lundi 1 février 2016

Jan Jambon abandonne l'idée de contrôler les domiciles molenbeekois

La Libre

BELGA 


Le cabinet de Jan Jambon (N-VA) a fait savoir ce week-end que les adresses molenbeekoises ne seront pas contrôlées une à une comme le ministre de l'Intérieur en avait exprimé la volonté en novembre après les attentats de Paris, rapportent lundi les titres Sudpresse et les journaux Mediahuis. Cette annonce intervient après que la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Françoise Schepmans, a indiqué s'opposer à une telle mesure.

Les contrôles de domiciles sont une compétence exclusivement communale, il est dès lors impossible pour le ministre fédéral de procéder sans l'aval de l'autorité locale.

Le chef de corps de la police de la zone Bruxelles-Ouest, Johan De Becker, a par ailleurs expliqué que ces contrôles exhaustifs étaient impossibles pour des raisons pratiques. "Quelque 95.000 personnes vivent à Molenbeek-Saint-Jean, ce n'est pas possible de contrôler chaque habitation."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARRE DES EFFETS D’ANNONCE


Le chef de corps de la police de la zone Bruxelles-Ouest, Johan De Becker, a par ailleurs expliqué que ces contrôles exhaustifs étaient impossibles pour des raisons pratiques. "Quelque 95.000 personnes vivent à Molenbeek-Saint-Jean, ce n'est pas possible de contrôler chaque habitation."

On annonce qu’on va contrôler tout le monde et puis non, on annonce qu’on va fermer tous les tunnels et on change d’avis. Et le citoyen lambda que nous sommes, il va penser quoi de tout ce « bazar » comme dirait Arno à « On n’est pas couché » ?

On lui demandera son avis dans deux ans (communales) et dans trois (régionales et fédérales) et pour le reste il n’a qu’à payer ses impôts et filer droit. C’est ça la particratie à la belge et ce n’est vraiment pas prêt de changer. Jambon qui a voulu jouer au Sarko Kärcher doit faire marche arrière sans que la moindre solution soit trouvée au problème de la localisation des terroristes dans les communes à forte densité musulmane. En attendant l’image de Bruxelles  est abîmée pour de bon et la Flandre se frotte les mains. On aimerait voir la sortie du tunnel. Vous avez dit tunnel ?


MG



FACE AU RADICALISME, LE DÉSARROI DES BOURGMESTRES

FRANÇOIS BRABANT  La Libre




La tragédie de Paris lui a conféré une notoriété internationale dont elle se serait bien passée. Françoise Schepmans (MR), bourgmestre de Molenbeek, focalise les attentions depuis le 13 novembre, en raison des connexions de plusieurs terroristes présumés avec sa commune. "Au lendemain des attentats, quand on a pointé Molenbeek, je me suis sentie démunieavoue-t-elle.Je ne vois pas, avec les moyens que j’ai, ce que j’aurais pu faire de plus."

Si le cas molenbeekois continue d’alimenter de nombreux commentaires, d’autres acteurs politiques communaux, à Bruxelles mais aussi en Wallonie, expriment un même sentiment. On leur prête des pouvoirs qu’ils n’ont pas. On attend d’eux qu’ils combattent le radicalisme avec des moyens dont ils ne disposent pas."Tous les projecteurs sont braqués vers les bourgmestres, alors qu’on a une marge de manœuvre réduite, soupire Françoise SchepmansIl y a une mauvaise compréhension du rôle des uns et des autres. La lutte contre le radicalisme, c’est du ressort du fédéral !"

Deuxième commune la plus peuplée de la Région bruxelloise, Schaerbeek compte 130 000 habitants, dont environ 60 000 musulmans - parmi lesquels "quelques dizaines de radicaux", selon le bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi, ex-FDF). C’est à Schaerbeek que la question des départs vers la Syrie a pour la première fois surgi au-devant de l’actualité : en avril 2013, deux élèves de l’athénée Fernand Blum avaient déserté les cours pour s’enrôler dans les milices djihadistes au Moyen-Orient.

"Le ministre de l’Intérieur dit que les communes ont reçu des listes d’individus dangereux. C’est un mensonge , s’insurge Bernard Clerfayt. Tout ce qui existe, c’est une circulaire autorisant les commissaires en chef à transmettre aux bourgmestres des informations sur les personnes liées au djihadisme. Pour ma part, je n’ai jamais demandé à recevoir ces informations, car je ne saurais rien en faire. Si j’apprends qu’au coin de ma rue, un type manipule des armes et enrôle des jeunes pour la Syrie, je peux éventuellement en parler à mon chef de cabinet, mais après ? Je ne suis pas doté de pouvoirs de contrainte à l’égard des individus. Seul un juge peut mettre quelqu’un en prison, ou l’interdire de séjour sur le territoire, ou l’assigner dans un centre de traitement."

Bernard Clerfayt entend agir sur un autre terrain : la prévention, la diffusion d’un contre-discours pour réduire l’attrait du djihad. Une tâche de long terme, pour laquelle, assure-t-il, "les moyens manquent de façon dramatique" .

CONTRÔLER LES LOGEMENTS

"C’est gentil de nous dire qu’on doit agir contre le radicalisme, mais non seulement on ne nous dit pas ce qu’on doit faire, et en plus on ne nous fournit aucun renseignement", abonde Hervé Doyen (CDH). Le bourgmestre de Jette, au nord-ouest de Bruxelles, refuse cependant tout fatalisme. "Les bourgmestres ne sont pas aussi démunis que certains le disent. C’est leur rôle de recenser la population, de contrôler les logements. Ce travail n’a peut-être pas été fait partout. Ceci explique peut-être cela."

A Liège, dix-neuf jeunes sont partis ou ont voulu partir vers la Syrie. Le bourgmestre, Willy Demeyer (PS), admet que les pouvoirs locaux sont malmenés par l’intensification de la menace terroriste. "Nous sommes dans un cas de figure inédit", relève-t-il. Une difficulté s’ajoute : "Distinguer ce qui ressort de la police locale et de la police fédérale. Le pire serait qu’un élément échappe à toute surveillance parce qu’on ne saurait pas qui le surveille".

Mosquées

Aux confins du Borinage, la commune d’Hensies abrite une petite communauté musulmane. Après les attentats de Paris, son bourgmestre, Eric Thiébaut (PS), a réuni les responsables des deux mosquées. Il leur a promis d’agir avec fermeté contre la recrudescence prévisible de l’islamophobie. En retour, il leur a demandé de signaler tout cas de radicalisation qu’ils détecteraient. " On a quand même beaucoup de cordes à notre arc pour agir , juge Eric Thiébaut. Le CPAS, la police, les services de prévention… Mais cela reste un travail en amont. Accuser les bourgmestres pour des cas de radicalisme sur leur territoire, ça ne va pas. On n’est pas responsables des actes individuels de tous les citoyens." 

 

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