samedi 26 mars 2016

Bart De Wever: «Comment Philippe Moureaux ose encore se montrer?»

Le Soir

Belga

Le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever tire à boulets rouges sur les juges et des politiques bruxellois (PS et CDH). Selon lui, PS et CDH sont en partie responsables du dénigrement subi par la Belgique.



•                                                      © Belga

Le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever dénonce le « laxisme » et la « naïveté » des juges et des politiques bruxellois, le PS et le CDH, dans une interview à l’Echo quatre jours après les attentats qui ont frappé la capitale et l’aéroport national.

« LES JUGES SONT D’UNE NAÏVETÉ CONFONDANTE »

Il a beaucoup été question cette semaine du cheminement des frères El Bakraoui, deux des kamikazes des attentats, qui avaient fait l’objet d’une libération conditionnelle. Le ministre de la Justice Koen Geens a donné vendredi au parlement le détail de leur parcours, soulignant que leur reclassement après une condamnation pour des faits de banditisme était en bonne voie jusqu’à la mi-2015 où ils n’ont plus répondu aux sollicitations. La commission d’enquête parlementaire qui sera installée dans les prochaines semaines pourrait se pencher sur les libérations conditionnelles.

«  Sur les décisions de juges – je ne parle évidemment pas des Parquets – je trouve qu’ils sont d’une naïveté confondante  », indique samedi Bart De Wever. «  À Bruxelles, les cours et tribunaux qui décident sur les applications des peines ont une vision trop optimiste de la nature humaine. C’est un euphémisme pour dire qu’ils sont naïfs  », souligne-t-il, précisant que «  si on tire avec une kalachnikov sur la police aux États-Unis, je ne pense pas que vous serez sorti de prison après quatre ans  ». Parmi les deux frères, seul Ibrahim El Bakraoui a fait l’objet d’une décision du tribunal d’application des peines bruxellois. Le président du tribunal de première instance de Bruxelles Luc Hennart a souligné vendredi que le tribunal d’application des peines n’avait rien eu à se reprocher dans le dossier et précisé que le Parquet aurait pu, lui, ordonner l’arrestation provisoire de l’intéressé à partir du moment où il ne respectait plus les conditions de la libération provisoire.

« LES RESPONSABLES DU PS ET DU CDH ONT LAISSÉ POURRIR CETTE SITUATION »

Au-delà du volet judiciaire, Bart De Wever s’en prend également samedi à la gestion de Bruxelles, au PS, au CDH, à l’ancien bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux. Il dit avoir convaincu le ministre de l’Intérieur Jan Jambon de ne pas démissionner au lendemain des attentats car il faut « nettoyer tout ce bazar ». Bart De Wever se dit interpellé par de nombreux francophones qui l’appellent à « continuer le travail  » à Molenbeek «  maintenant que le PS et Moureaux sont partis ».

Le président de la N-VA rend le PS et le CDH pour partie responsables du dénigrement subi par la Belgique même s’il le juge excessif alors que ni les Français ni les Américains n’ont pu non plus empêcher des attentats sur leur territoire. «  Les responsables du PS et du CDH ont laissé pourrir cette situation et la Belgique entière est pointée du doigt parce qu’on a tout permis à Molenbeek  », dénonce-t-il, se demandant comment «  un homme comme Philippe Moureaux ose encore sortir de chez lui et se montrer  ».

Revenant sur la longue traque de Salah Abdeslam, Bart De Wever se dit interpellé par sa disparition pendant quatre mois, «  en étant l’homme le plus recherché du monde et personne ne vous arrête  ». Et «  quand on vient vous arrêter, il y a des manifestations de soutien, c’est incroyable et je ne peux pas m’imaginer que la même chose se produise à Anvers  ».

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PARANOÏA?

 

Lorsque le parti de Bart de Wever rejoignit la coalition fédérale dite la suédoise, on allait voir ce qu’on allait voir. Et voici que jour après jour, sous le coup de butoir des terroristes islamistes, le principal pion de Bart de Wever, le puissant ministre de l’intérieur est mis en difficulté edoit présenter sa démission au premier ministre qui la refuse. La N-VA est schizo, elle est à la fois dans le gouvernement et hors de la coalition.  Il accuse un lampiste d’avoir provoqué sa chute, autrement dit un bouc émissaire : ce serait magnifique si c’était un francophone de signature PS.

Résumé en une phrase : en deux jours, la suédoise est devenue kamikaze.

Acculé par les faits, désavoué par les sondages le Lord-Maire anversois se métamorphose  en une mauvaise copie de Donald Trump qui tire sur tout ce qui bouge, même sur Angela qu’il vilipende (voir article du Spiegel) mais plus précisément sur tout ce qui est belge et singulièrement francophone et de préférence socialiste et/ou CD-H.

C’est la preuve que l’homme fort de la N-VA est aux abois et il surexpose son image médiatique.

Mais quelle que soit l’antipathie qu’on éprouve pour la coalition dirigée par Charles Michel, il ne faut surtout pas qu’elle tombe maintenant.

Le pays sonné par les attentats a besoin de stabilité et de confiance. Le retenue prudente de Elio Di Rupo indique qu’il n’a absolument pas l’intention de précipiter le pays dans une crise de régime plus aigüe encore que la crise royale.  Il sera toujours temps de revenir aux affaires en 2019.


MG

 

 


MISSLUNGENE INTEGRATION: ANTWERPENS BÜRGERMEISTER WIRFT MERKEL "EPOCHALEN FEHLER" VOR

Bei der Integration muslimischer Jugendlicher hat Belgien versagt, sagt Bart De Wever, Bürgermeister von Antwerpen, im SPIEGEL-Gespräch. Angesichts dessen gehe die Flüchtlingspolitik von Kanzlerin Merkel in die falsche Richtung.

Der Vorsitzende der Neu-Flämischen Allianz (N-VA), der stärksten politischen Kraft in Belgien, Bart De Wever, hat Versäumnisse bei der Integration muslimischer Jugendlicher in seinem Land eingeräumt. "Wir waren nicht in der Lage, ihnen eine flämische Version des amerikanischen Traums anzubieten", sagte De Wever dem SPIEGEL. "Das ist unser Problem." 

Vor dem Hintergrund der Integrationsprobleme vieler europäischer Staaten gehe die Flüchtlingspolitik von Kanzlerin Angela Merkel in die falsche Richtung, so der belgische Politiker, der auch Bürgermeister von Antwerpen ist. Die Politik der offenen Grenzen sei ein "epochaler Fehler".

Im Gespräch mit dem SPIEGEL, das vor den Anschlägen von Brüssel geführt wurde, kritisierte De Wever zudem den ineffizienten Staatsapparat Belgiens. Er sei "langsam, kompliziert, nicht effizient. Politiker in Belgien arbeiten oft wie Handwerker in alten Häusern: Es wird ohne Blaupause vor sich hingewerkelt." Auch die Europäische Union biete keine Lösung, so De Wever. "Europa entwickelt sich leider zu einem großen Belgien, anstatt Belgien zu einem kleinen Europa."




LA FRANCOPHONIE, CLÉ DE LA RADICALISATION DJIHADISTE ?

Afp

Les valeurs politiques et culturelles françaises jouent paradoxalement un rôle clé dans la radicalisation islamiste, affirment deux chercheurs américains, vivement contestés par l’ambassadeur de France aux États-Unis. « Une insulte à l’intelligence », estime-t-il…



•                                      ©Joakeem Carmans (st.)

Les récents attentats de Bruxelles, précédés de ceux de Paris en janvier et novembre 2015, «  illustrent une vérité troublante : le danger que posent les djihadistes est plus grand en France et en Belgique que dans le reste de l’Europe  », écrivent William McCants et Christopher Meserole de la Brookings Institution, un prestigieux centre d’études américain. De fait, «  aussi bizarre que cela puisse paraître, quatre des cinq pays enregistrant les plus forts taux de radicalisation dans le monde sont francophones, dont les deux premiers en Europe  », relèvent ces deux chercheurs dans un article intitulé « The French Connection », publié jeudi dans la revue Foreign Affairs.

« Une insulte à l’intelligence »

«  Ce texte ne fait aucun sens méthodologique. C’est une insulte à l’intelligence. De Proust à Daesh (le groupe État islamique) ? », a réagi l’ambassadeur de France aux États-Unis Gérard Araud sur son compte Twitter personnel. «  La Belgique est à 45 % francophone. Sa culture politique est sensiblement différente de celle de la France  », a-t-il souligné. Les deux auteurs de l’étude disent avoir étudié le contexte d’origine des étrangers ayant basculé dans le djihadisme, pour aboutir à cette conclusion « surprenante » : le premier facteur n’est pas qu’ils viennent d’un pays riche ou non ou d’un pays éduqué ou non ; le premier facteur n’est pas non plus qu’ils soient eux-mêmes riches ou non, qu’ils aient un bon accès à l’internet ou pas. Le premier facteur est, selon eux, qu’ils proviennent d’un pays francophone ou qui a eu le français comme langue nationale. L’explication qu’ils avancent se résume en trois mots : la « culture politique française ».

«  L’approche française de la laïcité est plus incisive que, disons, l’approche britannique. La France et la Belgique, par exemple, sont les deux seuls pays européens à bannir le voile intégral dans les écoles publiques  », notent MM. McCants et Meserole.

CHÔMAGE ET URBANISATION, LE COCKTAIL DÉTONNANT

Les deux chercheurs affirment se fonder sur les nombres de djihadistes rapportés à la population musulmane des pays observés. Ainsi, disent-ils, «  par habitant musulman, la Belgique produit nettement plus de combattants étrangers que le Royaume-Uni ou l’Arabie Saoudite  ». Auteur de l’ouvrage « The ISIS Apocalypse » sur le groupe État islamique, William McCants est un spécialiste reconnu du monde islamique au sein du Center for Middle East Policy, spécialisé dans l’implication des États-Unis dans cette région. Il conseille d’autre part le département d’État américain sur les questions d’extrémisme religieux. Lui et M. Meserole insistent également sur un important sous-facteur : l’interaction entre les taux d’urbanisation et de chômage chez les jeunesQuand le taux d’urbanisation est de 60 à 80 %, avec une proportion de jeunes désœuvrés de 10 à 30 %, alors apparaît une poussée de l’extrémisme sunnite. Or ces cas de figure s’observent surtout dans des pays francophones, assurent-ils.

Résultat, certaines banlieues de Paris, Molenbeek (Belgique) ou Ben Guerdane (Tunisie) génèrent proportionnellement un nombre « extrêmement important » de candidats au djihad, constatent-ils. Face à ce cocktail mêlant culture politique française, urbanisation et chômage des jeunes, William McCants et Christopher Meserole concèdent en être réduits à une « conjecture » qu’ils développent ainsi : « Nous supposons que lorsqu’il existe de fortes proportions de jeunes sans emploi, certains d’entre eux sont voués à la délinquance. S’ils vivent dans des grandes villes, ils ont davantage d’occasions de rencontrer des gens ayant embrassé une doctrine radicale. Et quand ces villes sont dans des pays francophones ayant une conception virulente de la laïcité, alors l’extrémisme sunnite apparaît plus séduisant  ».

 

 

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