mardi 15 mars 2016

Johan Van Overtveldt, une certaine idée de l'incompétence

C'est d'un grand dommage pour la science et encore plus pour ses sujets d'étude, mais la psychologie systémique envisage peu les boîtes crâniennes des politiques.


Johan Van Overtveldt © BELGA

Le psychisme d'un politicien est pourtant soumis à de tels stimuli qu'il recèle souvent de ces trésors de névrose et de ces merveilles de psychoses qui font avancer la connaissance des profondeurs de l'âme humaine. 

Pensons à ce concept de double contrainte, que, depuis son bureau de Palo Alto, l'Anglo-Américain Gregory Bateson considérait comme une des causes de la schizophrénie. Il évoquait ces injonctions paradoxales par lesquelles le contexte de l'énoncé annule l'énoncé lui-même, paralysant par ce fait même la personne qui le reçoit.

Interdire à quelqu'un d'obéir, c'est ainsi de la double contrainte.

Forcer quelqu'un à être spontané, c'est ainsi et aussi une injonction paradoxale.

Or, aujourd'hui, les exigences qui s'imposent au monde politique pourraient remplir tous les rayons de toutes les bibliothèques de tous les dictionnaires de l'injonction paradoxale et des encyclopédies de la double contrainte.

Car nous, journalistes, et vous, opinion publique, avons fait du monde politique une usine à schizophrènes.

Regardez un peu.

Aujourd'hui, chez nous, pour réussir une carrière politique, il faut :

1.a) Être bien élu par beaucoup d'électeurs, car sinon on est une créature de la particratie

MAIS

b) ne pas vouloir être élu par beaucoup d'électeurs, car sinon c'est de l'électoralisme et de l'opportunisme et de la lâcheté et où sont les hommes d'Etat courageux ?

2. a) Être réactif et à l'écoute et attentif aux préoccupations de l'opinion publique, car sinon on est inhumain

MAIS

b) ne pas se laisser guider par les flux et les reflux de l'opinion publique, car sinon on est un démagogue

3. a) Avoir des valeurs et un idéal, car sinon on est une girouette et un invertébré qui ne pense qu'à la prochaine échéance électorale sans vision à long terme

MAIS

b) ne pas poser d'actes en fonction de ces valeurs, car sinon on est un idéologue et ce n'est pas pragmatique

4. a) Travailler toute les journées et toutes les nuits au parlement, car sinon on est un fainéant et un profiteur

MAIS

b) être toujours sur le terrain, passer ses journées et ses nuits avec les vraies gens et leurs vrais problèmes, et faire soi-même ses courses et s'acheter soi-même son ticket de métro comme un homme ordinaire, car sinon on est déconnecté du quotidien de la population.

5. a) Ne pas montrer qu'on sait trop bien de quoi on parle, car sinon on est un prétentieux et un technocrate

mais

b) tout connaître sur tout et en particulier sur les dossiers dont on s'occupe, depuis le début et jusqu'à la fin, car sinon on est un incompétent.

Entre autres.

Difficile de ne pas devenir fou. En politique il y en a, peu, qui le sont depuis toujours et il y en a, beaucoup, qui le sont devenus.

Dans tous les parlements.

Dans tous les gouvernements.

Dans tous les partis.

Mais pas Johan Van Overtveldt.

Le ministre N-VA des Finances, ancien journaliste économique et enthousiaste zélateur du capitalisme dérégulé.

Cette semaine, on l'a beaucoup taxé d'incompétence.

Tout ça parce que son gouvernement doit trouver deux ou trois milliards d'euros d'urgence et que c'est parce qu'il n'a pas été capable de récolter l'argent qu'il avait promis de récolter au moment où ses amis et lui demandaient à pouvoir dépenser cet argent qu'il promettait de récolter.

Or Johan Van Overtveldt n'a rien d'un incompétent.

Il est ennuyeux , il n'est pas très beau , il est flamand, il est nationaliste , il est libéral , ça oui.

Mais il est tout sauf incompétent.

Et il n'est pas fou du tout. Il n'est pas schizophrène. Il est tout ce qu'il y a de plus cohérent. Il est même pour tout dire monomaniaque. Et il sait ce qu'il fait 

C'est que l'Etat belge l'énerve. Parce qu'il est belge, bien sûr. Mais surtout par ce que c'est un Etat. Car le nationaliste flamand qui est ministre belge des Finances n'aime pas la Belgique, et il déteste les impôts.

Et avec ça il raisonne simplement.

Johan Van Overtveldt fait croire qu'il va faire rentrer des impôts dans les caisses de l'Etat belge, fait programmer des dépenses, puis ne fait rien rentrer dans les caisses de l'Etat belge .

Donc il contraint l'Etat belge à une contrainte double, mais qui n'est pas une injonction paradoxale : pour équilibrer ses comptes, le gouvernement fédéral va

1) éroder, délaisser ou abandonner certaines missions et services publics, notamment sociaux, qui relèvent de la solidarité interpersonnelle nationale et 

2)autoriser, obliger ou encourager le marché ou d'autres niveaux de pouvoir, notamment régionaux, à se charger des missions et services érodés, délaissés ou abandonnés.

C'est comme ça que Johan Van Overtveldt sortira de cet ajustement budgétaire et de cette législature avec moins d'Etat d'abord et moins de Belgique ensuite.

L'opposition crie, déplore l'incompétence et le manque de professionnalisme de Johan Van Overtveldt. Même certains partenaires au gouvernement s'en torsadent un peu bruyamment le pharynx.

Il s'en fout, Johan Van Overtveldt. Parce qu'à la fin, il aura ce qu'il voulait depuis le début : moins d'Etat donc moins de Belgique.

Ca tombe bien, c'est aussi ce que son parti voulait.

C'est donc bien qu'il est vachement compétent.

Et pas fou.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« MOINS D'ETAT D'ABORD ET MOINS DE BELGIQUE ENSUITE »


Chassez le communautaire, il revient au galop. La preuve :

Cette analyse du Vif, pleine d’ironie, n’est pas sans pertinence, loin s’en faut.

L’ambition de limiter les prétentions de ce gouvernement à des objectifs économiques et donc forcément budgétaires est en train de faire long feu. Des voix puissantes et sonores s’élèvent donc autour de la N-VA pour ressortir le communautaire du frigo. 

M. Stoffelen a conseillé aux représentants N-VA au gouvernement fédéral de remettre le communautaire le plus vite possible sur la table. "Nous pensons qu'un grand chef ne laisse pas ses meilleurs ingrédients au frigo des années. Tôt ou tard, il faudra rouvrir le dossier", a-t-il plaidé.

C’est vraiment un coup dur pour le gouvernement Michel, le premier du nom et sans doute le seul car il y a fort à parier qu’il n’y en aura pas de second. Les commentateurs sont de plus en plus sceptiques quant à la longévité de la Suédoise qui de plus en plus prend des allures de kamikaze. De plus, le CD&V en profite pour se profiler aux dépens du parti de Bart De Wever.

Charles Michel aura de plus en plus de mal à tenir sa majorité. Mais rien ne serait plus mal venu dans le contexte international qu’une crise, dans le pays qui abrite la capitale de l’Europe, suivie d’élections et d’une interminable période sans gouvernement. 


Maar wat zijn de alternatieven voor de regering Michel? Naar nieuweverkiezingen gaan met als thema de asiel en migratieHet zal voorvele partijen een slechte verkiezingszondag worden.

Een nieuwe coalitie maken? Met wie en welk programma? Dan komteen traditionele tripartite naar voor, maar dat zou voor de liberaleneen afgang worden. Zo rest alleen nog een herstart van de huidigeregering en met eventueel wat nieuwe personen en/of een herwerktprogramma.

De huidige Zweedse coalitie wist al in 2014 dat zij de laatstebewindsploeg zou zijn die de hervormingen moest doorvoeren om ditland bij de Duits-Scandinavische groep te laten aansluitenAls datniet gebeurtbehoort België voortaan tot de zuidelijke groep met allegevolgen voor onze welvaart. De regering Michel heeft eenexistentieel probleem en deze begrotingscontrole is op zijn minst een'wake up call '. Een goede raad : de kiezer straft geen beleid af, maar een gebrek aan beleid. (prof Herman Matthijs (U Gent, VUB in Knack)

MG

 

 

L'ORGANISATEUR DE LA FÊTE DU CHANT FLAMAND DEMANDE DE 

SORTIR LE COMMUNAUTAIRE DU FRIGO

BELGA Le Soir 

Quelques milliers de flamingants se sont réunis dimanche à la Lotto Arena d'Anvers pour la 79e "Fête nationale flamande du chant" (Vlaams Nationaal Zangfeest). Plusieurs mandataires N-VA étaient, comme de coutume, de la partie, dont les ministres Ben Weyts et Steven Vandeput ainsi que les députés Jan Peumans et Siegfried Bracke. Dans son discours, l'organisateur de l'événement a appelé à ne plus laisser le communautaire trop longtemps au frigo. La Fête du chant flamand a à nouveau fait le plein cette année. Grâce au choix de laisser les enfants de maximum 12 ans entrer gratuitement, la Lotto Arena était remplie de parents ou grands-parents accompagnés d'enfants. Ils auront pu assister à un mélange de classiques du chant flamand, de danse et de musique néerlandophone plus contemporaine.

"La Fête du chant est une fête, mais beaucoup se demandent s'il y a quelque chose à fêter", a affirmé Erik Stoffelen, le président de l'"Algemeen Nederlands Zangverbond" et organisateur de cet événement nationaliste annuel. "Nos griefs sont énormes, nos exigences légitimes pas moindres et nous argumentons depuis si longtemps pour la même chose", a-t-il dit, déplorant que l'heure ne soit toujours pas à l'indépendance de la Flandre.

M. Stoffelen a conseillé aux représentants N-VA au gouvernement fédéral de remettre le communautaire le plus vite possible sur la table. "Nous pensons qu'un grand chef ne laisse pas ses meilleurs ingrédients au frigo des années. Tôt ou tard, il faudra rouvrir le dossier", a-t-ilplaidé.

S'il comprend que la "population souhaite vivre dans un pays normal", où les discussions politiques concernent avant tout le socio-économique, "nous ne vivons pas dans un pays normal", a-t-ilharangué.

 

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