samedi 6 février 2016

Abattre les murs de la ségrégation linguistique dans les écoles bruxelloises

Groupe du vendredi

Forum composé de jeunes provenant de divers horizons qui prennent du temps pour la réflexion et le débat

 

En novembre 2014, l'Europe a célébré le 25ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. L'existence de ce mur séparant arbitrairement des êtres humains nous semble aujourd'hui ridicule et surtout difficilement imaginable dans un pays comme la Belgique. Comme l'écrivait, Marcello Di Cintio : "En diminuant les perspectives de dialogue, les murs dans une société créent deux côtés et exigent que vous en choisissiez un".



© iStock

Pourtant, aujourd'hui, un mur de plus de deux kilomètres existe en plein Bruxelles. Il divise les cours de récréation, les réfectoires et les couloirs de plus de 90 écoles bruxelloises. Il peut se matérialiser par des barrières ou des lignes rouges dans un même bâtiment scolaire créant une barrière physique arbitraire entre une partie réservée aux enfants de l'enseignement francophone et une partie réservée aux élèves de l'enseignement néerlandophone.

Cette situation est la conséquence de la communautarisation de l'enseignement à partir des années 1960 qui a scindé les institutions d'enseignement en région bruxelloise selon leur appartenance linguistique en entrainant la création de séparations physiques dans de nombreux établissements dont l'infrastructure était précédemment commune. Peu de protestations ont été émises à l'époque, tant cette séparation répondait à la logique communautaire ambiante, y compris pour les élèves et étudiants d'alors. Une vision romantique imaginant des élèves et des écoles unies séparés à corps et à cri serait totalement erronée.

Cependant, aujourd'hui, la situation a changé. A l'heure où Bruxelles veut renforcer son positionnement comme carrefour central d'une Europe multiculturelle, il apparait crucial de repenser ce modèle d'éducation, basé sur une différenciation linguistique parfois brutale, tant il répond à la logique de sociologies du passé et non des défis actuels de la capitale. La division des élèves selon leur appartenance à un système d'enseignement ou à un autre appartient au passé. L'école à Bruxelles doit être réinventée pour refléter dans son essence le bilinguisme, et au-delà le multilinguisme, de la région.

A cet égard, le cas de plusieurs autres régions en Europe démontre qu'il est possible de définir un système d'enseignement bilingue dans une région bilingue. Un système d'enseignement où la diversité linguistique ne sert pas de critère pour établir un clivage entre les enfants mais constitue une richesse et un socle commun pour permettre aux enfants quelle que soit leur origine communautaire d'atteindre un multilinguisme effectif et ainsi d'améliorer le vivre ensemble.

En quelque sorte Berlin, par la chute du mur instiguée par sa population, a été le symbole de l'avènement d'un monde nouveau, démontrant que la séparation par les armes et le béton ne pouvait triompher de l'aspiration d'une population. Chacun sait à quel point Bruxelles est au coeur des transformations de notre monde actuel, en Europe et au-delà. L'éducation est l'une des clefs séparant une réussite inspirante d'un échec dramatique. L'Histoire juge durement les erreurs collectives. Ne nous y trompons pas.

Par le Groupe du Vendredi


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’UNILINGUISME EST D’HUMEUR ; LE BILINGUISME EST DE VOLONTÉ.

L’enseignement du néerlandais à Bruxelles a toujours été tellement mauvais que la majorité des élèves, pour ne pas dire la totalité, en furent très rapidement dégoûtés. Nous avons enseigné cette belle langue pendant des années et savons combien les élèves sont pétris par l’environnement social de préjugés de toutes sortes contre cette langue. Enseigner le néerlandais est un sport de combat et rare sont ceux qui viennent à bout de l’adversaire. Il faut du tact, du charme et beaucoup de savoir-faire pour réussir dans cette entreprise. Les élèves qui toutefois suivent leur professeur dans cette aventure en sont dûment récompensés plus tard, sur le plan professionnel. Tout cela est archiconnu et pourtant rien ne change malgré de nouvelles générations de professeurs qui sont invités à utiliser des méthodes moins axées sur les routines grammaticales et davantage sur la communication. Ces méthodes ne sont pas forcément mauvaises mais peu d’enseignants les utilisent avec bonheur. C’est bien là tout le drame de l’enseignement du néerlandais à Bruxelles. Au départ, la motivation des élèves est presque toujours négative. C’est navrant et contre-productif car il y a pléthore d’emplois et pas forcément hautement qualifiés pour qui maîtrise un tant soit peu la langue de Bart De Wever. Plaider cela, c’est marcher à contre-courant.

L'école à Bruxelles doit être réinventée pour refléter dans son essence le bilinguisme, et au-delà le multilinguisme, de la région.

 

MG

1 commentaire:

Pr S. Feye a dit…

Il y a une solution pourtant: parler le latin européen donnant accès à 85% de la littérature de l'Europe. Jadis, cela était offert à tous, Flamands comme francophones.

Bruxellae revera solum urbs caput Europaea erunt momento temporis quo sermo Latinus Europaeus ibi in usu erit. In primis ergo, Unio Europaea politica sermonem Latinum inter linguas Europaeas annumerare debet . Id quod ipsa iam diu recusat.
Attamen 85% litteraturae occidentalis (iacentis in bibliothecis Europaeis) Latine sriptae sunt. Hoc tolerabile non est. Qua de causa Europaei Europam sine viris politicis efficient.

Pr Stéphane Feye
Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) - Humanités Gréco-Latines et Artistiques
www.scholanova.be
www.concertschola.be
www.liberte-scolaire.com/.../schola-nova
http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303755504579207862529717146