2015).

La CSU la réclame à cor et à cri mais la chancelière ne veut toujours pas en entendre parler, même si elle s'est engagée à réduire le nombre de migrants de manière significative dans le cadre d'une solution européenne, qui tarde néanmoins à se dessiner.

 

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