vendredi 15 janvier 2016

'Ceux qui veulent culturaliser l'intimidation sexuelle et le viol défendent un autre agenda'


Zohra Othman

Echevine du District de Borgerhout. Avocate Progress Lawyers Network.

 

C'était une belle perspective: un petit week-end à Londres, échapper un moment à la pression. Toutefois, pendant que je préparais mon bagage, j'ai commencé à changer d'état d'esprit, lentement mais sûrement. Non, pas à cause de la grève dans les chemins de fer - ça, j'y étais préparée. Mais à cause des agressions et viols de nombreuses femmes commis par un groupe de jeunes, apparemment d'origine nord-africaine, à Cologne durant la nuit du Nouvel-An.


Image d'illustration. © REUTERS

La violence envers les femmes est barbare. Ma pensée est ainsi revenue à Londres. En effet, les nombreux commentaires et mesures annoncées - qui auraient déjà dû être prises plus tôt -, m'ont fait repenser à un congrès dans la capitale britannique auquel j'avais participé fin novembre.

En tant qu'avocate, j'ai été présente au Congrès international sur les droits des femmes, organisé par la Haldane Society à l'Université de la City de Londres. Des intervenantes de toutes les parties du monde ont témoigné de la situation des femmes dans leur pays. Une des oratrices qui m'a particulièrement frappée est la professeure sud-africaine Rashida Manjoo, rapporteuse spéciale des Nations unies chargée de la question de la violence contre les femmes. Elle a enquêté sur le sujet dans plusieurs pays, y compris en Europe. Son bilan était très dur: "Aucun pays ne peut constater qu'un progrès substantiel a été réalisé. De manière globale, la situation de la violence contre les femmes a réellement empiré. S'il s'était agi d'une épidémie, l'état d'urgence aurait été décrété." Son ambition est que ce mandat, qui existe déjà depuis 1993, débouche sur la reconnaissance de la violence contre les femmes en tant que violation des droits humains en soi. Cela obligerait les États à prendre des mesures pour protéger les femmes et à agir contre les autorités qui laissent ces violations sans suite. Et je me suis dit que, si je n'étais pas allée à ce congrès, je ne saurais rien de cette question.

Le témoignage de la réfugiée de guerre kurde Houzan Mahmoud avait également été marquant. Elle avait raconté la terrible histoire d'un petit village kurde qui, par un beau matin, a été attaqué sans raison apparente par des rebelles. Les femmes plus âgées ont été tuées, les autres ont été violées, et les jeunes filles ont été enlevées pour être vendues comme esclaves sexuelles. Ce fait n'a même pas été rapporté par la presse. Elle aussi s'est montrée très dure envers la communauté internationale: "Aucune condamnation, aucune sanction, aucune mesure annoncée à l'encontre de ces faits monstrueux. Pas un mot, rien que le silence..." Si je n'avais pas pu participer à ce congrès sur les droits des femmes, je n'en aurais jamais rien su.

Mais les suites de l'affaire de Cologne m'ont encore plus rappelé la procédure juridique menée par l'avocate britannique Nichola Marshall pour 23 jeunes femmes kenyanes et 14 jeunes femmes ougandaises. Entre 1999 et 2013, elles ont été abusées par un même pilote de British Airways. De par sa profession, ce pilote avait accès à la communauté locale, où il était très considéré et où il put abuser impunément de femmes comme esclaves sexuelles. C'est une ONG qui a découvert les faits, qui a rassemblé les femmes abusées et s'est adressée à un bureau d'avocats pour faire condamner l'homme et la compagnie aérienne britannique. British Airways a toutefois refusé de licencier le pilote en question et nie toute responsabilité pour ces faits. Aucune mesure générale n'a été annoncée. Des cours pour les pilotes (comment se comporter avec les femmes des communautés locales durant la période entre le vol aller et le vol retour), il n'a aucunement été question. Et, oui, si je n'avais pas été présente en tant qu'avocate à ce congrès, je n'aurais même jamais entendu parler de l'affaire.

La liste est sans fin. Cologne, l'Afrique du Sud, la Turquie, la Grande-Bretagne... Et chez nous aussi, où une femme sur trois a subi une intimidation sexuelle ou un viol. Tous ces faits sont graves et en tant que féministe, je combats toute intimidation et agression sexuelle. Les faits de Cologne sont tout aussi condamnables que ceux commis par un pilote britannique sur des femmes africaines. Je ne vois pas le moindre lien entre moi-même et ce pilote britannique, tout comme je m'associe tout aussi peu avec les auteurs des faits de Cologne, ou avec les djihadistes salafistes qui, au nom d'une religion, utilisent des femmes comme marchandise. Je suis horrifiée par un tel mépris de l'intégrité physique d'une autre personne. Mais, soudain, mon père, mes frères, mes cousins et collègues masculins de milieu musulman se réveillent un matin dans un pays où toute la communauté musulmane est montrée du doigt.

CEUX QUI VEULENT CULTURALISER L'INTIMIDATION SEXUELLE ET LE VIOL DÉFENDENT UN AUTRE AGENDA

Mon père est arrivé en Belgique dans les années 1970 pour travailler dans les chantiers navals. Un homme issu du monde musulman, un homme qui travaillait dur. Et c'est grâce à son dur labeur que j'ai pu étudier, tout comme mes soeurs. Il exigeait le respect pour chacun, et en premier lieu pour les femmes. Il voulait surtout que ses filles réussissent, afin qu'elles ne soient jamais dépendantes de quelqu'un. Quant à ma mère, elle aurait attaqué de ses propres mains tout homme, musulman ou non, qui aurait osé jeter ne fût-ce qu'un regard de travers sur l'une de ses filles, et mes frères devaient nous traiter comme des égales, et avec respect et égards. Pourquoi alors vouloir coûte que coûte culturaliser les faits ? En Belgique aussi, il existe un grand problème de sexisme, d'agression sexuelle et de viol. Et je ne parle pas seulement du scandale qui s'est déroulé pendant des années au sein de l'Église, je ne parle pas de harceleurs "peloteurs" comme Pol Van Den Driessche (ex-journaliste néerlandophone, NDLR), qui ont d'ailleurs été réintégrés, je parle de l'intimidation et de la violence que subissent quotidiennement de nombreuses femmes. "Je me demande pourquoi la centaine de viols par jour dans notre pays ne suscite pas autant d'indignation", écrivait cette semaine la féministe Amelie Mangelschots. Elle a entièrement raison.

Ceux qui veulent à tout pris culturaliser l'intimidation sexuelle et le viol défendent un autre agenda. Ils ne s'arrêtent guère sur l'atteinte à l'intégrité physique. Il cherchent n'importe quel prétexte pour diviser davantage la société. Et cela, c'est inacceptable. Au congrès des femmes à Londres en novembre ont été présentées des mesures qui s'inscrivent dans un contexte international bien plus global et où aucun groupe n'est stigmatisé. Les auteurs de violence contre les femmes doivent être punis, indépendamment de qui ils sont. La communauté internationale doit prendre ici ses responsabilités, en reprenant la violence contre les femmes comme une violation universelle des droits humains dans les traités internationaux et ainsi contraindre les autorités à fournir une protection effective aux femmes, où que ce soit dans le monde et envers qui que ce soit.

Entre-temps, je suis arrivée à Londres et j'ai quand même progressé dans ma réflexion. Non seulement le soleil brille ici, mais je me sens à nouveau proche de toutes ces femmes qui continuent à lutter pour une réelle égalité et la justice.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PROTÉGER LES FEMMES, TOUTES LES FEMMES


Les événements de Cologne ont ceci de bon qu’ils ont braqué un projecteur sur les intimidations sexuelles telles que les pratiquent certains hommes individuellement ou en groupe. Les auteurs de violence contre les femmes doivent être punis, indépendamment de qui ils sont y compris les djihadistes salafistes qui, au nom d'une religion, utilisent des femmes comme marchandise.

On ne le dira jamais assez, tout est question d’éthique personnelle et d’éducation.

La preuve :

Mon père est arrivé en Belgique dans les années 1970 pour travailler dans les chantiers navals. Un homme issu du monde musulman, un homme qui travaillait dur. Et c'est grâce à son dur labeur que j'ai pu étudier, tout comme mes soeurs. Il exigeait le respect pour chacun, et en premier lieu pour les femmes. Il voulait surtout que ses filles réussissent, afin qu'elles ne soient jamais dépendantes de quelqu'un. Quant à ma mère, elle aurait attaqué de ses propres mains tout homme, musulman ou non, qui aurait osé jeter ne fût-ce qu'un regard de travers sur l'une de ses filles, et mes frères devaient nous traiter comme des égales, et avec respect et égards.

L’ambition de Zohra Othman  est que  tout ceci débouche sur la reconnaissance de la violence contre les femmes en tant que violation des droits humains en soi

On lui souhaite plein succès  dans son combat.

MG


VIOLENCES SEXUELLES: "CERTAINS JEUNES D'ORIGINE MAGHRÉBINE PERÇOIVENT LES FEMMES COMME DU GIBIER EN LIBERTÉ"

CONTRIBUTION EXTERNE  la Libre


"L'incident de Cologne devrait être le moment idéal pour la justice et les autorités d'établir une limite très claire: jusqu'ici et pas plus loin." Une carte blanche de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des Chances.

Au cours de ces derniers jours, plus de 100 femmes ont déposé plainte à Cologne pour intimidation sexuelle durant la nuit du nouvel an. Selon les dernières informations, des groupes importants de bandes criminelles auraient profité des festivités pour agresser et détrousser des dizaines de femmes. Les auteurs seraient d'origine nord-africaine ou arabe. Des témoins racontent l'histoire de femmes ayant été séparées brutalement de leurs partenaires, de jeunes femmes encerclées par des hommes agressifs et agités. Ceux-ci leur ont fait subir des palpations et des attouchements, infligé des crachats et les ont injuriées. La plus jeune victime n’avait que 15 ans.

Les auteurs ont agi de manière implacable. Ils se sont rassemblés en groupes de 30 à 40 hommes et sont partis à la recherche des femmes les plus vulnérables. Ceux qui ont essayé de secourir les femmes ont reçu des coups. A chaque fois que des agents de police sont arrivés sur place, les auteurs ont lancé des bouteilles et des feux d'artifice dans leur direction avant de disparaître dans la foule. Ce jeu du chat et de la souris a duré plusieurs heures.

"Ils ont commencé par directement nous peloter. Leurs mains étaient vraiment partout. J'ai crié à l'aide, ils se sont moqué de moi."

Il s’agit d'un des nombreux témoignages à glacer le sang que j'ai eu l'occasion de lire ces derniers jours sur les événements qui se sont déroulés à Cologne. Ce type d'acte barbare est inacceptable. La lenteur de la réaction des services d'ordre, la proposition curieuse de labourgmestre de Cologne d'une sorte de code de conduite pour les femmes et le fait que les auteurs n'aient toujours pas été arrêtés soulèvent de nombreuses questions. La colère populaire qui a éclaté de manière spontanée au cours des derniers jours dans plusieurs villes allemandes est plus que compréhensible.

LE MOMENT IDÉAL POUR ÉTABLIR UNE LIMITE TRÈS CLAIRE

Suggérer ci et là que c’est aux femmes de prendre leurs responsabilités pour éviter les violences sexuelles, c’est le monde à l'envers. Cela me fait penser à ce que le documentaire "Femme de la rue" a mis en lumière à Bruxelles. Certains jeunes d'origine maghrébine perçoivent les femmes comme du gibier en liberté, surtout lorsque ces femmes sont plus légèrement vêtues. Nous devons arrêter de penser que les femmes doivent adapter leur style vestimentaire ou leur comportement dans l'espace public pour ne pas susciter de comportement indésirable auprès d'hommes ayant le sang chaud. Cet énième incident devrait être le moment idéal pour la justice et les autorités d'établir une limite très claire: jusqu'ici et pas plus loin.

L'intimidation sexuelle et physique des femmes reste malheureusement monnaie courante. Notre pays présente, lui aussi, des statistiques hallucinantes en la matière. Il ressort ainsi d'une étude que 45% des femmes belges ont déjà été victime de violences verbales, 15% de violences physiques et que 6% ont un jour subi des violences sexuelles. 

CHACUN A LE DROIT DE SE SENTIR EN SÉCURITÉ

Chacun a le droit de se sentir en sécurité et confiant dans l'espace public. C'est la raison pour laquelle nous concevrons cette année une campagne de lutte contre le harcèlement en rue et que nous lancerons, avec l'U-Gent, une nouvelle étude sur les violences faites aux femmes à Bruxelles. Cette étude doit nous aider à déterminer le nombre de femmes qui sont victime de violences. Je ferai également examiner si les femmes d'une certaine origine, d'un certain âge, ou celles établies dans certains quartiers de la capitale présentent un risque plus élevé d'être victime.

Il est donc particulièrement nécessaire de disposer d'une étude approfondie et de chiffres actuels afin de pouvoir lutter contre les violences à l'encontre des femmes. Si nous voulons éviter que de nouveaux incidents comme ceux qui se sont déroulés à Cologne se reproduisent dans un futur proche, nous devons mettre au point, aujourd'hui, une politique de fermeté. A Cologne, mais aussi et surtout à Bruxelles.



Une carte blanche de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des Chances. Certains jeunes d'origine maghrébine perçoivent les femmes comme du gibier en liberté, surtout lorsque ces femmes sont plus légèrement vêtues. Nous devons arrêter de penser que les femmes doivent adapter leur style vestimentaire ou leur comportement dans l'espace public pour ne pas susciter de comportement indésirable auprès d'hommes ayant le sang chaud. 

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CET ÉNIÈME INCIDENT DEVRAIT ÊTRE LE MOMENT IDÉAL POUR LA JUSTICE ET LES AUTORITÉS D'ÉTABLIR UNE LIMITE TRÈS CLAIRE: JUSQU'ICI ET PAS PLUS LOIN.


Une amie lectrice suisse réagit vivement 

Ton coup de gueule n'en est pas un à mon sens.

C’est en effet plutôt un coup de blues et un accès de douloureuse lucidité.

 

Va-t-on au nom de la tolérance laisser ramper le Moyen-Âge en Europe et sacrifier tous nos précieux acquis si durement arrachés à l'Histoire?

Allons-nous laisser détruire la démocratie au nom de la démocratie, de l'humanisme, etc.? 

Je ne pense pas que tolérance soit le mot adéquat,  je parlerais plutôt d’hébétement et de sidération.

 

Mon pragmatisme bouillonne: nos petits-enfants sont en danger! 

Quand allons-nous agir avec fermeté et détermination?

Oui ils sont en danger, comme leurs arrière grands parents le furent sous l’occupation et les parents de ceux-ci dans la boue des tranchées. Seule notre génération d’enfants gâtés fut épargnée par le malheur. 

 

Il est temps de dire STOP! 

Les atermoiements deviennent insupportables

Mon analyse est simple, les partis de gauche ont laissé faire pour engranger le vote musulman. Ils sont en train de le perdre car les musulmans demain voteront non pas socialiste mais musulman. 

C’est aussi cela que nous dit Houellebecq dans soumission.

 

Que d'inutiles palabres, que de vaines dissertations dans les presses!

Je ne jetterais pas la pierre à la presse dont le rôle est d’analyser et de poser les bonnes questions, pas forcément d’y répondre et de trouver des solutions. Ca c’est le boulot du politique. Le politique est franchement dépassée, la démocratie est entrée en crise en Europe.

Le fascisme reprend du poil de la bête immonde.

 

 

Les hommes de pouvoir n'ont pas de c.....es

Seule Angela pourrait en avoir (?).

Mais cela l’obligerait à amorcer un virage à 180 degré entre das schaffen wir et das schaffen wir nichtzurück nach Hause ihr Flüchtlinge. J’avais prédit son renversement, je me suis trompé mais sans doute de seulement quelques semaines, elle tombera, c’est sûr.

Si elle devait chuter, l’Allemagne entrerait dans une ère d’instabilité extrêmement dangereuse avec un million de nouveaux réfugiés (2015) et un autre million à venir (2016). 

 

Je bénis la Suisse qui jusqu'ici s'en sort le moins mal avec les Musulmans. 

Je n’ai pas d’éléments pour juger de cela. Ma seule connaissance de la Suisse est celle qui percole de tes textos.

 

Ne réponds pas à ceci: je sais que ta pensée philosophique et humaniste vole cent pieds au-dessus de ce que je ressens.

Paroles, paroles…Ma pensée n’est pas philosophique, humaniste est devenu un adjectif creux. Elle n’a qu’une ambition ou disons le plus simplement prétention, celle de tenter de comprendre dans quel merdier on se prépare à vivre.

Non et non, ce qui s'est passé à Cologne est juste IN-TO-LÉ-RA-BLE!

Certes mais le cafouillage policier de la funeste nuit de Cologne  a ceci de bon que cette chose intolérable et tolérée jusqu’ici ne pourra plus l’être et que la cause des femmes sera enfin entendue. (je songe au coup de gueule de l’Egyptienne) Leur harcèlement ne saurait plus longtemps mise être  sous le boisseau comme disait l’autre.

Cet énième incident devrait être le moment idéal pour la justice et les autorités d'établir une limite très claire: jusqu'ici et pas plus loin.

Et comment donc!

MG

 

 

 

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