mardi 19 janvier 2016

Van Cau! Il ne manquait plus que cela…

Béatrice Delvaux éditorialiste en chef 

Le Soir

Jean-Claude Van Cauwenberghe est de retour en politique. Il brigue la présidence de l’Union socialiste communale de Charleroi. 


•                                              Jean-Claude Van Cauwenberghe. © Belga

Il ne manquait plus que cela ! C’est ce qu’on doit se dire dans les rangs du PS. Alors que le parti tente de gérer un présent difficile en mettant le futur en chantier – et en vitrine –, le voilà replongé contre son gré dans le passé. Et pas qu’une fois : à la candidature de Jean-Claude Van Cauwenberghe à la présidence de l’Union socialiste communale de Charleroi (ah, l’USC !), qui va mettre sur le tapis sa vision du socialisme à Charleroi et du régionalisme wallon, va s’ajouter incessamment la parution du livre « mise au point » – règlement de comptes ? – de Philippe Moureaux qui fera un réquisitoire cinglant de sa vision socialiste de Molenbeek et de l’islam à la belge.

Avec des amis comme ça, plus besoin d’ennemis ? L’adage a déjà été usé jusqu’à la corde, mais on peut malgré tout s’interroger sur le caractère « Magnetto-compatible » de la résurrection de Van Cau, « Onkelinxo-compatible » de celle de Moureaux, et plus globalement du caractère « Di Rupo-compatibles » de l’expression individuelle de fortes opinions. D’autant qu’elles émanent de deux personnalités qui souhaitent probablement davantage rétablir leur honneur et leurs convictions bafouées que d’assurer la pérennité du parti et de ceux qui sont aux commandes aujourd’hui et dont ils pourraient estimer qu’ils ne les auraient pas (vraiment) défendus.

Le droit à la liberté d’expression existe en politique, même si celle-ci peut heurter alliés et partenaires. La logique revendiquée ce week-end par le N-VA Geert Bourgeois pour justifier la prise de parole communautaire de Bart De Wever et ses éventuels embarras pour le MR vaut donc aussi au sein du PS, pour Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui a le droit à la parole, et Philippe Moureaux, à l’écriture. Mais l’expérience montre que ces solos font grimacer les chefs de file, d’autant plus s’ils sont incontrôlables, comme c’est le cas ici vu d’une part, l’âge, la personnalité et le parcours des solistes et d’autre part, la position plus hésitante du chef de file censé imposer qu’aucune tête ne dépasse.

Le PS a d’autres chats à fouetter que de gérer le retour d’un Van Cau, dont l’image reste associée, au sein du parti, au socialisme qui a vécu. De quoi gêner Paul Magnette qui laboure le terreau carolo avec assiduité et modernité, visant à faire renouer une région toujours « difficile », avec la relance économique et culturelle. Et compte sur son travail à Charleroi, davantage que sur ses prestations wallonnes, pour asseoir sa popularité électorale qui, on le sait, peut le propulser vers de plus hauts desseins.

Alors qu’il cherche à redéfinir sa ligne de combat idéologique, qu’il redessine le contenu de sa gauche et tente chaque jour de recalibrer sa contre-offensive, le PS, qui se bat déjà à Liège contre la vitalité du PTB, se serait bien passé de la morsure d’un vieux crocodile dans son flanc carolo.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FIN DE RÈGNE ?


Rien ne va plus pour le PS hanté par le spectre de l’arrivisme et la passion du pouvoir. Les vieux crocodiles sont revenus hanter le sommeil d’ Elio de plus en plus contesté dans son propre parti. Animal politique pétri d’instinct il s’était empressé, au lendemain de sa descente de charge de numéro unode reconquérir par un scrutin stalinien son trône au 13-pas de chance-du boulevard de l’Empereur. Depuis il partage avec son ami François Hollande les joies de la glissade de popularité. Malgré le feu nourri de son ennemi héréditaire le barde d’Anvers qui tire à boulets rouges sur le PS wallon, il a adopté un profil zen en attendant un hypothétique regain de popularitéDepuis les élections communales, le PS connaît des défaites et régresse dans les sondages. Vos actes vous suivent, tonne un militant. Et d’ajouter irrévérencieusement : L'heure d'une nouvelle génération est venue à laquelle le sexagénaire usé Di Rupo n'appartient plus. Et Laurette de trépigner pour s’installer aux magnettes, pardon aux manettes. 

Dure dure, la vie politique.

MG

 

LETTRE OUVERTE À ELIO DI RUPO: "VOUS NE POURSUIVIEZ QU'UN BUT PERSONNEL, BIEN ÉLOIGNÉ DU SOCIALISME"

Willy Burgeon

Militant socialiste in Le Vif

 

Sur le site de l'Alliance Wallonie France, Willy Burgeon, président du parlement wallon de 1988 à 1995, a publié une lettre ouverte à Elio Di Rupo.

Monsieur le Président,

Hier soir, vous veniez à la Fédération Socialiste de Thuin dont c'était la rentrée. Ayant une réunion de travail à la Maison du Peuple de Leval-Trahegnies, j'y étais absent. Passé les souhaits convenus, il faut bien parler sérieusement de politique. C'est la raison de cette lettre.

Vous avez été élu à la Présidence du PS par 27 % des membres du parti (forte abstention). Depuis les élections communales, le PS connaît des défaites et régresse dans les sondages. Vos actes vous suivent, vous n'êtes plus crédible, vos interventions fades tombent à plat. C'est l'opinion générale car, durant votre premier Ministère, le PS était devenu un appendice de l'establishment belgicain... Faut-il rappeler les concessions majeures accordées à la droite flamande :

20% de régionalisation de la sécurité sociale ;

l'accord BHV accordant les limites d'Etat à la Flandre ;

l'ignorance de la Wallonie ;

Vous avez initié beaucoup de mesures drastiques prises par le gouvernement actuel et le pire, les restrictions imposées aux chômeurs qui plongent des milliers de familles dans la misère.

Rien que cela aurait dû inciter le PS à aller aux élections mais c'était ignorer votre appétit du pouvoir. Vous ne poursuiviez qu'un but personnel, bien éloigné du Socialisme, des intérêts du PS et de l'intérêt général.

Il y a longtemps que j'ai décelé cela et je n'ai cessé de le dénoncer. Vous ne tolérez que les serviles et cela m'a valu le piège de la Corée.

Combien de reculs du PS devrons-nous encore subir avant que vous ne fassiez un pas de côté, Monsieur le parvenu ? Quand le malade du pouvoir que vous êtes comprendra-t-il cette nécessité pour sauvegarder l'avenir du Parti pour lequel tant de militants se battent bénévolement ?

Partez avant qu'on ne vous chasse. L'instinct de conservation des élus contrecarrera l'omnipotence que vous imposez à notre parti. L'heure d'une nouvelle génération est venue à laquelle le sexagénaire usé Di Rupo n'appartient plus.

Mons est une belle Ville que j'aime, qui mérite qu'on s'y consacre pleinement, j'y ai passé quatre ans de ma vie d'étudiant à l'Institut "Warocqué".

Alors, bonne année 2016, Monsieur le Maire de Mons

Willy Burgeon

Cette lettre ouverte a été publiée sur le site l'alliance Wallonie France.

 

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