lundi 29 février 2016

Le piétonnier donne un «sentiment d’amateurisme et d’improvisation»

Le Soir

Belga

 

La plate-forme Pentagone présente un bilan du piétonnier bien différent de celui d’Yvan Mayeur.



•                                                        © Bruno D’Alimonte pour Le Soir

La plate-forme citoyenne « Pentagone » a un avis beaucoup plus partagé que le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), et l’échevine de la mobilité, Els Ampe (Open VLD), au sujet du bilan de la mise en œuvre du piétonnier sur les boulevards du centre de la capitale après 8 mois, ressort-il de l’analyse de ce groupe de comités d’habitants et d’associations présentée lundi.

La plate-forme considère toujours que ce piétonnier doit être davantage à l’environnement social, culturel et économique et moins formaté pour le tourisme.

Pour elle, les indicateurs retenus par la Ville pour son évaluation restent inconnus du public et les modifications apportées au plan de circulation ne sont pas autrement modifiées. La manière de procéder «  à la hussarde  » a fait fuir les automobilistes qui« ont préféré changer de destination que de mode de transport ».

Le défaut de gestion adéquate de la signalisation «  est à l’origine de la baisse du chiffre d’affaires dont se plaignent de nombreux commerçants. »

« SENTIMENT D’AMATEURISME ET D’IMPROVISATION »

Le report du trafic automobile des boulevards centraux vers des petites rues latérales peu aérées « a considérablement dégradé la qualité de vie des riverains ». Mais il est impossible de chiffrer le niveau de pollution de ces rues qui ne sont pas équipées pour ce faire, a ajouté la plate-forme.

Pour celle-ci, le paradoxe consistant à la fois à tenter de ramener des voitures vers le piétonnier et de prendre le risque d’accroître le trafic des poches de circulation qu’elle a elle-même créées dans les rues latérales, renforce «  le sentiment d’amateurisme et d’improvisation  » qui se dégage du projet.

La plate-forme a enfin demandé du changement en faveur d’une cité agréable à vivre pour tous, au départ d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, et d’«  études objectives étayées par des données transparentes ».


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AMATEURISME ET IMPROVISATION


  La manière de procéder «  à la hussarde  » a fait fuir les automobilistes qui« ont préféré changer de destination que de mode de transport ».

Le défaut de gestion adéquate de la signalisation «  est à l’origine de la baisse du chiffre d’affaires dont se plaignent de nombreux commerçants. »

Bref, si l’idée de départ était tout à fait sympathique et franchement séduisante, en revanche la mise en place concrète du piétonnier s’est révélée parfaitement calamiteuse. Tout se passe comme si c’était le caprice d’un bourgmestre imposé sans vergogne et sans consultation aucune à l’ensemble des bruxellois, principaux usagers du centre-ville. Déjà et depuis longtemps, les commerces de luxe ont fuit Bruxelles, la plupart s’étant installés à Waterloo voire même à Lasne pour certains d’entre eux.

Tout cela est absolument désastreux pour l’image de Bruxelles et sa réputation internationale. Il n’est pas du tout impossible que les embarras de circulation permanents qui font de Bruxelles la capitale la moins mobile d’Europe entraînent, à terme, le départ des institutions européennes. Certains s’en réjouiront, la prospérité de la ville en prendrait un sérieux coup.

MG

 

dimanche 28 février 2016

Charles Michel veut relancer le projet européen

BELGA 



Le Premier ministre Charles Michel a la volonté de faire avancer le projet européen malgré les crises auxquelles est confronté l'Union, a-t-il martelé lors d'une interview publiée par Le Soir samedi. Il assume également la mise en place de contrôles à la frontière franco-belge après la décision de démanteler la "jungle" de Calais. "Le fait de passer à l'acte en France amène le risque d'un déplacement de camps à Calais vers des camps potentiels à La Panne, à Zeebruges. Nous devons agir pour empêcher cela." Charles Michel désire "réenchanter" le projet européen. "Nous allons nous donner quelques mois pour essayer de tracer un cap, et pouvoir dire : que qui aime cette Europe-là nous suive. Pour sortir de l'Europe de la grisaille et revenir dans l'Europe des Lumières", explique-t-il.

Dans cette optique, le Premier ministre a trouvé un allié au sein de l'Union: le chef du conseil italien Matteo Renzi. Les deux chefs de gouvernement veulent "trouver un chemin pour être porteurs, avec d'autres, d'un projet européen réinventé". Il entérine ainsi la conception d'une d'un projet européen réinventé Interrogé quant à la pertinence de ce discours alors que la Belgique procède à des contrôles à sa frontière avec la France, le Premier ministre se montre volontariste. "J'assume mon engagement européen, mais cela ne me conduit pas à la naïveté, et à rester les bras ballants, avant de nous réveiller dans trois mois avec un camp de 3.000 personnes dans une situation humanitaire dramatique."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

UN PROJET EUROPÉEN RÉINVENTÉ


La Belgique, toujours fut regardée comme le prototype de l’Europe. Il est dans un triste état, le prototype et son chef bien impuissant à lui insuffler une nouvelle dynamique. Qu’à cela ne tienne, Charles le Magnifique va tenter une vaste diversion sur le parquet européen. Incapable de remplir son costume de monsieur Belgique, le fils de Louis l’Européen veut endosser maintenant le costume XXL de papa au service d'un projet européen réinventé : une Europe à plusieurs vitesses.


MG

 

 

 

La Commission européenne épingle les problèmes de mobilité en Belgique


BELGA La libre Belgique


La Commission européenne épingle vendredi, dans son rapport sur les politiques économiques et sociales des Etats membres, les gros problèmes de mobilité auxquels la Belgique est confrontée. Si la Belgique dispose, grâce à sa position centrale en Europe, "d'un réseau routier et ferroviaire dense qui est bien intégré dans les principales infrastructures européennes de transport", le pays souffre de ses embouteillages, les pires d'Europe en terme de temps perdu et de retards, et du manque d'investissement dans les infrastructures, constate la Commission.

La Belgique investit un montant inférieur à la moyenne européenne dans les infrastructures routières et l'entretien du réseau routier. "Exprimés en pourcentage du PIB, les investissements sont aujourd'hui inférieurs à ceux des années 1990", relève l'exécutif européen.

Les embarras de circulation ont des conséquences économiques (retards de livraisons, réunions manquées ou délocalisations d'entreprises), mais aussi environnementales.

Ainsi, le secteur des transports était responsable de 21% des émissions de gaz à effet de serre en Belgique. "Si elle ne modifie pas ses politiques et n'a pas recours à des mécanismes souples, la Belgique ne parviendra pas à atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 6 points de po urcentage en 2020 (par rapport à 2005)", met en garde la Commission.

Celle-ci pointe aussi le régime fiscal "particulièrement favorable" des voitures de société et des cartes-carburant. "Le traitement fiscal actuel favorise le transport routier et risque de diluer les effets des incitations visant à réduire la consommation de carburant prévues dans le cadre de la taxation de l'énergie et des véhicules. Il fait également peser sur la société des coûts en matière de bien-être, en ce qui concerne les embouteillages, la pollution de l'air et les émissions de gaz à effet de serre", fait remarquer la Commission.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CELA NE SENT PAS BON


Bruxelles troisième région la plus riche d’Europe a négligé ses infrastructures et pourrait payer très cher cet excès de légèreté.

La gouvernance régionale est tout simplement en dessous de tout et cela depuis la naissance de la Région Bruxelles capitale. L’héritage de Charles Picqué est délétère. 

L’entourage le savait, se taisait dans toutes les langues.

Plus moyen de faire disparaître les cadavres dans les placards. Odeur de mort pestilentielle.

MG

 

 

Bruxelles est la 3e région la plus riche d’Europe

ClDD 

Le Soir

Avec 62.900 euros de PIB régional par habitant, la capitale dépasse de loin les autres provinces de Belgique.



•                                                       Photo DR

Bruxelles est la 3e région la plus riche de l’Union européenne en terme de PIB régional par habitant en 2014, indique vendredi Eurostat, l’office européen des statistiques. Celle d’Inner London-West (ouest du Grand Londres) occupe la première place avec un PIB de 172.600 euros, devant le Grand-Duché de Luxembourg, avec 87.600 euros.

Le PIB régional bruxellois par habitant est évalué à 62.900 euros en 2014 par Eurostat. En Belgique, derrière la Région capitale, on retrouve la province d’Anvers (41.800 euros), suivie par le Brabant wallon (39.500 euros), presque ex-aequo avec son homologue flamande. Les deux provinces les plus pauvres sont le Hainaut et le Luxembourg (23.100 et 23.200 euros).

Sur la carte ci-dessous pour découvrir le revenu par province (cliquez ici si vous êtes sur mobile et tablette).

Légende : en bleu, revenus de 23 à 25.000 euros, en vert, de 25 à 30.000 euros, en jaune de 30 à 35.000 euros et en orange, au-delà de 35.000 euros


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA BELLE AFFAIRE

Il n’empêche que Bruxelles se débat avec un problème de pauvreté chronique avec une population de plus en plus précarisée.

La richesse de Bruxelles semble ne pas lui revenir en termes de rentrées fiscales ce qui la rend de plus en plus dépendante des autres régions et de la Flandre singulièrement. C’est une situation insupportable dont on ne voit pas l’issue. Il est de plus en plus question de régionaliser l’enseignement. Il reste à savoir, comment Bruxelles réussira à financer le sien qui, déjà aujourd’hui, donne des signes d’essoufflement.

Qu’on ne s’y trompe pas, sans un enseignement de qualité, notre jeunesse belge issue de l’immigration n’a pas la moindre chance de s’en sortir. L’échec scolaire induira inexorablement l’échec social et la fuite dans toutes formes d’égarement. Il est urgent et indispensable d’en prendre conscience maintenant

Ce ne sont pas les gesticulations de Joëlle Milquet et son mirage de pacte d’excellence qui résoudront quoi que ce soit.

L’avenir de Bruxelles est subordonné à une amélioration radicale de son enseignement, tous réseaux confondus.

Si on ne résout pas ce problème dans les plus brefs délais, nous produirons une nouvelle génération perdue, c’est-à-dire désespérée et donc totalement imprévisible.


MG 

 


 

jeudi 25 février 2016

 


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

KROLL OU LE GÉNIE DE LA SYNTHÈSE


À quoi bon commenter ceci. Tout y est et l’ironie de surcroît. La Belgique, championne européenne toutes catégories ferme ses frontières pour éviter que la jungle de Calais ne s’installe à la Vlaamse kust où on compte un très grand nombre d’électeurs de la N-VA par mètre carré.

Philippe Moureaux se trompe quand il affirme que le ministre de l’intérieur Jan Jambon  ne fout rien. En vérité, les ministres fédéraux N-VA sont avant touteautre chose au service de leur parti, autrement dit des intérêts du peuple flamand. Il serait temps, grand temps qu’on s’y habitue. Constatons au demeurant l’imparfaite inélégance de l’État français qui faute de n’avoir pu résoudre le problème de la jongleur de Calais renvoie le problème (le refus des Anglais de voir des milliers de réfugiés pénétrer au Royaume-Uni) aux voisins belges. C’est ça l’Europe : dès qu’un vrai problème se posechacun se rabat sur sa souveraineté nationale.


MG



JAN JAMBON: LES CONTRÔLES À LA FRONTIÈRE FRANCO-BELGE "LIMITÉS DANS LE TEMPS"

Le Vif Rédaction en ligne

Le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge annoncé mardi pour faire face à un éventuel afflux de migrants quittant la "Jungle" de Calais, ce vaste camp situé près de l'entrée française du tunnel sous la Manche, devra être "limité dans le temps", a affirmé mercredi le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.


Le Vice-premier ministre et Ministre de l'intérieur Jan Jambon. © BELGA/Benoît Doppagne


"Ces situations exceptionnelles sont prévues par (le traité) Schengen" sur la libre circulation des personnes dans cet espace, a-t-il expliqué lors de l'émission Matin Première de la RTBF dont il était l'invité. Il n'a toutefois donné aucune indication sur la durée envisagée.

M. Jambon (N-VA) a ajouté qu'une augmentation des arrivées d'"illégaux" (des personnes en séjour illégal, NDLR) en provenance des camps de Calais et Dunkerque (nord-ouest de la France), avait été constatée dès lundi soir.

Le ministre a justifié le rétablissement des contrôles à cette frontière - en principe sur un tronçon limité, proche de la Côte - par le démantèlement annoncé de la "Jungle" de Calais, que les migrants ont été sommés de quitter d'ici mardi soir par les autorités françaises. Les milliers d'occupants des abris de fortune de ce camp ont obtenu un répit, le temps que la justice française rende sa décision sur la légalité de l'opération, probablement mercredi ou jeudi selon une source proche du dossier.

Ces "illégaux" essayent de passer par la Côte pour rejoindre le port de Zeebrugge et tenter à partir de là de gagner le Royaume-Uni, a ajouté M. Jambon, plaidant pour une collaboration franco-belge accrue afin de résoudre ce problème.

Les contrôles ont débuté lundi soir et se sont renforcés mardi. Ils atteindront leur plein effet mercredi, avec "quelque 250 à 290 policiers" issus de la police intégrée (locale et fédérale) sur le terrain.



Migrants: l'UE "inquiète" face à une possible "crise humanitaire" sur la Route des Balkans

Le Vif

Source: Afp

La Commission européenne et la présidence néerlandaise de l'UE se sont dites "inquiètes" mardi face à la situation confuse sur la route migratoire des Balkans, craignant une possible "crise humanitaire" dans certains pays et notamment en Grèce.



© REUTERS

"Nous sommes inquiets au sujet des développements le long de la route des Balkans et de la crise humanitaire qui pourrait se produire dans certains pays, en particulier en Grèce", ont écrit le commissaire chargé des migrations, DimitrisAvramopoulos et le ministre néerlandais en charge du dossier, Klaas Dijkhoff, dans un communiqué commun.

TSIPRAS EXPRIME À L'UE SON "MÉCONTENTEMENT" DU DURCISSEMENT DES CONTRÔLES SUR LA ROUTE DES BALKANS

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a exprimé mardi son "mécontentement" auprès de son homologue néerlandais Mark Rutte, dont le pays exerce la présidence tournante de l'UE, pour "l'incapacité" de l'UE à empêcher les pays de la route des Balkans de renforcer leurs contrôles migratoires.

Selon M. Tsipras, ce durcissement du contrôle des flux migratoires va à l'encontre "de ce qui a été décidé à l'unanimité lors du sommet européen" de la semaine dernière. Il a aussi protesté auprès de M. Rutte, comme Athènes l'a déjà fait auprès de Vienne, contre la tenue mercredi en Autriche d'une réunion ministérielle, sans la Grèce, des pays de la route des Balkans.

En rapport avec cette réunion, "le Premier ministre (grec) a souligné la nécessité que les décisions de gestion des flux migratoires soient prises collectivement et sans exclusion", ont indiqué ses services dans un communiqué.

M. Tsipras avait conditionné vendredi son accord au compromis trouvé par les 28 contre le Brexit à l'assurance que la situation aux frontières nord de la Grèce en ce qui concerne les passages migratoires reste en l'état jusqu'au sommet UE-Turquie de la fin de semaine prochaine. Il avait affirmé avoir reçu un tel engagement à l'issue du précédent sommet de Bruxelles.

Or depuis dimanche, la Macédoine refuse de laisser les Afghans arrivés en Grèce passer sur son territoire pour poursuivre leur route vers le nord de l'Europe. Cette décision, assortie d'un contrôle renforcé sur les exilés encore autorisés à passer (Syriens et Irakiens) risque de bloquer en Grèce des milliers de personnes arrivées de Turquie.

Selon le ministre grec à la Politique migratoire, Yannis Mouzalas, ce durcissement des contrôles résulte d'une décision commune prise le 18 février à Zagreb par les polices des pays de la route des Balkans (Macédoine, Serbie, Croatie, Slovénie et Autriche).

Vienne a en outre invité les ministres de l'Intérieur de ces pays et des Etats limitrophes (Bulgarie, Albanie, Bosnie, Kosovo et Montenegro) à une réunion de coordination de la gestion migratoire, à la veille d'une réunion des ministres européens sur le même thème à Bruxelles.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE PIRE EST A VENIR

Il ne faut être ni prophète, ni cartomancienne pour prédire de façon quasi certaine que la problématique des réfugiés va prendre une ampleur jamais connue auparavant, dès que reviendront les beaux jours et que des dizaines de milliers de réfugiés se remettront en route vers le nord. En bombardant systématiquement les positions des résistants au régime de Bachar El Assad, Moscou fait bouillir la marmite et provoque un surcroît de départ vers le vieux continent dans le dessein de mettre l’Europe  à genoux. Les plus pessimistes y voient les prémices d’un nouveau conflit mondial. Il faut beaucoup de volonté et d’optimisme pour résister à cette tentation morbide. 

 MG

 

 

 

 

Paul De Grauwe: 'Voor EU is Brexit wellicht het beste'

Economieprofessor Paul De Grauwe is een voorstander van de Brexitomdat de uittrede van de Britten wellicht beter is voor de EU. Dat zei hij in een gesprek met Terzake.


Paul De Grauwe in Terzake © /

ProfessorPaul De Grauwewerkt al vier jaar aan de London School of Economicsen spendeert een groot deel van het jaar in Groot-Brittannië. "Er is in het Verenigd Koninkrijk zoveel vijandschap", zegt hij inTerzake"De media en een groot deel van de politieke elite haten de Europese Unie. Na het referendum zal dat niet verdwijnen. Het doel van die EU-haters is om zoveel mogelijksoevereiniteit terug te brengen van Brussel naar Westminster, naar LondenDatzal niet stoppen".

En duszegt De Grauwe, is het een "heel slecht scenario" als het VerenigdKoninrijk wel in de EU blijft.

"Op dat ogenblik zullen de Britten vanbinnen de Europese Unie hun strategieënverderzettenZe zullen alle pogingen om verder te integreren tegenwerken en zezullen veel van de materie proberen terug te halen naar de nationale entiteiten en dat is niet in ons belangHet is wellicht beter voor de EU dat de Britten eruitstappen."

Of de Britten beter worden van een Brexit? "Waarschijnlijk niet". Maar technisch gesproken is het geen lastige operatiealdus De Grauwe.

(RR)


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QU’EN PENSENT LES ÉCOSSAIS ?

 

En finale, on finira tous par se réjouir que la Grande-Bretagne quitte l’Europe et qu’elle négocie, le cas échéant, un autre traité avec Bruxelles comparable à celui dont bénéficient la Suisse et la Norvège.  Préférons voir les Anglais hors de l’Europe qu’au sein de celle-ci où ils opèrent un travail de sape insupportable. Je demeure pour ma part, comme le professeur De Grauwe un Européen engagé, fédéraliste radical qui s’aligne sur la position de Guy Verhofstadt et de Cohn-Bendit. Les Britanniques finiront par redevenir une île de pêcheurs. C’est un peu dur pour ce peuple attachant qui a développé un art de vivre tout à fait séduisant. Je les adore mais suis totalement allergique à leur politique extérieure qui est notamment responsable de la création de cette chose totalement incongrue qu’est notre Belgique. Mais attention, ni l’Ecosse, ni le pays de Galles ne souhaitent couper les liens avec l’Europe. L’envie pourrait les titiller de prendre l’initiative d’un referendum pour quitter le Royaume-Uni. Sale temps pour David Cameron qui n’aime pas Bruxelles et à qui jamais ne viendrait l’idée saugrenue d’aller manger un paquet de frites place Jourdan.

MG

 

mercredi 24 février 2016

La misère sexuelle du monde arabe

Contributing Op-Ed Writer

By KAMEL DAOUD New York Times



CreditEiko Ojala


ORAN, Algérie — Après Tahrir, Cologne. Après le square, le sexe. Les révolutions arabes de 2011 avaient enthousiasmé les opinions, mais depuis la passion est retombée. On a fini par découvrir à ces mouvements des imperfections, des laideurs. Par exemple, ils auront à peine touché aux idées, à la culture, à la religion ou aux codes sociaux, surtout ceux se rapportant au sexe. Révolution ne veut pas dire modernité.

 

Les attaques contre des femmes occidentales par des migrants arabes à Cologne, en Allemagne, la veille du jour de l’an ont remis en mémoire le harcèlement que d’autres femmes avaient subi à Tahrir durant les beaux jours de la révolution. Un rappel qui a poussé l’Occident à comprendre que l’une des grandes misères d’une bonne partie du monde dit “arabe”, et du monde musulman en général, est son rapport maladif à la femme. Dans certains endroits, on la voile, on la lapide, on la tue ; au minimum, on lui reproche de semer le désordre dans la société idéale. En réponse, certains pays européens en sont venus à produire des guides de bonne conduite pour réfugiés et migrants.

Le sexe est un tabou complexe. Dans des pays comme l’Algérie, la Tunisie, la Syrie ou le Yémen, il est le produit de la culture patriarcale du conservatisme ambiant, des nouveaux codes rigoristes des islamistes et des puritanismes discrets des divers socialismes de la région. Un bon mélange pour bloquer le désir, le culpabiliser et le pousser aux marges et à la clandestinité. On est très loin de la délicieuse licence des écrits de l’âge d’or musulman, comme “Le Jardin Parfumé” de Cheikh Nefzaouiqui traitaient sans complexe d’érotisme et du Kamasutra.

Aujourd’hui le sexe est un énorme paradoxe dans de nombreux pays arabes : On fait comme s’il n’existait pas, mais il conditionne tous les non-dits. Nié, il pèse par son occultation. La femme a beau être voilée, elle est au centre de tous nos liens, tous nos échanges, toutes nos préoccupations.

La femme revient dans les discours quotidiens comme enjeu de virilité, d’honneur et de valeurs familiales. Dans certains pays, elle n’a accès à l’espace public que quand elle abdique son corps. La dévoiler serait dévoiler l’envie que l’islamiste, le conservateur et le jeune désoeuvré ressentent et veulent nier. Perçue comme source de déséquilibre — jupe courte, risque de séisme — elle n’est respectée que lorsque définie dans un rapport de propriété, comme épouse de X ou fille de Y.

Ces contradictions créent des tensions insupportables : le désir n’a pas d’issue ; le couple n’est plus un espace d’intimité, mais une préoccupation du groupe. Il en résulte une misère sexuelle qui mène à l’absurde ou l’hystérique. Ici aussi on espère vivre une histoire d’amour, mais on empêche la mécanique de la rencontre, de la séduction et du flirt en surveillant les femmes, en surinvestissant la question de leur virginité et en donnant des pouvoirs à la police des moeurs. On va même payer des chirurgiens pour réparer les hymens.

Dans certaines terres d’Allah, la guerre à la femme et au couple prend des airs d’inquisition. L’été, en Algérie, des brigades de salafistes et de jeunes de quartier, enrôlés grâce au discours d’imams radicaux et de télé-islamistes, surveillent les corps, surtout ceux des baigneuses en maillot. Dans les espaces publics, la police harcèle les couples, y compris les mariés. Les jardins sont interdits aux promenades d’amoureux. Les bancs sont coupés en deux afin d’empêcher qu’on ne s’y assoit côte à côte.

Résultat : on fantasme ailleurs, soit sur l’impudeur et la luxure de l’Occident, soit sur le paradis musulman et ses vierges.

Ce choix est d’ailleurs parfaitement incarné par l’offre des médias dans le monde musulman. A la télévision, alors que les théologiens font fureur, les chanteuses et danseuses libanaises de la “Silicone Valley” entretiennent le rêve d’un corps inaccessible et de sexe impossible. Sur le plan vestimentaire, cela donne d’autres extrêmes: d’un côté, la burqa, le voile intégral orthodoxe ; de l’autre, le voile moutabaraj (“le voile qui dévoile”), qui assortit un foulard sur la tête d’un jean slim ou d’un pantalon moulant. Sur les plages,le byrquinis’oppose au bikini.

Les sexologues sont rares en terres musulmanes, et leurs conseils peu écoutés. Du coup, ce sont les islamistes qui de fait ont le monopole du discours sur le corps, le sexe et l’amour. Avec Internet et les théo-télévisions, ces propos ont pris des formes monstrueuses — un air de porno-islamisme. Certains religieux lancent des fatwas grotesques : il est interdit de faire l’amour nu, les femmes n’ont pas le droit de toucher aux bananes, un homme ne peut rester seul avec une femme collègue que si elle est sa mère de lait et qu’il a tété.

Le sexe est partout. Et surtout après la mort.

L’orgasme n’est accepté qu’après le mariage — mais soumis à des codes religieux qui le vident de désir — ou après la mort. Le paradis et ses vierges est un thème fétiche des prêcheurs, qui présentent ces délices d’outre-tombe comme une récompense aux habitants des terres de la misère sexuelle. Le kamikaze en rêve et se soumet à un raisonnement terrible et surréaliste: l’orgasme passe par la mort, pas par l’amour.

L’Occident s’est longtemps conforté dans l’exotisme ; celui-ci disculpe les différences. L’Orientalisme rend un peu normales les variations culturelles et excuse les dérives : Shéhérazade, le harem et la danse du voile ont dispensé certains de s’interroger sur les droits de la femme musulmane. Mais aujourd’hui, avec les derniers flux d’immigrés du Moyen-Orient et d’Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe.

Ce qui avait été le spectacle dépaysant de terres lointaines prend les allures d’une confrontation culturelle sur le sol même de l’Occident. Une différence autrefois désamorcée par la distance et une impression de supériorité est devenue une menace immédiate. Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l’agitation, que dans le monde musulman le sexe est malade et que cette maladie est en train de gagner ses propres terres.

Kamel Daoud, chroniqueur au Quotidien d’Oran, est l’auteur de “Meursault, contre-enquête.”


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« L’ORGASME PASSE PAR LA MORT, PAS PAR L’AMOUR. »

C’est avec que sidération que l’Europe découvre, par le détour de la funeste nuit de Cologne, que dans le monde arabe Eros rime avec Thanathos. Pour la plupart des Européens ceci est une sinistre découverte. Elle est d’autant plus préoccupante qu’on observe chez pas mal de jeunes belges d’origine immigrée des comportements insupportables inspirés par des habitudes importées d’Orient et singulièrement de la décidément très pernicieuse Arabie Saoudite laquelle diffuse depuis des décennies ses modèles d’agir, de penser et de croire en terres européennes. Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l’agitation, que dans le monde musulman le sexe est malade et que cette maladie est en train de gagner ses propres terres. Les sexologues sont rares en terres musulmanes, et leurs conseils peu écoutés. Du coup, ce sont les islamistes qui de fait ont le monopole du discours sur le corps, le sexe et l’amourCe paragraphe est absolument terrifiant et doit nous secouer, nous réveiller de notre torpeur angélique qui tend à tout accepter de la part de ceux qui pensent et qui croient autrement que nous. Le machisme affiché des musulmans radicaux est punissable par les lois et surtout parce que totalement inacceptable et en contradiction avec une de nos valeurs fondamentales : la stricte égalité entre les hommes et les femmes. L’islam dans sa pratique littérale est il soluble dans la démocratie, dans le modernisme, dans une certaine conception des droits de la femme non négociable ?

Qui ne respecte pas cette prémisse contraignante n’est pas digne de vivre sur le continent européen. C’est à prendre ou à laisser. 

Qui ne comprend pas cela n’a rien à faire en terre de liberté européenne. Kamel Daoud écrit que Cologne est le triste rappel du fait que la femme est "niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée" (dans le monde arabo musulman).

 

MG


 

L'ISLAM ET LA GAUCHE : KAMEL DAOUD, NE RENONCEZ PAS !


L'Obs


Pris entre les feux croisés des fondamentalistes religieux et ceux d'une certaine gauche, l'écrivain algérien a annoncé qu'il cesserait son activité de journaliste. Voici pourquoi il doit résister.


L'écrivain algérien a annoncé qu'il cesserait son activité de journaliste. (BERTRAND LANGLOIS/AFP)


A la suite de la série d’attentats qui a ensanglanté la France, la parole des intellectuels de confession musulmane s’est libérée. Longtemps mutiques, par un scrupule bien compréhensible de ne pas semer de divisions dans leur communauté déjà durement ostracisée, ceux ci ont commencé à appeler de plus en plus fort à un examen critique de l’islam, et ont rejoint de libres penseurs qui les avaient précédé comme Abdelwahab Meddeb, ce Voltaire arabe qui s’autorisait à diagnostiquer une "maladie de l’islam" ou encore Malek Chebbel pour qui "La séparation entre la politique et la religion est le point le plus crucial de la marche de l'islam vers la modernité".

Ainsi dans un autre genre Kamel Daoud dans une tribune publiée par le New York Times : "L’Arabie Saoudite est elle un Daesh qui a réussi ?", fustigeait notre alliance avec un royaume qui assure dans le monde et en Europe la promotion d’un islam wahhabite dangereux"Ce puritanisme né dans le massacre et le sang, qui se traduit aujourd’hui par un lien surréaliste à la femme, une interdiction pour les non-musulmans d’entrer dans le territoire sacré, une loi religieuse rigoriste, et puis aussi un rapport maladif à l’image et à la représentation et donc l’art, ainsi que le corps, la nudité et la liberté."

DEUX TOTALITARISMES INTELLECTUELS

Mais en signant ce texte dans le New York Times, Daoud commettait un premier crime de lèse bien pensance. Car cette volonté de procéder à un aggiornamento de l’Islam est arrivé à un moment d’extrême crispation politique en Europe et en particulier en France.

Les attentats ont mis en exergue d’autres lignes de fractures entre les deux courants de la gauche qui semblent irréconciliables. L’islam dans sa pratique littérale est il soluble dans la démocratie, dans le modernisme, dans une certaine conception des droits de la femme non négociable ? 

Est-ce un crime de poser la question ? Certains à gauche au nom d’une peur panique de faire le jeu du Front national le pensent. Et les intellectuels, écrivains comme Kamel Daoud ont été pris en tenaille entre deux totalitarismes intellectuels.

D’une part celui des fondamentalistes de Daesh, de l’autre celui de ceux que leurs détracteurs appellent les "islamo gauchistes" qui hurlent en meute à l’islamophobie dès qu’on commence à formuler une analyse critique des principes de vie préconisés par un islam rétrograde importé d’Arabie Saoudite.

Ainsi par exemple au nom de cette volonté nécessaire de dissocier islam et terrorisme, quelques uns de ces penseurs insistent sur le fait que l’expression la plus rigoriste de cet islam, ce qu’on appelle vulgairement en France le salafisme (en fait donc comme le wahhabisme saoudien) n’a rien à avoir avec le djihadisme. Bien au contraire ce salafisme souvent quiétiste qui prône une mise à l’écart militante des affaires terrestres, un désintérêt pour la vie politique et publique serait paradoxalement le garant contre la tentation du djihad de l’épée. C’est la thèse d’un Raphael Lioger

Pour preuve, ces penseurs avancent que les terroristes sont des analphabètes de l’islam, qui singent ses rites et se sont radicalisés loin des mosquées. En quête de rupture, ils ne se revendiqueraient de cette religion qu’au nom du rejet qu’elle suscite dans la société française. On pourrait même dire que ce serait la France incapable d’intégrer ses musulmans qui serait à l’origine de cette hybridation de circonstance. Les jeunes "désintégrés" seraient malades de la France et de son système d’exclusion bien plus que de son islam.

Ces penseurs dans leur hâte louable de dissocier l’islam du djihadisme se refusent donc à examiner le fait que le djihad de Daesh se fait au nom de l’islam, et qu’il transpose une tradition médiévale islamique dans son intégralité à l’époque contemporaine.

D’autres, moins nombreux il est vrai, par un excès d’angélisme qui découle bien, celui là, d’une mauvaise conscience post coloniale, vont jusqu’à à nier la supériorité de valeurs occidentales comme l’égalité entre les sexes par un relativisme tiers-mondiste mâtiné sans doute d’une bonne dose de misogynie.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la publication de la tribune de Kamel Daoud dans le "Monde". Celui-ci examine de manière littéraire (et non avec la rigueur d’un chercheur ou celle d’un sociologue et c’est bien son droit) les événements de Cologne, au cours desquels des immigrés principalement d’origine marocaine et algérienne ont attaqué sexuellement des femmes. Après avoir renvoyé dos à dos la gauche et la droite, qui se contentent de fantasmer les événements, Kamel Daoud écrit que Cologne est le triste rappel du fait que la femme est "niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée" (dans le monde arabo musulman).

Selon l’écrivain, "Le sexe est la plus grande misère dans le 'monde d’Allah'.Sacrilège absolu, Daoud rapproche le paradis islamique d’un "bordel" avec son "fantasme des vierges pour les kamikazes". L’image est osée, le raccourci sans doute outrancier. Mais cette tribune a le grand mérite de poser une question fondamentale pour notre modèle d’intégration, celle du rapport d’un certain islam aux femmes, évacuée en France depuis la mort de l’association "Ni putes, ni soumises".

 

GUEULE DE BOIS DES EUROPÉENS

Bien sûr, le texte de Kamel Daoud est arrivé à un moment de malaise douloureux où nous, Européens, avons la gueule de bois : Angela Merkel dans un sursaut remarquable contre l’avancée de la peste brune qui gagne notre continent, nous avait sauvé en accueillant a bras ouvert une population traumatisée par une guerre épouvantable que l’Occident n’a rien fait pour empêcher.

A un moment où les affaires du monde nous donnent peu l’occasion de nous réjouir, ce spectacle d’amitié entre les peuples et de sentiments enfin bons, nous avait évidemment réconfortés. Dans un imaginaire collectif chahuté, il nous rachetait de bien plus que de la guerre en Syrie. Un répit de courte durée, un charme rompu par cette irruption de la violence du désir de populations immigrées frustrées dont on a cru, à tort il est vrai, qu’elles étaient principalement issues de la vague récente de migrations. Mais dont les actes posent le constat de l’échec de leur intégration dans une société qui essaye de promouvoir le respect des droits des femmes.

Alors des chercheurs sans doute blessés, sans doute inquiets, ont cru bon de publier un texte collectif contre l’écrivain algérien, ce qui déjà en dit long. On pétitionne contre un gouvernement qui abuse de son pouvoir, mais à quoi bon se mettre à plusieurs pour clouer au pilori un intellectuel, déjà sous le coup d’une fatwa, comme s’il s’agissait de faire masse pour le réduire au silence ? L’effet est déplorable. On comprend le désarroi et l’amertume de Kamel Daoud. Mais on le supplie de revenir sur cette tentation si attirante de la tour d’ivoire. Justement, en cette époque de "sommations", nous avons plus que jamais besoin de sa "naïveté", de sa liberté, de sa littérature.

Sara Daniel