mercredi 23 mars 2016

Attentats de Bruxelles : ce n’est pas la fin, c’est le début

Christophe Berti Rédacteur en chef, Le Soir 

Ce mardi, Bruxelles a connu la pire journée de son histoire récente. Le début d’une vie différente. L’édito de Christophe Berti.

•                                                       © Belga

(…)Certes, il est évident que la Belgique s’attendait à une telle tragédie. Le monde politique, les experts, les analystes, tous disaient depuis des mois – depuis les attentats de Paris – que « le pire était devant nous », que la menace était présente, que Bruxelles n’échapperait pas – pas plus que New York, Londres, Paris, Madrid ou Istanbul avant elle – à l’inéluctable attaque du terrorisme islamiste. C’est terrible à écrire, mais nous étions presque « préparés », par la présence policière accrue, par le climat anxiogène, aux événements de ce mardi. Et malgré tout, il y aura évidemment un avant et un après. Car désormais, nous sommes rappelés à notre propre fragilité. Fini l’insouciance, fini ce sentiment que la Belgique – hormis l’attentat du Musée juif – pouvait échapper à la violence obscurantiste. Il faut vivre avec notre peur, la contrôler puis l’oublier.

APRÈS, LES QUESTIONS

Nombreuses, complexes, de différents niveaux. Pouvait-on éviter un tel massacre ? Il est évident que des aéroports ou des métros seront toujours des cibles «faciles» et que toutes les protections du monde n’y pourront rien changer. Devait-on rétablir le niveau 4 de la menace après l’arrestation de Salah Abdeslam ? N’avait-on pas de renseignement pour prévenir de l’imminence de cette menace ? D’où viennent les terroristes ? Sont-ils nés ici, comment ont-ils basculé dans cette mouvance djihadiste ? Ont-ils des complices capables de telles atrocités dans l’avenir ? Tout cela, c’est l’enquête qui devra le déterminer. Mais, surtout, quelles réponses les autorités vont-elles apporter à tout cela ? Quel courage aura le politique, mais aussi le citoyen, pour affronter cette nouvelle donne ? On ne peut pas cesser de vivre, de sortir, de partager, de défendre nos valeurs et notre mode de vie, mais on sait, plus que jamais, que tout cela a un prix. Dans tous les sens du terme. Un prix pour assurer notre sécurité, un prix pour renforcer notre besoin essentiel de liberté.

Enfin, le sentiment terrible, diffus et intense à la fois. Le sentiment que la journée de mardi à Bruxelles n’est pas la fin de quelque chose, mais le début. Le début d’une vie différente , d’une société plus lourde, plus fermée, plus dure, moins insouciante, et peut-être, c’est une grosse crainte, plus haineuse. C’est ce sentiment-là qu’il faudra combattre. Par tous les moyens.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE CORAN CONTRE LE RADICALISME

 

C’est le 11 septembre 2001 que la vie devait devenir différente pour nous tous Occidentaux. Ce jour-là l’Orient déclara la guerre à l’Occident. L’Orient ? pasvraiment, seulement une partie du monde musulman de là-bas et d’ici, ne nous leurrons pas. Mais la partie la plus déterminée, la plus fanatisée, la plus violente, bref la plus radicale, la plus désespérée, la plus frustrée et la plus barbare.

Il y a 15 ans commençait un conflit d’un type nouveau, d’un modèle qu’on ne connaissait pas encore. Un choc des civilisation ? Non Huntington se trompait c’est en réalité d’une guerre du radicalisme austère, cruel, jusqu’auboutiste et totalitaire contre l’establishment et le mode de vie occidental consummériste et hédoniste qu’il s’agissait.  Et elle est loin d’être terminée. Elle commence seulement. Il s’agit de la lutte pour la sharia contre le régime démocratique et pluraliste, celle du machisme obtus contre l’égalité hommes femmes, la lutte des droits de l’homme contre la soumission aveugle et inconditionnelle à la loi divine. La lutte du dogme religieux contre la liberté de penser librement. La lutte de Thanatos-les force de la mort- contre le goût de vivre libre en choisissant librementsa foi, son orientation sexuelle, politique et sociale.

Ce jihad a opté pour le plus terrible des modus operandi : le terrorisme kamikaze qui sème la mort aveuglement en ne laissant aucune chance à desvictimes innocentes.

Que faire ? Répétons-le jusqu’à lasser, enfonçons le clou au marteau : il faut les déradicaliser en amont. Qu’est à dire ?

Il s’agit de tarir les sources d’endoctrinement. Ils furent fanatisés par la parole des prédicateurs troubles. Il s’agit donc de déconstruire cette parole dispensée par les agents recruteurs bornés des rues et de la toile. Et comment ? Par la parole coranique positive et lumineuse qui prêche le Bel Agir dispensée par des hommes et des femmes « bien guidés » qui incarnent un islam des Lumières,autrement dit un islam éthique.

Ainsi par exemple, ces djihadistes auto-proclamés, ces ignorants fanatisés, savent-ils seulement que selon le Coran le jihad est d’abord la guerre contre soi, contre ses mauvais penchants et ses tendances à s’égarer de la voie de rectitudequi prescrit l’Agir bellement sourate après sourate. Le Coran est d’abord une guidance visant à sortir les esprits aveuglés de l’errance. Tout est à l’avenant. Quand les pouvoirs publics, les bourgmestres en particulier, comprendront-ils qu’ils doivent recruter dans les communautés de leurs communes respectives des déradicalisateurs incarnant les valeurs positives du texte fondateurautrement dit des Corans vivants ?

C’est ces gens là-ils existent j’en ai rencontrés- qui détiennent la solution, pas les policiers supplémentaires, à moitié bilingues recrutés entre Meise et Dendermonde là où triomphe la pensée N-VA.  J’en connais un, un Schaerbeekois précisément, il est auteur d’un livre majeur que personne ne lit : « le Coran contre l’intégrisme »

 

Mais les hommes politiques assoiffés de pouvoir ne prennent pas leurs responsabilités et les regardent comme peu représentatifs (Charles Picqué) et préfèrent s’associer à des personnages douteux pourvu qu’ils leur assurent le plein de voix musulmanes. C’est en cela que Philippe Moureaux s’est fourvoyé mais il est loin d’être le seul.

Qu’on ne s’aveugle pas, la répression ne résoudra rien, ni la prison, ni l’isolement. Il faut travailler les esprits un à un et cela c’est certes le domaine de l’école, c’est aussi celui de la religion, de la foi qui ne saurait être confisquée par des esprits malins au sens biblique ou coranique, des dénégateurs comme dit le Coran, des maîtres d’illusion (Iblis alias Satan) des instigateurs sournois.

Il serait grand temps qu’un musulman affranchi écrive enfin le Coran d’un libre penseur.

MG 

 

 

 

 

 

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