mardi 19 avril 2016

Macron: "L’Europe est en danger de mort"

Corentin Di Prima 
Le Soir

Le ministre de l'Economie français était en Belgique ce lundi. Il était notamment venu livrer sa vision de l’Europe. Selon lui, il faut la refonder sans tabous et sans tarder. 


• ©LESOIR/BrunoDalimonte 

Son parcours en atteste : sur le plan professionnel, Emmanuel Macron est plutôt du style à prendre le train à grande vitesse. Et à un an de l’élection présidentielle française, tous les signaux convergent pour désigner le plus jeune ministre français de l’Economie depuis un certain Valéry Giscard d’Estaing comme un probable candidat à la course à l’Elysée. François Hollande est au plus bas dans les sondages, tandis que lui, le jeune énarque, surnommé le «  Mozart de la finance  » depuis son passage remarqué à la banque Rotschild, a le vent en poupe. A un an de l’échéance, les derniers sondages le profilent comme le meilleur candidat socialiste à la prochaine présidentielle. Socialiste ? Il ne rejette pas l’étiquette, lui qui a lancé son mouvement politique, «  En marche  », qui veut « dépasser le clivage gauche-droite ». Dans la foulée, il a entamé une tournée européenne. Après Londres ce week-end, et avant la Pologne, il était en Belgique ce lundi. Dans la Venise du Nord, il est venu partager sa vision de l’Europe de demain avec des étudiants du très huppé Collège d’Europe. « Quelle Europe pour la nouvelle génération ? », c’est le thème de la conférence qu’il y donne, 65 ans jour pour jour après la signature du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), l’un des maillons fondateurs de la future Europe. Dans l’auditoire, beaucoup de jeunes Français venus« écouter ce qu’a à dire » celui qui prendra peut-être un jour les rênes de l’Hexagone. Mais c’est l’Europe et elle seule qui occupera la petite heure que durera l’allocution couplée à la séance de questions-réponses.
L’HÉRITAGE INÉDIT DE L’EUROPE MENACÉ
Et c’est en Européen convaincu qu’Emmanuel Macron s’adressera à eux. Rappelant que la construction européenne a permis plusieurs décennies de paix et de prospérité, il estime que cet héritage inédit dans l’histoire du continent est menacé. Mais les difficultés actuelles, la montée des extrémismes, doivent, croit-il, mener à plus d’Europe, là où d’aucuns veulent en sortir. Pour Macron, « c’est l’Europe qui nous fera réussir ». Mais pour rendre au projet une dynamique positive, il faut revenir à ce qui a fait le sel de l’Europe, ses fondements : « Quatre éléments fondamentaux ont cimenté le rêve européen et lui ont permis de perdurer, dit-il : l’exigence politique, celle de faire de grandes choses ensemble, la promesse de paix, qui lui est indissociable, la promesse de prospérité et la promesse de liberté, notamment de mouvement. »
Mais ces promesses ont été laissées pour compte, reconnaît-il. Ce qui a mené à une« décennie perdue », ouverte par les « non » français et hollandais aux référendums sur le projet de Constitution européenne en 2005. Trahies par qui ? Pourquoi ?« Beaucoup de politiques ont délaissé le projet européen, ne l’ont plus porté et ont laissé faire la technique », d’une part, dit-il, tandis que d’autre part, la crise économique et financière a fait de l’Union européenne un synonyme d’austérité et de chômage. « Si les solidarités ne se reconstruisent pas au niveau européen, les extrémismes continueront à monter »…


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE CANDIDAT SOCIALISTE À LA PROCHAINE PRÉSIDENTIELLE EST UN EUROPÉEN CONVAINCU.

Surnommé le «  Mozart de la finance  » depuis son passage remarqué à la banque Rotschild, volontiers comparé au fringant jeune Giscard, Emmanuel Macron a le vent en poupe.
Dans sa conférence au Collège d’Europe de Bruges il pose la bonne question : « Quelle Europe pour la nouvelle génération ? »,  Rappelant que la construction européenne a permis plusieurs décennies de paix et de prospérité, il estime que cet héritage inédit dans l’histoire du continent est menacé. « C’est l’Europe qui nous fera réussir ». Il faut revenir à ce qui a fait le sel de l’Europe, ses fondements : « Quatre éléments fondamentaux ont cimenté le rêve européen et lui ont permis de perdurer, dit-il : l’exigence politique, celle de faire de grandes choses ensemble, la promesse de paix, qui lui est indissociable, la promesse de prospérité et la promesse de liberté, notamment de mouvement. »
« Beaucoup de politiques ont délaissé le projet européen, ne l’ont plus porté et ont laissé faire la technique. (…)Si les solidarités ne se reconstruisent pas au niveau européen, les extrémismes continueront à monter ».
« UN NOUVEAU TRAITÉ FONDATEUR »
« Depuis la chute du mur de Berlin, l’Europe a pensé qu’elle était sortie de l’histoire, que les risques étaient pour les autres. Mais nous sommes dans l’histoire, avec sa brutalité, ses conséquences. Le terrorisme, la crise des réfugiés, sont des traces brûlantes que l’Europe retrouve le cours de l’histoire. »
« L’Europe doit être plus efficace » pour convaincre à nouveaux les citoyens qu’elle a un sens, une plus-value, des réalisations positives.
« L’Europe n’est pas qu’un rêve de marché. C’est davantage qu’une union économique et monétaire. C’est l’abolition des frontières pour faire un projet commun. Fiscalité, énergie, sécurité, défense, nous devons l’approfondir. »
« Nous devons préparer un nouveau grand traité fondateur » 
Pour retrouver le champ de la solidarité entre pays, riches ou moins riches, « Nous devons retrouver notre capacité à agir dans l’histoire, le goût du risque, de l’action, de la transgression. Nous devons retrouver le sens de l’intérêt commun, général, qui dépasse les petits compromis. » L’enjeu, résume Emmanuel Macron, est crucial pour les pays européens : « Si nous ne faisons pas ça, alors nous allons mourir. » 

Lui Président, l’Europe pourrait retrouver enfin des couleurs.
Lui Président l’axe Paris-Berlin pourrait être ressoudé.
Lui Président ni de gauche, ni de droite-c’est-à-dire à la fois de gauche et de droite- Macron donnerait une apparence concrète au rêve de Cohn Bendit : une grande coalition droite-gauche à l’allemande.
Lui Président, on en finirait peut être une fois pour toute avec ce climat d’impuissance et de fin de monarchie gaullienne.
Lui Président, l’Europe peut redevenir enfin l’Europe.
MG

Aucun commentaire: