lundi 11 avril 2016

Rudi Vervoort: "Nous n’échapperons pas au débat sur la fusion des zones de police"

MATHIEU COLLEYN
Le Soir

Rudi Vervoort, ministre-Président bruxellois, met la question du sous-effectif sur la table. Entretien. 


Rudi Vervoort est ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale depuis 2013. 

Après la communication boiteuse de la semaine passée en compagnie du Premier ministre Charles Michel et devant la presse internationale, le socialiste s’apprête à lancer son gouvernement dans une campagne sans précédent. Des déplacements à l’étranger, notamment auprès des opérateurs touristiques qui délaissent la capitale, seront organisés afin de redorer l’image de Bruxelles. "Il faut aller sur place, nous activerons nos réseaux à l’international" , dit-il. Il annonce aussi une rationalisation de la politique de sécurité au niveau régional et prend une position inédite, pour un francophone, dans le débat sur la fusion des six zones de police bruxelloises, à nouveau réclamée par la N-VA.
LA FUSION DES ZONES, BON OU MAUVAIS DÉBAT ?
La création des zones a eu un double effet : on a perdu en proximité mais on a gagné au niveau opérationnel. Je ne me verrai pas retourner en arrière. Aujourd’hui, l’enjeu est politique. Les partis flamands réclament la fusion, c’était déjà leur demande au moment de la réforme et de la création des zones. L’accord de l’époque était de créer six zones car au regard des normes, toutes les communes de Bruxelles auraient pu prétendre à une police¬ monocommunale. Chaque fois qu’un problème se pose, on nous ressert la fusion. Mais peut-on pointer du doigt un défaut dans le fonctionnement des zones dans les affaires de terrorisme qui nous occupent ? Certainement pas. Mais je lis la presse du nord du pays et je me rends compte qu’aujourd’hui, on est chauffé à blanc sur cette question. Même le procureur général de Liège en parle. Au niveau du fédéral, quel est le parti qui peut s’opposer à cela ? C’est le MR car les autres sont dans l’opposition. J’ai donc été interpellé par une phrase de Charles Michel lors de notre conférence de presse de mercredi.
IL A DIT QU’IL N’AVAIT PAS DE TABOU DANS CE DOSSIER…
Oui et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. On dirait qu’on est en train d’écrire le scénario. Cette question sera probablement l’un des chapitres de la commission d’enquête sur les attentats. On va auditionner un tas de gens et dans les recommandations, on va inscrire cette demande. Je rappelle qu’une loi ordinaire (votée à la majorité simple, NdlR) suffit pour fusionner les zones.
(...) 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN PREMIER PAS VERS LA FUSION DE COMMUNES ? 

« Aujourd’hui, l’enjeu est politique. Les partis flamands réclament la fusion, c’était déjà leur demande au moment de la réforme et de la création des zones. L’accord de l’époque était de créer six zones car au regard des normes, toutes les communes de Bruxelles auraient pu prétendre à une police¬ monocommunale. »
On peut se demander si cette réforme ne serait pas plus symbolique que pragmatique. Les avis sur ce sujet sont extrêmement partagés.
Il semblerait bien qu’une fusion des zones polices soit regardée par les stratèges politiques comme un premier pas vers une revendication flamande très affirmée : la fusion des 19 communes bruxelloises en une entité unique. L’avantage pour les Flamands serait bien entendu de bénéficier d’une norme électorale plus favorable (celle de la région) que la norme communale.
MG




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