dimanche 15 mai 2016

Eurovision : l'Ukraine devance la Russie sur un air politique

Libération 

La chanteuse Jamala a remporté l'Eurovision 2016 pour l'Ukraine. Photo AFP

La chanteuse Jamala, Tatare de Crimée, remporte le concours avec une chanson sur la déportation de son peuple par Staline. La France est 6e.
Eurovision : l'Ukraine devance la Russie sur un air politique
L’Ukraine a remporté le concours Eurovision de la chanson dans la nuit de samedi à dimanche à Stockholm, devant l’Australie, préférée par les jurys professionnels, et devant le favori des parieurs, la Russie.
Le pays, meurtri par un conflit dans l’Est et l’annexion de la péninsule de Crimée par son voisin russe en 2014, aura fait de cette émission une véritable tribune politique avec le choix de Jamala.
La chanteuse de 32 ans, Tatare de Crimée, a évoqué dans «1944» la déportation de son peuple par Staline. Elle s’est inspirée des récits de son arrière-grand-mère, qui a vécu cet épisode tragique de l’histoire soviétique.
«Je voudrais vraiment chanter une chanson sur la paix et l’amour. Mais c’est ce que je souhaite à tout le monde: la paix et l’amour», a-t-elle déclaré à la remise du trophée.
«Oui !!!» a tweeté le président ukrainien Petro Porochenko. «Une prestation et une victoire incroyables! Toute l’Ukraine vous adresse un grand merci, Jamala».
Les jurys professionnels avaient d’abord plébiscité l’Australienne Dami Im, née en Corée du Sud il y a 27 ans, et très belle voix.
Mais les téléspectateurs ont offert un final haletant en donnant le plus de points à deux pays rivaux sur la scène diplomatique.
L’Ukraine a d’abord porté son total à 534 points, davantage que les 511 de l’Australie. Ne restait plus qu’à voir si la Russie en avait réuni suffisamment pour la dépasser. Mais Sergueï Lazarev a échoué, avec 491 points.
Les commentateurs de la télévision publique russe Rossiya 1 ont félicité Jamala «avec plaisir», sans dire un mot des Tatars de Crimée. Selon eux, la chanson parle «de ses proches», sans plus de détails.
«Justice serait rendue si le prochain Eurovision avait lieu sur les terres natales historiques de Jamala - la Crimée en Ukraine», a écrit sur Twitter Mustafa Nayyem, l’un des principaux dirigeants du soulèvement proeuropéen du Maïdan en février 2014.
«Si Dieu le veut, un jour, qui sera merveilleux, nous nous retrouverons tous en Crimée, libérée de l’envahisseur russe», a de son côté écrit sur Facebook Refat Tchoubarov, le dirigeant de l’assemblée des Tatars de Crimée en saluant la victoire de l’Ukraine.
L’édition 2016 devrait avoir été la plus regardée depuis la création de l’Eurovision, avec Justin Timberlake en vedette américaine.
La présentatrice Petra Mede avait souhaité aux téléspectateurs européens, américains, australiens et chinois «bienvenue à la plus grande compétition de chanson du monde!», dans une chaude ambiance, devant quelque 10000 spectateurs.
«L’Europe traverse une période sombre de nouveau. Cela montre combien ce concours est important», a déclaré son comparse Måns Zelmerlöw, rappelant les débuts d’une émission qui remontent à la Guerre froide, en 1956.
Kitsch, strass et paillettes, airs entêtants et performances parfois étranges, débauche de moyens techniques, et l’expérience de la chaîne suédoise SVT qui avait déjà accueilli la finale 2013: tous les ingrédients étaient là.
La Belgique, représentée par Laura Tesoro, a été 10e, soit moins bien qu’en 2015.
Pour sa deuxième participation, l’Australie n’est pas passée loin de son premier triomphe. Sa défaite évite un casse-tête: aller ou pas aux antipodes organiser l’édition 2017.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MONDIALISATION 

Deux événements médiatiques  de poids : la festival de la chanson eurovision et dans une moindre mesure les demis-finales du Reine Elisabeth confirment le statut « mondialisé » de la culture.
Deuxième constatation : beaucoup de chanteuses et chanteurs ont opté pour l’anglais, autre signe de mondialisation.
Et surtout on soulignera l’enjeu politique du choix du public. Celui-ci n’aura échappé à aucun observateur même le plus distrait.
C’est dire combien la tension internationale obsède l’inconscient politique des peuples. 
MG

CONCOURS REINE ÉLISABETH: VOICI LES NOMS DES DOUZE PIANISTES FINALISTES
Belga

Les 24 pianistes semi-finalistes ont présenté sur deux jours un concerto de Mozart mené par l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, ainsi qu’un récital d’environ 40 minutes. 

• Le gagnant du prestigieux concours Reine Elisabeth 2016 sera annoncé le 28 mai. © Belga / Nicolas Maeterlinck 

Les noms des douze finalistes du concours Reine Elisabeth, consacré cette année au piano, ont été révélés par le président du jury samedi soir à Flagey.
Les 24 pianistes semi-finalistes ont présenté sur deux jours un concerto de Mozart mené par l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, ainsi qu’un récital d’environ 40 minutes.
La demi-finale a débuté le 9 mai et s’est terminée samedi soir avec l’annonce des finalistes, dont les noms ont été révélés par le président du jury Arie Van Lysebeth en présence de la reine Mathilde. «Je suis très triste que nous devions nous séparer de douze d’entre vous. Bien que vous n’accédiez pas à la finale, un bel avenir vous attend», a déclaré M. Van Lysebeth aux candidats éliminés.
Il a ensuite lu les noms des douze pianistes pour qui l’aventure se poursuit en finale, à savoir Yoonji Kim, Atsushi Imada, Alexander Beyer, Hans H. Suu, Aljosa Jurinic, Chi Ho Han, Larry Weng, Lukas Vondracek, Dmitry Shiskkin, Alberto Ferro, Kana Okada et Henry Kramer.
Les deux Belges participants au concours, Yannick Van de Velde et Florian Noack, avaient déjà été écartés avant la demi-finale.
Le gagnant du prestigieux concours Reine Elisabeth 2016 sera annoncé le 28 mai.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES ATHLÈTES DU PIANO
Les athlètes du piano vont s’affronter dans l’arène de la grande salle du palais des Beaux Arts, dites Bozar, pour sacrifier au nouvel usage.
C’est un peu le Mondial du clavier avec son public de fans très particulier qui n’est pas forcément celui des mélomanes abonnés aux concerts philarmoniques. Mais ne boudons pas notre plaisir et réjouissons-nous du rendez-vous transculturels entre des génies européens disparus depuis longtemps et de jeunes e virtuoses surdoués et surentrainés  pour la plupart asiatiques.
MG 

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