dimanche 7 février 2016

L’avenir de la Belgique? «A trois ou quatre Régions»

Le Soir         Véronique Lamquin 

Dans le cadre d’un débat à Wolubilis sur l’évolution de notre pays, Edouard Delruelle et Marc Verdussen ont plaidé pour l’option régionaliste.



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Quel avenir pour la Belgique ? Pour en débattre, Le Soir réunissait mercredi soir, à Wolubilis (Woluwe-Saint-Lambert) le politologue Dave Sinardet, le constitutionnaliste Marc Verdussen et le philosophe Edouard Delruelle.

Que penser de la piste confédérale, relancée par la N-VA ? Pour Dave Sinardet« sur l’avenir institutionnel, la Flandre politique est divisée. Le Vlaams Belang et la N-VA veulent laisser un minimum de compétences à l’Etat fédéral, les autres partis ne les suivent pas. La N-VA aura donc des difficultés à convaincre, non seulement les partis francophones, mais aussi les autres partis flamands de la rejoindre sur son scénario confédéral. »

Marc Verdussen met par ailleurs en garde : « On peut encore transférer des compétences. Mais la question est : où va-t-on mettre le cran d’arrêt ? Va-t-on vider le panier fédéral au point qu’il n’aura plus aucune substance ? Et si ça arrive, les francophones auront-ils encore envie d’en être ? Il faudra peut-être un jour se poser la question. »

REFÉDÉRALISER ? « ON N’Y CROIT PAS »

Qui de la refédéralisation de certaines compétences, évoquée, en coulisses, par certains responsables politiques, pour tenter de rationaliser le personnage institutionnel ? Edouard Delruelle « n’y croit pas du tout ». Marc Verdussen non plus.« On a beaucoup parlé des difficultés à conclure un accord sur le Climat, avant la Cop21. On veut refédéraliser ? Mais que va-t-on renvoyer au fédéral ? Toute la politique de l’environnement ? Mais elle est presque inhérente aux Régions ! »

Sur l’idée même d’une septième réforme de l’Etat, Marc Verdussens’étonne :« Comment peut-on souhaiter ça alors que la sixième réforme de l’Etat n’a pas encore été digérée ? Alors que la Belgique est confrontée à des problèmes majeurs ? Peut-on encore se payer le luxe d’une crise préparatoire à une septième réforme de l’Etat dans le contexte actuel ? C’est pour ça que je pense qu’en 2019, il n’y aura pas de consensus pour un nouveau round institutionnel. »

 

LA BELGIQUE, PLUTÔT À 3 OU 4 RÉGIONS

Si le modèle belge est appelé à évoluer, comment le remodeler ? Pour Edouard Delruelle (par ailleurs expert au cabinet de Jean-Claude Marcourt, régionaliste convaincu), la voie est toute tracée : le régionalisme. « C’est Bruxelles qui est en train de faire pencher la balance. Tout simplement parce qu’elle s’est imposée comme Région. C’est un fait historique majeur de ces dernières années. »

Un chemin institutionnel qu’approuve totalement Marc Verdussen« Evidemment que la Belgique à 4 Régions, c’est le système idéal. Le niveau de complexité est tel qu’il faut simplifier. Un des moyens de le faire est d’avoir un fédéralisme territorial. Avec trois ou quatre Régions, il faut voir ce qu’on fait de la Communauté germanophone. Chaque entité serait clairement identifiable par tous les citoyens. Le problème, c’est qu’une majorité de Flamands n’en veulent pas, et que les francophones sont divisés entre régionalistes et communautaristes. » Un avis que tempère Dave Sinardet, selon lequel les choses évoluent en Flandre « L’idée de voir Bruxelles cogérée par les deux grandes Communautés est politiquement irréaliste. C’est vrai qu’en Flandre, on a longtemps défendu un pays à deux Communautés. Mais, depuis, les choses ont évolué : le consensus sur les Communautés n’est plus ce qu’il était. »

Reste qu’une entité, cela se construit avec un projet de société, bien plus que par des institutions. Et là, pour Edouard Delruelle, la clé est de nouveau à Bruxelles. « Il y a quelque chose qui me marque, c’est la montée du fait bruxellois, souligne le philosophe liégeois. Il y a une identité bruxelloise liée à un territoire, à une histoire. Aujourd’hui, moi, je vois la réalité bruxelloise comme une profonde réalité sociale sur laquelle on ne reviendra pas. C’est ce qui fait notamment que, si l’on voulait leur imposer la cogestion des deux Communautés, les Bruxellois n’en voudraient pas. Et c’est pour ça que, selon moi, cela n’arrivera pas. »


  


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUI VEUT LA RÉGIONALISATION ?

 

Qui a voulu la communautarisation ? Qui veut désormais la régionalisation ? Ce sont nos élites politiques, celles que nous y élisons tous les quatre ou cinq ans et qui agissent en notre nom sans pourtant jamais nous consulter si ce n’est par voie de sondages. Et on nous fait croire que tout cela participe de l’esprit démocratique quand en réalité, tout est décidé par les partis au sein de leurs états-majors. Oui, certes on vote en particratie, on donne sa voix mais les chefs de partis en disposent à leur guise pour former toutes sortes de coalition pour lesquelles jamais notre avis n’est demandé. Même que certaines coalitions  se révèlent quelquefois à l’opposé de nos propres intérêts.

Et les politiques alors de s’étonner que le citoyen toujours plus s’éloigne de la chose politique.

« Il y a quelque chose qui me marque, c’est la montée du fait bruxellois, souligne le philosophe liégeois. Il y a une identité bruxelloise liée à un territoire, à une histoire. Aujourd’hui, moi, je vois la réalité bruxelloise comme une profonde réalité sociale sur laquelle on ne reviendra pas. C’est ce qui fait notamment que, si l’on voulait leur imposer la cogestion des deux Communautés, les Bruxellois n’en voudraient pas »

Mais d’où tient-il, ce philosophe des bords de Meuse que désormais le fait bruxellois existe ? C’est une pure vue de l’esprit, un leurre, une illusion d’optique. La réalité c’est que la population bruxelloise de souche s’en va vers d’autres horizons et que presque rien ne parvient à le faire revenir dans la capitale rongée par les contradictions et par le cancer de l’immobilité, laquelle est savamment entretenue par un gouvernement régional qui entend régner sur des communautés d’origine immigrée plutôt que sur des citoyens de souche lesquels choisissent de quitter la capitale pour rejoindre les centaines de milliers de Bruxellois brabançons qui depuis des décennies ont choisi d’émigrer dans la ceinture verte qui s’étend dans une campagne toujours plus peuplée au-delà des 19 communes, à l’américaine.

MG

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