mercredi 3 février 2016

Régionalisation de l'enseignement: "C'est se tromper d'enjeu", martèle Joëlle Milquet

BELGA 



Evoquée avec de plus en plus d'insistance ces dernières semaines, la régionalisation de l'enseignement a fait l'objet d'un premier (mini-)débat improvisé mardi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où tout échange formel sur cette question qui le concerne pourtant au premier chef avait jusqu'ici été soigneusement évité. 

L'initiative en revient à la députée Joëlle Maison (Défi, opposition) qui, à l'occasion d'une interpellation en commission de la ministre de l'Education sur cette question, a demandé dans la foulée aux autres formations politiques de se prononcer.

Dans son introduction, la députée uccloise a rappelé les différents plaidoyers formulés ces derniers mois aussi bien par des mandataires MR que PS en faveur de cette régionalisation.

Celle-ci est à présent également soutenue par le vice-Premier ministre Didier Reynders qui s'est clairement positionné en ce sens il y a une dizaine de jours dans la presse. Le ministre-président wallon Paul Magnette estimait il y a peu que l'enseignement serait sans doute régionalisé "un jour".

Dans sa réponse mardi en commission du Parlement, la ministre Joëlle Milquet (cdH) a répété son refus de tout transfert de l'enseignement vers les Régions.

"C'est se tromper d'enjeu", a martelé la ministre centriste pour qui les francophones opèrent de la sorte une "fragmentation dangereuse, alors que ceux-ci, au cours des dernières réformes de l'Etat, se sont toujours opposés à un morcellement de l'Etat", a-t-elle rappelé.

"S'importer nous-mêmes ce cancer qui a miné l'Etat belge, c'est quand même suicidaire! Notre urgence, c'est d'avoir un projet mobilisateur, dynamique, pour la Belgique francophone. Qui existe!", a-t-elle insisté.

Pour elle, il serait "absurde" de régionaliser l'enseignement ou la culture demain, "ce qui ne veut pas dire qu'il faut nier certaines particularités régionales pour autant".

L'ancienne présidente du cdH a dit particulièrement redouter les conséquences de cette division francophone à l'approche d'un probable prochain tour de négociations institutionnelles après les élections de 2019.

"N'oublions jamais que nous (francophones, ndlr) sommes minoritaires (dans ce pays). Et des minoritaires divisés, ce sont des minoritaires par terre!", a-t-elle lancé.

Sans se qualifier de régionaliste, le député MR Laurent Henquet a toutefois estimé que plusieurs "différences objectives" entre l'enseignement à Bruxelles et en Wallonie pouvaient justifier une "réflexion" sur une éventuelle régionalisation.

"Le décret Inscriptions a été imposé à toutes les écoles de la Fédération, alors que le problème concernait essentiellement Bruxelles", a-t-il notamment souligné. Idem pour le boom démographique scolaire, surtout problématique dans la capitale.

Son correligionnaire Gilles Mouyard a lui rappelé que l'Allemagne avait régionalisé son enseignement, une compétence aujourd'hui exercée par les différents Länder, à la grande satisfaction des intéressés.

Pour Ecolo, Christos Doulkeridis a, lui, rejeté toute idée de transférer l'enseignement aux Régions.

Dans son intervention, l'élu bruxellois a d'ailleurs fait un parallèle entre enseignement et sécurité sociale, deux matières qui ont intérêt à être gérées "au plus haut niveau politique possible", a-t-ildéfendu.

Pour Défi, Joëlle Maison a elle aussi rejeté toute régionalisation de l'enseignement.

"Je me demande ce qui se passe dans la tête de ceux qui prônent la régionalisation...", a-t-elle confié.

A ses yeux, l'objectif poursuivi doit être la qualité de l'enseignement francophone et la réduction des inégalités. Et pour y parvenir, la solidarité entre tous les francophones est indispensable, selon elle.

Elle a d'ailleurs plaidé mardi pour qu'une analyse soit menée pour étudier les conséquences concrètes d'une régionalisation de l'enseignement, ceci afin d'apporter des contre-arguments à ses partisans.

Les députés PS présents mardi en commission ne sont pas intervenus dans le débat.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

EFFETS D’ANNONCE


On  en a soupé des effets d’annonce.

Régionaliser ou non l’enseignement est une question essentielle pour l’avenir de l’école à Bruxelles. Qui sauvera notre enseignement ? Milquet ? J’ai de sérieux doutes.

Miller (MR) ? Magnette (PS) peut-être médiocre gestionnaire (son passage au poste de Gallant fut médiocre) mais brillant intellectuel.  

Mais quand donc allez-vous sauver notre enseignement ?

MG

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