dimanche 10 janvier 2016

Un jihadiste de l'EI tue sa mère: "Peut-on imaginer pire ignominie ?"

UNE CHRONIQUE DE JEAN-CLAUDE MATGEN 

La Libre



Avec les djihadistes de Daech, on croyait avoir tout vu. Les attentats sanglants, les exécutions sommaires, les attaques aveugles contre des innocents, le saccage d’oeuvres d’art millénaires, la négation de l’autre, du mécréant, des chiens d’Occidentaux, des musulmans modérés, des chrétiens et des juifs, de tous ceux qui aiment la liberté et la cultivent comme un bien cher.

Mais ce qui s’est passé il y a quelques jours à Raqqa, capitale de facto de Daech, et qui est rapporté par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), dépasse l’entendement et vous gèle le coeur.

Il a 20 ans et ce jeune homme a appartenu successivement aux modérés de l’Armée syrienne libre (ASL) et au Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, avant de rejoindre Daech.

Ce parcours tourmente sa mère de 40 ans, postière à Tabaqua, une ville située à 50km de Raqqa. Bravant les dangers, la mère, n’écoutant que son coeur de mère, franchit la distance entre les deux villes, retrouve son fils et l’implore de la suivre.

Elle a trop peur, lui explique-t-elle, en larmes, qu’il trouve la mort dans les bombardements de la ville par la coalition conduite par les Etats-Unis.

Et qu’a fait le jeune homme ? Non seulement, il est resté indifférent aux supplications de sa maman mais il a cru nécessaire de dénoncer son intervention auprès de ses chefs. Lesquels ont aussitôt arrêté la mère du combattant.

Ils l’ont traînée sur une place de Raqqa, devant...la poste de la ville, ont réuni une centaine de personnes et l’ont fait abattre en public.

Qui tenait le pistolet? Qui a logé une balle dans la tête de cette martyre ? Son propre fils. Oui, vous avez bien lu, celui-là même auquel la victime a donné le jour et son amour de mère.

Peut-on imaginer pire ignominie, plus grande horreur ? Un tel événement en rappelle d’autres qui se sont produits sous d’autres latitudes et d’autres régimes mais quand même, une telle barbarie dans un XXIè siècle qui n’a décidément rien de spirituel est sidérante et ne laisse le choix qu’entre l’abattement et la colère, deux sentiments qu’hélas les djihadistes prennent un malin plaisir à susciter chez ceux qu’ils veulent éradiquer.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SIDÉRANT 


Une telle barbarie dans un XXIè siècle qui n’a décidément rien de vraiment spirituel.

Le matricide est rare dans l’histoire des hommes : Oreste assassine sa mère Clytemnestre et Hamlet la sienne, la reine Gertrude

Le scénario du matricide de Raqqa est absolument répugnant. Un djihadiste sous influence est capable de tout, même de tuer sa mère.

Oui, les déradicaliser d’urgence, mais comment ?

MG

 

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