samedi 16 janvier 2016

La première cible institutionnelle de la N-VA sera la monarchie

ANTOINE CLEVERS ET FRÉDÉRIC CHARDON      La Libre


Bart De Wever ne les a pas choisis par hasard pour préparer la mise en œuvre, hypothétique, du confédéralisme. Hendrik Vuye, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Namur, et Veerle Wouters, ingénieur de gestion, figurent parmi les députés N-VA les plus durs sur le plan communautaire. Ils vont frapper un premier grand coup, en avril prochain, en sortant un livre sur la monarchie belge qui va faire du bruit… En attendant, ils expliquent leur vision de la future Belgique.

LA N-VA EST CRITIQUÉE PAR LES MILIEUX FLAMINGANTS POUR SON MANQUE DE PRÉSENCE SUR LE TERRAIN COMMUNAUTAIRE. C’EST EN RÉPONSE À CELA QUE LE PARTI ENTAME UNE RÉFLEXION COMMUNAUTAIRE ?

Hendrik Vuye : Nous sommes conscients de ces critiques venant du mouvement flamand et même de l’intérieur du parti. Il fallait envoyer un signal. Mais la première fois que Bart De Wever m’a parlé de l’idée de lancer une réflexion institutionnelle, c’était en mai dernier.

CONCRÈTEMENT, QUELLE EST VOTRE MISSION ?

Veerle Wouters : La N-VA a eu son congrès sur le confédéralisme en 2014. La base existe. Notre première tâche sera de transformer cela en textes de loi et d’approfondir encore la réflexion. Ensuite, nous devrons réfléchir et parler avec d’autres personnes, d’autres partis, d’autres groupes pour trouver des soutiens dans la population pour aller vers le confédéralisme. Il faudra faire vivre le débat en Flandre.

(...)



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AGIR EN DEHORS DE LA CONSTITUTION


La Flandre a la légitimité démocratique pour passer à l'action en passant outre à la constitution belge (H. Vuye)

S’attaquer à la monarchie, c’est s’attaquer au ciment qui soude les Belges de même que la sécu, la Sncb, Bruxelles ou l’armée. Ce couple intellectuel est redoutable et parfaitement soudé. Leurs éditos signés de conserve dans Knack et le Vif témoignent de leur formidable efficacité. Wallon flamingant autoproclamé, et fier de l'être, Hendrik Vuye a marié l'eau et le feu sans s'être grillé jusqu'ici. Une performance, alors que le cumul des genres est régulièrement pris sous le feu des médias francophones.

On le voit Vuye n’est pas le premier lansquenet venu de la NVA qui compte dans son personnel plus de poids lourds qu’on imaginerait et qui au gouvernement tiennent largement la comparaison avec les chevaux légers Meirghem et autres Gallant. Du suspense en perspective ? Mais non, tout ceci était parfaitement prévisible.

Attention, la N-VA est en train de devenir un vrai parti traditionnel.

MG




LA N-VA EST TROP SAGE AU PARLEMENT

Trui Engels

13/04/15 

Le Vif Source: Knack

Selon une information relayée par le quotidien De Standaard, le chef de groupe N-VA à la Chambre Hendrik Vuye estime que son parti se montre trop sage au parlement. Aussi promet-il de solides interventions de ses troupes à propos de la réforme des pensions et du tax shift.



Hendrik Vuye © BELGA

En outre, Vuye ne trouve pas du tout que la N-VA soit devenue trop "belge", comme le prétend le politologue Bart Maddens. "Le communautaire reviendra après 2019. La N-VA reste un parti flamand nationaliste. Personne au QG du parti ne se promène en T-shirt tricolore" se défend le chef de groupe de la N-VA.

Malgré le fait que le communautaire ait été "placé un moment dans le réfrigérateur", la N-VA ne regrette toujours pas sa participation au gouvernement. "Maintenant la N-VA peut prétendre aux instruments socio-économiques. Et je préfère les voir dans les mains de mon parti, que dans celles du PS" déclare Vuye au journal De Standaard. Il dément que l'aversion envers les socialistes francophones soit le seul lien entre les membres du gouvernement Michel. "Un gouvernement qui tourne uniquement sur l'aversion ne survit pas cinq ans".




HENDRIK VUYE, UN "DREYFUS" À LA FLAMANDE?

Pierre HavauxJournaliste

01/02/13 

Source: Le Vif

Constitutionnaliste aux facultés de Namur le jour, flamingant engagé le soir. La double vie d'Hendrik Vuye dérape. Son dernier appel à piétiner la Constitution au nom de la Flandre indigne ses confrères francophones. Cette fois, son employeur s'interroge sur son avenir à Namur.


(…) Point besoin de forcer le professeur Vuye. Quand il ouvre la bouche, c'est généralement pour en rajouter une couche. Et enfoncer un clou de plus dans le cercueil du modèle belge de pacification.

(…)Le périodique flamingant Doorbraak, sur son site web, invite à consommer sans modération l'élixir du docteur Vuye pour en finir avec le "mal belge." Effets secondaires garantis en 2014. Le diagnostic établit la mort clinique de la Belgique. L'actuelle réforme de l'Etat, énième opération de verrouillage du système belge, n'est qu'un "beau mensonge" de plus. Une manoeuvre"unilatérale, déséquilibrée et malhonnête", qui n'a d'autre effet que de maintenir les Flamands sous la coupe des francophones. La preuve par Vuye : le BHV scindé. Il ne réserve aux Flamands rien de mieux que le sort subi par les mineurs du Borinage, dans les années 1910... "Les francophones exigent aujourd'hui des droits en Flandre qu'ils ont eux-mêmes historiquement refusés."

Voilà la Flandre bien avancée. Elle n'a que trop misé sur cette loyauté fédérale qui n'a jamais mené nulle part. Hendrik Vuye en a fait son deuil : "Le fameux modèle belge de pacification est en fin de compte un modèle de conflit. Pas de pacification, pas de consensus."

Un Flamand averti en vaut deux. 

(…) Hendrik Vuye indique la voie à suivre : agir en dehors de la Constitution. (…) Le constitutionnaliste connaît son histoire. Il a collationné toutes les étapes où le pays a manqué de respect à la Constitution : la séparation d'avec les Pays-Bas en 1830 ; l'admission de troupes étrangères alliées sur le territoire national, en 1914-1918 ; l'introduction du suffrage universel en 1919 ; l'adhésion à la Communauté européenne et à l'OTAN dans les années 1950 ; la mise en oeuvredes communautés et régions dans les années 1970. Pas plus tard que sous Di Rupo Ier, l'article 195 de la Constitution a été mis sur la touche pour ne pas contrarier les avancées institutionnelles.

CQFD : la Flandre serait bien sotte de se gêner, lors de la grosse explication institutionnelle prévue en 2014. Hendrik Vuye lui délivre son sauf-conduit : la Flandre a la légitimité démocratique pour passer à l'action en passant outre à la Constitution belge. Son Parlement, élu directement, lui offre cette légitimité sur un plateau d'argent. "Il n'est pas hiérarchiquement inférieur au Parlement fédéral. Il a donc la même légitimité démocratique pour déverrouiller le système belge." Un vrai plan V, comme Vlaanderen.

Sur ces bons conseils, après avoir exhorté la Flandre à franchir le Rubicon en 2014, le professeur Vuye peut retourner à ses chères études de droit constitutionnel à Namur, capitale de la Wallonie.

Wallon flamingant autoproclamé, et fier de l'être, Hendrik Vuye a marié l'eau et le feu sans s'être grillé jusqu'ici. Une performance, alors que le cumul des genres est régulièrement pris sous le feu des médias francophones . Le professeur de droit constitutionnel y a gagné ses galons de "consultant" de la N-VA, d'homme qui a l'oreille de Bart De Wever. Avenir du pays ou de sa monarchie : entre "la doctrine Vuye" et les thèses de la N-VA, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette.

Sauf que le recteur de l'Université de Namur ne passe plus l'éponge: Yves Poullet invite désormais son remuant professeur à s'interroger sur son avenir au sein d'une institution universitaire francophone. "Il est clair que ses interventions multiples dans les médias, si elles sont l'expression de la liberté académique, nuisent à la fois à notre université, son employeur - et cette remarque lui a déjà été adressée - mais également aux intérêts de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, indirectement, le paie." Le recteur de l'Université a pris le temps de peser ses mots avant de réagir à la demande du Vif L'Express. Les termes sont choisis, d'une prudence extrême.

On ne s'en prend pas sans mettre des gants à "un chercheur de renom." Qui plus est, insiste le recteur, à un professeur dont "l'enseignement est apprécié par ses étudiants et, à notre connaissance, neutre dans son contenu. En d'autres termes, le cours n'est pas une tribune pour ses idées politiques."

L'affaire n'en est que plus embarrassante. Sans bavures, le parcours académique d'Hendrik Vuye ne justifie aucune mesure. A moins d'aller au-devant d'un gros litige contractuel. Reste le cheminement flamingant. Terrain hautement miné : il relève de la liberté d'expression, du droit sacré à l'opinion. Tout devient affaire de conscience. "De cohérence", souligne lourdement le recteur des facultés namuroises à propos d'Hendrik Vuye. : "Il est légitime de s'interroger sur la cohérence de son choix de rester dans une université francophone, tout en professant des opinions politiques aussi marquées."

L'appel du pied est lancé. L'Université de Namur ne retiendra pas son agent de plus en plus provocateur, s'il lui prenait l'envie de prendre spontanément la porte de sortie. Impossible d'aller plus loin, sous peine d'aggraver l'affaire.

Quoiqu'il arrive à Hendrik Vuye, le mouvement flamingant, Bart De Wever en tête, aura son martyr. Sa victime de l'intolérance francophone. Son "Dreyfus" à la flamande.

 

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