vendredi 6 mai 2016

Sadiq Khan est le premier maire musulman de Londres


Il obtient 44 % des voix selon les premiers résultats.


Le travailliste Sadiq Khan (44%) possède une avance confortable sur son rival conservateur Zac Goldsmith (35%) dans la course à la succession de Boris Johnson à la mairie de Londres, alors que 80% des bulletins ont été dépouillés. Il deviendra vraisemblablement le premier maire musulman de la ville.
Pour les médias locaux, la victoire de Sadiq Khan ne fait plus de doute. «  C’est mathématiquement impossible que Sadiq Khan soit battu par Zac Goldsmith  ».
Contrairement à ce que prévoyaient de nombreux médias, les premiers résultats ne sont pas mauvais pour le Labour, à l’exception de l’Ecosse où il est largement battu par les indépendantistes du SNP et perd 13 sièges.
Les travaillistes, largement en tête au Pays de Galles, ont également perdu quelques dizaines de sièges en Angleterre,

Par Lefigaro.fr
Sadiq Khan, un musulman, fils d'un chauffeur d'autobus pakistanais est la  parfaite illustration du cosmopolitisme de la capitale britannique.

"Je suis fier d'être musulman", a-t-il déclaré mercredi, interrogé sur cette perspective.

Mais il a souligné que sa confession n'était que l'une des composantes de sa personnalité. "Je suis londonien, je suis britannique (...) j'ai des origines pakistanaises, je suis un père, un mari, un supporteur de Liverpool", a-t-il dit, alors que le camp adverse tente sans relâche d'instrumentaliser sa religion pour refaire son retard.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"JE SUIS LONDONIEN, JE SUIS BRITANNIQUE (...) J'AI DES ORIGINES PAKISTANAISES, JE SUIS UN PÈRE, UN MARI, UN SUPPORTEUR DE LIVERPOOL" 

C’est ce qu’on appelle les identités entrelacées.
Qu’il soit jugé sur ses compétences, sa gouvernance et non pas sa religion ou son origine ethnique. Le maire de Rotterdam est né au Maroc et il exerce sa fonction avec talent. Le maire de Bruxelles est belgo belge et…
MG


M. LE MAIRE DE ROTTERDAM
EST MAROCAIN 
Le Figaro
Par De notre envoyée spéciale à Rotterdam, Stéphane Kovacs
Publié le 18/05/2009

Fils d'un imam, Ahmed Aboutaleb, né au Maroc, est le premier maire musulman du premier port d'Europe, l'une des villes les plus cosmopolites du monde. «Plus néerlandais que certains Néerlandais», selon ses propres termes, ce travailliste n'hésite pas à fustiger «ceux qui n'acceptent pas les valeurs des Pays-Bas». 

Ce travailliste, né au Maroc l’a quitté à 15 ans, et il n’en conserve pas grand-chose. S'il garde son passeport vert, c'est parce que, en vertu de loi marocaine, «on ne peut pas le rendre.» «Après 32 ans aux Pays-Bas, je suis plus néerlandais que certains Néerlandais, s'exclame-t-il. Tout ce que je pense et fais est néerlandais.»
Fils d'un imam, né en 1961 à Beni Sidel, une bourgade nichée dans les montagnes du Rif, Aboutaleb a laissé derrière lui «une petite maison sans électricité ni eau courante.» Il est loin son rêve d'enfant de devenir poète. Ingénieur de formation, il se retrouve journaliste, puis porte-parole ministériel. Sans s'être présenté devant les électeurs, ce membre du Parti travailliste (PvdA) devient, en janvier 2004, échevin (adjoint au maire) d'Amsterdam, en charge de l'enseignement et de la jeunesse. Quelques mois avant l'assassinat du cinéaste controversé Theo Van Gogh, poignardé et égorgé par un islamiste en pleine rue. Dans un discours devenu célèbre, à la mosquée Alkabir, au lendemain du drame, Ahmed Aboutaleb lance à ses coreligionnaires : «Arrêtez de vous prendre pour des victimes. Si vous ne voulez pas vous intégrer, partez !» Ses prises de position - il s'oppose au port de la burka, n'hésite pas à sanctionner les fraudeurs aux allocations sociales et trouve «drôles» plusieurs des caricatures danoises de Mahomet - lui vaudront des menaces de mort. «Ce collabo défend les intérêts des Blancs !», s'émeuvent des immigrés. Depuis, il vit sous protection rapprochée.
En 2007, la grande coalition (chrétiens-démocrates - travaillistes) lui offre un secrétariat d'État aux Affaires sociales. Puis, en janvier 2009, il  s'installe à l'hôtel de ville de Rotterdam. Avec ses 584 000 habitants, dont 47 % d'origine étrangère et environ 15 % de musulmans, Rotterdam est l'une des villes les plus cosmopolites du monde. Bastion de Pim Fortuyn, le leader populiste et xénophobe assassiné en 2002, «c'est aussi une ville déchirée par les tensions intercommunautaires», affirme Ronald Sörensen, chef du groupe Leefbar Rotterdam (Rotterdam vivable), qui a pris la suite du mouvement de Fortuyn. Leefbaar Rotterdam détient 14 des 45 sièges du conseil municipal, les travaillistes, 18. «Beaucoup de gens ici se sentent envahis par les étrangers, poursuit cet ancien professeur d'histoire. Alors, quand on voit arriver un maire né au Maroc…»
Mais, dès le lendemain de la prise de fonctions du nouveau maire, les héritiers de Fortuyn changent d'avis : «J'ai apprécié qu'il prête serment en demandant l'aide de Dieu, et non pas d'Allah, explique Sörensen. Et quand il a laissé entendre qu'il fallait se débarrasser de Tariq Ramadan (professeur d'islamologie qui conseille la municipalité de Rotterdam depuis 2007, NDLR), je n'en croyais pas mes oreilles ! Si on parlait comme lui, on serait traité de racistes !» Dans cette «ville divisée, martèle le maire, ma priorité sera de créer une société de confiance. Car plus la confiance est forte, moins on doit payer pour la police et la justice !» Aux «jeunes Marocains de Rotterdam», il promet de les traiter «comme je traite tous les jeunes. Si vous faites quelque chose de bien, vous pourrez compter sur mon soutien.Mais si vous voulez causer du désordre, je serai impitoyable.»
Pour un peu, le principal tort d'Aboutaleb ne serait pas d'être né au Maroc, mais de venir d'Amsterdam et, surtout, d'être supporteur du club de football de l'Ajax, pire ennemi du Feyenoord Rotterdam !

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