lundi 30 mai 2016

"Le PS est en train d'instrumentaliser les mouvements sociaux"


Le Vif
Source: Belga
Le Parti socialiste instrumentalise les mouvements sociaux à des fins politiques, dénonce Didier Reynders (MR), ministre des Affaires étrangères, dans L'Echo samedi. "On nage en plein surréalisme", constate-t-il face aux grèves à répétition dans le paysage belge.


Didier Reynders © BELGA
Didier Ryenders s'étonne d'avoir entendu vendredi Jean-Pascal Labille (PS), ancien ministre des Entreprises publiques, annoncer "des problèmes sociaux à venir chez bpost alors que pas le moindre syndicaliste n'avait encore dit un mot en ce sens", et Elio Di Rupo, président du PS, essayer "de dire que la FGTB n'est pas socialiste, après avoir été manifester mardi". "On a eu la démonstration par A + B que le Parti socialiste est en train d'instrumentaliser les mouvements sociaux à des fins politiques."
Il note en outre que "les socialistes ont un discours quand ils sont dans l'opposition, un discours qu'ils essayent de vendre dans la rue, et un autre quand ils sont au pouvoir". Enfin, il observe un "décrochage de la Wallonie par rapport à la Flandre" mais invite à plus d'objectivité: "A Bruxelles, l'agitation sociale n'a pas le même impact. Et en Wallonie même, l'axe Brabant wallon, Namur, Luxembourg fonctionne correctement lui aussi. C'est donc essentiellement dans les anciens bastions industriels liégeois et hennuyer que ce mouvement social a un peu de succès."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GRÈVES INSTITUTIONNELLES ? L’ESPRIT DE RENARD ? 

C’est clair, les grévistes ont un seul objectif : faire tomber le gouvernement Michel. On songe aux grèves insurrectionnelles des années soixante, elles avaient pour objectif d’obtenir l’autonomie pour la Wallonie.
La grève générale de l’hiver 1960-1961  fut déclenchée contre le programme d'austérité du gouvernement De Gaston Eyskens.
Elle dura six semaines et paralysa principalement la Wallonie, la reprise du travail étant massive en Flandre après quelques jours.
On l’analyse aujourd’hui comme un conflit social classique entre des syndicats et un pouvoir politique disant vouloir redresser les finances publiques par des mesures d'austérité, notamment par des restrictions sur le plan social.  « La grève du siècle » a profondément marqué à la fois le mouvement et la perception de la Wallonie par elle-même et par le reste de la Belgique en raison du contraste entre la poursuite de la grève au sud du pays et son essoufflement relativement rapide au nord.
Après la décolonisation du Congo en raison de la dette publique élevée, le gouvernement Eyskens s'engagea dans un vaste programme d'austérité baptisé" Loi unique". André Renard voulut faire adopter le principe de la grève générale contre ce programme le 6 décembre 1960. Mais sa motion fut repoussée par toutes les régions flamandes, celle de Bruxelles s'abstenant. Les Wallons étaient mis en minorité, mais la grève aura quand même lieu.
André Renard donna une orientation autonomiste wallonne à la grève, estimant que seul le fédéralisme permettrait à la Wallonie de se redresser sur le plan économique. Quelques jours plus tard, les socialistes wallons se réunirent à Saint Servais pour appuyer cette demande d'autonomie dans une adresse au Roi. Le 3 janvier, les députés socialistes wallons déclarèrent que sans modification de la politique nationale « le peuple wallon n'aurait d'autre issue que la révision des institutions politiques du pays afin de choisir lui-même les voies de son expansion économique et sociale »
Cette nouvelle grève de 2016 va-t-elle déboucher sur la revendication de l'autonomie wallonne et des réformes de structures en vue de mieux contrôler le développement wallon et par là même faire face aux difficultés économiques de la Wallonie ?
Bien que très affaiblie, la  FGTB wallonne est encore une force syndicale qui compte et elle demeure fidèle aux idéaux renardistes.
Faut-il imaginer que la cission de la  Belgique viendra non pas pas par la volonté de la NVA mais bien par celle de la FGTB wallonne ?  C’est ce qu’a toujours suggéré la doctrine Maddens,
(politicologue  de la KU Leuven)  visant à rendre la partie opposée (les francophones de Belgique) demandeurs de l’autonomie.
Elle se résume comme suit :
•utiliser toutes les arcanes juridiques possibles pour créer un système politique flamand parallèle et autonome en Flandre,
•assécher les ressources de l’État fédéral et donc tarir les ressources financières wallonnes et bruxelloises,
•échanger de nouvelles compétences pour la Flandre contre un refinancement des niveaux fédéral, régional wallon et bruxellois.
Plutôt qu'une doctrine, c'est une idée répandue en Flandre selon laquelle l’indépendance flamande s’achètera grâce à l’impécuniosité et la mauvaise gestion chronique francophone.
Le parallélisme entre les grèves de soixante et celles de 2016 est saisissant. Non, le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter en Wallonie. Un spectre hante la Wallonie. Celui d’André Renard ?
MG


DE WEVER: "LES GRÈVES POLITIQUES SONT INCONSÉQUENTES ET DANGEREUSES"
BELGA


"L'inclinaison singulière de la Belgique francophone pour la grève me laisse penser qu'il s'agit de grèves politiques dirigées contre le gouvernement", a réagi jeudi le président de la N-VA Bart De Wever alors que les actions se multiplient contre les réformes de l'équipe Michel, particulièrement dans le sud du pays.
"Ceci est très inconséquent et très dangereux. Je ne peux qu'espérer que cela s'arrête", a dit l'homme fort des nationalistes flamands. "Je comprends que les gens veuillent se faire entendre", a ajouté Bart De Wever, interrogé en marge de la présentation du plus grand diamant au MAS, le nouveau musée d'Anvers. "Mais que l'on saisisse l'arme de la grève pour des futilités, en vue de retenir des réformes inéluctables est incompréhensible", a-t-il jugé.
Pour le président de la N-VA, il n'y a pas d'alternative. "Il revient à ce gouvernement de nous sortir des problèmes, nous devons avancer". Selon lui, les grèves mettent douloureusement au jour ce qui constitue un des écueils de la Belgique, "une Wallonie à dominance socialiste qui freine toutes les réformes et qui pense que nous pouvons encore accumuler les dettes pendant des siècles".

WIE STOPT DIT NOG?

De Morgen
©belga

Vakbondslieden die uitpakken met wilde stakingen, en hun leiders die de grip kwijt lijken. Ook de regering toont zich vrij machteloos. Kan één van beide kampen een einde maken aan de impasse? Weinig kans.
Vakbonden?
Opgejaagd door een vurige achterban gaan de Franstalige vakbonden over tot de ene staking na de andere. Hun Vlaamse broeders zijn absoluut niet te spreken over die strategie.
"Met wilde stakingen wek je geen sympathie op", zegt Caroline Copers van het Vlaamse ABVV. Overheidsvakbond ACOD liet expliciet weten niet mee te doen aan de collectieve actie van hun Franstalige vleugel CGSP op dinsdag.
De top ziet een ongeziene woede van onderen uit. Dit zit dieper dan de hervormingen bij het spoor en de gevangenissen alleen. Het hele regeringsbeleid moet eraan geloven. Onder druk van een boze achterban zien de socialistische vakbondsleiders langs Franstalige kant geen andere optie dan zich hard op te stellen. Ze voelen zich niet vertegenwoordigd door een regering met slechts één Franstalige partij, de MR. Zonder de PS of de cdH hebben ze ook niemand meer om rechtstreeks druk op uit te oefenen.
©belga
Als ultieme wapen wordt er gestaakt. Al vier weken bij de cipiers zonder uitzicht, en voor een tweede dag op rij bij het spoor, zonder waarschuwing. Elk overleg met de regering lijkt dus onmogelijk.
Dus blijft de vraag: wie bij de bonden maakt hier een eind aan? ABVV-voorzitter Rudy De Leeuw alvast niet. Hij krijgt zijn troepen niet op één lijn, laat staan dat hij ze in de hand kan houden. Dat heeft veel te maken met grote autonomie van de centrales binnen zijn organisatie. Om die reden wil hij niet reageren. Tot nu toe slaagde hij erin om de stakingsdrang in Franstalig België in te tomen, maar nu de geest uit de fles is, krijgt hij die er niet zomaar meer in.
"Maar ook aan Vlaamse kant is de woede groot", zegt Marc Leemans van de christelijke vakbond ACV. Voor de spoorstaking toont hij zelfs enig begrip. "De NMBS-directie legt eenzijdig een beslissing op. Dat maakt de mensen kwaad, maar dit moet niet te vaak gebeuren."
Over één ding is iedereen het wel roerend eens: de regering heeft dit zelf uitgelokt door het overleg geen ernstige kans te geven. Beslissingen worden opgedrongen. En als er gepraat wordt, is het enkel voor de show.
Voor Leemans ligt daar de enige mogelijke oplossing. "We zijn bereid om samen naar een mogelijk draagvlak te zoeken voor de hervormingen. Maar dan moet de regering willen bijsturen."
Of de vakbonden dus snel een einde willen maken aan de stakingsgevolg zonder gezichtsverlies te lijden of de eigen ambities op te bergen? Neen, luidt het enige realistische antwoord.
Politiek?
Of de regering Michel zal plooien? "Het is aan deze regering om ons uit de problemen te fietsen, we moeten erdoor", aldus Bart De Wever.
De N-VA voorzitter heeft duidelijk weinig zin om toe te geven aan de stakers. "Dat men in Franstalig België zeer stakingsbereid is, doet me vermoeden dat het om politieke stakingen gaat die gericht zijn tegen de regering", zo analyseert hij. "Dat is heel lichtzinnig en heel gevaarlijk. Ik kan alleen maar hopen dat men daarmee stopt."
Ook in de federale regering is de animo klein om snel te schakelen. Premier Charles Michel (MR) wil wel ruimte geven aan sociaal overleg, maar enkel binnen het centrumrechtse kader van de regering.
Willen ze dan geen enkele toegeving doen? Toch wel, justitieminister Koen Geens (CD&V) maakt van zijn geduld een rekbaar begrip. Al meer dan drie weken zit hij rond de tafel met de vakbonden van de cipiers. Hij toverde al verschillende toegevingen uit zijn hoed, zoals 75 extra aanwervingen in de gevangenissen. En dat kost geld dat niet voorzien is in de budgetten. Maar telkens als hij een vinger geeft, willen de vakbonden een arm. Er kan altijd nog wat bij, lijken de bonden te denken.
©belga
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'Het moet gedaan zijn met het misbruik van het stakingsrecht door wilde stakers en de desinformatie vanuit de bonden naar de bevolking'
CHARLES MICHEL, EERSTE MINISTER (MR)
De regering lijkt dus machteloos te staan om het stakersgeweld te breken. Tekenend is de tussenkomst van premier Charles Michel gisteren in de Kamer. De premier kondigde strijdvaardig aan "beslissingen te zullen nemen om te hervormen". Hij waarschuwde: "Het moet gedaan zijn met het misbruik van het stakingsrecht door wilde stakers en de desinformatie vanuit de bonden naar de bevolking." Tegelijk ontbreekt het hem echter aan enig middel om de stakers weer aan het werk te krijgen.
Bovendien groeit de kloof met coalitiepartner CD&V. Die blijft, met Koen Geens en Kris Peeters, geloven in het sociaal overleg, terwijl Open VLD, MR en N-VA steeds hardere taal spreken. Voor die laatste partijen mag er nu snel werk gemaakt worden van de gegarandeerde dienstverlening. CD&V blijft wat dat betreft op de rem staan.
Of deze regering dus snel een einde kan maken aan de stakingsgevolg zonder gezichtsverlies te lijden of de eigen ambities op te bergen? Neen, luidt het enige realistische antwoord.

Le mythique restaurant "De Ultieme Hallucinatie" déclaré en faillite

Rtbf



Une façade Art nouveau unique, au 316 de la rue Royale à Saint-Josse. - © Google

Le restaurant "De Ultieme Hallucinatie", située au 316 de la rue Royale à Saint-Josse, a été déclaré en faillite. La décision du Tribunal de commerce de Bruxelles est tombée le 21 mars dernier.
C'est donc un établissement mythique qui va fermer ses portes. Mythique à plus d'un titre. Et tout d'abord de part son architecture Art nouveau extérieure, signée Paul Hamesse en 1904. Une véritable oeuvre d'art qui fût d'abord un hôtel de maître jusqu'en 1980. Mais l'intérieur n'est pas en reste avec ses boiseries, lustres et ferronneries d'une autre époque. De quoi justifier entièrement son classement au patrimoine bruxellois.
REPRIS PAR L'ÉCHEVIN SAIT KÖSE
Si la brasserie a souvent été menacée de fermeture dans son histoire, elle est reprise en 2012 par Sait Köse, par ailleurs échevin DéFI des Sports à Schaerbeek. Coût de l'investissement : 2,5 millions d'euros. Mais les charges sont importantes et le restaurant qui peut accueillir jusqu'à 200 couverts bat de l'aile. En mai 2015, l'échevin décide de remettre le fonds de commerce pour un montant de 900 000 euros et un loyer de 10 000 euros par mois. A ce prix, les investisseurs se font rares. Ils ne se pressent pas au portillon.
UN CURATEUR DÉSIGNÉ
Résultat : c'est la faillite. Un curateur a été désigné. Son rôle : récupérer toutes les créances et pourquoi pas trouver un repreneur. L'Ultieme Hallucinatie risque donc aujourd'hui de disparaître définitivement du paysage Horeca prestigieux de Bruxelles.
La RTBF n'a pas encore pu à ce stade obtenir de réaction du propriétaire Sait Köse. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ULTIME DESENCHANTEMENT

L’"ultime Hallucination", le plus surprenant bistrot de Bruxelles que j’aimais tellement, a fermé ses portes définitivement aujourd’hui. Ecrin de lecture de style Art nouveau de deux frères israélites érudits qui y ont dévoré livre sur livre avant de s’éteindre sous une montagne de bouquins. Rêve halluciné d’un dandy flamingant qui le restaura de ses mains  avec sa compagne  dans les années quatre-vingt pour le revendre à un Turc prospère, de signature FDF, qui aujourd’hui fait la culbute. « L’ultime » comme on l’appelait familièrement est comme une métaphore du déclin Bruxellois en pleine rue royale, à quelques mètres d’un palais où vécut et composa Puccini : un Ultime désenchantement.
MG 


Fred Dericks 

 Fred Dericks was geboren in Achel in Limburg maar veel oud-studenten van Leuven zullen zich hem herinneren als de oprichter van De Blauwe Schuit. 

Daarna verloor hij zijn hart aan Brussel  waar hij in 1981, samen met zijn vrouw Kris in de Koningsstraat in Sint-Joost-ten-Node "De Ultieme Hallucinatie" opende. Het gerestaureerde café-restaurant, dat in een unieke geometrische Art Nouveau stijl was opgetrokken, was al die tijd een begrip in het Brusselse uitgaansleven, waarin Fred en Kris een even unieke Vlaamse rol speelden.
Fred Dericks had een klare kijk op de moeilijkheden die Brussel, en vooral de Vlamingen in Brussel tegemoet gaan. Hij leefde als een gentleman, en is ook zo heengegaan.


Ancien hôtel Cohn-Donnay, aujourd'hui brasserie-restaurant l'Ultieme Hallucinatie
Rue Royale 316
Rue de la Poste 70
   Hôtel de maître érigé en 1841, de style néoclassique, comprenant annexe, écuries et remises vers la r. de la Poste, et ayant subi plusieurs transformations.

En 1877, modification de l'annexe se traduisant par l'ajout d'une fenêtre dans le grenier et la transformation des percements vers la r. de la Poste par l'arch. Ernest HENDRICKX. En 1878, exhaussement, ajout d'éléments de décor (vraisemblablement vers le jardin). En 1888, remplacement des fenêtres du r.d.ch. r. Royale.

En 1904, remarquable intervention touchant à la façade et à l'intérieur par l'arch. Paul HAMESSE en style Art nouveau, qui y aménage un mobilier « modern style » totalement intégré à l'architecture.

En façade, le balcon pris dans la corniche du r.d.ch. et devançant à l'origine les deux travées axiales est remplacé par une imposante logetteen menuiserie Art nouveau couronnée d'un balcon et les menuiseriessont renouvelées.


Anc. hôtel Cohn-Donnay, logette (photo 1993-1995).


À l'arrière de l'hôtel, il aménage une galerie vitrée longeant le mur dr. du jardin et conduisant vers une salle d'audition accolée au mur de l'annexe de la r. de la Poste. Vers la r. de la Poste également, les dépendances sont exhaussées pour le logement d'un niveau et un demi en « Schemmestein », mais la corniche et la lucarne axiale d'origine sont conservées ; l'enduit d'origine laisse place à un cimentage scandé de bandes de ciment « bleu » qui n'est act. plus visible. À l'intérieur, le r.d.ch. est repensé : il abrite la conciergerie, des stalles pour chevaux et des réserves. Exploitant au mieux la déclivité du terrain, une pente carrossable mène au sous-sol vers des remises à voitures situées sous le jardin de l'hôtel.

En 1980, l'immeuble est reconverti en brasserie-restaurant. L'intérieur est restauré et aménagé, dans le respect du style. À cette occasion, le jardin est couvert, afin d'abriter la brasserie, d'une toiture à structure métallique et montants apparents, intégrant des parties en bois et vitrées. La galerie donnant accès aux dépendances sert judicieusement d'emplacement au bar, en face duquel un mur en rocaille témoigne encore de l'aménagement originel du jardin. Le mobilier de brasserie, dont les sièges en bois sont d'anciennes banquettes de train, s'intègre naturellement dans le décor. Vers la r. de la Poste, au no 70, les écuries et remises sont converties en réserves et dancing, mais conservent leurs structures anc.

Façades et toitures, intérieur avec mobilier, pavillon de musique et jardin d'hiver de l'anc. hôtel Cohn-Donnay classés par AG du 08.08.1988.

Élévation de quatre travées et trois niveaux de hauteur dégressive sous toiture mansardée à brisis d'ardoises présentant une façade enduite et peinte sur plinthe de pierre bleue. Agencement classique des baies rect. à chambranle à clef, avec ou sans crossettes aux étages et sous appui continu. Dans l'axe, logette à menuiserie de bois peinte et dorée dont la couverture sert d'assise à un balcon à garde-corps en ferronnerie de styleArt nouveau. À l'entablement, architrave à fasces et cache-boulins discoïdes sous la corniche en bois. Dans la mansarde, lucarnes alignées sur les baies des niveaux inférieurs, à fronton sur consoles et pilastres. Au r.d.ch., châssis à guillotine, intégrant dans le jour des vitraux à motifs géométriques. Finition soignée, e.a. pour la poignée de porte intégrant la boîte aux lettres et les montants de la logette.


Intérieur : côté r. Royale, le r.d.ch. comprend, d'une part, un hall d'entrée avec escalier menant aux étages, suivi d'une salle de billard et d'une pièce réservée au jeu d'échecs et, d'autre part, deux salons et une salle à manger en enfilade. La décoration d'une exceptionnelle qualité est bien conservée. D'esprit Art nouveau, elle varie d'une pièce à l'autre, recourant tantôt à des formes géométriques pures, tantôt à une stylisation de formes empruntées à la nature.

Les influences les plus diverses sont perceptibles, en particulier celle de la Sécession viennoise pour le salon en façade, de goût néo-grec avec son imposante cheminée de marbre blanc veiné et sa frise de danseuses. Dans le petit salon central, dont les murs sont peints de motifs floraux stylisés, les boiseries laquées en blanc font songer à Mackintosh ; cheminée de marbre jaune de forme égyptisante. Dans la salle à manger, plafond orné de fleurs et frise de paons, motifs repris dans les vitraux des portes séparant cette pièce de la salle de billard. Les murs de celle-ci sont ornés d'un motif d'influence viennoise : des arbres stylisés dont le feuillage s'inserre dans un rectangle. La salle de jeu d'échecs est éclairée par une large baie - qui donnait autrefois sur le jardin - et un lanterneau garnis de vitraux à dessin géométrique.

Le hall au sol de mosaïque a ses murs peints de motifs géométriques intégrant des figures stylisées d'insecte. Un porte-manteau en bois rappelant Mackintosh intègre, surmonté d'un miroir, un cache-radiateur en cuivre montrant deux faisans affrontés. Trois autres cache-radiateurs de même facture ornés de deux pélicans ou d'un gros poisson se trouvent resp. dans la salle de billard et la salle à manger. Ils sont signés « RION ».

Mobilier d'origine, y compris les luminaires dont les formes variées s'harmonisent avec le style de chaque pièce. À noter à l'étage un « salon de poésie » incluant, dans un angle, un petit édifice en bois, sorte d'estrade couverte et bordée d'une fine balustrade ; en façade, vaste salle dont la cheminée en marbre est fermée par une plaque en cuivre repoussé à motif de paon, de même facture que les cache-radiateurs du r.d.ch. Colonnes et pilastres cannelés à chapiteau ionique caractérisent le décor du salon de musique qu'on ne peut attribuer avec certitude à Paul HAMESSE.

R. de la Poste, se dresse sur trois niveaux plus un demi et trois travées, la façade cimentée des dépendances. À dr., une entrée carrossable à porte à deux battants mène vers le sous-sol, les fenêtres des travées de g. sont rect. et grillées, celles des étages bombées. À l'intérieur on y remarque e.a. : le couvrement en briques à entrevous en berceau segmentaire à solives et poutres apparentes sur colonnes de fonte, la pente carrossable, le mobilier en bois des réserves.

Classement 08.08.1988.

Archives
ACSJ/Urb./TP 2056 (1877), 2203 (1878), 3509 (1888), 6716, 6770 (1904).

Ouvrages
DIERKENS-AUBRY, F., VANDENBREEDEN, J., Art Nouveau en Belgique. Architectures et intérieurs, Paris, Louvain-la-Neuve, 1991, pp. 205-207.
MESNIL, C., L'Art nouveau aujourd'hui à Bruxelles, Collet, Braine-l'Alleud, 1992, pp. 61-63.

Périodiques
CELIS, M., « Het herenhuis Cohn-Donnay in Sint-Joost-ten-Noode. Een binnenhuisinrichting van Paul Hamesse », M & L, 1, 1982, pp. 18-25
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Abréviations | Recherches et rédaction : 1993-1995.







dimanche 29 mai 2016

Di Rupo: "Je n'ai aucune influence sur la prise de décision des syndicats"



BELGA
Sud presse

Elio Di Rupo, président du PS, affirme dimanche dans les colonne des titres Sudpresse n'avoir "aucune influence dans la prise de décision" des syndicats, et ce en réponse à des déclarations en ce sens du libéral Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, la veille dans le quotidien L'Echo.
"Les syndicats sont indépendants. Je n'ai aucune influence sur leur prise de décision", déclare M. Di Rupo, qui précise aussi que son parti "n'a jamais demandé de faire tomber le gouvernement Michel. Ce que nous voulons, c'est qu'il change sa politique".
Les mouvements sociaux qui se multiplient dans le pays sont aux yeux de M. Di Rupo "l'expression d'un grand ras-le-bol de la population." Selon lui, "une grande partie des Wallons et des Bruxellois ne se sent pas représentée par le MR au sein du gouvernement", rappelant que le MR n'avait que 25 % des votes francophones lorsqu'il s'est installé "à la hussarde" dans le gouvernement.
"Les déclarations de Didier Reynders sont une manière de se voiler la face par rapport à un gouvernement qui mène une politique insupportable", en conclut le bourgmestre de Mons. 
 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN POLITIQUE, C'EST TOUJOURS L'INATTENDU QUI GAGNE
LA CLÉ POLITIQUE DE LA WALLONIE SE TROUVE À LA FGTB 

Puisque le président du PS, l’homme le plus puissant de Wallonie n’a, de son aveu, aucun pouvoir sur les syndicats qui pourtant lui sont proches (mais jusques à quand ?) il se pourrait que l’inverse soit vrai à savoir que ce sont les syndicats qui ont un grand impact sur le PS comme au temps du grand André Renard.
Jean Marie Dehousse qui n’est pas tombé de la dernière pluie a déclaré en 2013 : «  L'Histoire nous montre une chose : la clé politique de la Wallonie se trouve à la FGTB. Le PS s'est senti réellement menacé une seule fois, au moment de la création du Mouvement populaire wallon, conçu en grande partie par des syndicalistes socialistes, André Renard en tête. Le PS a eu peur, parce que là, la FGTB bougeait. Cools m'a appris qu'en politique, c'est toujours l'inattendu qui gagne. Je ne peux donc pas prédire l'avenir. Mais ce que je sais, c'est que quand la FGTB a bougé, alors la carte politique a bougé.  Le succès du PTB sera petit, oyen ou grand en fonction notamment de ce que fera la FGTB. »
C’est lumineux, le PS est prêt à se mettre à plat ventre devant la FGTB pour qu’elle ne lorgne pas vers le PTB. Seulement Marc Goblet n’a ni le charisme ni le talent du visionnaire André Renard et Elio Di Rupo en profite. Mais le vrai problème c’est que la FGTB n’a aucune influence sur sa base qui grogne, rechigne et grenouille.
MG 







HET IS NIET ONDENKBAAR DAT DE SPIRAAL VAN RADICALISERING IN HET ZUIDEN ALLEEN SLACHTOFFERS MAAKT 
Alain Gerlache 
Ook Franstalig België is diep verdeeld 


Alain Gerlache is mediawatcher bij RTBF en opiniemaker voor De Morgen. 





'Bart De Wever hoeft zijn uitspraak over de 'twee democratieën' niet te herhalen: ze wordt nu in het Franstalige politieke debat misschien nog vaker gebruikt dan in het Vlaamse'
"Suïcidaal!" Dat is niet alleen de mening van Vlaams rechts, aangevoerd door de N-VA, over de stakingen en de sociale beweging die Wallonië en Brussel in rep en roer brengen. Burgers en commentatoren in het zuiden van het land zeggen net hetzelfde. Sommige vakbondsleiders doen het ook, maar dan stilletjes. En ze worden niet geïnspireerd door sympathie voor de Vlaams-nationalisten, zelfs als vicepremier Jan Jambon volgens de laatste peiling van Le Soir nu in Wallonië populairder is dan Waals minister-president Paul Magnette. Integendeel, ze vrezen net dat de acties, van het aanslepende conflict in de Franstalige gevangenissen tot de wilde stakingen van het spoor en de oproepen van de harde vleugel van de FGTB tot een staking tot de finish om de regering te doen vallen, de nationalisten in de kaart spelen.

Bart De Wever hoeft zijn uitspraak over de 'twee democratieën' niet te herhalen: ze wordt nu in het Franstalige politieke debat misschien nog vaker gebruikt dan in het Vlaamse. Een mooie mediatriomf voor de voorzitter van de N-VA. Straks ook een politieke triomf?
EEN DOORMIDDEN GESNEDEN LAND
De laatste dagen zien we in de media en op de sociale netwerken keer op keer dezelfde kaart, die van het spoorverkeer. Groen in het noorden, rood in het zuiden, als weerspiegeling van een doormidden gesneden land. In werkelijkheid is ook Franstalig België diep verdeeld. Om de formule van Karl Marx te lenen: niet alleen het spook van het communisme waart door Wallonië, met de opkomst van de marxisten van de PTB. Ook de gauchistische vlucht naar voren die door rechts en in de eerste plaats door de MR wordt aangeklaagd zou de dreiging van het separatisme aanmoedigen.

Intussen is niemand volkomen consequent. De PTB stelt zich graag voor als de enige unitaire partij van België, maar drijft met haar agitatie in de meer extreme rangen van de FGTB de twee gemeenschappen alleen maar verder uiteen. De MR roept op tot gezond verstand om België, zijn economie, zijn sociale model en zijn eenheid te redden, maar werkt samen met een partij die het einde van het land wil, in een coalitie die breekt met de traditionele meerderheidsevenwichten van het land.

Met daarbovenop de permanente guerrilla tussen de federale en de Waalse regering ontstaat er een beeld van Wallonië dat sterk verschilt van zijn imago in het noorden van het land. Het omgekeerde is natuurlijk ook waar, want veel Franstaligen zijn ervan overtuigd dat bijna alle Vlamingen het land willen zien uiteenvallen.

Het is niet ondenkbaar dat de spiraal van radicalisering in het zuiden alleen slachtoffers zal maken. Premier Michel, wiens ongemakkelijke positie elke dag onzekerder wordt terwijl hij er net als zijn Franse socialistische collega, Manuel Valls, niet in slaagt de toenemende contestatie te bedwingen. Of Elio Di Rupo, wiens partij verlamd lijkt door het succes van de PTB in de peilingen en niet meer weet van welk hout pijlen maken. Terwijl minister-president Paul Magnette deze week, in een debat met onder meer PTB-kopstuk Raoul Hedebouw, nog pleitte voor een nieuw links front, verklaarde Di Rupo over de FGTB: "Ik ben het beu om als het fout gaat elke keer opnieuw 'socialistische vakbond, socialistische vakbond, socialistische vakbond' te moeten horen." Hij zei ook dat de aanvaller van de Brusselse politiecommissaris uit de rangen van de PTB komt, wat die partij ontkent. Ook extreemlinks zou pluimen kunnen laten, als de radicale strategie die het in Wallonië ontwikkelt geen enkel concreet resultaat oplevert. En de laatste potentiële slachtoffers: de vakbonden, die onder druk staan van een deel van hun basis en hun communautaire verdeeldheid niet langer kunnen verbergen.

De geschiedenis zal ons leren of de Belgische echtscheiding, die met de splitsing van de politieke partijen begon, met die van de vakbonden zal eindigen. Maar in elk geval blijft het grootste probleem van Wallonië zijn moeilijkheden om samen de krachten te bundelen voor de economische en sociale heropleving, veel meer dan de Vlaamse separatistische neigingen in Vlaanderen.
REYNDERS: "WALLONIË HAAKT AF TEGENOVER VLAANDEREN"
De PS gebruikt de sociale bewegingen voor politieke doeleinden. Dat zegt minister van Buitenlandse Zaken Didier Reynders vandaag in L'Echo. "We baden in het surrealisme", klinkt het in een verwijzing naar de vele recente stakingen.
Reynders verbaast zich erover dat hij vrijdag Jean-Pascal Labille (PS), gewezen minister van Overheidsbedrijven, hoorde zeggen "dat er sociale problemen staan aan te komen bij bpost". "Terwijl geen vakbondsman hierover al iets heeft laten vallen", zegt Reynders. Ook verbaast hij zich erover dat PS-voorzitter Elio Di Rupo probeerde te zeggen "dat het ABVV niet socialistisch is, nadat hij dinsdag was gaan betogen".

"Tel je het ene op bij het andere, dan zie je dat de PS bezig is de sociale bewegingen te gebruiken voor politieke doeleinden", zegt Reynders. Of nog: "De socialisten praten op één manier als ze in de oppositie zitten, een discours dat ze op straat proberen verkocht te krijgen, en op een andere als ze aan de macht zijn."

Reynders stelt vast dat "Wallonië afhaakt tegenover Vlaanderen", maar hij roept tegelijk op tot objectiviteit. "In Brussel heeft de sociale onvrede niet dezelfde impact. En zelfs in Wallonië functioneert de as tussen Waals-Brabant, Namen en Luxemburg correct. Het is vooral in de oude industriële bastions van Luik en Henegouwen dat deze sociale beweging een beetje succes heeft."




Communales 2018: rapprochement en vue entre DéFI et MR à Schaerbeek

RTBF


Bernard Clerfayt (au centre), le bourgmestre de Schaerbeek. - © DIRK WAEM - BELGA

Les élections communales, c'est dans un peu plus de deux ans. Mais les manœuvres ont déjà commencé. A Schaerbeek, la Liste du bourgmestre Bernard Clerfayt (DéFI) opère, selon nos informations, un rapprochement avec le MR local. Ou plutôt, plusieurs élus MR souhaiteraient rejoindre la Libre du bourgmestre en 2018. Des discussions en hauts lieux sont en cours, revient-il à la RTBF à très bonnes sources.
Actuellement, à Schaerbeek, la Liste du bourgmestre est en majorité avec Ecolo et le cdH avec un total de 29 sièges sur 47. Le MR, dans l'opposition, en compte 4. Une faible représentation pour des libéraux qui ont jadis dirigé la cité des Anes. Alors que les élections de 2000 ont vu l'arrivée de Daniel Ducarme (décédé en 2010) et que les parachutages des Charles ou Louis Michel ont été évoqués en 2006 et 2012, il semble que le MR fédéral ne fasse plus de Schaerbeek une priorité pour 2018. Plus question non plus de faire venir dans la commune le chef de groupe MR à la Chambre Denis Ducarme (fils de Daniel Ducarme). Avec l'intégration des Réformateurs à la Liste du bourgmestre, ceux-ci ont plus de chance de participer à une majorité et de se refaire une santé électorale.
CONNEXIONS
Les connexions entre les deux blocs restent en tous les cas évidentes, du moins à Schaerbeek. Le député régional Abdallah Kanfaoui a été élu en 2012 sur la Liste du Bourgmestre avant de passer au MR. Trois échevins actuels (Guillaume, Noël, Köksal) sont trois libéraux qui ont refusé la scission des listes FDF-MR à la fin de la fédération. En cours de législature, l'unique élu Open VLD Quentin van den Hove a décidé de soutenir la majorité. La proximité entre Bernard Clerfayt et Didier Reynders, président de la régionale MR n'est pas un secret. Et enfin, Bernard Clerfayt entend garder une certaine indépendance politique face aux injonctions de son président de parti Olivier Maingain qui a conclu en 2014 une alliance régionale avec le PS et le cdH.
En tous les cas, si les choses venaient à se confirmer officiellement, restera à attribuer un nombre de places aux candidats MR sur la LB. Quatre comme le nombre d'élus (Verzin, de Beauffort, Chan, Kanfaoui)? Moins? Plus? Avec ou sans les libéraux néerlandophones de l'Open VLD? Qui sacrifier chez DéFI? Ceci étant, le rapport de force apparaît plutôt favorable à Bernard Clerfayt.
Le PS cherche à se renforcer
Il faudra de toute manière attendre 2018 pour voir si ce projet s’avère payant. En face, le PS (13 sièges) fourbit déjà ses armes. Laurette Onkelinx repartirait pour une troisième fois au combat pour décrocher le fauteuil mayoral.  La polémique Goldstein semble déjà oubliée, les socialistes préparent le prochain scrutin et seraient même prêts à se renforcer. Des noms circulent (Madrane, Laaouej...) mais restent à ce stade difficile à confirmer.
Le parti Ecolo d'Isabelle Durant espère toujours intégrer la prochaine majorité mais les tensions de plus en plus flagrantes avec la Liste du bourgmestre notamment sur la gestion du dossier du CPAS. Le cdH de Denis Grimberghs demeure au balcon. Ou au centre, selon les points de vue.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE « DEFI » SCHAERBEEKOIS : UNE ÉQUATION À PLUSIEURS INCONNUES.

Excellente analyse qui se lit comme une équation à plusieurs inconnues. Première certitude : après la gestion calamiteuse du CPAS par Ecolo, le divorce de DEFI avec les verts est consommé. Deuxième certitude, la succession de Bernard Clerfayt avec lui-même est une évidence tant ses chances de réussite sont grandes
Première inconnue : le rôle de Georges Verzin, (homme fort affaibli de la section MR) dans l’hypothèse de nouvelles fiançailles DEFI-MR à Schaerbeek. Sa mésentente avec Bernard Clerfayt est légendaire. Deuxième inconnue : Laurette Onkelinx aura-t-elle le front de risquer un troisième camouflet face à un bourgmestre populaire ? Rien n’est à exclure et quid de Yves Goldstein qui ne fait pas l’unanimité au sein des conseillers  PS élus de culture musulmane ? Troisième inconnue, la rumeur de l’arrivée à Schaerbeek  de Laaouej (chef de file PS à Koekelberg) que nous avons longuement évoquée in tempore non suspecto, va-t-elle se confirmer? -ce qui mettrait Onkelinx, présidente  du PS  bruxellois, hors-jeu mais donnerait des ailes au PS schaerbeekois en mal de poids lourds.  Le brillant Laaouej c’est le joker du PS et son maître atout. Ses chances de renverser le placide mais solide Philippe Pivin à Koekelberg sont faibles. En revanche, il risque, selon nous,  de faire un tabac à Schaerbeek où il serait accueilli comme le messie dans une section PS en mal de leader.
Quatrième inconnue, le score du CDH animé par le bouillant Denis Grimberghs qui agace le bourgmestre et est en perte de vitesse. Cinquième inconnue, le manque d’intérêt apparent du MR pour sa légendaire section schaerbeekoise, 
jadis animée par feu le président Daniel Ducarme soi-même.  
Comme à chaque élection communale, l’édition 2018 qui se rapproche, promet autant de suspense qu’ un film d’Hitchcock.
MG         

samedi 28 mai 2016

781.887 musulmans vivent en Belgique: découvrez la carte, commune par commune

Photonews
Sudpresse 

En Belgique, près de 7% de la population belge est musulmane. Un chiffre scientifique calculé, au 1er janvier 2015, par le sociologue Jan Hertogen, qui collabore notamment avec l’Université catholique de Louvain. Selon ses calculs, il y aurait par ailleurs 4,9% de musulmans en Wallonie et 23,6% à Bruxelles. Enfin, la majorité des musulmans de Belgique vivent en Flandre…

La pratique de l’Islam en Belgique est un sujet qui fait souvent l’objet de fantasmes et de mythes. Et il n’est pas rare d’entendre dans certains discours qu’il est devenu la religion majoritaire en Belgique ou à Bruxelles. Cependant, aucun chiffre officiel ne permet de vérifier ces affirmations. Logique : la Belgique n’organise pas de recensement religieux.
COMMENT CALCULER ?
Autrefois chercheur à la Katholieke universiteit Leuven (KUL), le sociologue Jan Hertogen a voulu étudier la question et tente, depuis plusieurs années, d’évaluer scientifiquement le nombre de musulmans que compte la Belgique. «  La méthodologie que j’utilise est établie au départ du nombre d’habitants issus de l’immigration et installés en Belgique depuis 1945. Des données qui sont disponibles par nationalité pour chaque commune, province et région de Belgique  », nous explique le sociologue qui a travaillé de longues années au service d’études du syndicat chrétien (ACV). «  De ces données, je tiens compte des naissances, des décès mais aussi des migrations. »
À partir de ces données, le sociologue effectue des croisements avec statistiques du Pew Research Center, un centre d’études basé à Washington qui étudie la pratique des différentes religions pour chaque pays. «  Le PEW research centre permet de connaître le nombre de musulmans par nationalité  », nous précise Jan Hertogen. «  Je reprends également des données d’une étude faite en Allemagne en 2008 auprès de 5.000 habitants qui a évalué leur laïcité.  » Des chiffres du « Bundesamt für Migration und flüghtelinge », l’Office fédéral allemand pour les migrations et réfugiés.
Le sociologue a enfin effectué des ajustements, notamment sur les personnes qui ont émigré en Belgique et qui sont originaires de pays d’Europe de l’Ouest car il estime que parmi ces dernières, la proportion de musulmans pourrait être surestimée. Enfin, il faut noter que cette méthodologie ne permet pas de prendre en compte les musulmans belges dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents ne sont pas issus de l’immigration. «  Mes calculs sont donc très légèrement sous-estimés  », estime Jan Hertogen.
ÉVOLUTION
Le calcul que l’on vous présente n’est pas le premier effectué par Jan Hertogen. «  J’ai réalisé cette étude à la demande du Cismodoc, le centre de recherche et de documentation de l’Université catholique de Louvain (UCL) qui se penche sur l’Islam dans le monde contemporain  », ajoute Jan Hertogen. «  Mais j’avais déjà effectué le calcul à deux reprises. Une première fois en 2011 et une deuxième fois en 2013.  » Selon ces calculs, la proportion de musulmans est passée, en 4 ans, de 6,3 % à 7 % de la population belge.
Reste que, selon le sociologue, il est intéressant de remarquer le poids très relatif de l’Islam dans les finances de l’Etat par rapport à la religion catholique. En Wallonie, on compte près de 2.000 églises catholiques reconnues contre seulement 39 mosquées. Paradoxal, alors que le nombre de catholiques pratiquants s’effondre. Pour preuve, un rapport daté de 2011 et publié par la KUL, estimait qu’il y avait en Belgique 315.063 catholiques pratiquants. Un chiffre sous-estimé, car les données n’étaient pas complètes pour les évêchés francophones.
«  Si l’on compare les religions catholiques et musulmanes, et la manière dont elles sont subsidiées par l’État, on remarque qu’il y a une grande différence en faveur de la religion catholique  », confirme toutefois le sociologue. «  Or, constitutionnellement, les religions doivent être financées de manières égales.  »
Enfin, la commune qui compterait le plus grand nombre d’habitants musulmans en Wallonie est Farcienne (29 %). Liège(17,7 %) et Charleroi (16,3 %) se situent bien en dessous d’Anvers. (18,8 %). Enfin, en région bruxelloise, c’est à Saint-Josse qu’on dénombre le plus de musulmans (45 %). Molenbeek, elle, n’en compte que 41,2 %. On est loin des 80 % de musulmans annoncés notamment dans des articles de Wikipedia! 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVRE ENSEMBLE SANS SE CONNAÎTRE

Voilà qui est extrêmement intéressant mais qui ne nous dit pas à quel courant ces musulmans de Belgique participent. Par exemple à combien sont estimés les disciples de nouveaux penseurs de l’islam, combien les fondamentalistes, les salafistes, les sunnites, les chiites, les soufis. Les intégristes sont en accroissement si on en juge par le nombre de jeunes hommes à la barbe drue croisés dans le métro  en costume de Mohammed au bras de leurs compagnes en nikhab. On me dira que si l’habit ne fait pas le moine, il ne fait pas non plus forcément le djihadiste. L’article ne nous dit pas non plus combien de musulmans lisent régulièrement le Coran pour se laisser inspirer par son éthique du Bel Agir. On me rétorquera qu’on ignore combien de catholiques fréquentent les évangiles assidument  et on aura raison. En somme on vit côte à côte en ne sachant presque rien sur l’autre.
Les premiers musulmans arrivés en Belgique étaient d’une discrétion couleur muraille.
Les choses ont bien changé en cinquante ans.
Ces chiffres nous font comprendre pourquoi l’enseignement catholique flamand, prévoyant,  fait soudain les yeux doux aux élèves musulmans (espace de prière et organisation de cours libres d’islam), ils redoutent en effet la création d’un réseau  d’écoles libres musulmanes qui leur ferait perdre énormément d’élèves.
MG



  



jeudi 26 mai 2016

Grève surprise à la SNCB : la circulation à l’arrêt en Wallonie

Le Soir
Les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom ont lancé une grève ce mercredi soir.


 Gare du Midi, les quais sont déserts. © Le Soir / Pierre-Yves Thienpont 


La circulation ferroviaire est à l’arrêt jeudi à l’aube en Wallonie en raison de la grève des cheminots convoquée mercredi en fin de journée par les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom. La SNCB parle d’une «  situation duale  » dans le pays, car en Flandre certaines lignes sont exploitées normalement mais d’autres sont impactées par le mouvement en Wallonie.
«  La situation est duale sur le réseau ferroviaire belge  », a indiqué à Belga Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. «  La circulation est totalement à l’arrêt en Wallonie, et normale en Flandre ou impactée par le mouvement en Wallonie  », explique-t-il.
60 % DU TRAFIC ASSURÉ ENTRE LOUVAIN ET BRUXELLES NORD
Aucun train ne roule sur les lignes reliant Tournai et Halle, Mons et Bruxelles, Charleroi et Bruxelles, Arlon et Namur ainsi que sur la dorsale wallonne entre Namur, Liège et Charleroi. Environ 60 % du trafic est assuré entre Louvain et Bruxelles Nord.
Du côté flamand, tous les trains circulent entre Ostende et Bruxelles, Courtrai et Gand, Courtrai et Denderleeuw, Essen et Anvers, Herentals et Aarscht, et Hasselt et Louvain. Le trafic est assuré à 50 % entre Gand et Anvers et 70 % entre Bruxelles et Anvers, puisque certains trains partent de Charleroi.
M. Ney précise que la situation va évoluer dans la journée et invite les personnes qui souhaitent se déplacer en train à se renseigner avant de partir.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FGTB ET COMMUNAUTARISME 

Chassez le communautaire, il revient au galop. Les syndicats wallons sont en train de relancer le débat communautaire volontairement ou malgré eux. Ils fournissent des armes à la N-VA pour plaider et obtenir demain le confédéralisme en quelque sorte dans un fauteuil. Les trains roulent en Flandre tandis que le réseau ferroviaire wallon est paralysé par la grève ; les prisons fonctionnent normalement Flandre tandis que l’interminable grève des gardiens fait les titres et les choux gras de la presse francophone. Il se dit et s’écrit de plus en plus que ces grèves ont un caractère politique, qu’elles sont en fait instrumentalisées par Elio Di Rupo qui, redoutant la montée irrésistible du PTP surjoue une partition gauchisante.
Certes c’est une tactique qui permettra au parti socialiste de ne pas perdre trop de voix aux élections de 2019 mais, sur le moyen terme et sur le plan stratégique, c’est une gravissime erreur car elle donne des arguments à l’électorat flamand pour adhérer au discours de la N-VA. On le sait, celle-ci a perdu 8 % dans les sondages à cause de son engagement  plutôt loyal au sein de la coalition fédérale. Le parti socialiste n’en a cure. Il entend bien retourner au pouvoir au niveau fédéral et il fera toutes les concessions possibles au CDH (notamment en matière d’enseignement) pour que celui-ci n’envisage en aucun cas une alliance avec le MR après les élections de 2019.
Peu importe si les navetteurs sont lésés et si les détenus que la majorité des électeurs méprisent sont les victimes de l’opération. Elio Di Rupo aurait pu obtenir la construction d’une prison montoise moderne ; il a préféré dépenser des sommes considérables pour offrir à ses électeurs montois une gare somptuaire et en somme totalement inutile.
Le PS ne supporte pas de se retrouver dans l’opposition et il le fait savoir en faisant donner sa cavalerie commandée par le fidèle Marc Goblet aux ordres du bd de l’Empereur.  Fidèle ? mais pour combien de temps encore, n’a-t-il ps tendance à lorgner vers le PTB ?
MG 


21 ACTIONS SYNDICALES CONTRE LE GOUVERNEMENT MICHEL : LA LIGNE DU TEMPS

Grève les 24 juin et 7 octobre, manifestations les 24 mai et 29 septembre : les syndicats repartent à l’offensive. Une habitude sous la suédoise.
Les organisations syndicales sont remontées à bloc et le font savoir. Elles n’avalent toujours pas la réforme du travail du gouvernement fédéral. Et annoncent en conséquence une série de nouvelles actions fortes : une manifestation nationale en front commun le 24 mai, une grève générale menée par la FGTB le 24 juin, une nouvelle manifestation nationale le 29 septembre et une grève générale, cette fois en front commun, le 7 octobre.
Une date qui n’est pas choisie par hasard. « C’est pour fêter le deuxième anniversaire de la mise en place du gouvernement Michel », nous explique Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB. Si la CSC n’a pas voulu se joindre à la FGTB pour la grève du 24 juin, ce n’est pas pour une différence de fond. « Nous n’allions pas bloquer le pays à un moment où les enfants partent en voyage scolaire, où les étudiants se rendent à leur proclamation et où des gens partent déjà en vacances », justifie Marc Leemans, le président de la CSC.
Depuis la grande manifestation du 7 octobre dernier, le mouvement syndical vivotait un peu. Avec l’annonce de toutes ces actions, il reprend des couleurs et de la vigueur. Les syndicats ont aussi senti qu’ils avaient à nouveau la capacité de mobiliser et se sont engouffrés dans la brèche. Depuis le début du gouvernement Michel, la grève générale du 7 octobre sera donc la 21e action nationale d’envergure contre la politique fédérale. 

PROPOSITION DE LA N-VA POUR CESSER LE RECRUTEMENT D'AGENTS STATUTAIRES À LA SNCB
La Libre Belgique

POLITIQUE BELGE
La N-VA a déposé une proposition de loi ambitionnant de cesser le recrutement de travailleurs statutaires au sein de la SNCB et d'Infrabel, rapportent jeudi L'Echo et De Tijd.
Dans sa proposition de loi, le député fédéral Wouter Raskin (N-VA) avance que "tout nouveau recrutement devra désormais avoir lieu sur une base contractuelle. Aucune période transitoire n'est prévue pour l'instauration du principe de l'engagement exclusif de travailleurs contractuels."
Il estime que les agents statutaires représentent un handicap concurrentiel pour la SNCB dans la perspective de la libéralisation du transport national de voyageurs dès 2026.
"Avec des semaines de travail de 36 heures, plus de 50 jours de congé et une large gamme d'indemnités et de compensations, la SNCB est incapable d'affronter la concurrence d'autres acteurs européens", argumente le texte de la proposition.

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express
CHÈRE WALLONIE ADORÉE, TU TE TIRES UNE BALLE DANS LE PIED
En multipliant les grèves sauvages ou inaudibles, les syndicalistes francophones donnent raison à la N-VA. C'est absolument incompréhensible !

La protestation sociale prend des formes incompréhensibles en Wallonie, où les syndicats sont visiblement débordés par une base aux relents révolutionnaires - notamment noyautée par le PTB. Il fallait certes s'attendre à l'expression d'une exaspération croissante face au gouvernement Michel, qui ne change pas de cap et s'entête dans son approche ultra-libérale. Mais en s'exprimant de la sorte au sud du pays, les syndicalistes ne font en réalité que nourrir la politique qu'ils prétendent dénoncer. Et ils donnent des arguments à une N-VA qui n'en demandait pas tant. Une stratégie incompréhensible - pour autant que ce soit une stratégie....
LA PROTESTATION SOCIALE PREND DES FORMES INCOMPRÉHENSIBLES EN WALLONIE... C'EST SUICIDAIRE!
Car on ne démontrerait pas autrement que la Wallonie ne fonctionne pas, qu'elle reste arc-boutée dans un conservatisme de mauvais aloi ou qu'elle ne comprend pas que le monde évolue. On n'illustrerait pas mieux la nécessité d'imposer un service minimum dans tous les services publics, tant ces actions à répétition sont l'expression d'un égoïsme collectif qui ne se soucie guère des conséquences. Et in fine, on ne prouverait pas autrement le besoin d'une régionalisation accrue de la SNCB, des prisons ou des services publics, tant les points de vue sont de plus en plus opposés entre le Nord et le Sud.
Chère Wallonie, tu te tires une balle dans le pied en braquant la suédoise fédérale dans ses convictions - qu'elles soient contestables ou non. Tu mines l'image de la Région et du pays au moment où l'on tente tant bien que mal de la redresser, après des mois calamiteux. Tu sapes tous les efforts accomplis par les forces vives régionales pour montrer que le redressement n'est pas un vain mot. Et tu te mets tout le monde à dos, à commencer par des navetteurs ou des usagers des services publics qui ne comprennent pas pourquoi ils sont traités de la sorte.
Chère Wallonie, comment l'action d'irresponsables coupés des réalités peut-elle provoquer autant de dégâts ? C'est incompréhensible... Et suicidaire !

Lettre ouverte d'une universitaire au chômage



Marie Laoureux
Diplômée en Sciences politiques et Relations internationales

Voltaire disait " Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin ". Aujourd'hui cette phrase semble prendre tout son sens pour beaucoup d'entre nous. Nous, les jeunes diplômés qui avons, au bout de cinq longues, laborieuses et coûteuses années, fini par décrocher le diplôme, le Graal, avec mention "distinction" ou "grande distinction". Nous qui avons rêvé d'un boulot utile, d'un salaire correct et des projets qui vont avec.

Lors des examens d'entrée en médecine et dentisterie, à Brussels Expo, juillet 2015. © BELGA/Nicolas Maeterlinck
Après s'être inscrits au FOREM, avoir rendu des comptes à l'ONEM et vu une quantité de conseillers, nous commençons à douter : douter de nous, de nos capacités, de notre manière de fonctionner, des études que nous avons choisies. Même si notre vocation était d'aider les autres, de comprendre notre société, de vouloir contribuer à la recherche scientifique, nous comprenons à présent que la société n'a pas besoin de nous dans ces domaines. Elle a besoin d'informaticiens, d'agents immobiliers, d'infirmiers, de mécaniciens ou d'enseignants en langues étrangères. Malheureusement pour nous, ce n'est pas ce que nous aimons et au bout de cinq ans, nous pensons alors avoir perdu notre temps ainsi que notre argent. Nous doutons beaucoup, mais malgré tout, nous tentons de ne pas perdre de vue nos objectifs et nos idéaux.
C'est dans cette optique que beaucoup d'entre nous acceptent de faire des stages non rémunérés où il faut même parfois débourser de l'argent. Aujourd'hui, les bourses de stages se font rares et obtenir ses allocations d'insertion (425 euros par mois) n'est possible que pour les moins de 25 ans.
Nous sommes prêts aussi à nous remettre en questions, à nous réorienter, mais là aussi, nous rencontrons deux problèmes majeurs. Tout d'abord, les formations privées sont coûteuses. Comment trouver, à 25 ans, les ressources financières pour entreprendre ces formations alors que nous avons tout misé sur notre diplôme universitaire ? Ensuite, les formations proposées par le FOREM et la Wallonie pour les diplômés sont limitées. Il existe certes tout un panel de formations variées, mais qui est clairement mis en place pour aider les jeunes (ou moins jeunes) sans diplôme ou ayant obtenu le CESS. Qu'en est-il des autres ? N'avons-nous d'autre choix que de faire une formation où notre diplôme universitaire n'aura plus de valeur ? Pourtant, nous sommes prêts aussi à postuler à des offres ne nécessitant "qu'un" diplôme de bachelier et à en accepter les conditions, mais là aussi les réponses négatives s'enchaînent. Pourquoi ? Est-ce le manque d'expérience et de pratique par rapport à nos collègues qui sortent des Hautes Écoles ?
Je me sens comme beaucoup d'autres jeunes diplômés : mes rêves sont brisés et je me rapproche dangereusement de l'ennui, du vice et du besoin.
Comment changer cette spirale négative ? En sortant de l'université avec un master en poche, certains d'entre nous, faute d'appuis financiers et qui ne peuvent se permettre d'attendre un an avant d'avoir des allocations ou ont simplement plus de 25 ans, sont obligés de se tourner vers le CPAS pour survivre. Est-ce cela la démocratisation de l'éducation ? Trahir les plus pauvres à investir dans des études pour ne rien recevoir en échange ? Nous sommes coincés dans cet espace où nous ne sommes plus des étudiants, mais nous ne pouvons pas devenir des adultes responsables, pouvant fonder une famille et avoir des projets. Nous sommes obligés de devenir des "Tanguy", des assistés, des déçus.
Nous doutons beaucoup de nous, mais nous doutons aussi de vous, les décideurs politiques. Nous comprenons bien sûr, les temps sont difficiles et il n'est pas évident de s'insérer sur un marché de l'emploi en crise où les secteurs sociaux et non marchands sont bouchés, où les financements sont limités, où l'âge des pensions doit être reculé. Mais pourquoi les aides à l'emploi des jeunes sont-elles davantage revues à la baisse ? Ne craignez donc-vous pas que de jeunes talents finissent par se résigner ? Comment peut-on encore oser tenter notre chance quand on plus de 25 ans et aucune aide ? Doit-on compter sur nos parents qui nous ont déjà tant aidés pour financer nos études ? Comment vit-on avec 425 euros d'allocation d'insertion par mois ?
Ce sont toutes ces questions que je me pose à l'heure actuelle, car aujourd'hui je le sais, c'est un long chemin de croix après le beau diplôme. Il faut garder la motivation, avoir confiance en soi, accepter les contrats à la semaine dans des secteurs différents et espérer un jour que ça débouche sur un emploi, qu'on aimera... ou pas.
Aujourd'hui, je me sens comme beaucoup d'autres jeunes diplômés : mes rêves sont brisés et je me rapproche dangereusement de l'ennui, du vice et du besoin. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FLEXIBLE, ADAPTABLE AND ADJUSTABLE 

Les politologues, sociologues, journalistes et autres historien(ne)s de l’art sont bien évidemment plus difficiles à caser que les chimistes, physicien(ne)s, mathématicien(ne)s ou germanistes. Tout le monde le sait depuis des décennies et pourtant ces facultés ne désemplissent pas. Cela dit, un politologue avec parfaite maîtrise de la langue écrite et bilingue de surcroît ou trilingue de préférence, trouvera aisément un boulot.
De plus, rien n’empêche ces politologues de participer à des concours de recrutement de fonctionnaires où ils peuvent assez vite prendre du galon. Ils peuvent aussi enseigner le français aux States ou dans un pays anglo-saxon tout en apprenant la langue anglaise. But you have to be flexible, adjustable and adaptable.
Faute de quoi, personne ne voudra de vous. Je connais un politologue qui  a accepté d’enseigner la géo, la morale et l’histoire au degré inférieur et qui dirige désormais une grosse institution de promotion sociale.
Rien ne sert de se lamenter, il faut agir et prendre des initiatives.
MG  

mercredi 25 mai 2016

Concertation ? Confrontation… Un Etat fédéral, c’est compliqué à faire fonctionner


Un Etat fédéral comme la Belgique, c’est encore plus compliqué à faire tourner. Pourquoi ? Parce que le pays est instable, soumis en permanence à des réformes incomplètes, ambiguës, mal digérées qui comportent en elles-mêmes les sources de discorde.
C’est compliqué aussi parce qu’il y a, dans le paysage politique, un parti (devenu le premier du pays) qui travaille, on ne dira pas à sa perte, mais à sa dislocation institutionnelle. Même vêtues d’habits fédéraux, les éminences nationalistes n’ont qu’un rêve, un objectif, une passion : l’avènement d’une République de Flandre. Donc pour faire fonctionner cette machinerie tarabiscotée, cet infernal millefeuille, il faut mettre de l’huile dans les rouages. (La Libre Belgique Edito, extrait)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ETAT DETRAQUÉ

Comme Frankenstein, feu Wilfried Martens et surtout feu le plombier Jean Luc Dehaene, ont engendré un monstre qui sème la confusion. L’Etat belge est désormais si complexe qu’il en est devenu ingérable et par conséquent « ingéré ».
La dévolution des pouvoirs au profit des régions et l’obstination obtuse de la Nieuwe Vlaamse Alliantie (N-VA)  à « évaporer » cet Etat belge honni nous conduiront à une nouvelle complication : le confédéralisme.
Elio Di Rupo avait l’air d’un vieux gamin en pull rouge parmi les manifestants. Un pétard tiré par un gréviste  PTB mit fin à son interview télévisée tandis que plus loin le commissaire en chef à poigne gisait dans son sang, frappé de dos par un pavé : métaphore pathétique d’un délitement annoncé.
MG    


mardi 24 mai 2016

Le maintien du réseau libre est dépassé selon la rectrice de l'Université de Gand


BELGA  La Libre Belgique

Maintenir un réseau catholique en l'état est artificiel, estime Anne De Paepe, rectrice de l'Université de Gand, dans une interview accordée au Standaard avec son homologue de la VUB.
La rectrice, étiquetée catholique, se demande si l'enseignement flamand ne doit pas évoluer vers un grand réseau unique au sein duquel toutes les idéologies seraient représentées. Elle juge "artificiel" le fait d'accepter les musulmans mais de garder un réseau catholique séparé. "Nous devrions organiser cela différemment et rassembler les forces. Laissons aux écoles la liberté de choisir entre les cours de religions."
Ces déclarations surviennent après la polémique née de l'intention du secrétariat flamand de l'enseignement catholique de faire une place à part entière au culte musulman et aux autres religions à l'école. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

Tout semble indiquer que c’est en Flandre et non en Wallonie ou à Bruxelles qu'éclateront les premières échauffourées de la de guerre scolaire. Il est en effet tout à fait inattendu que la rectrice de l’université de Gandhi,  de signature catholique, ait ouvert unilatéralement les hostilités dans un échange avec sa collègue rectrice de la VUB.
La carte blanche du professeur Louis-Leon Christians, professeur à l'UCL, Chaire de droit des religions va exactement dans le même sens mais via un autre angle d’attaque très différent
« Les débats liés à l’articulation des cours de citoyenneté aux cours de morale et de religions ne sont pas seulement un sursaut de la guerre scolaire ou un enjeu laïque comme semblerait le confirmer la récente campagne du ministre-Président invitant, sans s’encombrer de neutralité (1), les parents à se détourner des cours de religions/morale. »
C’est dire si les esprits s’échauffent sur la question scolaire. On retrouve le climat polémique des années 50 mais dans un paysage institutionnel complètement modifié. Renseignements pris, il semble bien que l’enseignement catholique flamand s’inquiète beaucoup de son avenir et redoute la création d’un réseau d’enseignement islamique.
C’est un dossier à suivre très attentivement.
MG


CITOYENNETÉ SANS DIALOGUE ?
CONTRIBUTION EXTERNE 
La Libre  


Philosophie, citoyenneté, religion, morale, neutralité… Une clarification est nécessaire. Il a fallu vingt-cinq ans pour mettre au jour l’absence de neutralité du cours de morale. Comment éviter la même erreur avec le cours de citoyenneté ? Une opinion de Louis-Leon Christians, professeur à l'UCL, Chaire de droit des religions.
Le gouvernement a confirmé récemment que les futurs cours de citoyenneté, qui se substitueront à 50 % des cours de religions/morale, pourront être assurés par des professeurs de religion et de morale, ayant titre pédagogique et formation à la neutralité. Une formation de 20 heures est annoncée pour assurer la remise à niveau de tous les enseignants avant la rentrée.
Les débats liés à l’articulation des cours de citoyenneté aux cours de morale et de religions ne sont pas seulement un sursaut de la guerre scolaire ou un enjeu laïque comme semblerait le confirmer la récente campagne du ministre-Président invitant, sans s’encombrer de neutralité (1), les parents à se détourner des cours de religions/morale.
UN ENJEU FORT
Bien davantage que par ostracisme, l’articulation des convictions est un enjeu fort pour évaluer nos démocraties et tester nos conceptions de la citoyenneté. Autant la réduction des cours de religion a pu être contestée par leurs enseignants, autant l’ambition d’un enseignement de citoyenneté est partagée par tous. Encore faut-il s’entendre sur cette citoyenneté. Peut-elle se construire sans dialogue ? Est-elle l’apanage de certains qui en auraient un privilège biographique ?
Vincent de Coorebyter appelait récemment à "veiller au recrutement adéquat des professeurs de citoyenneté"et indiquait d’emblée que ses craintes ne concernaient que les professeurs de religion et non ceux de morale. Selon lui, une réforme des titres n’extirperait d’ailleurs pas ces dérives. C’est à un contrôle de la "vocation" et des "profils personnels" que notre collègue appelle pour l’enseignement de la citoyenneté.
PRÉSUMÉ INCAPABLE
On partage l’idée d’une haute exigence professionnelle et de la nécessité de lutter contre toute dérive. On restera en revanche perplexe de cette suspicion adressée à l’ensemble des professeurs de religion au prétexte de leur biographie ou des dérives de quelques-uns. Cette catégorie professionnelle est-elle donc, pour certains démocrates, incapable d’accéder à la citoyenneté et à son enseignement ? Faut-il contrôler leur (re)conversion ? Imaginer de nouveaux serments de loyauté citoyenne ? Envisager de nouvelles formes de screening ? S’inquiéter d’une citoyenneté confisquée par la philosophie de quelques-uns, à la "vocation validée", est une question grave. Ce n’est pas par l’exclusion des personnes qu’elle se résout, mais par la déontologie d’une discipline nouvelle, exigible de tous, et dont aucun ne devrait être à l’avance présumé incapable. Certes le défi est important, mais il l’est tout autant pour les enseignants de morale que de religion, que pour tout autre.
Or, un absent de taille dans les débats est le cours de morale lui-même. Le Conseil d’Etat appelle à la clarification de son statut depuis des années. Sa section flamande a indiqué l’absence de neutralité du cours de morale dès le début des années 1990.
RÉTROACTIVEMENT NON NEUTRE
Pour la partie francophone, il a fallu attendre vingt-cinq ans pour qu’en 2015 la Cour constitutionnelle de Belgique arrive à la même conclusion, qu’elle vient de reconfirmer par arrêt de ce 11 mai 2016. Vingt-cinq ans durant lesquels un cours de morale aujourd’hui réputé rétroactivement non neutre a été rendu obligatoire pour les enfants ne souhaitant pas s’inscrire à un des cours de religion. Vingt-cinq ans d’ambiguïté auxquels la Cour constitutionnelle a mis un terme non pas en réclamant le retour à la neutralité du cours de morale mais au contraire en actant son caractère désormais engagé.
Quoi que l’on pense de cet arrêt, le Parlement francophone en a confirmé la position en créant désormais une dispense totale des cours de religion et de morale. Et c’est parce que le cours de morale n’est précisément plus susceptible d’être tenu pour neutre que les étudiants ne pourront plus être obligés de le suivre à titre subsidiaire. C’est une nouvelle heure, de citoyenneté, qui pourra en revanche leur être imposée.
Vingt-cinq ans ont été nécessaires pour mettre au jour l’absence de garantie de neutralité du cours de morale. Quelle garantie imaginer pour qu’un tel scénario ne se reproduise pas avec le cours de citoyenneté ?
CLARIFIER LE STATUT DES PROFESSEURS
Débattre des cours de citoyenneté demeurera vain tant que ne sera pas levée l’ambiguïté même du statut futur des professeurs de morale et de leur cours. L’arrêt de la Cour constitutionnel du 12 mars 2015 ne peut demeurer sans suite à cet égard. N’étant plus en charge d’un cours neutre, comment comprendre que les professeurs de morale soient encore désignés directement par les pouvoirs publics, et assimilés à des enseignants de cours ordinaires ? Le Parlement flamand, dès 1993, a réalisé cette mutation en confiant à un organe de l’Union de Libres-penseurs la proposition des enseignants du cours de morale réputé désormais non neutre. A laisser planer une ambiguïté sur le cours de morale francophone, la sérénité du cours de citoyenneté sera compromise.
Garantir l’emploi n’est pas le seul engagement du gouvernement. Il est aussi de construire une citoyenneté dont certes aucun n’est exclu, mais qui assure une clarté des exigences et des statuts de chaque acteur. Pour tous sans discrimination. Aucun corps ne doit être immunisé ni privilégié.
La citoyenneté est affaire de tous. Un premier pas vient d’être fait. Il demeure encore incomplet. Il faut construire positivement et pragmatiquement un dialogue et non une opposition stérile entre citoyenneté et convictions. Tout à l’inverse de la campagne du ministre-Président, l’articulation entre l’heure de citoyenneté et de religion/morale doit être posée comme un test positif de la richesse de notre démocratie. En ces moments de crise sécuritaire, il ne s’agit certes pas d’être naïf. Des exigences doivent être posées. Un modèle belge original et viable ne peut se construire sur le discrédit ou l’ostracisme.

(1) Une telle invitation ne pourra en tout cas pas, faute de neutralité, être diffusée par les directions d’établissement.

lundi 23 mai 2016

Bart De Wever: «Le Premier ministre peut compter sur mon soutien total et entier»


Le Soir
Le président de la  N-VA a tenu à clarifier les propos qu’il a tenus dans une émission de la VRT vendredi soir. 

De gauche à droite : Charles Michel et Bart De Wever © Belga 

Le Premier ministre Charles Michel peut compter sur le soutien total et entier du président de la N-VA Bart De Wever, a tenu à clarifier ce dernier samedi après ce qu’il qualifie d’incompréhension de ses propos vendredi soir dans l’émission de la VRT « De Afspraak».
Une critique envers le fédéral ? «Il n’en est rien »
L’homme fort des nationalistes flamands y avait laissé entendre que le gouvernement fédéral avait échoué à proposer des perspectives et à dégager une ambition collective. Il attribue la responsabilité de ce constat aux partis flamands de la coalition, en ce compris le sien, et à leur manque de cohésion.
D’après Bart De Wever, certains ont pris son propos comme une critique à l’adresse de Charles Michel et du travail du gouvernement fédéral. Il n’en est rien, répond-il, ajoutant que sous le leadership du Premier ministre, le gouvernement fédéral livre un excellent travail (tax shift, réforme des pensions, gestion de la crise de l’asile ou investissements dans la politique de sécurité).
Critique de la N-VA
«Ma critique pointait le fait que nous ne soulignons pas ces réalisations et que nous n’offrons ainsi pas assez de perspectives aux gens. La cause est à rechercher du côté des partis flamands de la coalition et leur manque de cohésion. Ceci crée souvent un manque d’unité et engendre plus de discussions et chamailleries sur les mesures à prendre alors que nous devrions passer plus de temps à expliquer aux citoyens pourquoi nous les prenons», explique le président de la N-VA.
Il estime que la collaboration entre les partis flamands pourrait être meilleure. «Nous devons ensemble à nouveau dégager une ambition collective pour remettre le pays en ordre et pour donner des perspectives aux gens. Et c’est donc aussi une responsabilité collective des partis flamands. Et je tiens à souligner que ceci est également une autocritique», assure-t-il.

BART DE WEVER: "CE GOUVERNEMENT ÉCHOUE À PROPOSER DES PERSPECTIVES"
LE VIF
"Si la coalition ne réussit pas dans un domaine, c'est celui de l'ambition collective, il ne rayonne pas par son consensus et échoue à proposer des perspectives", a déclaré le président de la N-VA Bart De Wever vendredi soir dans l'émission de la VRT "De Afspraak".
"Je pense que la réalité est meilleure pour nous que la perception que nous en avons, nous ne devons pas désespérer", a expliqué le bourgmestre d'Anvers.
L'exécutif actuel doit faire face à de nombreux défis simultanés, a encore estimé M. De Wever, qui évoque une "tempête". "Nous devons beaucoup investir, mais il n'y a pas d'argent. Nous devons réduire les dépenses publiques, mais nous ne pouvons pas augmenter les impôts. La compétitivité doit également s'améliorer. La culture de la sécurité doit être bâtie à partir de rien", a encore indiqué le président du premier parti du Parlement en termes de sièges.
Le gouvernement a pris plusieurs de ces "chantiers" à bras le corps, mais la coalition formée par la N-VA, le MR, le CD&V et l'Open Vld n'est pas encore parvenue à créer la confiance.
Bart De Wever estime que le gouvernement doit exécuter son agenda et réaliser des économies structurelles pour un montant de trois à quatre milliards d'euros les prochaines années.
Un sondage récent indique que la N-VA a perdu nombre d'électeurs au profit du Vlaams Belang. "Pendant les crises, les gens se tournent vers les extrêmes. En Wallonie, ils vont vers l'extrême gauche, en Flandre, vers l'extrême droite."
"Nous touchons les mêmes électeurs que le Vlaams Belang, mais nous ne nous ressemblons pas. Nous avons toujours proposé aux électeurs un discours constructif. La question est maintenant de savoir s'ils croient que ce discours propose une solution", conclut M. De Wever. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PANIQUE A BORD DE LA SUEDOISE 

Il ressort des derniers sondages de VTM et de Het Laatste Nieuws que le Vlaams Belang a repris à son avantage 8% des électeurs de la N-VA, laquelle recule de plus en plus dans les intentions de vote des Flamands . De fait, si on devait revoter aujourd’hui, Charles Michel perdrait sa majorité. C’est dire que, malgré son numéro de claquettes médiatique, Bart de Wever est conscient qu’il n’a absolument pas intérêt à mettre fin à la coalition fédérale et faire de la Suédoise sa kamikaze.
Le langage musclé de Bart De Wever, Jan Jambon et Theo Francken qui exaspère les francophones convainc de moins en moins leur électorat de base flamand.
La stratégie de Bart De Wever qui consiste à cumuler trois mandats importants, trois jobs à temps plein a atteint ses limites. On ne saurait impunément être à la fois bourgmestre d’une des plus grosses villes de Belgique, président du parti le plus puissant du royaume et député à la chambre fédérale. Trop is teveel. D’autant que ce chef nationaliste renonce difficilement à sa quatrième casquette : leader d’opinion populiste et polémiste dans les medias. Les meilleurs observateurs sont persuadés que cet excès de cumuls se retourne contre lui. Répétons-le, une fois encore, si ses adversaires veulent vraiment l’affaiblir c’est en le faisant tomber aux prochaines élections communales qu’ils y parviendront. S’il cesse d’être bourgmestre de la Métropole en 2018, il perdra ipso facto toute crédibilité au sein de son propre parti où il n’y a personne pour le remplacer dans son rôle d’homme-orchestre.
Cela dit, il ne saurait plus longtemps faire le grand écart en jouant d’une part le rôle de figure conciliatrice comme bourgmestre et celui de grand agitateur au plan national c’est-à-dire fédéral. Il faudra qu’il choisisse pour survivre. Le succès et l'influence d'un Bart De Wever, qui se dit ouvertement conservateur et un admirateur de penseurs comme Edmund Burke et Theodore Darlymple est l'exemple le plus frappant de l’émergence d’un nouveau conservatisme.

Les conservateurs  ont toujours insisté sur le fait que l'homme a envers la société des devoirs. La liberté implique la responsabilité. Ceci se retrouve littéralement dans le programme de la NVA.

Une des  raisons principales du succès de ce néoconservatisme en Flandre provient de ce qu'il donne l’impression de répondre aux peurs et aux griefs de la société flamande. Songeons au sentiment d'insécurité, aux menaces sur notre prospérité, aux frustrations  engendrées par le vandalisme,  à l’estompement des normes morales etc.  Ce conservatisme moderne à la De Wever demeure une idéologie de la restauration, celle du pouvoir de l’argent. Les organisations patronales qui le soutiennent ne s’y sont pas trompées.
Remarquons que trois grands patrons viennent d’agiter la sonnette d’alarme.
MG 
 

TROIS PATRONS LANCENT UN APPEL POUR RELANCER LA BELGIQUE
Le Soir
Face aux nombreux dysfonctionnements au sein du pays, ils donnent un plan pour « revitaliser cet Etat qui donne l’impression de ne plus fonctionner ».
Les tunnels de Bruxelles qui ferment les uns après les autres, le redémarrage de l’aéroport de Zaventem marqué par plusieurs grèves, les révélations sur la multiplicité et la mauvaise coordination de nos services de renseignements… De nombreux dysfonctionnements au sein de la maison Belgique ont été révélés ces derniers mois.
De quoi sérieusement ternir l’image du Royaume. « Les pays étrangers nous renvoient cruellement l’image d’un pays qui va mal et où l’Etat ne fonctionne plus », écrivent Bernard Delvaux (patron de la Sonaca), Johnny Thijs (ex-CEO de La Poste) et Baudouin Meunier (administrateur délégué des Cliniques universitaires UCL Mont-Godinne).
Les trois hommes, dans une carte blanche adressée au Soir, appellent à relancer ce pays « qui laisse l’impression de ne plus fonctionner ». Ils mettent en avant « la complication et l’irrationalité de notre structure politique » pour expliquer le délitement de l’Etat.
Face aux « il n’y a qu’à » et autres « faut qu’on », ils proposent une série de remèdes à appliquer : un grand projet sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, l’amélioration de la mobilité, une nouvelle stratégie énergétique…
Ils interpellent directement le monde politique. « Le mieux placé pour prendre des initiatives, c’est évidemment le Premier ministre mais tous les partis sont concernés car tous ces projets sont transversaux », estiment les trois patrons. L’appel est désormais lancé, il reste à voir quelles seront les réponses.

COMMENTAIRE DE DIVERCIY
BAROMETRE
Il nous semble que bien au-delà des sondages il y a deux baromètres à surveiller de près. D’une part, les organisations patronales flamandes (VOKA en tête)  continuent-elles à apporter leur soutien à la N-VA et d’autre part, les organisations syndicales wallonnes sont-elles encore derrière le PS ou vont-elles le lâcher bientôt au profit du PTB ?
A l’arrière-plan, VLD, MR et CD&V font de plus en plus office de figurants. La partie de bras de fer se joue entre les organisations patronales soucieuses de croissances et les organisations syndicales préoccupées par la sauvegarde des droits acquis. Les grèves des matons et des cheminots en sont la meilleure illustrtion.
MG




L'EI appelle à attaquer l'Europe et les Etats-Unis pendant le ramadan

LA LIBRE BELGIQUE 

 
L'organisation Etat Islamique (EI) a appelé samedi soir à des attaques contre les Etats-Unis et l'Europe pendant le mois du ramadan, qui commence début juin, dans un nouveau message audio semblant destiné à remonter le moral de ses partisans.
Ce message audio d'une trentaine de minutes diffusé en ligne après des heures de rumeurs sur les médias sociaux à propos d'une annonce à venir de l'EI est attribué à son porte-parole, Abou Mohammed Al-Adnani. Et il intervient au lendemain d'un largage de tracts sur Raqa, la capitale autoproclamée de l'EI, de la coalition antijihadistes commandée par les Etats-Unis demandant pour la première fois aux habitants de la ville de quitter les lieux.
"Serons-nous défaits si nous perdons Mossoul, ou Syrte, ou Raqa, ou toutes les villes, pour retourner là où nous étions auparavant?", demande al-Adnani dans cet enregistrement. "Non. Car la défaite c'est perdre le désir et la volonté de se battre".
Les villes de Mossoul, en Irak, Syrte, en Libye, et de Raqa, dans le nord de la Syrie, sont trois bastions de l'EI, organisation jihadiste ayant revendiqué les attaques de Paris (130 morts) en novembre dernier mais qui perd du terrain dans son fief originel au Moyen-Orient.
Dans ce premier enregistrement sonore attribué à al-Adnani depuis le mois d'octobre, ce dernier dit se moquer des Etats-Unis, à la tête d'une coalition internationale ciblant les positions de l'EI en Syrie et en Irak, car incapable, selon lui, de vaincre l'organisation jihadiste.
"Même 20.000 frappes aériennes" par la coalition n'ont pas réussi à anéantir l'EI, affirme l'organisation qui menace d'attaques contre les Etats-Unis et l'Europe au cours du mois du jeûne musulman du ramadan qui commence début juin. L'an dernier avant le ramadan, l'EI avait aussi appelé ses partisans à des attaques.
"Il semble que l'EI semble plus clairement reconnaître ses difficultés à conserver un territoire" tout en mettant l'emphase sur "l'idée de poursuivre (le combat) malgré des pertes", a souligné l'expert des réseaux jihadistes Aymenn al-Tamimi, commentant cette nouvelle bande sonore de l'EI qui a proclamé un "califat" sur des pans entiers de l'Irak et de la Syrie et cherche à accroître son influence à l'étranger. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN CONFLIT EN VOIE DE MONDIALISATION 

Certes Daech perd du terrain sur le théâtre des opérations u Moyen Orient. « "Il semble clairement reconnaître ses difficultés à conserver un territoire" tout en mettant l'emphase sur "l'idée de poursuivre (le combat) malgré des pertes", »Plus il s’affaiblit et plus  Daech « cherche à accroître son influence à l'étranger. »  C’est sans doute la raison  pour laquelle il renforce  ses « menaces d'attaques contre les Etats-Unis et l'Europe au cours du mois du jeûne musulman du ramadan qui commence début juin. L'an dernier avant le ramadan, l'EI avait aussi appelé ses partisans à des attaques. »
Il y a quelques raisons de penser que Paris et surtout Bruxelles (siège de l’OTAN) seront les cibles de telles attaques.
MG




vendredi 20 mai 2016

Pour qui roule la ministre de l’Éducation ?

Centre d'action laïque


Les enseignants de la FWB ont récemment reçu une circulaire signée par la ministre Marie-Martine Schyns, qui attire leur attention sur des « ateliers Philo-Théo » à organiser pendant l’année scolaire à destination des élèves des 4e, 5e et 6e primaires.
Ce programme, dont l’objectif « (…) est de stimuler le questionnement des élèves et de les inviter à développer leur réflexion à partir d’un support (un texte de spiritualité, une œuvre d’art, un conte, etc.) qui étonne et qui provoque le questionnement (…) ». On ne peut qu’applaudir.
Louable intention en effet, d’autant qu’il est précisé que « l’animateur est dans une attitude de recherche, il ne suggère ni n’impose aux élèves ses propres réflexions ou découvertes et il est conscient que son objectif d’apprentissage est la réflexion critique des participants ». Parfait !
Il est également précisé que « ces ateliers seront animés par Monsieur Jean Brunelli, Maître assistant, et Madame Pascale Otten, Inspectrice ». On est en confiance.
Vérifions pour en avoir le cœur net. Nous nous sommes procuré le dossier de présentation des Ateliers Philo-Théo. Comme dit plus haut, la phrase contenue dans la circulaire évoque comme support de réflexion « un texte de spiritualité, une œuvre d’art, un conte, etc. ». Or, le dossier parle, lui, d’un « texte biblique ou un texte de spiritualité, une œuvre d’art, un conte ». La ministre a donc délibérément occulté le « texte biblique ». Même subterfuge quant aux animateurs : renseignement pris, Jean Brunelli est effectivement « Maître assistant »… à l'École Normale Catholique du Brabant Wallon. Et Pascale Otten est bien « inspectrice »… diocésaine principale de l'enseignement ordinaire et spécialisé subventionné.
Pourquoi  cacher ces informations qui revêtent une importance considérable dans le contexte actuel où l’on débat âprement de l’avenir des cours dits « philosophiques » ? Parce que cela risque de révéler un certain manque d’impartialité, voire l’orientation religieuse desdites animations ?
Poursuivant la lecture du dossier, les enseignants qui veulent « en savoir plus » sont invités à se procurer les ouvrages de la Collection Mosaïques des éditions De Boeck. Leur site web la décrit, dans sa catégorie « religion », comme suit : Parcours de religion catholique pour les élèves de 10 à 12 ans et maturité correspondante pour l'enseignement spécialisé. Parmi les auteurs on retrouve, sans grande surprise, Brunelli et Otten.
On en arrive ensuite au premier exercice pratique dont la référence est Lc 4, 1-13. Ne cherchez pas : c’est une référence à l’évangile de Luc, dont les versets 1 à 13 du chapitre 4 sont ensuite reproduits in extenso comme support à la discussion. Le reste est à l’avenant.
Alors qu’il  n’est pas le rôle d’un ministre de prendre position en faveur d’une opinion philosophique spécifique, Madame Schyns fait ouvertement mais de façon détournée la promotion d’une évangélisation des classes de primaire. On voudrait faire rentrer par la fenêtre un cours de religion qui sort par la porte qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
Le Centre d’Action Laïque souhaiterait que la Madame Schyns justifie de cette opération qui semble bien éloignée des missions d’une ministre communautaire de l’Enseignement obligatoire englobant, notamment, l’école publique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA GUERRE SCOLAIRE AURA BEL ET BIEN LIEU 
 
On finira, ô paradoxe, par regretter l’exaltée, la très brouillonne Joëlle Milquet qui sans doute n’aurait pas osé aller aussi loin.
Si, après cela, le CAL la Ligue de l’Enseignement et le CEDEP ne mobilisent pas leurs troupes, c’est à désespérer des derniers partisans de l’école publique. Et voilà que le CDH qui est à la manœuvre « a un problème de positionnement d’ordre idéologique »
C’est lui en effet le grand perdant des sondages :Moins de 7 % à Bruxelles, ce qui est très faible pour un grand parti. Où puise-til donc la légitimité de changer l’école ?
La famille chrétienne démocrate francophone ne cesse de reculer. Le parti a du mal à se re-profiler idéologiquement pour répondre à la question : qu’est-ce que le centrisme-humanisme. Mais c’est lui qui est à la manœuvre pour remodeler l’école au bénéfice du réseau  Libre catho. Allez y comprendre quelque chose.
MG

Débat: pour ou contre révolutionner l’école?


Le Soir
Selon notre Grand baromètre, les citoyens rejettent les idées du Pacte d’excellence. Pourquoi ? 

• ©Bruno Dalimonte / Le Soir
Que pensent les francophones des principales propositions du Pacte d’excellence pour l’enseignement ? Ils n’en veulent pas, selon le Grand Baromètre RTL/Ipsos/Le Soir.
72 % des sondés s’opposent, par exemple, au caractère exceptionnel du redoublement. Le rejet est tout aussi massif (71 %) quant à l’idée d’allonger la journée d’école jusqu’à 17 h ou 17 h 30, de façon à ce que le gros des devoirs à domicile soit exécuté à l’école. La proposition de revoir le système de congés pour donner au minimum 15 jours de pause d’affilée ? Rejetée aussi !
Finalement, une seule des idées phares du Pacte a le soutien d’une majorité des personnes sondées : descendre l’obligation scolaire à 3 ans.
UNE ÉCOLE DIFFÉRENTE ?
Comment expliquer un tel rejet de ces propositions ? Sommes-nous contre l’idée de révolutionner l’école ? Ou sont-ce les propositions en elles-mêmes qui dérangent ? Les aspects pratiques qui en découlent ?


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE ECOLE A BOUT DE SOUFFLE 

L’école à l’ancienne a fait son temps. Elle a rempli son contrat établi au 18 ème siècle et peaufiné au 19 ème. Elle a accompagné la révolution industrielle et nourri les grands élans nationalistes et fourni à la société l’essentiel de ses élites tout en formant  assez correctement l’ensemble des citoyens jusqu’u milieu du XXème siècle. Mais la société n’a cessé de changer depuis cinq à six décennies sans que l’école n’en ait cure.
La révolution numérique lui a porté un coup fatal dont elle ne se relèvera pas. Certes, il y a ça et là, des enseignant(e)s créatifs et originaux capables et désireux d’utiliser en classe les ressources inouïes qu’offre désormais la toile comme auxiliaire pédagogique et ce dans tous les domaines du curriculum.
A l’évidence, la formation des maîtres fait peu de cas de la révolution numérique et seule une infime minorité de normaliens,  futurs régents et masters universitaires « autodidactes » sont capables et désireux de tirer parti du savoir informatique auquel presque tous les élèves ont accès. Génération X et génération Y ont grandi avec un ordi et/ou un smartphone dans le berceau.
L’école en est toujours à exiger la mémorisation de tables de multiplications, de listes de vocabulaires interminables, de temps primitifs, de formules mathématiques selon un très vieux paradigme didactique « faites ceci en mémoire de moi ». On me dira qu’elle s’applique désormais, non sans réticence à entraîner, bon an mal an, des aptitudes.
Je connais une jeune femme institutrice diplômée qui ayant terminé brillamment son école normale s’est inscrite à la faculté de psychopédagogie à l’université où elle s’ennuie comme un rat mort alors qu’elle possède une maîtrise exceptionnelle de la didactique par la tablette acquise sur le terrain et surtout au cours d’un stage Erasmus dans une école suisse qui a tout misé sur les outils informatiques.
Certes l’informatique à elle seule ne sauvera pas l’école, mais sans informatique, l’école est condamnée à l’échec face à une population jeune pour qui elle n’a pas de secret.
On aimerait que les enseignants inculquent de toute urgence ce qui terriblement fait défaut à une majorité de jeunes : l’esprit critique face au flux et au flot des informations qui envahissent la toile et auxquelles ils ont accès sans discrimination.  Faut-il rappeler encore une fois que les recruteurs djihadistes sévissent par priorité sur les réseaux sociaux fréquentés par la majorité des adolescentes et adolescents.
Faut-il rappeler que l’enseignement organisé par la fédération Wallonie Bruxelles est à la fois le plus dispendieux, le moins efficace et le plus discriminatoire de l’OCDE.
Il serait temps que les syndicats sortent enfin de leur conservatisme archaïque et prennent conscience qu’à vouloir à tout prix préserver les  acquis de leurs affiliés ils empêchent le système de se métamorphoser en s’adaptant à l’ère du numérique. Ecrire cela c’est un peu comme cracher en l’air pour dire qu’il pleut.
MG