lundi 18 avril 2016

M. Jambon, svp! Il faut si peu pour diviser


Béatrice Delvaux Le Soir
Le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’« une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l’occasion des attentats ». 

• © Belga
Alors, on veut la paix ou la guerre ? On veut des gens qui marchent « #tousensemble #sameneen » ou des batailles rangées ? Il n’y a pas grand-chose que les hommes politiques maîtrisent dans les événements qui nous tétanisent, sauf une : le langage. Chaque mot compte et peut faire pencher la balance du côté du « je les hais » ou du « on va se battre ensemble ».
Ce week-end, dans De Standaard, Jan Jambon a fait pencher cette balance du côté de la stigmatisation, nourrissant la tendance qui fait se dresser non-musulmans contre musulmans. Sa « partie significative des musulmans  » qui a dansé après les attaques, est devenue hier soir dans un communiqué du Premier ministre «  une petite minorité  ». Mais, entre les deux moments, que de blessures, que d’invectives, que de dommages collatéraux et surtout le sentiment – ce n’est pas un communiqué du 16 rue de la Loi qui peut tout effacer – que tout le monde au gouvernement fédéral ne veut pas œuvrer au vivre ensemble.
Le problème de Jan Jambon ? Son vocabulaire dénigrant (pustule, cancer), son constat « chiffré » incorrect et ses allégations (répétées) non étayées. C’est disqualifiant pour un ministre, d’autant plus dans les circonstances très fragiles du moment. On attend par ailleurs d’un membre du gouvernement qu’il soit percutant dans ses solutions, plus que dans des postures de sociologue.
Le plus dommageable dans cette interview dont on ne retient que la (volonté de ?) stigmatisation, est que le diagnostic posé par Jan Jambon recèle des éléments de réalité qu’on devrait regarder et solutionner ensemble : les problèmes («  cancer  ») vont bien au-delà des actes terroristes («  pustule  »). L’expert belge Bilal Benyaich ne disait pas autre chose, évoquant récemment des «  dizaines de milliers de jeunes en Flandre et à Bruxelles, et pas seulement les 500 combattants en Syrie, (que) nous sommes en train de perdre, car nous n’arrivons plus à les socialiser  » via l’enseignement, les mouvements de jeunesse, le marché du travail et les mosquées.
Mais l’expert, jamais dénigrant – comme quoi, c’est possible –, allait au-delà des solutions « à la Jambon » – fusion des 19 communes bruxelloises, nouvelle politique de sécurité –, recommandant surtout l’investissement maximal dans la jeunesse, le bien-être, le travail et l’enseignement, et l’importance de miser sur ces musulmans de Belgique qui créent le débat interne.
C’est ce plan d’attaque global – sécurité et intégration –, qu’on aimerait entendre du gouvernement, de la commission d’enquête, et de Jan Jambon. Pour que cette jeune femme qui déclarait hier lors de la marche «  Nous sommes belges, nous sommes marocains et nous sommes là  », se sente aussi défendue quand elle prend le risque de danser dans les rues de Bruxelles pour affirmer « ses-nos » valeurs. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE PROBLÈME DE JAN JAMBON ? 
 
Son vocabulaire dénigrant (pustule, cancer), son constat « chiffré » incorrect et ses allégations (répétées) non étayées ?
Que nenni ! Le problème de Jan Jambon c’est son électorat qui visiblement se détache de la N-VA  pour se tourner à nouveau dans ses intentions de vote vers son Belang d’origine. C’est à lui que s’adresse le message du Ministre N-VA de l’intérieur. De l’intérieur de quoi au juste ? De la Belgique ou de la Flandre profonde. Het moet gedaan zijn met gratuite racistische toogpraat door ministers of staatssecretarissen. "Beseft u ten volle dat uw uitlatingen voor een deel van uw achterban een aanmoediging kunnen zijn tot haat? " Marc Van Ranst (lire son article)
Sire il n’y a pas de Belges, disait Jules Destrée il y  plus d’un siècle déjà.
Et c’est quoi aujourd’hui le problème des Belges ? Il y aurait «  dizaines de milliers de jeunes en Flandre et à Bruxelles, et pas seulement les 500 combattants en Syrie, (que) nous sommes en train de perdre, car nous n’arrivons plus à les socialiser  » via l’enseignement, les mouvements de jeunesse, le marché du travail et les mosquées. Et ce problème-là personne n’est capable de le résoudre : ni Jambon, ni Milquet, ni Michel, ni Magnette, ni Di Rupo…
Personne ! L’Europe peut –être, mais plus personne n’en veut, de cette Europe.
MG

"SIRE, IL N’Y A PAS DE BELGES." ET 100 ANS APRÈS?
VINCENT LABORDERIE Publié en 2012

Il y a cent ans, Jules Destrée rendait publique sa lettre au roi "sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre" dans laquelle il énonçait sa sentence restée célèbre : "Sire, il n’y a pas de Belges".
Un siècle plus tard (114 ans), le contenu de cette missive apparait prophétique, tant elle semble avoir anticipé l’évolution institutionnelle que connait la Belgique depuis lors. Tout y est, ou presque : l’idée de deux peuples géographiquement et surtout linguistiquement distincts qui n’ont rien, ou si peu, en commun.
Il est d’ailleurs étonnant de constater les similarités du propos de Destrée avec le discours d’un Bart De Wever aujourd’hui. En premier lieu, la définition de la nation (Destrée emploie le terme " race ") se fait par la langue. Pour montrer qu’il n’y a pas de nation belge, Destrée avance ainsi que seuls 15 % de la population belge parlent à la fois français et flamand.
Mais les points communs avec le discours nationaliste flamand ne s’arrêtent pas là. Les deux peuples répondent ainsi à des aspirations politiques différentes : la Flandre est résolument à droite (catholique en 1912) alors que la Wallonie est principalement à gauche (socialiste et libérale à l’époque). L’argument des transferts financiers est lui aussi déjà évoqué par Destrée, mais de manière inversée avec une Wallonie payant pour la Flandre.
A constat similaire, conclusion identique : pour Destrée ces deux peuples ne pourront jamais en former un seul. Il est donc préférable qu’ils se séparent administrativement, tout en gardant un monarque et quelques éléments communs. Alors que certains ont, à juste titre, évoqué la "Deweverisation des esprits francophones"( 1), il convient aujourd’hui de se demander si, ironie de l’histoire, les propos d’un Bart de Wever ne constituent pas une réadaptation moderne de ce billet datant d’avant la Première Guerre mondiale. Mais si le discours n’a que peu évolué en un siècle, qu’en est-il de la réalité belge aujourd’hui ?
La première différence notable à observer est celle d’une région bruxelloise affirmée. Destrée niait cette existence avec dédain parlant des Bruxellois comme un " agglomérat de métis " qui " semble avoir additionné les défauts des deux races, en perdants leurs qualités ". Une identité "zinneke" aujourd’hui assumée, et d’autant plus pertinente que de plus en plus d’étrangers ou de Belges d’origines étrangères résident dans cette ville multicapitale.
Mais, au grand dam d’un Destrée, on est en droit de se demander si au-delà de Bruxelles, la Belgique tout entière n’est pas une "nation métissée". La Belgique est en effet un pays où la part de la population d’origine étrangère est l’une des plus importante au monde, plus encore que des pays neufs comme le Canada et les Etats-Unis (2).
Cette diversité ne connait pas la frontière linguistique : en Flandre, 25 % des enfants nés en 2011 n’auront pas le néerlandais pour langue maternelle (3).
Même en se limitant aux Belges de souche, cette vision de deux nations homogènes et d’identités exclusives correspond-elle à la réalité ? Concernant la Flandre, une série d’études montre que les identités flamandes et belges sont présentes de manière assez égale, avec un avantage pour cette dernière (4). On est donc loin de l’image d’une Flandre homogène qu’aiment à projeter les nationalistes. Plus intéressant encore, il semble qu’opposer ces deux identités ne soit pas forcément pertinent.
En effet, si l’on donne la possibilité d’exprimer plusieurs identités, il apparaît que 80 % des Flamands se sentent à la fois Flamands et Belges (5). En d’autres termes, pour cette majorité de Flamands, ces deux identités ne se contredisent pas, voire se complètent. C’est ici que l’on touche à un point essentiel : la Belgique est une terre où les identités - "nationale", régionale, provinciale ou encore plus locale - sont entremêlées.
Surtout, et cette deuxième révolution de nature mentale n’est pas la moindre, il convient de revoir la vision trop souvent présente d’identités exclusives qui conduit à penser, par exemple que plus on est flamand et moins on est belge. Il apparaît ainsi que c’est en Flandre que cette identité multiple est la plus présente dans la population. A l’opposé, certains francophones sont souvent dans une conception toute française de la nation, s’appuyant sur un sentiment belge beaucoup plus fort que les identités wallonne et bruxelloise.
L’essentiel est alors de ne pas confondre l’identité flamande - dont il est désormais inutile de nier l’existence - et son exploitation par certains mouvements nationalistes.
Le choix pour l’avenir de la Belgique peut donc être clairement résumé. On peut rester fidèle à la vision "communautaire" d’un Jules Destrée (ou d’un Bart De Wever) en bétonnant les institutions binationales mutuellement exclusives basées sur la langue (on est soit flamand, soit francophone, y compris à Bruxelles). La conséquence ultime en sera un confédéralisme avec d’un côté, une Flandre se rêvant homogène, et de l’autre une Belgique du plan B.
L’alternative consiste à dépasser la vision archaïque des Etats-nations homogènes pour redéfinir la Belgique en l’adaptant aux identités multiples de ses habitants. En somme, après que l’on ai dépassé la "Belgique de papa" unitaire, dépasser la "Belgique de papa Destrée". Car un siècle après cette lettre, force est de constater qu’il y a toujours des Belges. Mais ils sont aussi Wallons, Flamands et Bruxellois. Et bien d’autres choses encore.
(1) Nicolas Baygert, "Belgique fais-toi peur", Slate.fr, 20 juillet 2011, http://www.slate.fr/story/40901/belgique-peur
(2) "La Belgique, terre d’immigration", Itinera Institute, 15/05/2012.
(3) Etude Kind en Gezien (juin 2012). Cette proportion atteint 40 % dans les centres-villes d’Anvers et de Gand. Le français ne représente que 5 % de l’ensemble des nouveaux locuteurs.
(4) Kris Deschouwer et Dave Sinardet, "Langue, identité et comportement électoral" in "Les voix du peuple", Editions de l’ULB, 2010. 47% des "Flamands" citent l’identité belge comme étant la plus importante à leurs yeux, contre 27% pour l’identité flamande (chiffres de 2009).
(5) Ce chiffre provient d’études post-électorales réalisées après chaque élection fédérale ou régionale par le Ceso (KUL). 


HET MOET GEDAAN ZIJN MET GRATUITE RACISTISCHE TOOGPRAAT DOOR MINISTERS
Marc Van Ranst is hoogleraar aan de KU Leuven.
De Morgen
'Indien Jambon niet met keiharde bewijzen op de proppen kan komen, dan moet hij zich excuseren. Of beter nog: wees Galant, meneer Jambon' 


MARC VAN RANST
Het is stuitend dat een Belgische vicepremier en minister van Binnenlandse Zaken in de zaterdageditie van De Standaard zegt dat "een significant deel van de moslimgemeenschap op straat danste na de aanslagen" op 22 maart, zonder daar ook maar enig bewijs of beelden van te hebben. Reeds op 30 maart had Jan Jambon (N-VA) in Den Haag, op een conferentie van het 'Centrum Informatie en Documentatie Israël' (CIDI), reeds gezegd dat er "in bepaalde wijken in Brussel straatfeesten, geen rouwplechtigheden, waren. Straatfeesten!". En van deze uitspraak van Jambon zijn er wel beelden

Meneer Jambon, op 22 maart 2016 waren er in Zaventem en Brussel ook moslims tussen de doden en gewonden. Er zijn beelden van moslims die slachtoffers helpen na de aanslagen. Er zijn beelden van moslims die rouwen op het Beursplein in Brussel. Er zijn beelden van de Belgische Moslimexecutieve die de aanslagen met klem veroordeelt, en van de imams die bloemen neerleggen in Brussel. Er zijn beelden uit Antwerpen van een stille mars van 500 moslims tegen deze terreur. Er zijn overal beelden van een moslimgemeenschap die bedroefd en solidair is.

Minister Jambon, waar zijn dan de beelden op 22 maart van de dansende Belgen van wie u vermoedt dat ze moslim zijn? Waar zijn de bewijzen voor die straatfeesten? Hebt u ook maar enig bewijs voor uw bijzonder stigmatiserende beledigingen? Uw communicatieverantwoordelijke van N-VA Dilbeek, Danny De Brackeleer, ging zelfs nog een stapje verder dan u en zei: "Niet een deel, maar de ganse gemeenschap" danste na de aanslagen. Beseft u ten volle dat uw uitlatingen voor een deel van uw achterban een aanmoediging kunnen zijn tot haat?

Het kan niet dat een minister van Binnenlandse Zaken zulke loze populistische en racistische aantijgingen mag maken, en daarbij moedwillig verschillende delen van onze Belgische bevolking tegen elkaar opzet. Het moet gedaan zijn met gratuite racistische toogpraat door ministers of staatssecretarissen. Of vreest N-VA, na de recente peilingen, nog meer stemmen te verliezen aan het Vlaams Belang, en dienden de extreemrechtse N-VA-leden zaterdag wat extra aandacht te krijgen?

Wanneer minister Jambon vorige zaterdag in het VTM Nieuws het verstoppen van terroristen in Molenbeek eerder ongelukkig vergeleek met de joden die tijdens de Tweede Wereldoorlog ondergedoken zaten voor de nazi's, was hij er als de kippen bij om zich onmiddellijk te excuseren voor zijn misstap bij Eli Ringer, voorzitter van het Forum der Joodse Organisaties en bij Michael Freilich, hoofdredacteur van Joods Actueel. Maar wanneer minister Jambon de hele Belgische moslimgemeenschap herhaaldelijk schoffeert door te stellen dat een belangrijk deel van hen hun sympathie voor terroristen op 22 maart zou geuit hebben door middel van een straatdansje, dan volgen er geen verontschuldigingen. Indien joodse gevoelens gekwetst worden, heeft Jambon instant berouw. Indien de moslimgemeenschap gekwetst wordt, lijkt het hem veel minder te kunnen schelen.

Liegen mag zelfs een minister niet. Indien Jan Jambon niet met keiharde bewijzen op de proppen kan komen om zijn uitlatingen over op straat dansende moslims op 22/3 te schragen, dan moet hij zich excuseren. Of beter nog, voor één keer: wees Galant, meneer Jambon.

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