dimanche 10 avril 2016

La N-VA veut une «monarchie républicaine»

Belga
Le Soir
Les députés fédéraux Hendrik Vuye et Veerle Wouters combattent la refédéralisation de certaines compétences.

• Hendrik Vuye fait partie d’un centre d’étude qui s’est fixé comme objectif «l’émancipation de la Flandre au sens large».

Les députés fédéraux Hendrik Vuye et Veerle Wouters (tous les deux N-VA) font paraître un livre la semaine prochaine plaidant pour l’instauration en Belgique d’une «monarchie républicaine» au sein de laquelle le Roi n’aurait plus qu’un rôle strictement protocolaire, ont-ils indiqué dans une interview àLa Libre Belgique.
Les deux députés ont été chargés par le président de la N-VA Bart De Wever de préparer le terrain pour négocier le confédéralisme de la Belgique en 2019. Ils font à ce titre désormais partie d’un centre d’étude qui s’est fixé comme objectif «l’émancipation de la Flandre au sens large».
Ils combattent ainsi la refédéralisation de certaines compétences aujourd’hui régionalisées. «On voit bien que tous les problèmes actuels se situent au niveau de la police, de la justice, de la sûreté de l’Etat... Ce sont justement les domaines encore fédéraux», font-ils valoir.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BIEDERMANN ET LES INCENDIAIRES

La N-VA au fédéral c’est Biedermann ouvrant offrant le gîte aux incendiaires.
La monarchie, en l’occurrence, le roi, joue un rôle majeur au moment où la constitution charge le roi de désigner au lendemain des élections un informateur, ensuite un formateur chargé de constituer le nouveau gouvernement fédéral. Déjà le roi est exclu du jeu au niveau régional et communautaire.
Il faut savoir que le roi jure de défendre l’intégralité du territoire. C’est dire s’il constitue un obstacle au démembrement de la Belgique. Voilà pourquoi monsieur le député Vuye qui connaît sa constitution comme un curé son bréviaire-il est constitutionnaliste et enseigne, en français, à l’université de Namur - entend enlever au roi ce privilège et ce pouvoir, lui, le garant de l’unité du pays.  Charles Michel et le N-VA c’est carrément Biedermann et les incendiaires.
MG


PAR PEUR ET PAR LÂCHETÉ, UN BON CITOYEN LAISSE S’INSTALLER CHEZ LUI DES INCENDIAIRES…
On sonne chez Mr Biedermann. Qui peut bien déranger sa tranquillité bourgeoise, satisfaite et replète ?! Est-ce son associé qui vient encore se plaindre d’avoir été licencié sans raison ? Qu’il aille se faire pendre !!! Ou un mendiant ? Pas le temps ! Qu’on laisse Mr Biedermann à son fauteuil et à son journal du soir : tiens, de nouveau des incendies criminels en ville !
Bon Dieu, mais que fait la police ?! Il faut les fusiller, ces salopards !!!! Mais… mais qui est cet homme aux allures de lutteur de foire qui vient de s’asseoir face à lui et le regarde tout sourire ? Pourquoi la bonne l’a-t-elle laissé entrer ?… Mais non, bien sûr, Mr Biedermann ne le mettra pas dehors, Mr Biedermann a bon coeur et va même lui donner un peu à manger et puis il partira, d’accord ?… Dormir aussi ? C’est que… Oui, il y a le grenier, mais… Bon, mais seulement pour une nuit, ok ?…
Et voilà comment, par peur et par aveuglement, le citoyen Biedermann va laisser s’installer chez lui le "Mal" en la personne de deux gugusses évidemment incendiaires, leur offrant le gîte et le couvert, et même des allumettes !… collaborant ainsi à sa propre ruine.
Ecrite en 1958 par le plus grand dramaturge suisse allemanique du XXe siècle, cette "pièce didactique sans doctrine" burlesque et décapante à souhait n’a (hélas !) pas pris une ride : car, comme le dit le choeur des pompiers qui hante la pièce : on a beau faire, la connerie reste à jamais inextinguible !
Propos de François Rancillac, metteur en scène


EXTRAIT DU JOURNAL DE MAX FRISCH
« Un beau matin, un homme, un inconnu, entre chez toi, tu ne peux pas faire autrement, tu lui offres un potage et du pain. Car l’injustice que, selon son récit, il a subie est indéniable, et tu n’aimerais pas qu’il se venge sur toi. Et, un jour, cette injustice sera vengée, dit l’homme, voilà qui ne fait pas de doute. En tout cas, tu ne peux pas le renvoyer, tu lui donnes du potage et du pain, je le répète, et même plus que cela, tu lui donnes raison. D’abord par ton seul silence, puis en faisant signe de la tête, enfin en paroles. Tu es d’accord avec lui, car, ne l’étais-tu pas, il te faudrait pour ainsi dire avouer que, toi-même, tu commets une injustice, ce qui t’amènerait peut-être à avoir peur de lui. Mais tu ne veux pas avoir peur. Tu ne veux pas non plus changer quoi que ce soit à ton injustice, car cela aurait trop de conséquences. Tu veux la tranquillité et la paix, et basta ! Tu tiens à avoir l’impression d’être un homme bon et correct, et ainsi tu ne peux pas faire autrement que de lui offrir aussi un lit, puisque le sien, comme
Court texte extrait du journal que Max Frisch tient en 1948. Il donne la première préfiguration de Biedermann et les incendiaires que l’auteur publiera dix ans plus tard…
Prenant pour cible la bourgeoisie libérale, la pièce Biedermann et les incendiaires nous révèle, par le biais de la satire, comment le conformisme, les mécanismes de répression et le désir de compromis peuvent mener à l’anéantissement d’un individu et de toute une société. Le principal message de « cette pièce didactique sans doctrine », tel qu’indiqué dans le sous-titre, peut s’appliquer à de multiples facettes de la vie en société. Les diverses interprétations de Biedermann et les incendiaires vont de la parabole sur le troisième Reich en passant par une satire du déclin de la classe moyenne (prête à tous les compromis) ou une mise en garde face à la menace d’une guerre nucléaire.

DES CITOYENS SI POLICÉS…
Comment comprendre la propagation mystérieuse d’incendies criminels dans une ville moderne, dans un pays… disons… comme le nôtre ? Nos polices ne savent-elles pas repérer et mettre hors d’état de nuire tous ceux qui représentent une menace pour la cité ?
En créant Biedermann et les incendiaires, Max Frisch nous invite à porter un regard neuf, drolatique et légèrement désabusé sur les dérèglements de nos sociétés occidentales où règne la surenchère sécuritaire.
Biedermann et les incendiaires montre d’une manière plus générale qu’une violence sous-jacente sourd derrière l’impeccable façade de nos sociétés démocratiques, sécurisées, normalisées. Cette violence, qui germe en leur sein même, semble inexplicable, radicale et gratuite. C’est par exemple, cette violence qui conduisit, en 1999, au drame du lycée Colombine dans le Colorado. Quant aux attaques du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center ou bien celles du 7 juillet 2005 à Londres, n’ont-elles pas été perpétrées par des activistes en partie formés sur le territoire même qu’ils ont attaqué ?
Telles sont les manifestations imprévisibles d’une violence qui vient ébranler les structures rassurantes de l’Etat. Comme si, malgré sa surface lisse, le fruit nourrissait le ver qui risque de le faire pourrir.
Devant cette violence sournoise qui frappe à notre porte, nous restons interdits, comme l’est M. Biedermann devant les intrus qui menacent sa maisonnée… En effet, comment comprendre que nous soyons la cible de ces attaques ? nous qui sommes pourtant humaniste et… généreux !!… Nous sommes généreux n’est-ce pas ? de bons citoyens, n’est-ce pas ? Nous voulons le bien du plus grand nombre — disons au moins le confort du plus grand nombre ! Alors pourquoi la violence se retourne-t-elle contre nous ? Serions-nous, à notre insu, coupable de certaines souffrances, qu’il faudrait maintenant expier ?
C’est bien à nous-même que Max Frisch tend le miroir de la comédie, dans lequel nous découvrons le visage de ce pauvre Monsieur Biedermann qui — comme nous — voudrait tant ne pas être inhumain…
Bertrand Perret d’après les propos recueillis auprès de François Rancillac

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