mardi 3 mai 2016

Pourquoi l' EI fait chou blanc auprès des musulmans écossais



© ReutersLe Vif 

Source: Knack
"Il est possible de créer une société inclusive, tolérante à l'égard des migrants en Europe occidentale, pour que la propagande de l'EI échoue", estime le sociologue Stefano Bonino. "Regardez l'Écosse."
À en croire le blog War is Boring, les musulmans en Écosse se débrouillent mieux sur le plan économique que leurs coreligionnaires dans d'autres pays européens. En outre, ils vivent moins isolés du reste de la société.
"En Europe occidentale, beaucoup de gouvernements se demandent comment gérer les musulmans radicalisés. "En Belgique et en France, des centaines d'hommes ont rejoint l'État islamique." Beckhusen explique ce phénomène par la discrimination et le sentiment antimusulman de la population autochtone. "Pourtant, il est possible de créer une société inclusive, tolérante à l'égard des migrants en Europe occidentale, pour que la propagande de l'EI échoue", estime le sociologue Stefano Bonino. "Regardez l'Écosse."
LE CANADA
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Pour étayer ses propos, il cite une étude du sociologue Stefano Bonino parue dans une publication du Combat Terrorism Center. "L'Écosse réussit à créer un climat dans lequel les idées radicales, dont la propagande de l'EI, exercent moins d'emprise sur les jeunes. Aussi ceux qui combattent le terrorisme peuvent-ils tirer des leçons de l'approche écossaise."
Bonino compare l'Écosse au Canada. "Ce pays aussi prouve qu'une attitude tolérante face à l'immigration et des idées moins agressives au sujet de la politique étrangère diminuent les risques de jeunes frustrés attirés par la violence. "
L'auteur de l'article, le professeur Robert Beckhusen de l'Université britannique de Northumbria, souligne que la prudence est de mise. "Les idées radicales peuvent toujours se développer clandestinement." Ainsi, il y a des Écossais qui expriment de la sympathie à l'égard de l'EI et un petit groupe a effectivement rejoint le groupe terroriste.
IDENTITÉ ÉCOSSAISE
La plus grande communauté musulmane d'Écosse est d'origine pakistanaise, et vient surtout de la province prospère de Punjab. "En Belgique, c'est le contraire, la communauté musulmane est plus pauvre et beaucoup plus ségréguée". Les Écossais pakistanais ont une image positive. "Ils ont semé eux-mêmes les graines de leur succès économique et sont donc considérés comme une communauté qui travaille dur avec une stabilité financière relative."
Le SNP, le Parti national écossais, expliquerait également ce succès. Celui-ci combine idées socio-démocrates et nationalisme séparatiste. Le parti n'a pas réussi à séparer l'Écosse du Royaume-Uni dans son référendum de 2014, mais il a gagné les élections de 2015. Le SNP a remporté 56 sur 59 sièges, soit 50 de plus par rapport à 2010. Labour, les Conservatives et les Lib Dems ont chacun obtenu un siège. Le SNP est très prisé par les musulmans. "Ils estiment que l'identité écossaise prime sur un front islamique", résume Bonino.
VOILE
Cependant, la tolérance a ses limites. Après les attentats de Paris en novembre 2015, la BBC a fait état de racisme à l'encontre de musulmans à Glasgow. "Pour la première fois, les gens me traitaient autrement, simplement parce que je suis musulmane", raconte Asma Ali. "Les gens me fixent et marmonnent quand je passe devant eux." La stigmatisation touche surtout les femmes. "Comme je suis voilée, on m'identifie plus facilement comme musulmane", ajoute Asma Ali.
D'après les estimations, il y a environ 73 500 musulmans en Écosse, soit 1,5% de la population totale. (AVE)


UNE ANCIENNE BRUXELLOISE CITOYENNE HELVÉTIQUE M’ÉCRIT

DiverCity constate, décrit et analyse les images en kaléidoscope de sa capitale. Ethnie ou politique: on assiste impuissants à une dévalorisation galopante de nos valeurs occidentales. Notre tolérance nous joue les plus mauvais tours; les espoirs d'une société utopique nous fait croire au "grandir ensemble, créer ensemble, vivre ensemble" alors que nous ne marchons même pas dans la même direction.

Une majorité ne s'intègre pas: elle domine d'autant mieux qu'elle ne reconnaît pas la démocratie: c'est le déni et la destruction par le pourrissement.

J'en veux beaucoup aux Belges et aux Français de n'avoir pas su préserver leur patrimoine précieux: tolérance et fair-play qui s'effritent face aux abus de l'autre sans scrupules.
 
Tu pousses un coup de gueule:

Nos députés-bourgmestres  qui cumulent les mandats avec des salaires de PDG savent-ils ce qui se passe, ce qui se dit, ce qui se prêche dans les mosquées de leurs communes respectives ? S’ils le savent et qu’ils ferment les yeux par calcul électoraliste, c’est franchement pire que tout.

Hallucinant!

Si j'étais historienne, je te ferais la liste au cours des siècles des migrations et intégrations réussies et je demanderais de me citer celles qui ont provoqué des conflits conduisant à des velléités de destruction du pays hôte.

Lorsque l'aristocratie russe a déferlé sur Paris après leur révolution, y a-t-il eu conflits et drames?
Je crois me souvenir vaguement que les huguenots d'origine française ont peuplé les pays du nord, l'Amérique, l'Afrique du Sud, et j'en passe, avec bonheur pour le pays d'accueil.

Dans le cas qui nous occupe avec les Musulmans, il s'agit bien d'une volonté d'imposer leurs lois, religion et pensée rétrograde. Il y a intention délibérée.

Comment peut-on encore se culpabiliser, se flageller, condamner nos écoles, nos entreprises, ... tout un pays manipulé, sous emprise totale de gens qui n'ont apporté rien d'autre que des revendications sans aucune contrepartie culturelle enrichissante.

Toutes les jérémiades journalistiques, bien-pensantes de compromissions indécentes m'insupportent au plus haut point.

On ne transige pas avec la liberté, et pas seulement d'expression, sans cesse muselée par ce que j'appellerai des ennemis publics.

Récemment, Genève n'a pas cédé au chantage turc.

http://www.rts.ch/info/regions/geneve/7678662-geneve-refuse-de-retirer-la-photo-mettant-en-cause-le-president-erdogan.html


REPONSE DE DIVERCITY 

Mon dernier post sur la rue Jean Pierre Timbeaud m’a terriblement marqué and not for the better.
La situation de Bruxelles devient préoccupante. Je ne vois pas d’où viendrait le sursaut puisque les Bruxellois de souche continuent à fuir la capitale. Capitale de quoi ? De tellement de choses qu’elle n’est plus capitale de rien.  
Je comprends de mieux en mieux  la motivation inconsciente de mon exil campagnard : prendre de la distance par rapport à une ville où j’ai grandi et que je ne reconnais plus.
Aurions-nous pu gérer la situation autrement ?
Sûrement, en ayant une autre politique d’accueil et une autre approche scolaire.
J’ai lu avec intérêt un articulet que je joins à ceci et qui évoque la solution écossaise et aussi celle du Québec.
Ce qui est sûr c’est que l’Europe est à bout de souffle, un peu comme l’était l’empire romain d’Occident aux cinquième siècle.
Valéry avait vu venir le désastre et les premiers signes de décadence une crise de l’esprit européen.
H Hesse avait rêvé une échappatoire dans le jeu des Perles de Verre mais le roman sombre dans l’échec qui est celui de notre belle culture.
Je pense que c’est devenu irréversible.
Je viens de lire le journal de Californie de Edgar Morin (1969) acheté un euro aux Petits Riens. Ce n’est pas rien. Morin avait senti les prémisses d’une mutation en Californie.
Ce ne fut apparemment  qu’un mirage et désormais on est dans le cirage.
Ce n’est pas la première fois, le seizième siècle fut celui des malheurs.
Faut-il désespérer ? Là où croît le péril croît également le désir de sauvetage dit Hölderlin régulièrement cité par Morin.
Je pense que le sauvetage ne peut venir que d’une lecture éthique du Coran.
C’est celle de Jacques Berque et c’est la mienne mais c’est celle d’une toute petite minorité  de musulmans. Tu parles des Huguenots. Ils étaient une poignée au 16 ème siècle et ils ont transformé l’Europe au 17 ème. J’appelle cela les ruses de l’imprévisible et c’est mon ultime espoir au coeur du désespoir.
MG 


LETTRE A DEUX AMIS MUSULMANS
Cher A, cher H, 
J’ai beaucoup réfléchi à notre échange à trois et à la conversation avec notre ami B.
J’en ai conclu que, malgré nos différences, nous avions pas mal de points communs, à commencer par notre regard critique sur la situation et son évaluation.
Il faut envisager trois choses d’abord l’éducation familiale, ensuite l’immersion culturelle, traditionnelle et religieuses, enfin l’école.
Commençons par l’éducation familiale et le bain de valeurs dans lequel les enfants ont été plongés dès la naissance au sein de leurs familles respectives. Ils y ont été initiés à l’islam sommaire fait de principes et de pratiques inspirées du Coran mais ne faisant que rarement une  référence explicite à celui-ci. Rares sont les familles où le Coran était dispensé et plus rares encore pour ne pas dire exceptionnelles, celles où le Coran était expliqué, analysé et interprété comme une éthique.  Cette approche fut renforcée par la fréquentation régulière des mosquées et une certaine forme d’orthopraxie (alimentaire, vestimentaire, langagière). Nous parlerons d’un islam de bon père de famille. Evoquons enfin  l’influence de l’école qui vient plaquer sur cet arrière-fond une autre langue, une autre culture et d’autres valeurs pas forcément compatibles avec celles de la maison.
La faillite de l’éducation familiale résulte dans la plupart des cas d’une faillite de la société, laquelle par délocalisation des entreprises a condamné au chômage les pères qu’elle avait attirés en Europe 10 ou 15 ans auparavant. Pères brisés,  honteux, pères démonétisés.  Certaines familles vivent le chômage de génération en génération. Le conformisme et le formalisme du discours des mosquées n’a pas répondu au vide existentiel vécu dans beaucoup de familles issues de l’immigration. Quant à l’école elle n’a joué son rôle que très partiellement. En effet, si elle a réussi assez largement à installer chez les enfants une assez bonne maîtrise de la langue française parlée, en revanche elle n’a pas su surmonter l’antagonisme entre les valeurs et la culture qu’elle dispense et celle des foyers. Seuls les meilleurs ont su faire le miel de cette dichotomie et prendre le meilleur des deux cultures.  Je songe tout particulièrement à des garçons comme B (père syndicaliste et mère autodidacte cultivée) et mon ancien élève A.A, petit fils d’imam lettré. Mais pour la grande majorité ce fut galère.
Que d’intelligence gaspillée, que de Mozarts assassinés, que de caractères brisés ou pire : tendus vers la révolte par frustration et dépit. La situation s’est terriblement aggravée ces 10 dernières années. L’ascenseur social est bloqué, l’école ne joue plus son rôle intégrateur ou si peu et si mal.
Le décrochage scolaire a induit un décrochage social important (50% de chômeurs chez les jeunes dans certaines communes). Les plus malins ont trouvé leur voie dans des pratiques parallèles et une certaine forme de délinquance (petits trafics, stupéfiants, prostitution etc).
Les seules qui se soient vraiment bien adaptées à la situation sont celles (plus de femmes que d’hommes en vérité)  et ceux qui ont su développer une forme d’autonomie de pensée  et surtout un fort esprit critique généralement via l’enseignement.
Il est évidemment intéressant de réfléchir à la manière dont elles/ ils ont acquis cet esprit critique : dans la meilleure des hypothèses, par le biais de d’enseignants, parfois sous l’influence d’un père ou d’une mère d’une sœur ou d’un frère particulièrement vigilants et indépendants mentalement. Hormis ces exceptions l’opération d’acculturation a largement échoué et les valeurs de l’école se sont généralement heurtées à celles du milieu familial ressenti de plus en plus comme contradictoires, voire incompatibles.
On ne saurait sous-estimer l’impact du discours de certains imams importés. La Turquie aussi bien que le Maroc n’ont cessé d’exercer leur influence sur leurs anciens ressortissants par l’intermédiaire des imams exportés vers la Belgique et je ne parle pas de l’influence du personnel religieux  venu directement d’Arabie Saoudite.
Ce que l’on peut reprocher à des politiciens à la Philippe Moureaux, c’est moins d’avoir pratiqué le communautarisme- tous les partis l’ont pratiqué peu ou prou-que d’avoir fermé les yeux par électoralisme et opportunisme sur ce qui se disait et se prêchait dans certaines mosquées de garage.  C’est  autour de ces lieux et aussi de certaines salles de sports et surtout, bien sûr, d’Internet que s’est opérée par des méthodes sophistiquées et souvent très modernes (internet et les réseaux sociaux) la conversion de beaucoup de jeunes frustrés au radicalisme islamiste.
Ceux qui ont été radicalisés en peu de temps par un discours délétère ne peuvent être déradicalisés que par la déconstruction de ce discours par une parole tirée du Coran. Ce travail ne peut être fait que par des formateurs disposant d’une maîtrise parfaite de l’éthique coranique. Ils sont rares et devraient former d’autres formateurs. Il faut d’abord les identifier avant de les mettre dans des conditions de travail permettant une déradicalisation.
Mais celle-ci ne saurait être que provisoire si on ne parvient pas à installer, en même temps et pour ainsi dire en surimpression une initiation à l’autonomie du sujet et à l’esprit critique.
Qu’on le veuille ou non, en dehors de cet esprit critique toute déradicalisation ne saurait être que superficielle et provisoire.
Il est bien certain que la mise en place d’un cours de deux heures de citoyenneté et d’initiation aux philosophies  (idéalement au questionnement philosophique, mais qui parviendra à ce résultat ?) peut contribuer à cette mission. Mais, cela ne saurait suffire. Idéalement c’est l’ensemble des  enseignants qui doit l’inculquer, cet esprit de libre examen. Il faut bien comprendre que celui-ci n’a pas pour mission de combattre la foi ni de l’orienter d’une quelconque manière mais, à la limite de la guider, de lui donner plus de force en la rendant moins dogmatique.
C’est un point essentiel qu’il conviendra de travailler intensément.
MG

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