samedi 16 avril 2016

Le gouvernement wallon approuve le projet de décret organisant les lieux de culte


BELGA

Le gouvernement wallon a validé jeudi un projet de décret visant à réformer l'organisation des lieux de culte, révèlent les titres Sudpresse vendredi. Le texte a pour objectif de lutter contre la radicalisation en s'intéressant aux origines du financement des endroits de prière et aux valeurs véhiculées à l'intérieur de ceux-ci. Le projet doit permettre la première cartographie des lieux de culte de Wallonie. Il fournira également aux 262 bourgmestres de la Région un guide comportant toutes les mesures que ceux-ci peuvent entreprendre pour lutter contre les endroits favorisant la radicalisation.
Le projet de décret vise tous les cultes, mais le ministre-président wallon Paul Magnette admet qu'il existe en Wallonie "un certain nombre de lieux non reconnus dans lesquels on se livre à de la radicalisation. C'est contre cela que nous entendons lutter par le décret qu'a préparé Paul Furlan".
Le décret doit être voté au Parlement wallon avant l'été. 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TROP PEU, TROP TARD
On reproche au cabinet Galant de ne pas avoir pris au sérieux les menaces sur l’aéroport et on a raison. Cela dit, la non surveillance des mosquées est au moins aussi problématique que celle des aéroports ou des stations de métro. C’est en amont qu’il faut agir pas uniquement en aval.
Certaines mosquées gagnées au salafisme sont problématiques.
Plus que les moquées c’est les imams qui doivent être suivis à la trace.  
L’idéal serait qu’ils soient formés dans nos universités. On en est loin.
MG



Après un voyage en Finlande des jeunes Bruxellois veulent faire bouger l'enseignement 



"tout est mis en œuvre pour le bien-être de l’élève, au final l’élève est épanoui" - ©
Geoffroy Fabré 

Un groupe de jeunes d'une maison de quartier de Bruxelles ont eu l'occasion de faire un voyage d’observation  en Finlande et ce qu'ils y ont vu les a retournés.
Ils parlent d'un système qui fonctionne et où les inégalités sont inexistantes. Mercredi soir, à Molenbeek, ils ont expliqué ce qu'ils ont vu à une centaine de professeurs du secondaires. Ils espèrent ainsi apporter un peu de Finlande dans l'enseignement bruxellois.
Ils se prénomment tous les deux Ismael, ils ont la petite vingtaine et font des études supérieures. Durant leurs  années en secondaire à Bruxelles, ils ont pu observer les lacunes du système, c’est pourquoi ce qu'ils ont découvert en Finlande les a impressionnés.
"Les remédiations par exemple, il y a une "yopo class" ("you only pass once"), où on regroupe tous les étudiants qui ont des difficultés particulières, il y a deux professeurs qui les accompagnent jusqu’à ce qu’ils arrivent à résorber leurs difficultés, cela n’existe pas ici, au contraire chez nous une fois que tu as raté le train en marche c’est terminé." déclare un premier jeune homme.
Tandis que le second  explique: "Ils partent du principe que l’élève a sa propre personnalité, ils misent tout sur le bien-être de l’élève, au final l’élève est épanoui,  je pense qu’ils ont tout compris, pour faire qu’une école marche, pour qu’il y ait une cohésion de groupe."
Le résultat de ce système : un taux d'échec en secondaire de moins d'1%, un enseignement  totalement gratuit  et tout ça pour un budget identique au nôtre.
Aujourd'hui le groupe de jeunes bruxellois veut  faire bouger les choses. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MEILLEUR CONTRE FEU CONTRE LE RADICALISME : L’ECOLE 

Cet article se lit un peu comme un conte de fée angélique.
CLAUDE WACHTELAER : Parler du modèle finlandais, c’est, rappelons le une fois encore, l’occasion de souligner quelques évidences trop négligées.
1° que la comparaison des systèmes d’enseignement est difficile.
2° qu’un modèle d’organisation ne tombe pas du ciel et n’est pas nécessairement le fruit d’une construction rationnelle. Un système d’enseignement, c’est surtout le produit d’une évolution historique.

Ceci dit la comparaison avec la Finlande permet surtout de mesurer l’écart entre nos deux modèles.
• Quatre réseaux chez nous, plus ou moins centralisés, un seul, décentralisé chez eux.
• Des réseaux historiquement influencés par les guerres scolaires et la rivalité cathos/anticléricaux chez nous ; un pays très homogène culturellement, sociologiquement et religieusement chez eux.
• Une profession enseignante hyper valorisée chez eux ; en crise profonde (image, pénurie) chez nous.
• Pas d’enseignement maternel chez eux ; 95% d’enfants scolarisés à ce niveau chez nous.
• Pas de sélection des élèves jusqu’à 16 ans, mais un couperet radical à ce moment en Finlande ; l’accès illimité à l’enseignement supérieur avec un diplôme de 7P chez nous … et j’en passe.

EST-IL ENVISAGEABLE D’IMAGINER, COMME EN FINLANDE, UN RÉSEAU UNIQUE MUNICIPAL AU LIEU DES QUATRE RÉSEAUX ACTUELS ?
Contrairement à un certain nombre  de militants laïques (notamment du CEDEP) je ne me fais aucune illusion sur cette utopie, sympathique certes, mais hautement improbable.
Je rappellerais qu’il y a déjà eu une utopie de ce genre, l’école pluraliste, on sait ce qu’il en advint.
Pardons de nous répéter mais il y a des clous qu’il est bon d’enfoncer en frappant dessus avec force.
Ce n’est pas l’argent qui manque en Belgique mais la volonté politique de balayer la politique des réseaux et de passer à autre chose.
MG




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