jeudi 26 mai 2016

Grève surprise à la SNCB : la circulation à l’arrêt en Wallonie

Le Soir
Les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom ont lancé une grève ce mercredi soir.


 Gare du Midi, les quais sont déserts. © Le Soir / Pierre-Yves Thienpont 


La circulation ferroviaire est à l’arrêt jeudi à l’aube en Wallonie en raison de la grève des cheminots convoquée mercredi en fin de journée par les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom. La SNCB parle d’une «  situation duale  » dans le pays, car en Flandre certaines lignes sont exploitées normalement mais d’autres sont impactées par le mouvement en Wallonie.
«  La situation est duale sur le réseau ferroviaire belge  », a indiqué à Belga Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. «  La circulation est totalement à l’arrêt en Wallonie, et normale en Flandre ou impactée par le mouvement en Wallonie  », explique-t-il.
60 % DU TRAFIC ASSURÉ ENTRE LOUVAIN ET BRUXELLES NORD
Aucun train ne roule sur les lignes reliant Tournai et Halle, Mons et Bruxelles, Charleroi et Bruxelles, Arlon et Namur ainsi que sur la dorsale wallonne entre Namur, Liège et Charleroi. Environ 60 % du trafic est assuré entre Louvain et Bruxelles Nord.
Du côté flamand, tous les trains circulent entre Ostende et Bruxelles, Courtrai et Gand, Courtrai et Denderleeuw, Essen et Anvers, Herentals et Aarscht, et Hasselt et Louvain. Le trafic est assuré à 50 % entre Gand et Anvers et 70 % entre Bruxelles et Anvers, puisque certains trains partent de Charleroi.
M. Ney précise que la situation va évoluer dans la journée et invite les personnes qui souhaitent se déplacer en train à se renseigner avant de partir.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FGTB ET COMMUNAUTARISME 

Chassez le communautaire, il revient au galop. Les syndicats wallons sont en train de relancer le débat communautaire volontairement ou malgré eux. Ils fournissent des armes à la N-VA pour plaider et obtenir demain le confédéralisme en quelque sorte dans un fauteuil. Les trains roulent en Flandre tandis que le réseau ferroviaire wallon est paralysé par la grève ; les prisons fonctionnent normalement Flandre tandis que l’interminable grève des gardiens fait les titres et les choux gras de la presse francophone. Il se dit et s’écrit de plus en plus que ces grèves ont un caractère politique, qu’elles sont en fait instrumentalisées par Elio Di Rupo qui, redoutant la montée irrésistible du PTP surjoue une partition gauchisante.
Certes c’est une tactique qui permettra au parti socialiste de ne pas perdre trop de voix aux élections de 2019 mais, sur le moyen terme et sur le plan stratégique, c’est une gravissime erreur car elle donne des arguments à l’électorat flamand pour adhérer au discours de la N-VA. On le sait, celle-ci a perdu 8 % dans les sondages à cause de son engagement  plutôt loyal au sein de la coalition fédérale. Le parti socialiste n’en a cure. Il entend bien retourner au pouvoir au niveau fédéral et il fera toutes les concessions possibles au CDH (notamment en matière d’enseignement) pour que celui-ci n’envisage en aucun cas une alliance avec le MR après les élections de 2019.
Peu importe si les navetteurs sont lésés et si les détenus que la majorité des électeurs méprisent sont les victimes de l’opération. Elio Di Rupo aurait pu obtenir la construction d’une prison montoise moderne ; il a préféré dépenser des sommes considérables pour offrir à ses électeurs montois une gare somptuaire et en somme totalement inutile.
Le PS ne supporte pas de se retrouver dans l’opposition et il le fait savoir en faisant donner sa cavalerie commandée par le fidèle Marc Goblet aux ordres du bd de l’Empereur.  Fidèle ? mais pour combien de temps encore, n’a-t-il ps tendance à lorgner vers le PTB ?
MG 


21 ACTIONS SYNDICALES CONTRE LE GOUVERNEMENT MICHEL : LA LIGNE DU TEMPS

Grève les 24 juin et 7 octobre, manifestations les 24 mai et 29 septembre : les syndicats repartent à l’offensive. Une habitude sous la suédoise.
Les organisations syndicales sont remontées à bloc et le font savoir. Elles n’avalent toujours pas la réforme du travail du gouvernement fédéral. Et annoncent en conséquence une série de nouvelles actions fortes : une manifestation nationale en front commun le 24 mai, une grève générale menée par la FGTB le 24 juin, une nouvelle manifestation nationale le 29 septembre et une grève générale, cette fois en front commun, le 7 octobre.
Une date qui n’est pas choisie par hasard. « C’est pour fêter le deuxième anniversaire de la mise en place du gouvernement Michel », nous explique Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB. Si la CSC n’a pas voulu se joindre à la FGTB pour la grève du 24 juin, ce n’est pas pour une différence de fond. « Nous n’allions pas bloquer le pays à un moment où les enfants partent en voyage scolaire, où les étudiants se rendent à leur proclamation et où des gens partent déjà en vacances », justifie Marc Leemans, le président de la CSC.
Depuis la grande manifestation du 7 octobre dernier, le mouvement syndical vivotait un peu. Avec l’annonce de toutes ces actions, il reprend des couleurs et de la vigueur. Les syndicats ont aussi senti qu’ils avaient à nouveau la capacité de mobiliser et se sont engouffrés dans la brèche. Depuis le début du gouvernement Michel, la grève générale du 7 octobre sera donc la 21e action nationale d’envergure contre la politique fédérale. 

PROPOSITION DE LA N-VA POUR CESSER LE RECRUTEMENT D'AGENTS STATUTAIRES À LA SNCB
La Libre Belgique

POLITIQUE BELGE
La N-VA a déposé une proposition de loi ambitionnant de cesser le recrutement de travailleurs statutaires au sein de la SNCB et d'Infrabel, rapportent jeudi L'Echo et De Tijd.
Dans sa proposition de loi, le député fédéral Wouter Raskin (N-VA) avance que "tout nouveau recrutement devra désormais avoir lieu sur une base contractuelle. Aucune période transitoire n'est prévue pour l'instauration du principe de l'engagement exclusif de travailleurs contractuels."
Il estime que les agents statutaires représentent un handicap concurrentiel pour la SNCB dans la perspective de la libéralisation du transport national de voyageurs dès 2026.
"Avec des semaines de travail de 36 heures, plus de 50 jours de congé et une large gamme d'indemnités et de compensations, la SNCB est incapable d'affronter la concurrence d'autres acteurs européens", argumente le texte de la proposition.

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express
CHÈRE WALLONIE ADORÉE, TU TE TIRES UNE BALLE DANS LE PIED
En multipliant les grèves sauvages ou inaudibles, les syndicalistes francophones donnent raison à la N-VA. C'est absolument incompréhensible !

La protestation sociale prend des formes incompréhensibles en Wallonie, où les syndicats sont visiblement débordés par une base aux relents révolutionnaires - notamment noyautée par le PTB. Il fallait certes s'attendre à l'expression d'une exaspération croissante face au gouvernement Michel, qui ne change pas de cap et s'entête dans son approche ultra-libérale. Mais en s'exprimant de la sorte au sud du pays, les syndicalistes ne font en réalité que nourrir la politique qu'ils prétendent dénoncer. Et ils donnent des arguments à une N-VA qui n'en demandait pas tant. Une stratégie incompréhensible - pour autant que ce soit une stratégie....
LA PROTESTATION SOCIALE PREND DES FORMES INCOMPRÉHENSIBLES EN WALLONIE... C'EST SUICIDAIRE!
Car on ne démontrerait pas autrement que la Wallonie ne fonctionne pas, qu'elle reste arc-boutée dans un conservatisme de mauvais aloi ou qu'elle ne comprend pas que le monde évolue. On n'illustrerait pas mieux la nécessité d'imposer un service minimum dans tous les services publics, tant ces actions à répétition sont l'expression d'un égoïsme collectif qui ne se soucie guère des conséquences. Et in fine, on ne prouverait pas autrement le besoin d'une régionalisation accrue de la SNCB, des prisons ou des services publics, tant les points de vue sont de plus en plus opposés entre le Nord et le Sud.
Chère Wallonie, tu te tires une balle dans le pied en braquant la suédoise fédérale dans ses convictions - qu'elles soient contestables ou non. Tu mines l'image de la Région et du pays au moment où l'on tente tant bien que mal de la redresser, après des mois calamiteux. Tu sapes tous les efforts accomplis par les forces vives régionales pour montrer que le redressement n'est pas un vain mot. Et tu te mets tout le monde à dos, à commencer par des navetteurs ou des usagers des services publics qui ne comprennent pas pourquoi ils sont traités de la sorte.
Chère Wallonie, comment l'action d'irresponsables coupés des réalités peut-elle provoquer autant de dégâts ? C'est incompréhensible... Et suicidaire !

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