dimanche 8 mai 2016

Siegfried Bracke ne veut pas d’espace de prière à l’université de Gand

Belga
Flandre Info be


Le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) qui est aussi conseiller communal à Gand et membre du conseil d’administration de l’UGent s’oppose à l’installation d’espace de prière à l'université. "Aussi bien pour des raisons pratiques que de principe" a-t-il déclaré au quotidien De Morgen.
Pour l’émission "De wereld vandaag" sur Radio 1 (VRT) un reportage a été effectué dans les différentes universités flamandes et il s’avère que celles-ci disposent souvent sur leur campus d’espace de calme où il est éventuellement possible aux étudiants musulmans ou aux membres du personnel de prier.
A la demande de la communauté musulmane, il y a à l’université de Gand depuis les années ’80 un espace de calme. Les universités de Hasselt, Anvers et Louvain offrent des locaux pour les prière et la méditation. Mais aucune de ces initiatives n’est réservée à une seule religion.
La VUB est la seule université flamande à ne pas disposer d’un tel espace.
Pour Siegfried Bracke, interrogé dans le quotidien De Morgen ce samedi ce projet a déjà été discuté deux fois par le collège de gestion de l’université de Gand. Selon lui, ce projet ne s’inscrit pas dans le profil de l’université. "La religion c’est quelque chose que l’on vit chez soi. Il n’y a même pas de chapelle à l’université de Gand et il n’y en a jamais eu".
Selon Siegfried Bracke cette demande d’espace de prière émane d’un petit groupe de membres du personnel. "Nous ferions mieux de leur proposer un cours de citoyenneté ou de néerlandais. Nous devons leur apprendre que nous vivons dans une société civile."
Le débat sur la place des croyants dans l’enseignement en Flandre a été ravivé ces derniers jours après l’annonce par la direction de l’enseignement catholique flamand de sa volonté d’attribuer un espace supplémentaire à l’islam au sein des écoles catholiques flamandes.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IMPLOSION AVANT ÉVAPORATION

C’est lumineux, la N-VA cherche à faire bouillir la marmite médiatique par une campagne qui vise à se démarquer de tout ce qui touche à la problématique islam. Il s’agit pour les nationalistes flamands de rattraper dans un style et un discours  très « café du commerce » une partie de leurs électeurs issus du vivier de Vlaams Belang, lequel remonte dangereusement dans les sondages. Dans une interview âpre au ton agressif, Jean Quatremer rend la N-VA responsable de la chaîne des dysfonctionnements qu’il dénonce.
On dira, et on aura raison, que les Français sont mal placés pour nous faire la leçon. Il n’empêche que notre pays va vraiment mal et depuis très longtemps. On redoutait les élections de 2014 et on avait raison.  Le déclin du CVP (devenu CD&V) au profit de la NV-A a fait bouger les lignes en Flandre et, par conséquent en Belgique.
Il s’agissait, et on allait voir ce qu’on allait voir, de redresser le pays économiquement on lui imposant une cure de libéralisme dur et pur.
Ce fut un échec cuisant et la preuve que la Belgique ne se gouverne plus depuis le 16 de la rue de la Loi, c’est-à-dire au niveau fédéral.
C’est une des thèses de la N-VA et elle s’avère excte.
Entre les régions et le fédéral c’est la cacophonie et la zizanie permanente tandis que Bruxelles s’asphyxie.
La coalition suédoise est à bout de souffle avec trois démissions de ministres dont deux refusées.  Une chute du gouvernement Michel n’est pas à exclure. Elle entraînerait un désastre pour le MR, une embellie pour la NV-A qui ferait valoir aussitôt que la Belgique fédérale n’est plus gouvernable (implosion avant évaporation) et un retour aux affaires après une interminable crise des socialistes au pouvoir, affaiblis par le succès escompté du PTB en Wallonie et du parti Islam à Bruxelles.
Bref, malgré le climat météo qui nous enchante en ce moment, il n’y a vraiment pas de quoi se montrer heureux d’être belge.
MG 
 
QUATREMER: "GRAVEMENT MALADE, LA BELGIQUE EST DEVENUE UNE FABRIQUE D’IRRESPONSABLES"
DORIAN DE MEEÛS  La Libre Belgique
BELGIQUE


"En Belgique francophone, il y a un racisme anti-Français totalement toléré", c'est ainsi que le correspondant à Bruxelles de Libération répond à ceux qui l'invitent à rentrer chez lui après ses critiques acerbes sur "l'Etat failli" de la Belgique. Jean Quatremer cible les conséquences des 6 réformes de l’Etat successives: "Personne n'est jamais responsable dans ce pays. Les correspondants étrangers basés ici dénoncent quelque chose de pourri dans le Royaume de Belgique et sont terrifiés par l'incompétence des autorités locales." Jean Quatremer est l’Invité du samedi de LaLibre.be.
Après la publication de votre article dans Libération sur l’Etat belge qui a failli, vous avez une nouvelles fois fait l’objet de critiques acerbes. Certains lecteurs se demandent même "pourquoi vous restez dans un pays sur lequel vous crachez"?
En clair, comme étranger, je n’aurais qu’un seul droit, celui de me taire ! Je suis à Bruxelles, comme plusieurs centaines de mes collègues journalistes, pour suivre les institutions européennes, puisque la capitale de la Belgique est aussi celle de l’Union, et la Belgique. Ma fonction, c’est de décrire ce que je vois, d'informer, de l’analyser, d’être critique et de pointer les dysfonctionnements, même si, et je dirais surtout, si cela déplait et fait mal. Ces attaques ont d’autant moins de sens que je n’ai pas choisi de vivre ici, pas plus que l’ensemble des journalistes et des fonctionnaires européens présents dans ce pays. Pour certains Belges, manifestement, tout étranger, pour se faire accepter, n’a d’autres choix que d’être perclus d’admiration pour la société d’accueil! Cette vision, d’un paternalisme sidérant en soi, est tout simplement intolérable dès lors que l’on prétend l’appliquer à des Européens qui n’ont pas d’autres choix que d’être au cœur de de l'Europe. Si cela en gêne certains, on peut régler le problème simplement en déménageant les institutions. Strasbourg serait ravi ! On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière…
(...)
A LIRE LES CRITIQUES CONTRE VOUS, LE FAIT QUE VOUS SOYEZ FRANÇAIS ÉNERVE D’AUTANT PLUS ?
Il y a un certain racisme anti-Français en Belgique francophone qui est totalement toléré et qui ne suscite guère de débat. Vous imaginez une seule seconde qu’on dise "Toi, le Marocain, va plutôt voir ce qu’il se passe à Marrakech!" ou "Toi, l’Algérien, va voir ce qu’il se passe à Alger!" ? En 2013, lorsque j’ai publié "Bruxelles, pas belle", Fadila Laanan m’a conseillé de rentrer dans mon pays pour voir si l’herbe y était plus verte. En France, cela aurait causé un scandale. Pas en Belgique. Que l’on conteste le fond d’un article, soit, mais la nationalité de son auteur, c’est proprement intolérable.
(...)
VOUS FLINGUEZ TOUTE UNE SÉRIE DE DYSFONCTIONNEMENTS, MAIS QUELLE CAUSE COMMUNE VOYEZ-VOUS À CELA ?
La Belgique centralisée fonctionnait très bien. Les dysfonctionnements ont commencé avec la fédéralisation du pays et une régionalisation des compétences au fil des six réformes de l’État qui n’obéissait à aucune logique d’ensemble, mais était le résultat de compromis politicien. Six réformes de l’État en moins de 50 ans, des réformes faites sans vision d’ensemble, qui pourrait survivre à un tel traitement ? Aujourd’hui, mis à part quelques juristes pointus, on ne sait plus qui est responsable de quoi et qui décide quoi. Cette lasagne institutionnelle fait que tout le monde ne cesse de se renvoyer la balle. Même à Brussels Airport, la police accuse l’État, qui lui accuse l’aéroport, qui lui-même dénonce les syndicats policiers. La Belgique est devenu une fabrique d’irresponsables.
MAIS IL Y A BIEN UN RESPONSABLE DE CETTE ÉVOLUTION ?
Qui a dépecé l’État central, si ce ne sont les nationalistes flamands ? La N-VA devrait logiquement se dire qu’il est temps de décréter un cessez-le-feu afin de remettre de l’ordre dans tout ça. Hé bien, au contraire, il accuse le fédéral d’être responsable de la situation, affirme que tout a parfaitement fonctionné au niveau régional et qu’il faut en remettre une couche afin d’en terminer avec la Belgique. Ce pays est gravement malade et est poussé dans le précipice par les nationalistes flamands. Faire ce constat, c’est ne pas aimer la Belgique ou ne pas aimer les nationalistes ? Cela étant, une Belgique scindée sera peut-être plus efficace que ce qu’elle est désormais.

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