mercredi 18 mai 2016

Radicalisation et incapacités citoyennes de l’école


Bruno Derbaix, sociologue et philosophe, coach et formateur au Mouvement des Institutions et des Ecoles Citoyennes (MIEC)*
Le Soir
Face à la radicalisation et aux départs de jeunes pour le djihad, l’école doit s’interroger. Alors qu’elle n’est plus la source principale de connaissances, ni un lieu d’épanouissement où l’on fait dialoguer les idées, elle doit se vouloir plus inclusive.


Quand un jeune part en Syrie, quand il tue ou perd la vie, certaines questions ne peuvent plus être contournées. Même si c’est sous la loupe déformante de la crise, des sujets dont on voudrait parler tous les jours sont alors enfin abordés. Comme bien d’autres drames, nos jeunes qui sont partis interrogent leurs proches, leur société. Mes réflexions portent sur ce qui, dans leur histoire, concerne l’Ecole. Du point de vue de celle-ci, ce que signale la « radicalisation », ce sont des incapacités citoyennes qui impactent tous les élèves. Ces incapacités dessinent, non pas des responsabilités, mais des pistes pour une Ecole qui, apprenant à mieux vivre ensemble, renouvellerait son rapport à la connaissance comme à la croyance.
Quand un jeune part en Syrie, il nous parle d’une récente maladie de l’Ecole : ne plus être la source principale de connaissances. Parce que la Toile est devenue incontournable, parce que la radicalisation emprunte abondamment ses voies numériques, elle pointe la misère de notre Ecole en la matière. Alors que tout et son contraire se trouvent sur Internet, celle-ci s’entête à penser « programmes et contenus », sous-estimant l’urgence qu’il y a à apprendre aux jeunes à rechercher, à être critique dans l’usage de la souris et du clavier. L’ère du numérique n’est une aubaine que si on apprend à l’utiliser. La piste est ici de donner du temps (dès le plus jeune âge) pour apprendre aux élèves à profiter d’Internet autant qu’à s’en méfier.
MANQUE D’ÉPANOUISSEMENT
Quand un jeune part en Syrie, il quitte sa famille, son quartier, mais également ses camarades de classe et ses « profs ». Ce décrochage peut être une rébellion. C’est aussi le symptôme d’une école qui est moins épanouissante qu’elle ne le pense. Déroulant son découpage de cours et de connaissances, quelle place le quotidien scolaire laisse-t-il aux besoins de bouger, de s’exprimer, de s’aventurer ? Quand un jeune part en Syrie, il nous signale l’incapacité de l’école à être pour lui un lieu d’épanouissement, répondant à ses besoins d’adolescent.
La perspective dessinée est d’inviter les jeunes à prendre plus d’initiatives, à être vraiment représentés. Prenant le temps d’écouter leurs besoins comme ceux des adultes, cette dynamique citoyenne donnerait à l’Ecole les moyens d’accueillir et de valoriser les identités culturelles, religieuses, musicales… Elle les aiderait à être des lieux où les identités se construisent, en dialogue avec celles des autres. Depuis longtemps des établissements montrent cette voie de la citoyenneté active et de l’inclusion. Depuis trop longtemps, ces initiatives restent isolées (1).
Quand un jeune part en Syrie, il nous signale enfin une incapacité de l’Ecole à faire dialoguer les idées. C’est le cas de ces cours du réseau officiel qui séparent selon les convictions, ou de ceux du « libre » qui, parce que « catholiques », proposent un dialogue déséquilibré. Mais la question est plus fondamentale. Notre école refuse, en matière de démocratie, de droits et de sciences, de faire dialoguer ses idées avec la concurrence. L’enjeu est, à travers les cours de philosophie, de religion ou de citoyenneté, de permettre aux jeunes d’explorer les différents registres de vérité. Islam et/ou démocratie, sciences orientales et/ou occidentales, religions et/ou fondements de la laïcité… en cultivant le débat et le questionnement propres à la philosophie, il s’agit d’ouvrir vraiment les adolescents à un cheminement qui permette de donner du sens à leur vie.
INCAPACITÉ D’ÉCOUTE
Sous l’angle citoyen, la radicalisation révèle donc, de l’Ecole, une incapacité multiple à écouter, à s’ouvrir à ce qui lui est « tiers ». Ces incapacités citoyennes touchent tout le monde. Quand un jeune part en Syrie, il nous indique pourtant que l’intensité de leurs effets est pour les musulmans particulière. Charlie ou pas Charlie, voile et vêtements traditionnels, nourriture, congés religieux… nombreux sont ces exemples montrant que, en matière de discussion avec l’islamité, notre société a des ratés. A chaque débat, trop d’images, de phrases, de regards (accusateurs, interrogateurs ou seulement mal à l’aise) font ressentir à nos compatriotes que l’islam en eux est une menace, qu’ils doivent s’en justifier, ou s’en défier.
Pour un musulman occidental, c’est est une déchirure que cette altérité de l’islam. Ce sont deux parties de lui que les médias comme les prêcheurs contemporains (2), concourent à opposer. Laisser l’islam dans cette catégorie de l’étranger ou de l’ennemi, c’est condamner nos musulmans au registre de la blessure qui chaque fois ressurgit. C’est aussi permettre aux fondamentalistes de la violence de construire leur épouvantail : pour des jeunes en colère, en recherche de force, de rédemption ou de fierté, il y a ce soi-disant islam ! La solution est bien dosée : un marketing du bien-être, saupoudré de virtualité attirante et de promesses dans l’au-delà. Il y a même une touche de générosité (3). Cette solution est naïve mais attractive, pour le jeune déchiré et culpabilisé, pour le rebelle plein d’idées, pour certains parmi ceux que notre monde prétentieux déçoit.
RÉVOLUTIONNER L’ÉCOLE
Quand un jeune part en Syrie, il nous informe, violemment, qu’il y a urgence à faire autre chose de l’enseignement. Les intentions de changement, de démocratie, d’interculturalité… ont besoin de bien plus que de « bonne volonté ». Ce dont il est question, c’est de réels moyens (4), et d’une révolution. Il s’agit en effet d’aider les profs à refonder leur métier, de mieux les accompagner, de leur donner des outils efficaces pour évoluer. Il s’agit ensuite de permettre aux structures de se transformer. C’est une des intentions du Pacte d’excellence, mais arrivera-t-il à construire cette Ecole « 2.0 », permettant plus de vie et de projets, libérée du rouleau compresseur des évaluations ? Il s’agit enfin de cultiver le dialogue, sur les religions comme sur bien d’autres sujets. C’est un des buts du nouveau Cours de philosophie et citoyenneté. Mais, en une heure/sem, celui-ci pourra-t-il dépasser toutes les attentes de connaissance et de cotations, laisser la place pour que les jeunes expriment leurs préoccupations, apprennent à les réfléchir et à en discuter ?
Quand un jeune part, l’école n’est pas responsable. Mais réfléchir à son départ, et puis changer, permettrait d’y gagner sur tellement plus d’enjeux que celui des jeunes radicalisés. Car ce que le jeune qui part ne nous dit pas, c’est ce qui serait épargné si, au lieu de se méfier des nouveaux médias, l’école venait à les apprivoiser. C’est tout le potentiel d’un dialogue qui, s’ouvrant à l’islam comme à bien d’autres croyances, mettrait en mouvement ce que l’on pense. C’est le nombre de souffrances, d’incompréhensions et d’ennuis qui seraient évités si la parole des élèves, à l’école, était plus déployée. Ce que le jeune qui part ne nous dit pas, c’est le nombre de sourires à venir si, d’aventure, l’école se faisait plus inclusive.
(1) Citons ici les écoles à pédagogies actives ou les écoles du Mouvement des Institutions et des Ecoles Citoyennes
(2) Ceux qui font de l’islam la solution aux dérives de l’Occident, mais aussi ceux qui font systématiquement de l’islam un ennemi.
(3) Mourir en martyr « permettrait » de sauver des proches de l’enfer.
(4) Les différentes réformes de l’enseignement (décret Missions, Citoyenneté…) n’ont été accompagnées d’aucuns moyens pour qu’il soit effectivement plus éducatif, multiculturel, inclusif.
* Bruno Derbaix a été le professeur de Najim Laachraoui, un des kamikazes de Zaventem. Il avait rédigé une carte blanche au Soir le 29 mars, dans laquelle il s’interrogeait sur la transformation radicale d’un jeune homme « qui n’était pas un mauvais garçon ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES INTENTIONS DE CHANGEMENT, DE DÉMOCRATIE, D’INTERCULTURALITÉ… ONT BESOIN DE BIEN PLUS QUE DE « BONNE VOLONTÉ ».

« Quand un jeune part en Syrie, quand il tue ou perd la vie, certaines questions ne peuvent plus être contournées ; nos jeunes qui sont partis interrogent leurs proches, leur société. Mes réflexions portent sur ce qui, dans leur histoire, concerne l’Ecole. Ce que signale la « radicalisation », ce sont des incapacités citoyennes qui impactent tous les élèves. Quand un jeune part en Syrie, il nous parle d’une récente maladie de l’Ecole : ne plus être la source principale de connaissances. Parce que la Toile est devenue incontournable, parce que la radicalisation emprunte abondamment ses voies numériques, elle pointe la misère de notre Ecole en la matière. Alors que tout et son contraire se trouvent sur Internet, celle-ci s’entête à penser « programmes et contenus », sous-estimant l’urgence qu’il y a à apprendre aux jeunes à rechercher, à être critique dans l’usage de la souris et du clavier. L’ère du numérique n’est une aubaine que si on apprend à l’utiliser. La piste est ici de donner du temps (dès le plus jeune âge) pour apprendre aux élèves à profiter d’Internet autant qu’à s’en méfier. »
Chacun aujourd’hui y va de sa théorie pour expliquer les égarements de jeunes adolescents qui tournent leur dos à leur famille, à l’école, à la société, pour se donner pleinement à ce que Herbert Marcuse, le maître à penser des soixante-huitards, appelait le Grand Refus. « Le Grand refus, écrit Jean-Michel Palmier, c’est le refus de tous les mythes qui servent l’oppression, c’est le refus des désespérés, de ceux qui rêvent d’une libération ici et maintenant et qui refusent en bloc le système »
Le grand refus était au cœur du mouvement de Mai 68.
« Quand un jeune part en Syrie, Ce décrochage peut être une rébellion. C’est aussi le symptôme d’une école qui est moins épanouissante qu’elle ne le pense. Déroulant son découpage de cours et de connaissances, quelle place le quotidien scolaire laisse-t-il aux besoins de bouger, de s’exprimer, de s’aventurer ? »
Il est évident qu’une école qui impose la station assise pendant 8 heures par jour et saucissonne les connaissances par discipline non reliées n’est pas vraiment épanouissante.
« Quand un jeune part en Syrie, il nous signale l’incapacité de l’école à être pour lui un lieu d’épanouissement, répondant à ses besoins d’adolescent.
Prenant le temps d’écouter leurs besoins comme ceux des adultes, la dynamique citoyenne donnerait à l’Ecole les moyens d’accueillir et de valoriser les identités culturelles, religieuses, musicales… Elle les aiderait à être des lieux où les identités se construisent, en dialogue avec celles des autres. » 
C’est une idée tout à fait intéressante mais il ne faudrait surtout pas perdre de vue que le grand souci des religions c’est de s’emparer le plus tôt possible de l’esprit, de « l’âme » du jeune enfant dans le dessein de le conditionner en profondeur avant que ne puissent intervenir d’une quelconque manière les forces de l’esprit critique
« Quand un jeune part en Syrie, il nous signale enfin une incapacité de l’Ecole à faire dialoguer les idées. »
Ce n’est pas à l’école, au système à faire dialoguer les idées mais bien aux enseignants qu’appartient cette opportunité. Certains, les esprits les plus indépendants, n’hésitent pas à prendre ce genre d’initiative. La plupart, il est vrai se contentent de transmettre des connaissances sans les réfléchir ni les penser.
« L’enjeu est, à travers les cours de philosophie, de religion ou de citoyenneté, de permettre aux jeunes d’explorer les différents registres de vérité. Islam et/ou démocratie, sciences orientales et/ou occidentales, religions et/ou fondements de la laïcité… en cultivant le débat et le questionnement propres à la philosophie, il s’agit d’ouvrir vraiment les adolescents à un cheminement qui permette de donner du sens à leur vie. »
Il s’agit là, chacun en est conscient, d’une tout autre voie. C’est assurément la voie qu’entend emprunter le nouveau cours de citoyenneté et de philosophie qui sera dispensé à partir de la rentrée dans les écoles primaires à raison d’une heure par semaine. Pourquoi pas deux heures ? Il faut demander la réponse aux politiques incapables de se mettre d’accord sur ce point. On le sait, le problème se pose très différemment dans l’enseignement libre catholique qui ne propose qu’un seul cours de religion et le réseau public que la constitution oblige à en organiser 5 ou 6. Il est clair que dès le moment où tout le monde serait soumis à la règle des deux heures, les différences entre réseaux perdraient toute raison d’être.
« Laisser l’islam dans la catégorie de l’étranger ou de l’ennemi, c’est condamner nos musulmans au registre de la blessure qui chaque fois ressurgit. C’est aussi permettre aux fondamentalistes de la violence de construire leur épouvantail : pour des jeunes en colère, en recherche de force, de rédemption ou de fierté, il y a ce soi-disant islam! La solution est bien dosée : un marketing du bien-être, saupoudré de virtualité attirante et de promesses dans l’au-delà. »
C’est que l’islam, comme le train, peut en cacher un autre, une version islamiste qui instrumentalise le discours coranique à d’autres fins, essentiellement politiques et conquérantes. Ce discours qualifié de salafiste voire de djihadiste peut et doit être déconstruit par un discours coranique et une démarche de caractère critique. Il est clair que la première mission des enseignants aujourd’hui est de développer chez leurs élèves l’esprit critique. Mis ce fut toujours le cas. Vouloir révolutionner l’école sera toujours un leurre aussi longtemps que l’on ne formera pas les enseignants autrement. Le cours de citoyenneté qui est une idée brillante ne sera jamais qu’un emplâtre sur une jambe de bois s’il n’est pas dispensé par des enseignants spécialement formés à cette fin. 
« Quand un jeune part en Syrie, il nous informe, violemment, qu’il y a urgence à faire autre chose de l’enseignement. Les intentions de changement, de démocratie, d’interculturalité… ont besoin de bien plus que de « bonne volonté ».
Il s’agit bien entendu de dépasser les déclarations d’intentions et ce n’est certes pas chose facile. L’école et singulièrement l’enseignement organisé par la fédération Wallonie Bruxelles est, on le sait, dans un triste état. C’est sans doute l’enseignement le plus coûteux, le plus compliqué à organiser, le plus inefficace et le plus inégalitaire qui soit. Que ne l’avons-nous pas répété.
« Ce dont il est question, c’est de réels moyens , et d’une révolution. Il s’agit en effet d’aider les profs à refonder leur métier, de mieux les accompagner, de leur donner des outils efficaces pour évoluer. Il s’agit ensuite de permettre aux structures de se transformer. »
On est bien d’accord sur la chronologie : d’abord changer les enseignants et ensuite repenser les structures et pas l’inverse.
« C’est un des buts du nouveau Cours de philosophie et citoyenneté. Mais, en une heure/sem, celui-ci pourra-t-il dépasser toutes les attentes de connaissance et de cotations, laisser la place pour que les jeunes expriment leurs préoccupations, apprennent à les réfléchir et à en discuter ? »
Reste à déterminer, bien entendu, qui sera désigné pour donner ce cours. Les syndicats, singulièrement la CSC, ont laissé entendre qu’ils n’accepteraient aucune perte d’emplois et que les enseignants nommés seraient prioritaires. Ce qui signifie ipso facto qu’un professeur de religion catholique ou islamique qui perdrait son emploi à cause de la réduction des cours de religion à une heure semaine pourrait être désigné pour donner le cours de citoyenneté.  Autrement dit, un élève de morale qui opterait (dont les parents) opteraient pour la formule citoyenneté deux heures, pourrait se retrouver dans l classe d’un professeur de rligion réaffecté à cette tâche.  Bizarre !
« Ce que le jeune qui part ne nous dit pas, c’est ce qui serait épargné si, au lieu de se méfier des nouveaux médias, l’école venait à les apprivoiser. C’est tout le potentiel d’un dialogue qui, s’ouvrant à l’islam comme à bien d’autres croyances, mettrait en mouvement ce que l’on pense. C’est le nombre de souffrances, d’incompréhensions et d’ennuis qui seraient évités si la parole des élèves, à l’école, était plus déployée. »
Cela, ce serait une véritable révolution. Imaginons en effet qu’au lieu de combattre les effets de la radicalisation par Internet avec des moyens dérisoires et artisanaux, l’école, au contraire,  se servit d’Internet et des réseaux sociaux pour transmettre son message, bien des choses deviendraient possibles et non seulement dans le cadre de la lutte contre la radicalisation. J’ai pu me rendre compte en coachant quelques adolescents de l’efficacité de l’outil Internet.
J’en donnerai un seul exemple : une adolescente de 16 ans n’en sortant plus avec son cours d’histoire m’appela à la rescousse. Elle n’arrivait pas à étudier le chapitre complexe consacré aux régimes totalitaires. Elle disposait d’un syllabus, au demeurant fort bien rédigé, par le professeur, lequel se contentait de lire sa prose en classe à haute voix comme font les mauvais professeurs d’université.
Je me contentai de l’inviter mon élève à vérifier chaque terme, chaque concept inconnu ou mal compris sur google et à rechercher des photos des personnages historiques ainsi que des cartes géographiques pour situer l’événement. On trouve tout sur google à condition de savoir chercher et surtout d’avoir un minimum d’esprit critique. Elle fit le maximum au test de contrôle et ne me demanda plus jamais de l’aider car je n’ai pas donné de poisson à l’affamée, je lui ai simplement appris à pêcher.
Bruno Derbaix a été le professeur de Najim Laachraoui, un des kamikazes de Zaventem. Il avait rédigé une carte blanche au Soir le 29 mars, reprise du reste sur ce blog dans laquelle il s’interrogeait sur la transformation radicale d’un jeune homme « qui n’était pas un mauvais garçon ». Qu’il me soit permis de m’interroger à mon tour sur l’efficacité de son enseignement. Certes je ne saurais m’inscrire en faux par rapport à cette excellente carte blanche. En revanche je suis consterné de constater  qu’il passa à l’acte bien qu’il eut bénéficié d’un enseignement de cette qualité et surtout de cette lucidité. Apparemment toutes ces qualités pédagogiques, intellectuelles et humaines n’ont pas empêché Najim Laachraoui de suivre dans l’égarement la voix des « instigateurs sournois » et « des maîtres d’illusion », terme attribué à Iblis-Shatan par Jacques Berque dans son essai de traduction du Coran.
MG.

Aucun commentaire: