mardi 29 mars 2016

Attentats: Mohamed Belkaid a joué un rôle clé

CH. LY.  La Libre



L’Algérien Mohamed Aziz Belkaid, abattu le 15 mars à Forest par un tireur d’élite, était-il l’un des leaders de l’Etat islamique (EI) en Europe ? Le journal allemand "Die Welt" l’affirme tandis que la chaîne de télévision CNN, se basant sur l’avis d’un enquêteur de haut rang belge, explique que l’homme a été "probablement" le chef de la cellule qui a mené les attentats de Paris et de Bruxelles.

Le 6 janvier dernier, "La Libre" avait indiqué que les enquêteurs estimaient déjà que Belkaid alias "Samir Bouzid" et le Belge Najim Laachraoui alias "SoufianeKayal" avaient coordonné les attentats de Paris à partir de Bruxelles. Les deux médias prêtent ici à Belkaid un rôle plus important encore - lequel n’est pas confirmé par le parquet fédéral.

En septembre dernier, Salah Abdeslam était parti en Mercedes de location chercher Belkaid et Laachraoui à Budapest. Les deux hommes ont sans doute reçu les nombreux messages envoyés par les assaillants dans la soirée fatidique et envoyé de l’argent à la cousine d’Abaaoud. Aux enquêteurs, Salah Abdeslam a expliqué qu’après les attentats de Paris, il a cherché refuge auprès de Belkaid(qu’il appelle Abdel) à Schaerbeek. "Je n’avais pas d’autre endroit où aller", selon "Le Monde ". "Abdel n’était pas content de me voir revenir."

Une fiche de l’Etat islamique révélée par le site Zaman Al-Wasl (proche de l’opposition syrienne) indique que Belkaid est arrivé le 19 avril 2014 en Syrie à la frontière de Tall Abyad. Il a affirmé aux recruteurs de Daech qu’il n’avait pas d’expérience djihadiste mais qu’il était prêt à une opération de martyr. Il est né le 9 juillet 1980.

Avant de passer par la Belgique, Mohamed Belkaid a vécu plusieurs années au nord de Stockholm. Arrivé durant les années 2000, il a épousé une Suédoise, décédée en 2014, et reçu un titre de séjour temporaire vers 2011.

Selon la presse suédoise, l’homme a été condamné quatre fois en Suède (en 2009, deux fois en 2011 et en 2013) pour des faux documents et des vols. Les policiers belges ont trouvé près de son corps à Forest un drapeau de l’Etat islamique, une kalachnikov et un recueil de commentaires islamiques.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

GROS POISSON ?

Comment faire la différence entre les petits et les gros poissons capturés dans la nasse des enquêteurs. Chaque journée nous apporte sa marée d’informationsdans laquelle il convient de faire le tri comme fait le pêcheur de crevettes lorsqu’il sort son filet de l’eau. Le journal allemand conservateur, généralement très bien informé  Die Welt, croit savoir que l’on a abattu à Forest l’un des leaders de l’Etat islamique (EI) en Europe. Il s’agit d’un scoop qu’il conviendra de vérifier avant de tirer des conclusions. Mais ce serait une preuve que Bruxelles est un enjeu majeur pour l’Etat islamique qui, répétons-le, n’est ni un Etat ni du reste islamique. MG

 

QUELQUE CHOSE DOIT CHANGER DANS CE PAYS

 Le Soir

Béatrice Delvaux

Depuis les attentats meurtriers, nous étalons chaque jour davantage nos défaillances intrinsèques, dans ce rejet des responsabilités, dans les « c’est pas moi, c’est l’autre ».

• ©BELGA

CHACUN SE DÉRESPONSABILISE

Il y a quelque chose qui ne va pas dans notre Royaume. Depuis les attentats meurtriers, nous étalons chaque jour davantage nos défaillances intrinsèques, dans ce rejet des responsabilités, dans les «  c’est pas moi, c’est l’autre  ». L’autre étant un autre niveau de pouvoir, un autre ministre, d’un autre rôle linguistique, mais aussi du même, du moment qu’il a une autre couleur politique. Ou un lampiste, brûlé au milieu du Parlement avant même d’avoir été entendu ou d’avoir pu s’expliquer. On a certes vu des démissions, mais l’une d’elles fut si vite instrumentalisée, qu’on se dit qu’elle servait plus la tactique d’un parti (N-VA) que l’honneur de l’homme. Les observateurs étrangers sont ébahis, mais les Belges, eux, se sentent extrêmement seuls, perdus, abandonnés, laissés à eux-mêmes par ce mauvais jeu politique, face à une inquiétude immense et existentielle.

Les hooligans au cœur de Bruxelles ? « La faute au bourgmestre de Vilvorde, au ministre de l’Intérieur fédéral, la faute aux Flamands », accuse le PS Yvan Mayeur. «La faute à Bruxelles », réplique le N-VA Jan Jambon. Le métro qui explose faute d’avoir fermé à temps ? «  La faute à la Stib et à la Région qui n’ont pas réagi aux consignes  », accuse Jambon. « Faux », répliquent la Stib et Infrabel. El Bakraoui livré par les Turcs mais ignoré par les Belges ? «  La faute à la police.  » «  Non, à la justice.  » «  Non, à l’ambassade.  » Molenbeek  ? «  La faute aux socialistes, à Moureaux  », disent les partis au pouvoir au fédéral. «  La faute au pouvoir fédéral qui n’a pas bien géré les suspects  », répond l’ex-bourgmestre.

L’IMPORTANCE DU POUVOIR

Voilà des dizaines d’années que les hommes politiques de ce pays découpent des compétences, se disputent des zones de pouvoir, veulent scinder des arrondissements électoraux, réduisent les fonctions régaliennes (justice, police, renseignements, sécurité sociale). On s’aperçoit une nouvelle fois aujourd’hui que c’est au détriment de la coordination. Ou, plus grave, en refusant de mettre ensemble tous ces morceaux, et de jouer l’efficacité d’un ensemble belge qui continue d’exister, et reste extrêmement nécessaire. Perdant de vue les vrais enjeux : «Comment avons-nous laissé pendant près de 40 ans l’islam wahhabite prendre toute cette place dans les mosquées, librairies, quartiers ? Comment avons-nous pu laisser l’institution scolaire si immobile ? Comment en est-on arrivé à une société où il est si difficile d’échanger des idées ? », interrogeaujourd’hui le professeur de Najim Laachraoui, l’un des assassins kamikazes de Zaventem, dans une carte blanche au Soir.

La non-coordination, ce refus – cette paresse – de travailler ensemble, ce rejet de la faute sur l’autre niveau de pouvoir, déjà intolérables lorsqu’il s’agit de la mobilité, de la culture ou de l’emploi des jeunes à Bruxelles, devient une honte lorsque nous en arrivons politiquement à nous demander, une semaine à peine après les attentats, si cette faillite dans l’organisation de l’Etat, n’est pas pour beaucoup dans les 35 morts(à cette heure) et les centaines de blessés de 40 nationalités, pas encore enterrés.



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

C’EST LA FAUTE NI À ROUSSEAU, NI À VOLTAIRE

 

Voilà des dizaines d’années que les hommes politiques de ce pays découpent des compétences, se disputent des zones de pouvoir, veulent scinder des arrondissements électoraux, réduisent les fonctions régaliennes (justice, police, renseignements, sécurité sociale). On s’aperçoit une nouvelle fois aujourd’hui que c’est au détriment de la coordination.

La Belgique, on s’en rendra compte de plus en plus, est carrément devenue un Etat contre nature. Il a pu fonctionner tant que la Wallonie était prospère, que dominait partout la bourgeoisie francophone (jusque dans les grandes villes flamandes) et que la Flandre croupissait dans la misère et sous la chape d’un cléricalisme flamand très puissant. On connaît la suite : les Belges se sont sécularisés, la Wallonie s’est appauvrie avec la fermeture des charbonnages et l’effondrement de la sidérurgie et la Flandre en revanche est devenue extrêmement prospère grâce à une main-d’œuvre industrieuse, un accès facile à la mer (Anvers et Zeebruge) et la perte d’influence de l’église catholique et aussi de la démocratie chrétienne au bénéfice de partis hyper nationalistes : la Volksunie et son puissant avatar la Nieuw-Vlaamse Alliantie, la  N-VA de Bart De Wever). D’unitaire et centralisée la Belgique est devenue fédérale (un État fédéral et des régions fédérées) et elle se prépare à devenir confédérale c’est-à-dire une nation composée de deux Etats autonomes (quid de Bruxelles ?).

François Perrin, le plus visionnaire et surtout le plus lucide de tous les politiciens wallons était persuadé qu’il y avait une nation flamande et une nation wallonne résiduelle. Les faits lui donnent raison et nous vivons désormais une situation parfaitement insupportable : un gouvernement dominé par des ministres qui adhèrent à la vision confédérale et font indirectement la preuve des dysfonctionnements, voire du non fonctionnement de l’État fédéral. Avec les attentats barbares qui ont endeuillé notre pays cette situation semble atteindre un insupportable paroxysme. On en vient à se demander ce qui vraiment se passera à l’issue des élections fédérales de 2019.

 

Plus grave, en refusant de mettre ensemble tous ces morceaux, et de jouer l’efficacité d’un ensemble belge qui continue d’exister, et reste extrêmement nécessaire. Perdant de vue les vrais enjeux :  

«Comment avons-nous laissé pendant près de 40 ans l’islam wahhabite prendre toute cette place dans les mosquées, librairies, quartiers ? Comment avons-nous pu laisser l’institution scolaire si immobile ? Comment en est-on arrivé à une société où il est si difficile d’échanger des idées ? », interroge aujourd’hui le professeur de Najim Laachraoui, l’un des assassins kamikazes de Zaventem, dans une carte blanche au Soir.

Cette question est tout à fait fondamentale et il est rassurant qu’elle soit posée par un enseignant.

Les enseignants Bruxellois ont pu au fil des décennies observer la lente dégradation de leurs conditions de travail sous l’influence de directives ministérielles de plus en plus contraignantes et disons le carrément incohérentes et démagogiques édictées  par des gens comme Busquin, Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Marie Arena, Joëlle Milquet.

Tous n’avaient qu’un mot à la bouche : la démocratisation des études.

Ils obtinrent l’inverse, selon le mot terrible de mon ancien préfet : la démocrétinisation des études dont les effets pervers se font sentir partout à Bruxelles et pas seulement à Molenbeek


MG


 

ATTENTATS DE BRUXELLES: DES SMS DE PROPAGANDE DJIHADISTE SERAIENT ENVOYÉS AUX JEUNES

Le Soir Belga

« Il faut agir et mettre ces recruteurs hors d’état de nuire », interpelle le député socialiste bruxellois Jamal Ikazban.

•                                           Jamal Ikazban (PS) © Belga

Le député socialiste bruxellois Jamal Ikazban, dans l’opposition au conseil communal de Molenbeek, a averti lundi la police fédérale et le ministre de l’Intérieur Jan Jambon que des SMS de propagande djihadiste ont été diffusés auprès des jeunes de sa commune.

Jamal Ikazban a fait savoir lundi sur le réseau social Twitter que les jeunes de sa commune bruxelloise étaient «  victimes de SMS de propagande  ». «  Il faut agir et mettre ces recruteurs hors d’état de nuire  », a-t-il interpellé la police fédérale et le ministre de l’Intérieur par le même biais durant le week-end pascal.

« COMBATTRE LES OCCIDENTAUX »

Selon une image d’un SMS, qu’il a publié sur Twitter, ces messages avaient pour contenu « Mes frères, pourquoi ne pas nous rejoindre combattre les Occidentaux ? Faites les bons choix dans votre vie. » Selon un article publié par le quotidien britannique The Guardian, ces SMS auraient été envoyés dimanche soir d’un numéro associé à une carte SIM prépayée qui ne pouvait pas être tracée.

Le député Ikazban a affirmé à ce journal que les auteurs de ces SMS étaient comme« des dealers de drogue devant la porte de nos écoles. Ils doivent être hors de nos rues. Ce sont des prédateurs et nos jeunes en sont les victimes ».

Cela fait une semaine qu’un double attentat-suicide revendiqué par l’État Islamique a frappé Bruxelles, tuant 35 personnes et faisant près de 340 blessés.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES DEALERS  DEVENUS  RECRUTEURS


"les auteurs de ces SMS sont comme« des dealers de drogue devant la porte de nos écoles. Ils doivent être hors de nos rues. Ce sont des prédateurs et nos jeunes en sont les victimes ».

Première réflexion : est-il acceptable qu’un Etat organisé tolère comme il le fait depuis de décennies la présence de daelers dans les villes et singulièrement à la porte des écoles. Que n’a-t-on dénoncé le laxisme et l’irresponsabilité de certains juges à Bruxelles ? Aujourd’hui, les dealers se sont métamorphosés en agents recruteurs de Daech avec la quasi bénédiction des autorités publiques. Et on s’étonne que la situation se soit détériorée au point d’entraîner les pires attentats ? La responsabilité des politiciens municipalistes électoralistes etopportunistes est écrasante.  Mais chacun s’empresse de se déresponsabiliser et d’accuser l’autre.

MG




"A MOLENBEEK, LE DISCOURS DE DAECH S'INFILTRE À PETITES DOSES"

Patricia Neves Marianne

 

Sa famille a longtemps habité Molenbeek, cette commune de Bruxelles où ont grandi certains des principaux auteurs des attentats de Paris. Observateur du conflit syrien (pro-Assad) notamment pour la télévision publique belge (RTBF), auteur de "Syriana, la conquête continue", Bahar Kimyongur revient pour "Marianne" sur la communautarisation galopante de ce repère populaire de la capitale belge.


Molenbeek, un quartier de moins en moins ouvert à l'altérité - Amaury Miller/Hollandse H/SIPA


MARIANNE : VOTRE FAMILLE A LONGTEMPS HABITÉ MOLENBEEK, CETTE COMMUNE DE BRUXELLES OÙ ONT GRANDI CERTAINS DES PRINCIPAUX TERRORISTES DES ATTENTATS DE PARIS. POUVEZ-NOUS NOUS DÉCRIRE LE QUARTIER ? 

Bahar Kimyongur : La commune se partage entre le "bas" Molenbeek(Ribaucourt, Etang noir…) et le "haut". Les habitants sont pour la plupart issus de l'immigration marocaine. Le bas, (où vit encore la famille Abdeslam, et où le père d’Abdelhamid Abbaoud tenait un magasin, ndlr) est traversé par la Chaussée de Gand, une chaussée commerçante. On y trouve beaucoup de magasins alimentaires, de magasins de vêtements, (des vêtements de cérémonie, pour les mariages notamment), mais aussi beaucoup de magasins avec les codes vestimentaires religieux. Il y a aussi plein d’organisations caritatives, d’associations de jeunes, de librairies islamiques, etc. Le tout nourrit une ambiance très puritaine. Il est de plus en plus rare de voir des gens non musulmans, à part quelques groupes d’immigrés d’Europe de l’Est, des roumains, des polonais etc. C’est donc un quartier de moins en moins ouvert à l’altérité et où la propagande religieuse, très diluée, se retrouve dans des discussions banales qui font penser aux discours de Daech mais à petites doses.

QU’EST CE QUI A CHANGÉ DEPUIS L’ARRIVÉE DE LA PREMIÈRE VAGUE DE TRAVAILLEURS IMMIGRÉS ?

Bahar Kimyongur : Ce qui a changé c’est l’engouement qu’il y a pour la religion, il y a une religiosité, mais pas la religiosité qu’on a connue dans les années 70. A l’époque, les immigrés étaient des travailleurs organisés avec d’autres immigrés, ils avaient l’habitude de côtoyer des Italiens, des Espagnols, etc. Maintenant on a affaire à des guettos où la spiritualité, l’islam culturel, ouvert, bien plus tolérant et périphérique, si je puis dire, dans la vie quotidienne, a quasi disparu. Il y a une véritable surenchère fétichiste. On affirme de plus en plus son code vestimentaire par exemple. 

DE QUEL OEIL LES HABITANTS VOIENT-ILS LA SITUATION ACTUELLE ?

Bahar Kimyongur : J’ai tendu l’oreille à une discussion l’autre jour. Il y en a qui trouvent que c’est la faute à Israël. Il y en a qui parlent de complot. Il y a encore et toujours ce déni de réalité. Il y a aussi beaucoup de musulmans qui me disent, ici dans le quartier, "je regrette l’islam de mes grands parents."C’est une phrase qui revient souvent dans les conversations avec les musulmans libéraux, la quarantaine. C’est une phrase que j’ai entendue plein de fois à Molenbeekprononcée par ceux qui ont peur du discours religieux et qui aimeraient pouvoir déménager. Les musulmans fuient les musulmans pour avoir plus de liberté.

 UN QUART DES JEUNES ORIGINAIRES DE BRUXELLES PARTIS EN SYRIE (197 SELON LE DÉCOMPTE OFFICIEL) EST ORIGINAIRE DE LA COMMUNE DE MOLENBEEK. COMMENT CELA SE TRADUIT-IL AU QUOTIDIEN ?

Bahar Kimyongur : Si tu viens à Molenbeek et que tu demandes "connaissez vous quelqu’un qui est en Syrie ?", tu tomberas d’office sur quelqu’un qui te dira oui. Tout le monde connaît quelqu’un. Mais il y a comme une sorte d’omerta. On n’en parle pas. Le plus effrayant c’est que les familles vivent avec. Toutes les familles quasiment sont touchées, de près ou de loin… Certaines disent : "on n’est pas d’accord mais que peut-on faire, on ne peut pas abandonner notre fils ou notre fille". D'autres envoient même de l’argent à leur enfant en Syrie via la Turquie. Il y a plusieurs femmes, belges notamment, qui étaient à Raqqa - elles ont peut-être bougé à cause des bombardements - qui ont reçu, pour au moins deux d'entres elles, de l'argent de leur famille ici. Et ce ne sont vraiment pas des cas isolés.

COMMENT SE FAIT LE RECRUTEMENT, LE DÉPART DE CES JEUNES ?

Bahar Kimyongur : Il y a différents types de recrutement. Il y a des recrutements ponctuels dans un chicha bar, dans la rue, parfois ça va tellement vite, qu'il suffit de deux ou trois discussions pour que le jeune soit parti. Ce jeune reçoit alors des consignes pour ne pas attirer l’attention, des indications sur les lieux à fréquenter ou ne pas fréquenter, sur les habits à porter ou ne pas porter… Le pôle de recrutement n’est par conséquent pas forcément la mosquée, d’ailleurs ça l’est de moins en moins parce que les mosquées sont davantage contrôlées. Et puis il y a internet. Ces jeunes sont hyper connectés, il suffit à quelqu’un de vouloir partir sur un coup de tête, à l’arrivée il y aura toujours une personne pour l’accueillir, une personne qui connaît la piste permettant de franchir la frontière turco-syrienne. Cette hyper connexion est inquiétante, cela signifie que Daech continue de recruter à distance. En même temps, plus on creuse plus on voit que ceux qui partent sont à chaque fois des personnes qui se connaissent. Ces jeunes partent souvent par groupe et sont de plus en plus dans une logique de clandestinité...


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ET PUIS IL Y A INTERNET


Pour qui n’aurait toujours pas compris :

Il y a des recrutements ponctuels dans un chicha bar, dans la rue, parfois ça va tellement vite, qu'il suffit de deux ou trois discussions pour que le jeune soit parti. Ce jeune reçoit alors des consignes pour ne pas attirer l’attention, des indications sur les lieux à fréquenter ou ne pas fréquenter, sur les habits à porter ou ne pas porter… Le pôle de recrutement n’est par conséquent pas forcément la mosquée, d’ailleurs ça l’est de moins en moins parce que les mosquées sont davantage contrôlées.

On nous répète à longueur de colonnes que l’enseignement a failli à sa mission éducatrice et émancipatrice. L’enseignement de Wallobrux avec ses multiples réseaux est le plus cher d’Europe et en même temps le plus discriminatoire et ceci par la volonté du politique.

Mais surtout, pour le concurrencer et le court-circuiter, il y a internet. 

Ces jeunes sont hyper connectés, il suffit à quelqu’un de vouloir partir sur un coup de tête, à l’arrivée il y aura toujours une personne pour l’accueillir, une personne qui connaît la piste permettant de franchir la frontière turco-syrienne. Cette hyper connexion est inquiétante, cela signifie que Daech continue de recruter à distance. En même temps, plus on creuse plus on voit que ceux qui partent sont à chaque fois des personnes qui se connaissent. 

Un rapide coup d’œil dans la presse étrangère révèle une évidence : l’image de la Belgique à l’étranger n’a jamais été aussi lamentable. C’est bien pire que du temps de l’affaire Dutroux qui pourtant l’avait fait tomber très bas. Ce qui dysfonctionne depuis plus de quarante ans dans ce pays, ce n’est pas le secteur privé, ce ne sont pas les enseignants mais c’est un classe politique de plus en plus irresponsable et osons le dire globalement médiocre. On me dira que ce n’est guère plus brillant en France. Ce n’est ni une excuse, ni une consolation. Il ne nous manquait qu’une démonstration musclée de l’extrême droite. Dimanche 450 hooligans fanatisés ont assuré le spectacle  et mis Bruxelles en émoi. Pauvre Belgique, pauvre Bruxelles.


MG  

 

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