lundi 30 mai 2016

Le mythique restaurant "De Ultieme Hallucinatie" déclaré en faillite

Rtbf



Une façade Art nouveau unique, au 316 de la rue Royale à Saint-Josse. - © Google

Le restaurant "De Ultieme Hallucinatie", située au 316 de la rue Royale à Saint-Josse, a été déclaré en faillite. La décision du Tribunal de commerce de Bruxelles est tombée le 21 mars dernier.
C'est donc un établissement mythique qui va fermer ses portes. Mythique à plus d'un titre. Et tout d'abord de part son architecture Art nouveau extérieure, signée Paul Hamesse en 1904. Une véritable oeuvre d'art qui fût d'abord un hôtel de maître jusqu'en 1980. Mais l'intérieur n'est pas en reste avec ses boiseries, lustres et ferronneries d'une autre époque. De quoi justifier entièrement son classement au patrimoine bruxellois.
REPRIS PAR L'ÉCHEVIN SAIT KÖSE
Si la brasserie a souvent été menacée de fermeture dans son histoire, elle est reprise en 2012 par Sait Köse, par ailleurs échevin DéFI des Sports à Schaerbeek. Coût de l'investissement : 2,5 millions d'euros. Mais les charges sont importantes et le restaurant qui peut accueillir jusqu'à 200 couverts bat de l'aile. En mai 2015, l'échevin décide de remettre le fonds de commerce pour un montant de 900 000 euros et un loyer de 10 000 euros par mois. A ce prix, les investisseurs se font rares. Ils ne se pressent pas au portillon.
UN CURATEUR DÉSIGNÉ
Résultat : c'est la faillite. Un curateur a été désigné. Son rôle : récupérer toutes les créances et pourquoi pas trouver un repreneur. L'Ultieme Hallucinatie risque donc aujourd'hui de disparaître définitivement du paysage Horeca prestigieux de Bruxelles.
La RTBF n'a pas encore pu à ce stade obtenir de réaction du propriétaire Sait Köse. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ULTIME DESENCHANTEMENT

L’"ultime Hallucination", le plus surprenant bistrot de Bruxelles que j’aimais tellement, a fermé ses portes définitivement aujourd’hui. Ecrin de lecture de style Art nouveau de deux frères israélites érudits qui y ont dévoré livre sur livre avant de s’éteindre sous une montagne de bouquins. Rêve halluciné d’un dandy flamingant qui le restaura de ses mains  avec sa compagne  dans les années quatre-vingt pour le revendre à un Turc prospère, de signature FDF, qui aujourd’hui fait la culbute. « L’ultime » comme on l’appelait familièrement est comme une métaphore du déclin Bruxellois en pleine rue royale, à quelques mètres d’un palais où vécut et composa Puccini : un Ultime désenchantement.
MG 


Fred Dericks 

 Fred Dericks was geboren in Achel in Limburg maar veel oud-studenten van Leuven zullen zich hem herinneren als de oprichter van De Blauwe Schuit. 

Daarna verloor hij zijn hart aan Brussel  waar hij in 1981, samen met zijn vrouw Kris in de Koningsstraat in Sint-Joost-ten-Node "De Ultieme Hallucinatie" opende. Het gerestaureerde café-restaurant, dat in een unieke geometrische Art Nouveau stijl was opgetrokken, was al die tijd een begrip in het Brusselse uitgaansleven, waarin Fred en Kris een even unieke Vlaamse rol speelden.
Fred Dericks had een klare kijk op de moeilijkheden die Brussel, en vooral de Vlamingen in Brussel tegemoet gaan. Hij leefde als een gentleman, en is ook zo heengegaan.


Ancien hôtel Cohn-Donnay, aujourd'hui brasserie-restaurant l'Ultieme Hallucinatie
Rue Royale 316
Rue de la Poste 70
   Hôtel de maître érigé en 1841, de style néoclassique, comprenant annexe, écuries et remises vers la r. de la Poste, et ayant subi plusieurs transformations.

En 1877, modification de l'annexe se traduisant par l'ajout d'une fenêtre dans le grenier et la transformation des percements vers la r. de la Poste par l'arch. Ernest HENDRICKX. En 1878, exhaussement, ajout d'éléments de décor (vraisemblablement vers le jardin). En 1888, remplacement des fenêtres du r.d.ch. r. Royale.

En 1904, remarquable intervention touchant à la façade et à l'intérieur par l'arch. Paul HAMESSE en style Art nouveau, qui y aménage un mobilier « modern style » totalement intégré à l'architecture.

En façade, le balcon pris dans la corniche du r.d.ch. et devançant à l'origine les deux travées axiales est remplacé par une imposante logetteen menuiserie Art nouveau couronnée d'un balcon et les menuiseriessont renouvelées.


Anc. hôtel Cohn-Donnay, logette (photo 1993-1995).


À l'arrière de l'hôtel, il aménage une galerie vitrée longeant le mur dr. du jardin et conduisant vers une salle d'audition accolée au mur de l'annexe de la r. de la Poste. Vers la r. de la Poste également, les dépendances sont exhaussées pour le logement d'un niveau et un demi en « Schemmestein », mais la corniche et la lucarne axiale d'origine sont conservées ; l'enduit d'origine laisse place à un cimentage scandé de bandes de ciment « bleu » qui n'est act. plus visible. À l'intérieur, le r.d.ch. est repensé : il abrite la conciergerie, des stalles pour chevaux et des réserves. Exploitant au mieux la déclivité du terrain, une pente carrossable mène au sous-sol vers des remises à voitures situées sous le jardin de l'hôtel.

En 1980, l'immeuble est reconverti en brasserie-restaurant. L'intérieur est restauré et aménagé, dans le respect du style. À cette occasion, le jardin est couvert, afin d'abriter la brasserie, d'une toiture à structure métallique et montants apparents, intégrant des parties en bois et vitrées. La galerie donnant accès aux dépendances sert judicieusement d'emplacement au bar, en face duquel un mur en rocaille témoigne encore de l'aménagement originel du jardin. Le mobilier de brasserie, dont les sièges en bois sont d'anciennes banquettes de train, s'intègre naturellement dans le décor. Vers la r. de la Poste, au no 70, les écuries et remises sont converties en réserves et dancing, mais conservent leurs structures anc.

Façades et toitures, intérieur avec mobilier, pavillon de musique et jardin d'hiver de l'anc. hôtel Cohn-Donnay classés par AG du 08.08.1988.

Élévation de quatre travées et trois niveaux de hauteur dégressive sous toiture mansardée à brisis d'ardoises présentant une façade enduite et peinte sur plinthe de pierre bleue. Agencement classique des baies rect. à chambranle à clef, avec ou sans crossettes aux étages et sous appui continu. Dans l'axe, logette à menuiserie de bois peinte et dorée dont la couverture sert d'assise à un balcon à garde-corps en ferronnerie de styleArt nouveau. À l'entablement, architrave à fasces et cache-boulins discoïdes sous la corniche en bois. Dans la mansarde, lucarnes alignées sur les baies des niveaux inférieurs, à fronton sur consoles et pilastres. Au r.d.ch., châssis à guillotine, intégrant dans le jour des vitraux à motifs géométriques. Finition soignée, e.a. pour la poignée de porte intégrant la boîte aux lettres et les montants de la logette.


Intérieur : côté r. Royale, le r.d.ch. comprend, d'une part, un hall d'entrée avec escalier menant aux étages, suivi d'une salle de billard et d'une pièce réservée au jeu d'échecs et, d'autre part, deux salons et une salle à manger en enfilade. La décoration d'une exceptionnelle qualité est bien conservée. D'esprit Art nouveau, elle varie d'une pièce à l'autre, recourant tantôt à des formes géométriques pures, tantôt à une stylisation de formes empruntées à la nature.

Les influences les plus diverses sont perceptibles, en particulier celle de la Sécession viennoise pour le salon en façade, de goût néo-grec avec son imposante cheminée de marbre blanc veiné et sa frise de danseuses. Dans le petit salon central, dont les murs sont peints de motifs floraux stylisés, les boiseries laquées en blanc font songer à Mackintosh ; cheminée de marbre jaune de forme égyptisante. Dans la salle à manger, plafond orné de fleurs et frise de paons, motifs repris dans les vitraux des portes séparant cette pièce de la salle de billard. Les murs de celle-ci sont ornés d'un motif d'influence viennoise : des arbres stylisés dont le feuillage s'inserre dans un rectangle. La salle de jeu d'échecs est éclairée par une large baie - qui donnait autrefois sur le jardin - et un lanterneau garnis de vitraux à dessin géométrique.

Le hall au sol de mosaïque a ses murs peints de motifs géométriques intégrant des figures stylisées d'insecte. Un porte-manteau en bois rappelant Mackintosh intègre, surmonté d'un miroir, un cache-radiateur en cuivre montrant deux faisans affrontés. Trois autres cache-radiateurs de même facture ornés de deux pélicans ou d'un gros poisson se trouvent resp. dans la salle de billard et la salle à manger. Ils sont signés « RION ».

Mobilier d'origine, y compris les luminaires dont les formes variées s'harmonisent avec le style de chaque pièce. À noter à l'étage un « salon de poésie » incluant, dans un angle, un petit édifice en bois, sorte d'estrade couverte et bordée d'une fine balustrade ; en façade, vaste salle dont la cheminée en marbre est fermée par une plaque en cuivre repoussé à motif de paon, de même facture que les cache-radiateurs du r.d.ch. Colonnes et pilastres cannelés à chapiteau ionique caractérisent le décor du salon de musique qu'on ne peut attribuer avec certitude à Paul HAMESSE.

R. de la Poste, se dresse sur trois niveaux plus un demi et trois travées, la façade cimentée des dépendances. À dr., une entrée carrossable à porte à deux battants mène vers le sous-sol, les fenêtres des travées de g. sont rect. et grillées, celles des étages bombées. À l'intérieur on y remarque e.a. : le couvrement en briques à entrevous en berceau segmentaire à solives et poutres apparentes sur colonnes de fonte, la pente carrossable, le mobilier en bois des réserves.

Classement 08.08.1988.

Archives
ACSJ/Urb./TP 2056 (1877), 2203 (1878), 3509 (1888), 6716, 6770 (1904).

Ouvrages
DIERKENS-AUBRY, F., VANDENBREEDEN, J., Art Nouveau en Belgique. Architectures et intérieurs, Paris, Louvain-la-Neuve, 1991, pp. 205-207.
MESNIL, C., L'Art nouveau aujourd'hui à Bruxelles, Collet, Braine-l'Alleud, 1992, pp. 61-63.

Périodiques
CELIS, M., « Het herenhuis Cohn-Donnay in Sint-Joost-ten-Noode. Een binnenhuisinrichting van Paul Hamesse », M & L, 1, 1982, pp. 18-25
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Abréviations | Recherches et rédaction : 1993-1995.







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