jeudi 14 avril 2016

La Belgique parmi les pays riches où les inégalités entre enfants sont les plus criantes


BELGA  La Libre Belgique


Les écarts entre les enfants les plus défavorisés des pays riches et ceux qui se situent dans la moyenne continuent de se creuser, alerte le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) dans une étude publiée jeudi. Sur 35 pays de l'UE et de l'OCDE classés selon leurs performances en matière d'égalité de bien-être entre enfants, la Belgique figure seulement à la 29e position.
L'étude a comparé les inégalités en termes de revenus, de réussite scolaire, de santé et de satisfaction générale des enfants de la "partie inférieure" des pays riches, c'est-à-dire entre les 10% les plus bas de la distribution et l'enfant "moyen" de ces pays. Les données sont notamment basées sur les statistiques de l'UE et sur les dernières enquêtes Pisa (2012) et HBSC (2013-2014).
Sur les 35 Etats repris dans le classement général, la Belgique ne figure qu'à la 29e place. Principal point noir: l'enseignement. Notre pays est celui qui présente le deuxième plus gros écart de réussite scolaire. Seul Israël fait pire. Autre contre-performance: le fossé qui sépare les enfants les moins satisfaits de leur vie du degré de satisfaction moyen.
Avec près de 30% d'écart, la Belgique est classée 30e sur 35. Alors que, en moyenne, les enfants de 11, 13 et 15 ans font état d'un taux de satisfaction de 8 sur 10, 10% évaluent leur satisfaction à moins de 4 sur 10. En ce qui concerne les deux autres types d'inégalités analysés, les revenus et la santé, la Belgique apparaît au milieu du classement. Mais sans le versement de prestations sociales, la Belgique serait le pays avec l'écart de revenu relatif le plus élevé (80,2%), met en lumière le rapport de l'Unicef.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE POISSON POURRIT PAR LA TÊTE 

Une poignée de barbares incultes mais farouches et déterminés s’introduisant par vagues successives dans un empire romain affaibli par une forme d’assoupissement des élites lui a donné le coup de grâce. Voilà qui ressemble à ce qu’on observe chez nous aujourd’hui. 
La différence ? C’est que tout va beaucoup plus vite aujourd’hui, de même le déclin. Les civilisations pourrissent par la tête comme le poisson. Raison de plus pour jeter nos dernières réserves financières  non pas dans l’achat de F35 pour aller bombarder Daech mais dans l’école pour bombarder l’ignorance et éradiquer la médiocrité et l’absence de toute forme d’esprit critique chez les ados qui à Molenbeek, Saint Josse, Schaerbeek et ailleurs  se laissent piéger par les instigateurs sournois définis par le Coran comme étant des maîtres de l’illusion.
L’état de l’enseignement est préoccupant en Wallonie et particulièrement à Bruxelles où se concentre une mouvance jihadiste et terroriste. Quelle est sa responsabilité relative dans les vagues d’attentats qui ont frappé Paris et Bruxelles ?  
Plus personne ne peut l' ignorer aujourd’hui : l’enseignement francophone de Belgique est dans une situation critique. Ce n’est pas qu’il soit sous-financé : il est à la fois le plus cher et le moins performant d’Europe avec ses quatre réseaux concurrents qui se partagent la manne des subsides. Une réforme, une révolution copernicienne s’impose. 

CERTAINS SE DEMANDENT COMMENT FONT LES FINLANDAIS.   RAPPELONS QUE L’UNE DES CARACTERISTIQUES ASSURANT LE SUCCES DE L’ENSEIGNEMENT FINLANDAIS, C’EST QU’IL EST ORGANISE SUR UNE BASE MUNICIPALE. UN BON MODELE POUR BRUXELLES ?
Claude Wachtelaer : Parler du modèle finlandais, c’est l’occasion de souligner quelques évidences trop négligées.
1° que la comparaison des systèmes d’enseignement est difficile.
2° qu’un modèle d’organisation ne tombe pas du ciel et n’est pas nécessairement le fruit d’une construction rationnelle. Un système d’enseignement, c’est surtout le produit d’une évolution historique.
Ceci dit la comparaison avec la Finlande permet surtout de mesurer l’écart entre nos deux modèles.
• Quatre réseaux chez nous, plus ou moins centralisés, un seul, décentralisé chez eux.
• Des réseaux historiquement influencés par les guerres scolaires et la rivalité cathos/anticléricaux chez nous ; un pays très homogène culturellement, sociologiquement et religieusement chez eux.
• Une profession enseignante hyper valorisée chez eux ; en crise profonde (image, pénurie) chez nous.
• Pas d’enseignement maternel chez eux ; 95% d’enfants scolarisés à ce niveau chez nous.
• Pas de sélection des élèves jusqu’à 16 ans, mais un couperet radical à ce moment en Finlande ; l’accès illimité à l’enseignement supérieur avec un diplôme de 7P chez nous … et j’en passe.

MG :EST-IL ENVISAGEABLE D’IMAGINER, COMME EN FINLANDE, UN RÉSEAU UNIQUE MUNICIPAL AU LIEU DES QUATRE RÉSEAUX ACTUELS ?
Contrairement à un certain nombre  de militants laïques (notamment du CEDEP) je ne me fais aucune illusion sur cette utopie, sympathique certes, mais hautement improbable.
Je rappellerais qu’il y a déjà eu une utopie de ce genre, l’école pluraliste, on sait ce qu’il en advint.
MG : EN GROS, QU’EST-CE QUI FAIT UNE BONNE ECOLE ?
CW :Je distinguerais deux choses. La gouvernance pédagogique et la gouvernance administrative du système scolaire.
Pour le pédagogique : une bonne école, c’est :
- Une vision pédagogique qui garantit un pilotage correct.
- Une équipe pédagogique stable, compétente et motivée
- Un bon chef
Pour l’administratif :
- Des processus et des procédures simples et efficace et donc une réduction de la charge bureaucratique.
- Une décentralisation réelle de la gestion
- Du personnel administratif compétent
- Un bon chef

MG : LA TRÈS DYNAMIQUE MAIS TRÈS BROUILLONNE JOËLLE MILQUET, FORCÉE DE FAIRE UN PAS DE CÔTÉ (IL N’EST PAS IMPOSSIBLE QU’ELLE REVIENNE) A MIS TOUTE L’ÉNERGIE DONT ELLE EST CAPABLE POUR NOUS CONSTRUIRE UN « ENSEIGNEMENT D’EXCELLENCE »   PHILIPPE MAYSTADT, FULMINE : L’ÉCOLE «  A BESOIN DE RÉFORMES. LES MOYENS DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE SONT IMPORTANTS. NOUS DÉPENSONS BEAUCOUP MAIS LES RÉSULTATS NE SONT PAS À LA HAUTEUR. » DÈS LORS, QUELLES RÉFORMES FAUT-IL ENTREPRENDRE ? POUR LUI LA FORMATION, LA SÉLECTION ET LE SOUTIEN AUX DIRECTIONS D’ÉTABLISSEMENT EST CAPITAL.  IL PLAIDE AUSSI POUR UNE AMÉLIORATION DE LA FORMATION, L’ACCUEIL ET L’ACCOMPAGNEMENT DES ENSEIGNANTS. IL FAUT PRENDRE LE TEMPS D’UNE VRAIE CONCERTATION ET SE METTRE D’ACCORD, NON PAS SUR DES ‘RÉFORMEKES’, MAIS SUR UNE GRANDE RÉFORME AMBITIEUSE. ». QU’EN PENSER ? LE PACTE D’EXCELLENCE NE SERAIT QU’UN CATALOGUE DE RÉFORMETTES ?
CW En effet, les délais sont irréalistes, mais – pire encore – la méthodologie est mauvaise.
Bernard Delvaux, directeur du GIRSEF – UCL a raison  quand il constate que la méthodologie du PEE n’a pas consacré assez de temps à une réflexion sur les finalités de l’enseignement et est passé trop vite à un travail sur des détails. Il a aussi raison quand il souligne que le souci de préserver le consensus empêche de réfléchir aux réformes radicales dont le système a besoin.
Or, une véritable réflexion sur les finalités de l’enseignement est indispensable dans un monde confronté à ce qu’on appelle la 4è révolution industrielle. 
 
MG : QUID ALORS DE L’INFORMATIQUE ET INTERNET  DANS LE RÉSEAU PUBLIC? NE DEVONS-NOUS PAS CONSIDÉRER QU’INTERNET CHANGE TOTALEMENT LA DONNE. QUESTION : LES ENSEIGNANTS, SONT-ILS SENSIBLES AU PROBLÈME ?
CW : Les écoles sont trop focalisées sur les problèmes de matériel (Mac ou PC, salles d’informatique ou Wi-fi généralisé) et pas assez sur l’influence que ces outils ont sur la manière d’enseigner : Cours en ligne, tableau blanc interactif, Mooc, n’en sont qu’à leurs balbutiements.
Et les jeunes enseignants ne sont pas vraiment formés à ces innovations ; Ils se contentent trop souvent d’utiliser Internet comme un grand rayon de plats (pédagogiques) préparés. Ils y puisent au hasard et ça n’améliore pas la cohérence pédagogique.

MG : QUID DU FACTEUR ENSEIGNANT (RECRUTEMENT, VOCATION, FORMATION INITIALE ET CONTINUÉE, SALAIRES, DÉPART AU BOUT DE CINQ ANS, RAPPORT À L’INFORMATIQUE ETC) ?
CW : Rappelons que, pour une communauté de moins de 5 millions d’habitants, nous nous payons le luxe d’avoir 3 ministres chargés de l’enseignement (enseignement supérieur, enseignement de plein exercice et enseignement de promotion sociale).
Et donc, par exemple le fournisseur d’enseignants (enseignement supérieur) et les utilisateurs (ses deux collègues) doivent se concerter pour harmoniser les choses.
La dévalorisation de la profession est patente. Les élèves instituteurs choisissent très majoritairement, cette filière après avoir tenté leur chance dans d’autres domaines. Un nombre significatif de ces étudiants sort des filières techniques et professionnelles et pas du général. Le déficit de compétences (maîtrise de la langue et culture générale) est interpellant, connu de tous dans le secteur – et totalement tabou.
Un autre signe de la dégradation de la profession – et ne voyez dans ce constat aucun sexisme – est évidemment la féminisation de la profession.
Le taux d’échecs en cours de parcours est important ; malgré l’’allongement des études l’aspect pratique des études est négligé. La suppression  des écoles d’application des écoles normales et leurs maîtres d’application, ces enseignants d’élite qui ont joué un rôle fondamental dans ma formation et celle de mes amis.
Enseigner, c’est un artisanat. Vous aurez beau bourrer quelqu’un de théories cela ne garantira pas que cet étudiant tiendra le coup face à une classe.
La notion d’exigence ou d’effort, n’est pas une idée de droite et la gauche aurait tout intérêt à se la réapproprier pour casser les effets pervers du pseudo déterminisme social. Le discours sur les bonnes écoles justifie, en creux, l’existence de ‘mauvaises écoles’ où l’’àquoibonisme’ des équipes pédagogiques risque de se voir renforcé. Or, il faut dire et répéter qu’il n’y a pas de définition de la ‘bonne école’ qui est un concept sans validation scientifique ; tout ce dont peut-être certain, c’est que les équipes de certaines écoles s’investissent plus que d’autres.
Si l’éducation est vraiment une priorité on ne devrait pas la confier à des enseignants, mal formés, mal rémunérés, mais rendus quasi intouchables par un statut hyper protecteur. 



La démission-sans doute provisoire de la super ministre de l’Education est un séisme au sein de la majorité qui dirige la Fédération Wallonie Bruxelles qui avait fait de la réforme de l’enseignement sa toute première priorité.
On voit mal parmi les ministériables qui aura la carrure pour mener ce chantier majeur à bonne fin. Le CDH devrait désigner son meilleur élément Melchior Wathelet par exemple (éloigné de la politique il pourrait y revenir pour relever ce défi des défis) ou le Président Lutgen lui-même.
Il y a péril à la demeure. A moins que : « pour fonctionner, un État faussement démocratique n’ait pas besoin d’une masse instruite ; il trouvera toujours l’élite dont il a besoin pour assurer son maintien et son fonctionnement, élite qui se formera ici ou là, selon telle ou telle méthode, et quel qu’en soit le prix. » (VE)
La situation est extrêmement préoccupante car elle plombe notre présent et met notre avenir en jeu.
L’assassinat judiciaire de Joëlle Milquet vise évidemment des pratiques de cabinet inadmissibles. En faisant rouler la tête de la Ministre de l’éducation maintenant (quatre mois avant la rentrée) la justice déstabilise définitivement la réforme en cours de l’enseignement. Malgré ses énormes défauts Joëlle Milquet eut l’immense mérite d’ouvrir le chantier le plus emblématique de la législature. Il est facile de trouver une autre ministre du budget, de l’énergie ou des transports. Remplacer Joëlle Milquet est une gageure, même ses adversaires-nous en sommes- sont d’accord sur ce point. 
On imagine que les réunions se succèdent également au quartier général du PS boulevard de l’empereur Di Rupo. C’est aussi un coup dur pour lui qui avait multiplié les concessions pour être agréable à son alliée Joëlle. Sans elle la coalition PS-CDH perd beaucoup de poids. C’est donc un séisme qu’a provoqué la justice : Le ministre-président wallon Paul Magnette a fait part de sa «  surprise  » J’ai été très surpris, c’est vrai, par l’inculpation d’une personnalité politique majeure  ». Il salue «  l’action et le courage de Madame Milquet  » : «  Elle a entamé un travail très important avec le pacte d’excellence sur l’enseignement, j’espère que son successeur pourra le poursuivre.  » «  C’est un fait très rare une inculpation  », estime le ministre-président PS. «  Surtout pour des faits qui donnent à penser que c’est quand même très léger. On ne parle pas d’emplois fictifs, on dit que des membres de cabinet auraient fait de la politique… Et bien oui, ils sont là pour faire de la politique  », tranche Paul Magnette avant d’ajouter qu’il y a «  quelque chose de curieux dans cette affaire  ».
There is something rotten in the kindom of Belgium.
Le poisson pourrit par la tête, les civilisations également.



 
PLUS OU MOINS D’ÉCOLE ? MODÈLE FINLANDAIS, CHINOIS, AMÉRICAIN ? 

Privatisation de l’enseignement ? Ce qui est évident, c’est qu’il s’agit d’un enjeu démocratique majeur. Celui sans lequel il n’y a tout simplement pas de démocratie. Et lorsque l’on constate la dégradation constante de la qualité de notre enseignement, les réformes absurdes qui y sont mises en œuvre, les programmes montés à l’envers par des « spécialistes » qui n’ont, à l’évidence, jamais mis les pieds dans une classe, on songe avec colère que les gouvernements successifs n’ont jamais eu, malgré leurs déclarations, l’enseignement comme priorité. Sans doute ne faut-il rien de moins qu’une révolution. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a urgence. Les attentats de Bruxelles et tous ceux qui ont précédé, sans parler de ceux qui risquent encore d’advenir, requièrent eux aussi une réponse de cet ordre : empêcher l’endoctrinement et valoriser une véritable instruction couplée à une éducation aux valeurs qui fondent notre démocratie.
Extrait de La chronique de Vincent Engel in Le Soir



Aucun commentaire: