mardi 16 février 2016

Une filière syrienne et 31 prévenus au tribunal


JACQUES LARUELLE Libre Belgique


 


Ils sont 31 à être poursuivis, mais ils ne devraient être que la moitié à se retrouver, ce lundi matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Beaucoup sont en Syrie où certains, selon des informations difficilement vérifiables, sont morts.

Deux frères, originaires de Schaerbeek, sont au cœur de cette filière. On y retrouve aussi Khalid Zerkani. Ce Marocain de 42 ans a été condamné à douze ans de prison pour sa participation, en tant que dirigeant, à une autre filière utilisée par Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh, deux des auteurs des attentats de Paris, pour se rendre en Syrie.

L’enquête avait culminé, fin février 2014, lorsque la police avait mené 55 perquisitions et interrogé 74 personnes. Ce n’est que quelque mois plus tard que la juge d’instruction avait retenu la participation de Zerkani, détenu dans le cadre de l’autre filière.

Les deux frères, âgés de 25 et 27 ans, géraient une librairie islamique dans le quartier de la place du Pavillon à Schaerbeek. On y vendait des ouvrages religieux, donnait des cours de religion et organisait des récoltes de vêtements pour la Syrie.

Ces deux frères organisaient également des collectes d’argent.

DES ENTRAÎNEMENTS À LA CÔTE

Ils n’ont jamais tenté de partir pour la Syrie. Mais ils ont conduit de très nombreux membres de leur entourage vers l’aéroport de Düsseldorf pour des vols vers la Turquie. On leur reproche également d’avoir organisé des retraites à la Côte, dans un chalet Sunparks qui appartenait à un membre de leur famille. Les membres du groupe s’y retrouvaient pour des entraînements.

Le ministère public estimait que leur beau-frère était "le préparateur physique" de ces recrues. Lequel aurait aussi dirigé des sessions dans un parc situé près de l’Atomium à Bruxelles.

Cet homme, qui était défendu par Me Sébastien Courtoy, est toutefois le seul des 32 inculpés à avoir obtenu un non-lieu en chambre du conseil.

Tous les membres de la filière n’ont pas réussi à rejoindre la Syrie. Certains ont été interceptés, tandis que d’autres ont renoncé au dernier moment. C’est le cas de Majid A.

Cet ami proche des deux frères a étudié à la Haute Ecole d’électromécanique de Schaerbeek. Au cours de ses interrogatoires, il a fait référence à l’enseignement de son professeur de philosophie, Corentin de Salle, qui, a-t-il dit, avait une opinion favorable des jeunes Belges partis en Syrie (lire ci-contre).

UN ATTENTAT-SUICIDE

Majid A. a pris le chemin de la Syrie au printemps 2013 avec un cousin et deux amis. Une fois en Turquie, il a prévenu ses parents par SMS, indiquant qu’il allait bientôt traverser la frontière. Sa famille ainsi que celles de deux ses compagnons parviendront à les dissuader de partir. Seul le quatrième a rejoint un groupe djihadiste en Syrie. Il semble qu’il soit mort dans l’attentat-suicide qu’il a commis.

Le trio ne sera pas arrêté au retour. Ses membres seront brièvement interrogés à l’aéroport. Majid A. a nourri de nouveaux projets de départ. On lui reproche également d’avoir financé le groupe via des collectes menées place du Pavillon.

Un autre prévenu, qui devrait être présent sur le banc des prévenus, a, par contre, longtemps séjourné en Syrie. Il conteste avoir participé à des combats. Il dit avoir fait de l’humanitaire dans un hôpital. Mais il n’a pu donner des précisions convaincantes à ce sujet.

Un autre, d’origine espagnole, a tenté, à quatre reprises, de partir pour la Syrie. Sa famille a réussi à l’empêcher d’y parvenir. Il conteste les accusations d’un autre prévenu qui dit avoir reçu ses confidences selon lesquelles Khalid Zerkani lui aurait donné 5 000 euros. Zerkani doit répondre de ce fait devant le tribunal.

La présence de cet accusateur montre une fois de plus les connexions entre différentes filières. En mai 2013, il avait défilé en voiture dans les rues de Vilvorde en brandissant le drapeau noir des djihadistes. C’était là une haie d’honneur pour le corbillard d’Abdelouafi Elouassaki, décédé dans un accident de moto. Elouassaki était membre des Kamikaze Riders, ce club de motards dont deux membres, soupçonnés d’avoir projeté un attentat à Bruxelles, ont été arrêtés en décembre.

En mai 2013, deux des frères d’Abdelouafi Elouassaki, membres de Sharia4Belgium, étaient en Syrie.

ZERKANI, SEUL DÉTENU

Seul un des 31 prévenus est toujours détenu. C’est Khalid Zerkani, qui a, semble-t-il, un rôle plus périphérique dans ce dossier. Il a fait appel de sa première condamnation. La cour d’appel doit l’examiner dès jeudi. Les deux dossiers, de même nature, couvrent la même période. On peut imaginer que son avocat, Me Steve Lambert, plaidera l’absorption de peine.

Le premier des prévenus à avoir été libéré est un des deux frères, qui était pourtant considéré comme un des dirigeants. Me Sébastien Courtoy, qui le défendait alors, a obtenu sa libération le 23 mai 2014, soit la veille de l’attentat au Musée juif qui avait donné un coup d’arrêt momentané aux libérations.

"La juge d’instruction et le parquet fédéral ont désigné comme dirigeants des gens qui ont été les premiers à être libérés, estimant que, s’ils ne sont pas partis, c’est qu’ils avaient un rôle dirigeant. Je plaide que, s’ils sont restés en Belgique, c’est parce qu’ils étaient les moins radicaux. Les juges qui les ont libérés en premier nous ont suivis. Cela montre le caractère artificiel des constructions du parquet" , dit Me Courtoy, qui défend 6 des 31 prévenus.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SCHAERBEEK ET LE JIHADISME ?


en croire cet article, Molenbeek n’aurait pas le monopole en matière de recrutement de jeunesdjihadistes. En effet il est largement questions ici d’un ancrage schaerbeekois. Est-ce à dire que la cité des ânes et des écoles est aussi celle d’djihadistes en herbe ? Voilà qui devrait inquiéter son bourgmestre Bernard Clerfayt.  Il est fait référence à la Haute Ecole d’électromécanique de Schaerbeek à l’enseignement de son professeur de philosophie, Corentin de Salle, qui, a-t-il dit, avait une opinion favorable des jeunes Belges partis en Syrie. Voilà qui est hautement surprenant et jette le trouble et la suspicion.

Corentin de Salle ? Il publie très fréquemment des articles dans la presse quotidienne (La libre Belgique) Le Soir, L'Écho, etc. Il enseigne la philosophie, l'éthique et certaines branches du droit dans diverses hautes écoles bruxelloises (ISAT Haute école électromécanique Schaerbeek, Institut Cooremans, École Pratique des Hautes Études Commerciales) et est assistant à l'Université Libre de Bruxelles.Corentin de Salle est en outre directeur scientifique du Centre Jean Gol, le centre d'étude du MR. À ce titre, il est invité à expliciter les idées de ce parti : il contribue à éclaircir la notion de libéralisme et aborde diverses questions d'actualité politique en discussion avec un public varié.(WikiMook)

Il est assez troublant que la Libre, journal pour lequel il écrit régulièrement des cartes blanches, « balance » allègrement ce genre d’infos. C’est dire qu’il faut tout vérifier et ne prendre aucune infopour argent comptant. Schaerbeek a mis des années à reconstruire son image et à redorer son blason. Il suffit d’une petite phrase d’une vague allusion, malveillante ou non pour jeter le trouble dans les esprits et anéantir des années de travail de reconstruction du désert dans lequel Roger Nols avait plongé Schaerbeek. Affaire à suivre donc et propos à appréhender avec la plus grande prudence.

MG

 

 

 

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