lundi 23 mai 2016

Bart De Wever: «Le Premier ministre peut compter sur mon soutien total et entier»


Le Soir
Le président de la  N-VA a tenu à clarifier les propos qu’il a tenus dans une émission de la VRT vendredi soir. 

De gauche à droite : Charles Michel et Bart De Wever © Belga 

Le Premier ministre Charles Michel peut compter sur le soutien total et entier du président de la N-VA Bart De Wever, a tenu à clarifier ce dernier samedi après ce qu’il qualifie d’incompréhension de ses propos vendredi soir dans l’émission de la VRT « De Afspraak».
Une critique envers le fédéral ? «Il n’en est rien »
L’homme fort des nationalistes flamands y avait laissé entendre que le gouvernement fédéral avait échoué à proposer des perspectives et à dégager une ambition collective. Il attribue la responsabilité de ce constat aux partis flamands de la coalition, en ce compris le sien, et à leur manque de cohésion.
D’après Bart De Wever, certains ont pris son propos comme une critique à l’adresse de Charles Michel et du travail du gouvernement fédéral. Il n’en est rien, répond-il, ajoutant que sous le leadership du Premier ministre, le gouvernement fédéral livre un excellent travail (tax shift, réforme des pensions, gestion de la crise de l’asile ou investissements dans la politique de sécurité).
Critique de la N-VA
«Ma critique pointait le fait que nous ne soulignons pas ces réalisations et que nous n’offrons ainsi pas assez de perspectives aux gens. La cause est à rechercher du côté des partis flamands de la coalition et leur manque de cohésion. Ceci crée souvent un manque d’unité et engendre plus de discussions et chamailleries sur les mesures à prendre alors que nous devrions passer plus de temps à expliquer aux citoyens pourquoi nous les prenons», explique le président de la N-VA.
Il estime que la collaboration entre les partis flamands pourrait être meilleure. «Nous devons ensemble à nouveau dégager une ambition collective pour remettre le pays en ordre et pour donner des perspectives aux gens. Et c’est donc aussi une responsabilité collective des partis flamands. Et je tiens à souligner que ceci est également une autocritique», assure-t-il.

BART DE WEVER: "CE GOUVERNEMENT ÉCHOUE À PROPOSER DES PERSPECTIVES"
LE VIF
"Si la coalition ne réussit pas dans un domaine, c'est celui de l'ambition collective, il ne rayonne pas par son consensus et échoue à proposer des perspectives", a déclaré le président de la N-VA Bart De Wever vendredi soir dans l'émission de la VRT "De Afspraak".
"Je pense que la réalité est meilleure pour nous que la perception que nous en avons, nous ne devons pas désespérer", a expliqué le bourgmestre d'Anvers.
L'exécutif actuel doit faire face à de nombreux défis simultanés, a encore estimé M. De Wever, qui évoque une "tempête". "Nous devons beaucoup investir, mais il n'y a pas d'argent. Nous devons réduire les dépenses publiques, mais nous ne pouvons pas augmenter les impôts. La compétitivité doit également s'améliorer. La culture de la sécurité doit être bâtie à partir de rien", a encore indiqué le président du premier parti du Parlement en termes de sièges.
Le gouvernement a pris plusieurs de ces "chantiers" à bras le corps, mais la coalition formée par la N-VA, le MR, le CD&V et l'Open Vld n'est pas encore parvenue à créer la confiance.
Bart De Wever estime que le gouvernement doit exécuter son agenda et réaliser des économies structurelles pour un montant de trois à quatre milliards d'euros les prochaines années.
Un sondage récent indique que la N-VA a perdu nombre d'électeurs au profit du Vlaams Belang. "Pendant les crises, les gens se tournent vers les extrêmes. En Wallonie, ils vont vers l'extrême gauche, en Flandre, vers l'extrême droite."
"Nous touchons les mêmes électeurs que le Vlaams Belang, mais nous ne nous ressemblons pas. Nous avons toujours proposé aux électeurs un discours constructif. La question est maintenant de savoir s'ils croient que ce discours propose une solution", conclut M. De Wever. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PANIQUE A BORD DE LA SUEDOISE 

Il ressort des derniers sondages de VTM et de Het Laatste Nieuws que le Vlaams Belang a repris à son avantage 8% des électeurs de la N-VA, laquelle recule de plus en plus dans les intentions de vote des Flamands . De fait, si on devait revoter aujourd’hui, Charles Michel perdrait sa majorité. C’est dire que, malgré son numéro de claquettes médiatique, Bart de Wever est conscient qu’il n’a absolument pas intérêt à mettre fin à la coalition fédérale et faire de la Suédoise sa kamikaze.
Le langage musclé de Bart De Wever, Jan Jambon et Theo Francken qui exaspère les francophones convainc de moins en moins leur électorat de base flamand.
La stratégie de Bart De Wever qui consiste à cumuler trois mandats importants, trois jobs à temps plein a atteint ses limites. On ne saurait impunément être à la fois bourgmestre d’une des plus grosses villes de Belgique, président du parti le plus puissant du royaume et député à la chambre fédérale. Trop is teveel. D’autant que ce chef nationaliste renonce difficilement à sa quatrième casquette : leader d’opinion populiste et polémiste dans les medias. Les meilleurs observateurs sont persuadés que cet excès de cumuls se retourne contre lui. Répétons-le, une fois encore, si ses adversaires veulent vraiment l’affaiblir c’est en le faisant tomber aux prochaines élections communales qu’ils y parviendront. S’il cesse d’être bourgmestre de la Métropole en 2018, il perdra ipso facto toute crédibilité au sein de son propre parti où il n’y a personne pour le remplacer dans son rôle d’homme-orchestre.
Cela dit, il ne saurait plus longtemps faire le grand écart en jouant d’une part le rôle de figure conciliatrice comme bourgmestre et celui de grand agitateur au plan national c’est-à-dire fédéral. Il faudra qu’il choisisse pour survivre. Le succès et l'influence d'un Bart De Wever, qui se dit ouvertement conservateur et un admirateur de penseurs comme Edmund Burke et Theodore Darlymple est l'exemple le plus frappant de l’émergence d’un nouveau conservatisme.

Les conservateurs  ont toujours insisté sur le fait que l'homme a envers la société des devoirs. La liberté implique la responsabilité. Ceci se retrouve littéralement dans le programme de la NVA.

Une des  raisons principales du succès de ce néoconservatisme en Flandre provient de ce qu'il donne l’impression de répondre aux peurs et aux griefs de la société flamande. Songeons au sentiment d'insécurité, aux menaces sur notre prospérité, aux frustrations  engendrées par le vandalisme,  à l’estompement des normes morales etc.  Ce conservatisme moderne à la De Wever demeure une idéologie de la restauration, celle du pouvoir de l’argent. Les organisations patronales qui le soutiennent ne s’y sont pas trompées.
Remarquons que trois grands patrons viennent d’agiter la sonnette d’alarme.
MG 
 

TROIS PATRONS LANCENT UN APPEL POUR RELANCER LA BELGIQUE
Le Soir
Face aux nombreux dysfonctionnements au sein du pays, ils donnent un plan pour « revitaliser cet Etat qui donne l’impression de ne plus fonctionner ».
Les tunnels de Bruxelles qui ferment les uns après les autres, le redémarrage de l’aéroport de Zaventem marqué par plusieurs grèves, les révélations sur la multiplicité et la mauvaise coordination de nos services de renseignements… De nombreux dysfonctionnements au sein de la maison Belgique ont été révélés ces derniers mois.
De quoi sérieusement ternir l’image du Royaume. « Les pays étrangers nous renvoient cruellement l’image d’un pays qui va mal et où l’Etat ne fonctionne plus », écrivent Bernard Delvaux (patron de la Sonaca), Johnny Thijs (ex-CEO de La Poste) et Baudouin Meunier (administrateur délégué des Cliniques universitaires UCL Mont-Godinne).
Les trois hommes, dans une carte blanche adressée au Soir, appellent à relancer ce pays « qui laisse l’impression de ne plus fonctionner ». Ils mettent en avant « la complication et l’irrationalité de notre structure politique » pour expliquer le délitement de l’Etat.
Face aux « il n’y a qu’à » et autres « faut qu’on », ils proposent une série de remèdes à appliquer : un grand projet sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, l’amélioration de la mobilité, une nouvelle stratégie énergétique…
Ils interpellent directement le monde politique. « Le mieux placé pour prendre des initiatives, c’est évidemment le Premier ministre mais tous les partis sont concernés car tous ces projets sont transversaux », estiment les trois patrons. L’appel est désormais lancé, il reste à voir quelles seront les réponses.

COMMENTAIRE DE DIVERCIY
BAROMETRE
Il nous semble que bien au-delà des sondages il y a deux baromètres à surveiller de près. D’une part, les organisations patronales flamandes (VOKA en tête)  continuent-elles à apporter leur soutien à la N-VA et d’autre part, les organisations syndicales wallonnes sont-elles encore derrière le PS ou vont-elles le lâcher bientôt au profit du PTB ?
A l’arrière-plan, VLD, MR et CD&V font de plus en plus office de figurants. La partie de bras de fer se joue entre les organisations patronales soucieuses de croissances et les organisations syndicales préoccupées par la sauvegarde des droits acquis. Les grèves des matons et des cheminots en sont la meilleure illustrtion.
MG




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