jeudi 30 juin 2016

Une Parisienne parie sur Molenbeek, appréciant l'"ouverture d'esprit" de Bruxelles

LAMFALUSSY CHRISTOPHE  La Libre Belgique

Hanna Bonnier a ouvert un restaurant deux mois avant les attentats de Paris. Près du canal. 

I

Ils ne se sont jamais croisés, pourtant, ces deux Parisiens ont une histoire en commun : tous les deux ont jeté l’ancre par hasard à Molenbeek, la désormais célèbre commune de Bruxelles. Mais si Alexandre Laumonier a quitté en février le quartier pour installer sa maison d’édition à Jette, fatigué de voir aux portes des écoles des "femmes voilées" et "des barbus prosélytes", Hanna Bonnier a choisi elle de s’y installer durablement en ouvrant l’un des restaurants les plus en vogue du bas de la ville.
Molenbeek est à l’image de Bruxelles : une commune complexe, avec des miniquartiers, des anciennes maisons ouvrières où l’on vend des hijabs et où on boit le thé, des jeunes Flamands à la recherche de loyers décents, le nouveau Millennium Iconoclast Museum of Art (Mima) et une zone d’appartements de luxe le long du canal, où un penthouse deux chambres est proposé à la vente à 650 000 euros.
"Pas de doute, cette partie de Molenbeek est en voie de boboïsation", assure Hanna Bonnier, une Française de 27 ans qui a fondé "Le Phare du Kanaal" au Quai des charbonnages. "La semaine dernière, juste ici derrière, rue de l’Avenir, on vient d’inaugurer un marché bio. Plein de jeunes arrivent ici. Les loyers sont abordables."
Hanna Bonnier est une ancienne stagiaire de la Commission européenne, spécialisée dans la prévention des conflits internationaux. En mars 2014, elle décidait de tout larguer. "J’avais besoin de concret dans mon travail", dit-elle. "La prévention des conflits, c’est passionnant. Mais je voulais créer quelque chose. Après un tour d’Europe, je me suis rendu compte que Bruxelles manquait d’un lieu où les jeunes Européens pouvaient tisser des liens."
DE DÉPÔT DE TISSU À "CO-WORKING CAFÉ"
D’où l’idée de créer un "co-working café", un espace qui combine un restaurant au rez-de-chaussée, ouvert jusqu’à 20 heures, et un espace de travail pour les jeunes entrepreneurs. Le projet a reçu le soutien financier de la région bruxelloise, via les fonds européens du Feder.
Hanna Bonnier est tombée par hasard sur cet ancien dépôt de tissus, qui donne sur le canal. Le coup de foudre a été immédiat. Mais le timing d’ouverture fut désastreux, en septembre 2015. Deux mois plus tard, les journalistes étrangers défilaient pour lui demander son avis sur cette commune considérée comme un "nid de djihadistes".
Cela ne l’a pas découragée. Cette fille d’un architecte et d’une psychologue a grandi dans le 18e arrondissement de Paris, du côté de la Porte de la Chapelle. Un quartier à la mauvaise réputation, mais où elle s’est épanouie. "J’étais la seule blonde en classe", sourit-elle.
"Paris est ma ville", dit-elle. "Mais on y est vite dans un microcosme. À Bruxelles, j’apprécie l’ouverture d’esprit et la mixité."
Aujourd’hui, son restaurant fait soixante couverts à midi et le personnel parle anglais. La clientèle est pour plus de la moitié néerlandophone. La bourgmestre de Molenbeek ainsi que les travailleurs sociaux viennent y casser la croûte. Certains habitants de la communauté belgo-marocaine refusent d’y mettre les pieds car on y vend de l’alcool, mais d’autres sont venus pour assister à l’inauguration d’une exposition de photos.
Hanna Bonnier est sans enfants et veut maintenant emménager dans le quartier.
"FEMMES EN BURQA ET SINISTRES BARBUS"
Alexandre Laumonier a, lui, une vue beaucoup moins rose de Molenbeek. Pendant huit ans, il a vécu près de la rue des Quatre Vents où Salah Abdeslam a finalement été capturé. Cet anthropologue français, fondateur de la maison d’édition Zones sensibles, avait expliqué aux lecteurs du "Monde" en novembre que "Molenbeek saint Jean n’est pas un ghetto".
Mais il a décidé en février dernier de déménager à Jette. Le déclic a été l’inscription de son fils à l’école. "Il était temps de quitter Molenbeek. Je n’avais aucune envie qu’il croise tous les jours ces femmes qui viennent chercher leurs enfants en burqa ou ces sinistres barbus prosélytes qui arpentent les rues. Il y a aussi des femmes voilées à Jette, mais il n’y a pas que cela", dit-il. "Il était temps d’aller vers un autre lieu où, dans la rue, on vous fait moins sentir, par le regard, que vous n’êtes qu’un mécréant", ajoute-t-il au "Monde" le 10 juin.
Un avis qu’Hanna Bonnier ne partage pas. Depuis les attentats de Bruxelles, dit-elle, "les gens redoublent d’efforts pour être sympa, pour dire ce n’est pas dangereux pour moi". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TASSE DE THE ? 

Molenbeek isn’t everybody’s cup of tea.
Une Parisienne en est tombée amoureuse. Tout arrive.
Cette hirondelle annonce-telle un printemps molenbeekois ?



Plongée au cœur du patrimoine bruxellois

Marie-Èver Rebts

L’ASBL « Voir et Dire Bruxelles » propose pour la troisième année consécutive des visites exclusives d’hôtels de maître Art nouveau. Un moyen de partager et de préserver ce patrimoine d’exception qu’on côtoie souvent sans le voir… 


• L’hôtel Tassel, rue Paul-Emile Janson, à Bruxelles. Photo : D.R. 

D’après ce que révèle le dernier baromètre du tourisme de Visit. brussels, plus d’un tiers des visiteurs se rendent à Bruxelles pour y découvrir son patrimoine historique et culturel. Et dans ce domaine, ce sont l’architecture et l’Art nouveau qui intéressent le plus les touristes.
Or, certains chefs-d’œuvre bruxellois de la construction sont tout simplement inaccessibles au public. Depuis 2014, l’ASBL Voir et Dire Bruxelles propose toutefois des visites exclusives dans des hôtels de maître Art nouveau habituellement fermés, car appartenant à des privés ou occupés par des locataires. « Lors de la première saison, d’avril à décembre 2015, nous avons ouvert deux hôtels à raison d’un samedi par mois et de groupes de vingt à vingt-cinq visiteurs, précise Julie Staszewski, directeur de Voir et Dire Bruxelles. Nous avons presque fait carton plein avec environ 650 visites sur la saison, c’est pourquoi nous avons décidé de reconduire l’expérience cette année, mais avec une offre plus large. »
Autrefois uniquement en français et en anglais, les visites se déroulent désormais aussi en néerlandais. Elles ont également été étendues à deux samedis par mois et les amateurs ont la possibilité de visiter non plus deux, mais cinq bâtiments en exclusivité.
Il s’agit des hôtels Tassel et Van Eetvelde respectivement implantés à la rue Paul-Emile Janson et l’avenue Palmerston, de la maison Autrique à Schaerbeek ainsi que des hôtels Solvay et Max Hallet tous deux situés sur l’avenue Louise. « L’ouverture de ces lieux pour des visites a dû se négocier au cas par cas avec les propriétaires et les occupants, explique Julien Staszewski. La plupart sont favorables et contents de participer car ils sont passionnés et aiment partager cela avec le public. »
Du côté des visiteurs, l’initiative est également très appréciée comme en témoignaient les statistiques 2015. Ce début de saison 2016 n’a quant à lui pas échappé à la morosité qui touche le tourisme bruxellois depuis les attentats du 22 mars, mais l’ASBL Voir et Dire Bruxelles entend se développer sans tomber dans le tourisme de masse.
« Notre objectif est de nous internationaliser davantage, car seul un quart à un tiers de nos visiteurs sont actuellement des étrangers, précise Julien Staszewski. En parallèle de cela, nous tenons à préserver les valeurs qui nous sont chères, à savoir la qualité des visites guidées et l’intérêt porté au retour des clients. Nous avons également baissé certains prix pour rendre les visites plus accessibles mais, même si notre objectif n’est pas la rentabilité, nous restons tributaires des rémunérations des guides et des propriétaires de certains lieux que nous ouvrons. »
La promotion du patrimoine architectural bruxellois par Voir et Dire ne se limite pas à ces visites exclusives. A partir de mars 2017, la biennale Art nouveau et Art déco organisée par l’ASBL deviendra par exemple le Banad Festival, un événement annuel qui mettra ces courants artistiques en lumière au travers de découvertes de lieux exceptionnels, de promenades, de concerts, d’expositions, etc. Une initiative qui permettra sans doute au patrimoine de rester en tête des intérêts des touristes bruxellois… 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DES RDV A PAS MANQUER

mardi 28 juin 2016

Cours de citoyenneté : tout faux


Marc Mayer, le Vif
Le gouvernement de la Communauté française va avoir du mal avec l'organisation du cours de citoyenneté dans les écoles publiques. 


© BELGAIMAGE 

Destiné à remplacer une des deux heures actuellement consacrées à religion ou à la morale non confessionnelle, ce cours pose déjà un problème avant de pouvoir entrer en lice, en octobre 2016 : qui pourra l'enseigner ? On sait que l'accord de gouvernement prévoit depuis 2014 que le cours de citoyenneté doit s'organiser sans aucune perte d'emploi pour les professeurs de religion ou de morale.
Que les syndicats aient ainsi défendu les intérêts de leurs affiliés, c'est leur rôle. Ils n'ont pas pu défendre la différence objective qui existe entre professeur de morale et professeur de religion. Et puis c'est le monde politique qui doit veiller à ce que l'intérêt général prime sur l'intérêt particulier. Mais considérer que les professeurs de religion ou de morale qui perdront des heures seront prioritaires pour donner ce cours afin de compenser leurs heures perdues, c'est faire passer l'intérêt des enseignants avant celui des élèves. Le cours de citoyenneté n'est pas créé pour donner un moyen de préserver l'emploi des professeurs des cours dits philosophiques (raison pour laquelle on parle sans doute de période transitoire durant laquelle ces profs devront se former) : les professeurs de citoyenneté doivent créer un nouveau cours et se baser sur un référentiel intéressant établi déjà par le groupe de travail mis en place par les Autorités. Le maintien à tout prix de l'emploi existant pose des problèmes très spécifiques, inhérents au système actuel des cours dits philosophiques que les enseignants dispensaient durant deux heures hebdomadaires selon une répartition des élèves qui n'était pas simple à établir.
On aurait pu croire que tous ces problèmes ne se posaient guère pour les professeurs de morale non confessionnelle. Ce sont des enseignants comme les autres, choisis par les pouvoirs publics sur la base de leurs diplômes et qui donnent déjà, actuellement, un cours très proche du futur cours de citoyenneté. Cette réalité n'a pas empêché la ministre (CDH) de mettre sur le même pied les maîtres de morale et ceux de religion. Elle se base sur la décision contestée, mais, aujourd'hui incontournable qui veut que le cours de morale est un cours engagé comme les autres...
Qu'un professeur de religion puisse en même temps donner cours de citoyenneté est évidemment très interpellant.
Ce ne devrait plus être le cours de morale qui soit l'alternative aux cours de religion, mais bien le cours de citoyenneté, un enseignement neutre s'adressant à tous les élèves quelles que soient leurs convictions.
Les cours de religion et le cours de morale reconnu comme engagé traitent des mêmes questions (l'homme en société, les questions éthiques, les choix de vie, le rapport aux autres, aux valeurs, à l'existence ou à l'inexistence de Dieu...), mais sous un angle résolument engagé, inspiré d'un des cultes reconnus en Belgique et de la laïcité qui est reconnue depuis 1993. Le professeur qui donnerait à la fois cours de citoyenneté et cours de religion devrait résoudre une équation presque impossible entre ses deux enseignements. Et ce n'est pas un cours théorique de neutralité qui résoudra cette question. S'ils se ressemblent fort (ce qui serait naturel puisque les questions abordées sont semblables de part et d'autre), on jugera soit que son cours de citoyenneté est teinté d'inspiration religieuse, soit que son cours de religion est privé de sa spécificité. L'équation est la même pour le professeur de morale (cour constitutionnelle) même si le risque n'existe pas. En effet, le même professeur dispense deux enseignements très différents (religion et citoyenneté), il risque d'être suspect de manque de sincérité dans l'un de ses cours, voire d'hypocrisie manifeste (je pense aux questions de début et de fin de vie, par exemple, mais plus fondamentalement à la question même de la vérité qui est vécue avec un grand V pour le croyant) : les élèves et les parents pourraient se demander ce qu'il pense vraiment, quel cours reflète ses vraies valeurs et ce qu'il faut en retenir au juste.
Est-on sûr que tous les enseignants concernés soient effectivement capables de donner à la fois un cours de citoyenneté neutre et à portée universelle et un cours de religion empreint d'une tradition spécifique ? Nous avons peine à croire que tous les enseignants à un tel dédoublement y parviendront, quand on connaît le mode de recrutement qui est, à cet égard, prévu.
Dans notre système, en effet, les professeurs de religion sont juridiquement liés à leur organe chef de culte comme, on oublie de le dire, c'est le cas des ministres des cultes, et ils n'ont de comptes à rendre qu'à leur inspecteur lié directement à cet organe. Ils sont choisis par cet organe et ne disposent pas toujours d'un titre pédagogique ou d'une formation dans une discipline liée aux sciences humaines : les organes chefs de culte sélectionnent souverainement les enseignants nommés ensuite par les autorités publiques. La conformité de ces enseignants répond aux attentes de leur chef de culte, attentes qui sont loin d'être identiques à celles qu'implique un cours de citoyenneté.
On connaît des enseignants de religion qui prennent des positions qui bafouent les principes démocratiques - ceux-là mêmes que le cours de citoyenneté doit transmettre -: dresser les élèves contre la science, la raison et la réflexion libre. On me dira que ces cas sont moins fréquents qu'il y paraît. Les enquêtes montrent par exemple que la théorie de l'évolution est mise en cause et que l'irrationnel pointe dans diverses approches. Même s'ils ne sont qu'une minorité, que de tels professeurs enseignent la citoyenneté parce qu'ils sont menacés de perdre une partie de leur emploi risque de déboucher sur des plaintes et des recours.
Pour éviter de tels risques, le gouvernement a envisagé de réserver le cours de citoyenneté aux porteurs d'un titre pédagogique, ou de définir des titres requis avec un système transitoire de cinq ans permettant de décrocher un des diplômes utiles. Ce filtre est insuffisant. Car on peut disposer d'un titre pédagogique sans avoir été formé dans une des disciplines pertinentes pour enseigner la citoyenneté. Ce n'est évidemment pas le cas des maîtres de morale qu'on n'a pas voulu favoriser dans cette nouvelle procédure. Il est certain pourtant que la majorité des enfants qui décideront de choisir les deux heures de citoyenneté (les parents peuvent refuser que leur enfant suive l'heure de morale ou de religion) seront ceux qui suivent déjà le cours de morale. Le gouvernement prévoit un régime transitoire qui permettrait aux enseignants d'obtenir un des titres requis. Le régime aurait aussi pour effet de permettre à tous d'enseigner et donc de dispenser la citoyenneté pendant cette période transitoire. Un enfant qui décide de suivre deux heures de citoyenneté plutôt qu'une heure de morale et de citoyenneté (anciennement deux heures de morale) pourrait très bien se retrouver avec un ancien professeur de religion désigné, dans ce nouveau cours..... Il aurait aussi pour effet d'encourager les formations au rabais : on ne va pas imposer des études exigeantes et à recaler tous ceux qui ne satisfont pas aux attentes. On va délivrer des certificats de fréquentation de cours qui seront tenus pour suffisants...
Si l'on ne veut pas brader le cours de citoyenneté, il faudrait s'assurer que le recrutement de ses titulaires repose sur des connaissances acquises et des critères d'aptitude professionnelle plutôt que sur des statuts ou des titres formels.
Ne pouvait-on pas imaginer une période transitoire qui s'étende sur une période qui donne aux écoles normales et aux universités le temps de former un personnel compétent ?
Carte Blanche 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
APPRENTIS SORCIERS 

« Considérer que les professeurs de religion ou de morale qui perdront des heures seront prioritaires pour donner ce cours afin de compenser leurs heures perdues, c'est faire passer l'intérêt des enseignants avant celui des élèves »
Admirable de clarté et de rigueur, cette carte blanche montre qu’une ministre de signature catholique (CDH) entend faire d’une pierre deux coups aux dépens  de l’enseignement public, officiel si on préfère : premièrement faire donner le cours de citoyenneté par des profs de religions reconvertis (si j’ose dire) en profs de citoyenneté. Deux : torpiller de la sorte la crédibilité du réseau officiel sans nuire au libre catho où le cours de citoyenneté est réparti sur diverses matières selon une formule alchimique mystérieuse.
La faute à qui ? A Elio Di Rupo qui a voulu s’assurer la fidélité absolue du CDH en lui accordant l’enseignement et la culture, autrement dit le plus gros ministère wallon (fédération wallobrux).
C’est aussi brillant que l’organisation d’un referendum sur le Brexit par David Cameron. C’est que nos élites politiques se muent volontiers en apprentis sorciers. Louis Michel ne s’est-il pas associé à Bart De Wever ?
MG


lundi 27 juin 2016

Ils sont 27.000 en Belgique: la carte des expatriés britanniques en Europe


La Libre Belgique
Louis Colart

Plusieurs expatriés envisagent de se faire naturaliser belge après le référendum sur le Brexit. 


• © AFP
Près de 5 millions de Britanniques vont perdre la citoyenneté européenne, lorsque le pays sera bel et bien sorti de l’Union. C’est l’une des conséquences du Brexit. Et elle inquiète certains ressortissants du royaume de sa majesté, si l’on en croit les informations faisant état de nombreuses demandes de naturalisation dès ce vendredi 24 juin.
En effet, selon les informations collectées par Le Soir,  dans plusieurs communes bruxelloises. «  Quant aux demandes de renseignements, elles se comptent par dizaines : les services de la population n’ont fait que cela, ce matin  », nous précisait Florence Reuter (MR), bourgmestre de Waterloo, une commune qui recense environ 450 Britanniques.
Les Britanniques sont nombreux en Belgique. Plus de 27.000 expatriés, selon les chiffres de l’ONU, datant de 2013. The Telegraph a compilé, pays par pays, où sont réparties ces 5 millions de personnes dans le monde. Beaucoup résident en Europe, notamment en Espagne (4e destination préférée dans le monde).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A NOUS LES PETITES ANGLAISES ET LES PETITS ANGLAIS 

Voilà qui montre à quel point l’identité nationale est une pure vue de l’esprit pour qui a découvert (grâce notamment à Erasmus) d’autres horizons que celui de « mère patrie » pour se découvrir européen ou mieux citoyen de « terre patrie » (Morin) autrement dit, citoyen du monde.  Et voici que pour les plus doués de nos jeunes, la « crème de la crème » comme disent les Anglais le cosmopolitisme apparaît comme une évidence. Cela est lié, on le sait désormais, au degré de formation (« education » en anglais)  des sujets de sa majesté et de toutes les souverainetés nationales.
Ce sont les incultes, les vieux grincheux, les aigris, les frustrés psychologiques et sociaux qui ont opté pour le Brexit. Ils sont des  dizaines de millions en Europe, plus peut-être. Ils se préparent à faire à nouveau le lit de l’extrême droite en Hongrie, en Pologne, en France et même en Allemagne désormais. Ce sont tous ceux-là et toutes celles-là que Bruxelles a snobés, ignorés, méprisés qui aujourd’hui se vengent en optant pour l’exit et on peut les comprendre. Sans un sursaut européen majeur, à défaut d’une pédagogie musclée et téméraire c'en sera fini pour de bon du rêve européen. On peut rêver et imaginer que les « nés coiffés »de l’Europe convainquent les frustrés de l’Europe des bénéfices et des potentiels de celle-ci. Seul un enseignement et des medias , des réseaux sociaux  résolument européens peuvent réussir cela, un Erasmus virtuel pour le secondaire. Mais cela prendra du temps et exige un immense investissement. Il n’y a pas d’autre voie.
MG


LONDRES ACTIVERA-T-IL EFFECTIVEMENT LE BREXIT?

« Les choses ne se passent pas tout à fait comme cela avait été annoncé », explique un diplomate européen interrogé par Le Soir. 


• © AFP
La question peut paraître étonnante, mais dans certains milieux dirigeants européens, on se la pose déjà : est-ce que le Royaume-Uni respectera la volonté démocratique exprimée lors du référendum, et actionnera le Brexit, c’est-à-dire la sortie de l’Union européenne ?
« Les choses ne se passent pas tout à fait comme cela avait été annoncé », explique un diplomate européen généralement bien informé des tendances des réflexions en haut lieu. Contrairement à ce qu’il avait promis, David Cameron a décidé qu’il ne notifierait pas la décision du peuple britannique aux autorités européennes, ce qui ouvrirait sur le champ la négociation du divorce. Quant au camp du Brexit, il semble n’avoir aucun plan, et n’a pas donné une seule indication qu’il compte notifier la décision. » On n’a pas manqué de remarquer aussi à Bruxelles le vent de révolte qui s’est levé contre le résultat du référendum parmi les jeunes, à Londres et en Ecosse, ou dans les milieux économiques. De quoi expliquer que le camp victorieux hésite en fin de compte à rendre effective la décision qui n’est, formellement, que consultative.« Les 27 préféreraient que le Royaume-Uni reste dans l’UE. Mais le cas échéant, c’est aux autorités britanniques à clarifier la situation », ajoute encore le diplomate.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BREXIT OR NOT BREXIT 

On peut se tirer une balle dans le pied, shooter dans son propre goal mais David Cameron a fait beaucoup plus fort que cela.  Il a, dans le dessein de sauvegarder l’unité dans son parti divisé,  provoqué le démantèlement du Royaume désormais désuni et peut-être enclenché la chute des dominos européens. Faire marche arrière en ignorant la décision du peuple souverain ?  Il faut remonter très loin dans l’histoire pour y trouver un acte aussi involontairement suicidaire.
Reste à savoir s’il y a, en Europe, des hommes et des femmes d’Etat 
capables de susciter le grand sursaut européen ? Hollande ? Après tout il n’a plus rien à  perdre et on le sait européen dans l’âme et grand admirateur de Jacques Delors. Charles Michel ? Il aurait tout à y gagner mais il n’a pas la stature de son père, Européen de coeur. Qui d’autre Merkel ?  Angela n’a pas ni l’engagement européen ni le charisme d’un Helmut Schmidt. Mais elle a le sens de l’histoire et est merveilleusement imprévisible.
MG

dimanche 26 juin 2016

Feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne

William Bourton 
Le Soir
 

Quarante-huit heures après le vote des Britanniques, 32 personnalités européennes dont Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit se coalisent pour tenter de relancer les moteurs. 


• Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, est un des signataires de cette carte blanche. © Belga/Adrian Hancu 

Quel que soit le verdict, l’Europe va devoir se redéfinir » , déclarait Daniel Cohn-Bendit au Soir jeudi dernier, alors que les bureaux de vote sur le Brexit ouvraient leurs portes en Grande-Bretagne.
L’ex-eurodéputé vert persiste et signe, au sens propre : il est l’un 32 signataires d’une « Feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne », un manifeste au bas duquel on découvre plusieurs grandes figures politiques européennes, comme Felipe Gonzales, Joschka Fischer, Michel Barnier ou Guy Verhofstadt, mais également par des représentants de la société civile et de la culture, qui ne peuvent se résoudre à voir l’idée européenne pourrir sur pied.
Avancer. En se transformant. C’est le leitmotiv de la Charte, applicable dès l’automne prochain, selon les signataires. Concrètement, via quelques-uns des plus grands journaux européens, dont Le Soir pour la Belgique, ils lancent un appel à un grand débat public et citoyen à travers l’Europe, en ciblant six chantiers prioritaires, dans les domaines du renforcement de la démocratie européenne, de la sécurité, de l’intégration, de la politique économique, de la politique sociale et de l’enseignement. Six initiatives, six urgences.
« Voilà dix ans que les opposants au projet européen saturent l’espace public, concluent les europhiles coalisés. Rompons ce cycle absurde. Donnons à l’Union les compétences pour améliorer durablement nos vies. »

FEUILLE DE ROUTE POUR UNE NOUVELLE RENAISSANCE EUROPÉENNE
Un collectif de signataires*

Quarante-huit heures après le vote des Britanniques, 32 personnalités européennes dont Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit se coalisent pour tenter de relancer les moteurs. Nous respectons le vote des citoyens britanniques. Mais il est crucial de ne pas laisser le Brexit détourner notre énergie. Tout au contraire, il peut et doit servir à la raviver. Les Européens doivent se réinventer, et relever des défis collectifs considérables.
• Guy Verhofst

• regrettons.
Le moment est venu de relancer l’appel publié simultanément le 9 mai dernier dans une dizaine de pays européens à l’initiative de personnalités très diverses de la société civile, de la culture et de la politique. Ce texte propose « une feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne », applicable dès l’automne prochain et axée autour de six initiatives concrètes :
1. Un renforcement de la démocratie et de la culture civique européenne ;
2. Une nouvelle étape en matière de sécurité, de défense et de protection civile des citoyens européens ;
3. Une stratégie pour accueillir, intégrer et, le cas échéant, préparer les conditions de retour à plus long terme des réfugiés dans leur pays ;
4. Une nouvelle politique industrielle européenne, fondée sur une croissance décarbonée, capable de moderniser notre économie et de créer massivement des emplois de proximité ;
5. L’achèvement de la zone euro, pour qu’elle fonctionne efficacement, et non comme une machine à accroître les inégalités ;
6. La création d’un Erasmus pour les élèves du secondaire, qui rassemblera tous les jeunes d’une même génération.
Notre ambition est de contribuer à une réappropriation rapide du projet européen par nos concitoyens, dans l’intérêt général de tous. Nous dessinons ainsi notre futur commun. La feuille de route est ambitieuse, concrète, réaliste, centrée sur les besoins et les préoccupations des citoyens. Sans sa mise en œuvre rapide, le décrochage entre les institutions européennes et les Européens va s’accélérer, premier pas vers une possible implosion de l’Union. Une régression sans précédent menace nos démocraties.
Dans un monde traversé par des défis géopolitiques, sécuritaires, migratoires, climatiques ou économiques transnationaux, une Europe unie et puissante est plus nécessaire que jamais. Respectueuse des diversités nationales, garante des droits fondamentaux, capable d’intégrer les immigrants, de créer des emplois, de réduire les inégalités et d’influencer le cours du monde, l’Union européenne doit devenir une grande puissance démocratique, culturelle, écologique et économique, dans un monde multipolaire où les Européens ne représenteront bientôt plus que 5 % de la population totale. C’est la condition pour que nos concitoyens reprennent confiance en l’avenir.
Voilà dix ans que les opposants au projet européen saturent l’espace public. Ils critiquent pêle-mêle l’inaction de l’Europe en matière de sécurité, de politique étrangère ou de défense, alors que c’est eux-mêmes qui lui ont refusé les moyens d’agir. Rompons ce cycle absurde ! Donnons à l’Union les compétences pour améliorer durablement nos vies.
Six initiatives, six urgences. Au-delà, nous voulons aussi des institutions européennes plus efficaces. Que le Parlement européen prenne, au bon moment, l’initiative d’une convention ouverte et transparente, et engage le débat avec la société civile. Il faut adapter les traités aux enjeux de notre temps. Nous aboutirons ainsi à un nouveau traité, qui permettra aux pays qui le souhaitent d’avancer ensemble.
Pour que notre ambition se concrétise, nous avons besoin que vous, citoyens de nos pays de l’Union, vous vous empariez de notre initiative : débattez, contredisez ou complétez nos propositions. L’Union européenne doit redevenir l’affaire de tous, et non l’affaire de ceux qui veulent la détruire. Seul un tel mouvement citoyen donnera à nos gouvernants le courage d’agir. Nous invitons tous ceux qui partagent cette conviction à nous rejoindre. Commençons ensemble un grand dialogue européen sur ce que nous attendons de l’Union européenne, pour qu’elle puisse profiter à nous tous, maintenant !
Rejoignez-nous et signez la feuille de route sur www.m9m.eu
(*)Les co-auteurs de la Feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne sont :
Guillaume Klossa (FR), auteur, initiateur de la feuille de route, fondateur d’Europa Nova, ancien sherpa du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe (Conseil européen) ;
László Andor (HU), économiste, ancien commissaire européen ;
Lionel Baier (CH), réalisateur ;
Michel Barnier (FR), ancien ministre des Affaires étrangères, ancien vice-président de la Commission européenne, Parti Populaire européen ;
Mercedes Bresso (IT), parlementaire européenne, ancienne présidente du Comité des Régions ;
Elmar Brok (DE), président de la Commission des Affaires étrangères, Parti Populaire européen Parlement européen ;
Daniel Cohn-Bendit (FR-DE), ancien président du groupe « Les Verts », Parlement européen ;
Philippe de Buck (BE), ancien directeur général de BusinessEurope, membre du Comité économique et social européen ;
Georgios Dassis (GR), syndicaliste, président du Comité économique et social européen ;
Paul Dujardin (BE), directeur général du Palais des Beaux-arts (BOZAR) de Bruxelles ;
Joschka Fischer (DE), ancien Ministre des affaires étrangères et vice-chancelier d’Allemagne ;
Cynthia Fleury (FR), philosophe ;
Felipe Gonzalez (ES), ancien premier ministre, ancien président du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe (Conseil européen) ;
Danuta Huebner (PL), ancienne commissaire européenne, présidente de la commission des affaires constitutionnelles, Parti Populaire Européen, Parlement Européen ;
Catiuscia Marini (IT), Présidente du groupe socialiste au Comité des Régions, Présidente de la région d’Ombrie ;
Robert Menasse (AT), écrivain ;
Christophe Leclerq (FR), entrepreneur dans le monde des médias et fondateur d’EurActiv ;
Jo Leinen (DE), président du Mouvement européen, député, Parlement européen ;
Sofi Oksanen (FI), écrivaine ;
Maria João Rodrigues (PT), membre d’équipes de présidence européenne, ancienne ministre, vice-présidente du groupe « Socialistes et démocrates », Parlement européen ;
Roberto Saviano (IT), écrivain ;
Nicolas Schmit (LU), Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration du Luxembourg ;
Gesine Schwan (DE), présidente de la plateforme de gouvernance Humboldt- Viadrina ;
Philippe van Parijs (BE), philosophe, professeur à l’université d’Oxford, l’Université Catholique de Louvain (UCL) et la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) et ancien professeur invité à l’Université de Harvard ;
Kirsten van den Hul (NL), écrivaine et éditorialiste ;
David van Reybrouck (BE), écrivain, fondateur du collectif Brussels Poetry et du sommet G1000 (plateforme pour l’innovation démocratique) ;
Petre Roman (RO), ancien Premier ministre de la Roumanie, ancien Président du Sénat ;
Claudia Țapardel (RO), parlementaire européenne, membre de la Commission des affaires constitutionnelles ;
Guy Verhofstadt (BE), ancien premier ministre, président du groupe « ADLE », Parlement européen ;
Guillaume Vicaire (FR), directeur général du groupe d’édition Editis ;
Cédric Villani (FR), mathématicien, Médaille Fields ;
Sasha Waltz (DE), chorégraphe, danseuse et fondatrice de la compagnie de danse Sasha Waltz and Guests. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L’EUROPE EST « CHAOS » : SIX CHANTIERS POUR LA RELANCER, VITE. 

Le duo vert et bleu Cohn Bendit-Verhofstadt sort du bois avec une proposition flamboyante. Hormis l’inoxydable Felipe Gonzalez, ça manque terriblement de rouge et c’est sans doute le point faible de cette opération médiatique téméraire mais nécessaire.
Nous retiendrons deux points :
« Notre ambition est de contribuer à une réappropriation rapide du projet européen par nos concitoyens, dans l’intérêt général de tous. »
Et surtout : « La création d’un Erasmus pour les élèves du secondaire, qui rassemblera tous les jeunes d’une même génération. » C’est une idée brillante, puissante et d’un grand réalisme.
C’est aux jeunes qu’appartient la décision et la volonté de relancer le rêve européen. Il convient donc de créer de toute urgence une génération de jeunes citoyens européens critiques et déterminés qui se parlent, se rencontrent pour former d’abord une vraie opinion publique européenne fondée sur une identité européenne collective. Il faut travailler les mentalités pour fonder de la sorte un véritable jeune peuple européen de l’Atlantique à l’Oural.
La Commission et les technocrates de Bruxelles ont dénaturé et tué le projet européen. Seul un élan des jeunes pour donner chair au vieux rêve européen jamais réalisé jusqu’ici malgré de nombreuses et vaines tentatives historiques de fédérer l’Europe par l’épée. Un nouveau départ est possible, maintenant.   
MG


APRÈS LE BREXIT, UNE JEUNESSE AMÈRE ET FURIEUSE ENVERS LES PLUS ÂGÉS
LA LIBRE BELGIQUE 
 
Les "vieux" ont pris la décision qui engage leur avenir: les jeunes Britanniques, très majoritairement favorables au maintien dans l'UE, sont particulièrement frustrés par les résultats du référendum et furieux envers leurs aînés.
"Je suis en colère. Ceux qui ont voté Brexit ne vont pas avoir à se battre pour leur avenir", dit Mary Treinen, 23 ans, consultante en technologie qui vit à Shoreditch, dans l'est de Londres. Dans ce quartier hipster, ce samedi matin, les passants qui déambulent devant les boutiques dépassent rarement la quarantaine. Dans les cafés, les magasins, les ateliers d'artistes, tous redoutent les conséquences d'un Brexit.
"Ce vote, c'est de l'étroitesse d'esprit", souligne Bianca Kostic-London, 30 ans, une Australienne qui vit à Londres depuis neuf mois et se dit très déçue.
#NotInMyName (Pas en mon nom) est devenu tendance sur Twitter.
Une analyse de l'électorat par le milliardaire conservateur Michael Ashcroft montre que 73% des 18-24 ans et 62% des 25-34 ans ont voté pour rester dans l'UE, alors que 60% des plus de 65 ans ont voté pour le divorce avec Bruxelles.
Quelques heures après le résultat, une petite manifestation spontanée s'était formée devant les bureaux du Premier ministre conservateur David Cameron, au 10 Downing Street.
Richie Xavier, un barman de 21 ans, trouve "pas juste que les vieux parlent pour nous. Sans vouloir froisser personne, nous allons vivre plus longtemps qu'eux. Je me sens dépossédé de mon avenir."
Lors d'un meeting du parti d'opposition travailliste dans le centre de Londres samedi, bon nombre de participants déploraient la fracture générationnelle ouverte par le vote entre ceux qui sont nés dans l'Union européenne et les autres.
"Les jeunes qui ont voté massivement pour rester ne doivent pas être dépossédés", a lancé au public Jeremy Corbyn, chef du Labour.
Terence Smith, plus jeune maire du pays âgé de 19 ans, a voté "Remain". "J'essaie encore de réaliser à quoi nous allons devoir faire face", explique l'édile de Goole, ville du Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre. "Il y a un profond fossé entre les générations que nous allons devoir combler", estime-t-il.
Les réseaux sociaux débordent de l'amertume et la colère de jeunes Britanniques: "Ce vote ne représente pas la jeune génération qui devra vivre avec les conséquences", écrit Luke Tansley.
Eleanor, sous le pseudonyme @PrettiestStar_, lance: "Je refuse de ravaler la colère, la peur et la tristesse que provoque cette décision qui changera mon futur pour un autre que je n'ai jamais voulu."
"Le sort de notre pays a été décidé par des nostalgiques d'un passé qui n'a jamais existé et ils ont créé un avenir déprimant", estime Rebecca sur @ReallyRew.
Matthew van der Merwe a, lui, écrit au quotidien des affaires Financial Times pour raconter comment ses arrière grands-parents ont fui la vague de nationalisme empoisonné des années 1930 en Europe pour l'Afrique du Sud, que ses parents ont ensuite quitté en raison de l'apartheid.
"J'ai été la première génération à naître dans un pays libéral, ouvert, démocratique et dans un monde devenu de plus en plus coopératif", écrit l'étudiant de Cambridge. "Jeudi, nous avons fait machine arrière, on ne sait pas encore à quel point. L'optimisme que je partageais avec ma génération est bien entamé", dit-il.
Une lecteur anonyme évoque, lui, le fardeau financier que représentent le sauvetage des banques et des fonds de pension des personnes âgées. "Qu'obtenons nous en retour? Nous perdons le droit de circuler librement, d'étudier, de travailler, de vivre et d'être traités en égaux dans n'importe quel pays européen". "Il conclut: "Dès que j'aurai fini mes études, je quitterai ce pays". 


THE BIG WORRY IN BERLIN IS NOW FRANCE AND ITS EUROSCEPTIC VOTERS
Hans Kundnani 

While Germany values the UK as a trading partner, too many concessions will encourage other nations to leave the EU
Over the past few months, Europeans have gradually wrapped their heads around the idea that the United Kingdom might actually vote to leave the European Union. Contingency plans were developed to prevent “contagion” and stop the EU unravelling. Yet when Europeans woke up on Friday morning to discover the Brits had actually done it, they, like many of us in the UK itself, were shocked.
In particular, the British decision sent shockwaves through Germany, which finds itself increasingly at the centre of the EU and, as the chancellor, Angela Merkel said on Friday morning, feels a special responsibility for it. The crisis comes after three others during the last six years, all of which are far from resolved. But Germans see Britain’s decision to leave the EU as an even greater existential threat than the refugee crisis, which had in turn affected them more directly than the euro crisis or the Ukraine crisis.
Merkel graphically described the British vote as an “incision” in the European project. Social Democrat leader Sigmar Gabriel tweeted simply: “Damn. A bad day for Europe.” The cover of the new issue of Spiegel, The cover of the new issue of Der Spiegel published on Friday, went even further. It showed the Queen walking over the European flag and declared: “Europe is dead. Long live Europe?”
Germans are astonished and baffled that the British, whom they had always thought of as pragmatic, would put what they see as an imaginary form of sovereignty above clear and hard economic interest. But now it has happened – and they find themselves between a rock and a hard place. Not least because of the importance of the UK as a trading partner, the instinct of many Germans is to do all they can to keep the UK in the single market.
While other European leaders, including European commission president,  Jean-Claude Juncker r, called for the UK to invoke article 50 of the Lisbon treaty as soon as possible so it could leave quickly, Merkel cautioned against reaching any “simple and quick conclusions” that could divide Europe further.
THE REALITY IS THAT THERE IS LITTLE APPETITE FOR FURTHER INTEGRATION EVEN IN 'CORE' EUROPE
At the same time, Germans fear emboldening Eurosceptic forces in other EU member states. The big worry in Berlin is France. A much-quoted recent poll showed the French population was even more Eurosceptic than the British. Front National leader Marine Le Pen is expected to go through to the second round of the presidential election next year and has called for a referendum on French membership of the EU.
For that reason, Germans want to avoid making too many concessions to the UK that would give incentives for other states to follow suit. The finance minister, Wolfgang Schäuble, said earlier this month “in is in, out is out”, and ruled out the so-called Norwegian model., which would allow the UK access to the single market. A leaked finance ministry paper instead proposed a looser “association agreement”.
But that approach has been criticised by some who argue that it is not in either the German or the European interest to “shut the door” in the UK’s face, as one columnist in the (itself somewhat Eurosceptic) Frankfurter Allgemeine Zeitung, Germany’s newspaper of record, put it. She called for “a fraction of the enormous flexibility that Brussels showed when, at the highest financial risk, it tried to keep Greece in the euro”.
The instinct of many pro-Europeans, in Germany and elsewhere, is also to push forward with further steps in integration among the core around the eurozone to demonstrate the resilience of the EU.
In the weeks leading up to the referendum, there was much speculation about whether the French and German governments might immediately announce a new initiative after  the UK had voted to leave, perhaps on European defence.
The reality, however, is that there is little appetite for further integration even in “core” Europe. It was striking that even Schäuble, a federalist who saw “Grexit” as an opportunity because it would be so “traumatic” that it would force further integration, said earlier this month that the EU couldn’t simply react to a British vote to leave the EU with a call for more integration. “Many would rightfully wonder whether we politicians still hadn’t understood,” he told Spiegel.
Thus Europe cannot go forward. Meanwhile, to go backwards goes against the idea of European integration and would be seen as precisely the wrong message to send right after the first major step in European fragmentation. And the status quo is unsustainable. Thus, Europe is, as the German political scientist Claus Offe has written, entrapped.
The fear, though, is that the British decision to quit the EU has set in motion a dynamic of disintegration that cannot be stopped. So-called functionalist theorists of European integration believed that it would be a kind of self-perpetuating process, whereby steps in one area would lead inexorably to steps in other areas – what they called “spillovers”.
Now the same thing might happen in reverse: “spillback”.
Hans Kundnani is the author of The Paradox of German Power

vendredi 24 juin 2016

BYE BYE BRITAIN




La merveilleuse Jo Cox est morte pour rien. Albion se retire d’Europe. Point, à la ligne.  Pas si simple!
DiverCity n’est ni surpris ni surtout étonné mais absolument ravi. Le peuple d’Angleterre s’est exprimé et a dit non clairement à L’Europe. Bye Bye Britain. Tout le reste participe de l’imprévisible : jusqu’où la chute de la livre ? Vers une dissolution des chambres et de nouvelles élections ?  Mort politique de Cameron ? Implosion da parti conservateur écartelé entre une minorité Brexit et une majorité pro européenne.  Quid de l’Ecosse? Qui d’autre demandera l’exit? L’Europe va-t-elle se ressaisir ou au contraire imploser ? Où sont les hommes/femmes  d’Etat pour redresser le manche à balais  Quid de l’avenir de la City première place financière européenne (mondiale  selon certains)
What happens next?
“After rejecting the union, Brexiters must Britain choose between an exit from the single market and a half-in, half-out purgatory”?
Will the long-term consequences of a leave vote be seismic?
Will anything  change immediately?
A definite end of a 43-year love-hate relationship with the European Union ? A turning point in British history to rank alongside the two world wars of the 20th century? Is there a possible turning back?
So what happens next? Can the  prime minister leave until he can advise the Queen on the identity of his successor?  Will Cameron  trigger article 50, the part of the Lisbon treaty that sets in train a two-year process whereby a member state can notify the EU council of its decision to leave? Constitutionally, the triggering of article 50 is a decision for him alone, not parliament, since it is a matter of the royal prerogative.
Will the Brexit referendum actually start a two-year negotiation with the EU that must end with the UK’s ejection?
Should Brexit be viewed as a process or  a single moment of departure, a sort of Norway Arrangement?  Faced by centrifugal forces, will the EU wish to act decisively, something it rarely does?
The commission president, Jean-Claude Juncker, said before the vote: “Cameron got the maximum he could receive and we gave the maximum we could give. So there will be no renegotiation, not on the agreement we found in February, nor as far as any kind of treaty negotiations are concerned.” Is that that so sure?
How will the EU prevent calls for parallel referenda proliferate in the Netherlands, France, Poland or Hungary?
Will the whole EU project we slip from paralysis to disintegration?
Will Cameron restore relations with his  two old conservative friends that have laid him so low – Gove and Boris Johnson? Do those two travel without maps?
Autrement dit: est ce début de la fin de l’Europe ou la fin d’un début de 60 ans marqués par les atermoiements systématiques et obtus de Brittania ?
Rien ne serait plus réjouissant qu’un nouveau départ.
MG (inspiré largement par The Guardian)




EIGHT QUESTIONS CAMERON MUST ANSWER WHEN HE SPEAKS TO NATION
PM due to make statement after UK rejected his arguments to remain in the EU. Here are the key questions he has to address
1. What will be done to calm the markets? With the pound in freefall, will the Bank of England intervene? There has even been talk of closing the stock market to stop panic selling of shares. Cameron will have to say something to steady nerves.
2. Will he remain as prime minister? No one expects him to leave Number 10 this morning, but does he really think he will be able to oversee the EU withdrawal process over the next few year? Perhaps he does. More likely, he will recognise that is unrealistic. In that case it is possible he may announce his intention to stand down later this year, possibly before the Tory conference.
3. Will he invoke article 50 of the Lisbon treaty immediately? This is the process that starts the two-year countdown to Brexit. Before the referendum Cameron said he would trigger article 50 straight away, but there is no reason why he should and every reason to delay. It makes no sense to start the two-year clock running until the UK knows what it wants. He would be wise to clarify his intentions.
4. Will parliament be recalled? There is a strong case for saying it should sit on Saturday, to allow the government to assure MPs that it has a plan before the markets open again on Monday.
5. Who will be in charge of the withdrawal negotiations? This begs the huge question as to what mandate will apply to those doing the negotiating. Will Cameron seek cross-party agreement? Will he take the Vote Leave programme as a manifesto he is bound to honour? For example, will the UK definitely withdraw from the single market?
6. Will there be an emergency budget? George Osborne said an emergency budget would be necessary this summer. Does that still apply, or will Cameron write that off as campaign scaremongering?
7. Will there be an election? There is a case for saying a new prime minister may need a mandate for the withdrawal negotiations – although there are probably very few people in Westminster with the appetite for another election now.
8. Does Cameron accept that the Scots have the right to have a second independence referendum? During the campaign he said the 2014 referendum was supposed to last for a generation, but there were some moments during the campaign when he accepted that the Scots would have a case for demanding a second referendum if they voted to stay in the EU while the UK as a whole voted out. And that is what has happened.

mercredi 22 juin 2016

Un nouveau plan de lutte contre le radicalisme

JULIEN THOMAS  La Libre Belgique



La Région bruxelloise va débloquer prochainement trois millions d’euros afin d’encourager davantage les politiques de vivre et de faire ensemble. La manière dont cet argent sera attribué et dépensé doit néanmoins encore faire l’objet de discussions. C’est ce que le ministre-président Rudi Vervoort (PS) a indiqué, la semaine passée, au député bruxellois Ahmed El Khannouss (CDH).
Le parlementaire humaniste interrogeait le chef de l’exécutif régional sur ses intentions en termes de la lutte contre la radicalisation, après que le réalisateur Ismaël Saïdi ait abandonné en janvier dernier son projet de capsules vidéo sur l’islam. "Il a été convenu qu’un plan pour le vivre et le faire ensemble serait établi dans le cadre du Plan régional de développement durable (PRDD). Nous espérons trouver une solution pour juillet, avant les vacances parlementaires, en concertation avec les présidents des collèges communautaires", lui a répondu Rudi Vervoort.
ACCOMPAGNER LES PARENTS
En plus de ces trois millions d’euros, la Région subsidie également une série d’associations effectuant un travail de fond en faveur du vivre ensemble, a ajouté le ministre-Président. Enfin, d’autres initiatives sont en cours de concrétisation, à l’instar de l’ACS dont va prochainement bénéficier l’Exécutif des musulmans de Belgique. "Il sera chargé de l’épauler dans la prévention de la polarisation. Un soutien structurel de l’exécutif est par ailleurs en cours d’examen. J’ai décidé de mieux soutenir cet organisme", a fait savoir le ministre-Président.
Parmi les associations déjà aidées par la Région bruxelloise se trouvent l’ASBL Dakira (65 000 € par an), chargée notamment de mettre en place des journées de sensibilisation pour jeunes et des rencontres-débats sur le vivre ensemble, ou encore l’ASBL Videp (53 000 €), qui doit réaliser deux films autour du thème de la radicalisation. Quant à l’ASBL Save Belgium, créée par Saliha Ben Ali, la mère d’un jeune Bruxellois parti et mort en 2013 en Syrie, elle a reçu 15 000 € pour la Mothers School, un projet visant à accompagner les mères.
La prévention de la polarisation se concrétise donc par diverses initiatives complémentaires et il sera veillé à ce que les outils créés avec l’aide de la Région soient utilisés de manière décloisonnée, a conclu Rudi Vervoort. Reste que si le ministre-Président avait affirmé en janvier vouloir poursuivre le projet de capsules vidéo sur l’islam, rien n’indique aujourd’hui que ces petits clips verront finalement le jour.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AMATEURISME

Les asbl bénéficiaires de la manne de subsides de la Région semblent bien peu crédibles face à la tâche herculéenne qui les attend. Les pistes de déradicalisation qu’elles proposent nous laissent vraiment rêveur. La solution pourtant  est tellement simple : qui a été radicalisé par des sourates du Coran ne saurait être déradicalisé que par un discours inspiré par ce même Coran. C’est-à-dire par une parole coranique critique de déconstruction-reconstruction. Seuls des hommes et des femmes qui soient eux-mêmes des Corans vivants incarnant une conception éthique et critique du texte fondateur en sont capables. Ces gens existent, j’en ai rencontré. Ils passent généralement aux yeux du politique pour « peu représentatifs » de leurs communautés. Mais ce sont ceux-là qui possèdent la clef du problème et partant une partie de la solution : une « guidance » pour ramener des gamins « égarés » sur le « chemin de Rectitude.
Il s’agit rien moins que de convertir des « mal agissants » à l’éthique coranique du Bel Agir. Quel magnifique défi. Mohammed El Bachiri, veuf de Lubna victime de l’attentat de la station Maelbeek, ne dit pas autre chose dans son magnifique discours de rupture de jeûne prononcé dans l’église Saint Jean Baptiste de Molenbeek.
MG

Alerte terroriste à City 2: "Un jour, ça va finir par exploser"

La Libre
ANÉMONE HUBAUT, ARNAUD FARR ET PA. D.


Ambiance tendue, ce mardi matin, dans la rue Neuve où est implanté le centre commercial City 2, suite à la fausse alerte à la bombe survenue à l’aube. "Je comprends qu’il faut prendre des dispositions en cas d’alerte, mais là, ça commence à faire beaucoup. Ma fille et ma femme, ne veulent plus venir au centre-ville, ça me fait de la peine", explique Raymond Vaxelaire, ancien directeur de l’Inno.
Eric, gérant d’un magasin en face du City 2, n’a pas pu accéder à son magasin à cause du périmètre de sécurité mis en place. "Un collègue m’avait averti de la situation. Quand je suis arrivé, j’ai vu une trentaine de voitures de police. Je me suis demandé ce qu’il se passait !", s’exclame-t-il.
Les commerçants installés au City 2 sont, eux, à bout de nerfs : "J’en ai marre de tout ça, explique Yann, gérant d’un commerce. Ca fait encore une journée de perdue, voire plus puisque les clients ne reviendront pas cette semaine. C’est frustrant !"
Après le lockdown consécutif aux attentats de Paris, l’impact du piétonnier sur les commerces du centre-ville, et les attentats de Bruxelles, les commerçants s’attendent à une nouvelle période de disette économique. "On sait très bien que City 2 est une cible potentielle des terroristes, et l’événement survenu ce matin ne va certainement pas contribuer à faire revenir les clients", expliquent Jennifer et Fatima, qui tiennent un commerce de vêtements dans le centre commercial.
Les deux jeunes femmes remettent en question la communication qui a été faite durant cette matinée éprouvante. "Nous avons pu accéder à notre commerce vers 10h15 mais nous n’avons reçu aucune information préalable, explique Fatima. Je suis choquée que City 2 ait rouvert si rapidement, ça donne un sentiment d’insécurité. Un jour, ça va finir par exploser et je ne serai pas étonnée ! Il s’agit quand même du plus grand centre commercial de Bruxelles."
Un avis qui diverge de celui de Grégory, qui tient son commerce de produits électroniques au premier étage du centre commercial. "Une fermeture prolongée aurait été néfaste pour mon chiffre d’affaires, déjà au plus mal depuis quelques mois. Mais on s’attend clairement à vivre un mois pénible en raison des menaces qui pèsent sur le centre. Je ne serai pas surpris non plus si un drame se joue ici !", explique celui qui déplore le manque de communication dans la gestion de la situation de ce mardi : "J’étais devant City 2 vers 9h30 et je n’ai pas pu rentrer. Mais je n’ai reçu aucune information, je ne savais pas si j’allais ou non travailler aujourd’hui !"
De son côté, Véronique Pirson, responsable communication de City 2, a décrit une ambiance stressante ce mardi : "On sait depuis la semaine dernière qu’une menace pèse sur City 2. Le climat est donc tendu, mais on espère que cela n’aura pas trop d’impact sur la fréquentation du complexe, déjà en baisse depuis plusieurs mois".

LE COMITÉ ST-JACQUES RÉCLAME DES INDEMNITÉS POUR LES COMMERÇANTS
Le comité de quartier Saint-Jacques s’est fendu d’un courrier au Premier ministre Charles Michel (MR) suite à la décision, survenue lundi, de fermer un certain nombre d’accès aux stations de métro.
"Les fermetures du métro ou des accès au métro à répétition ont sérieusement découragé les visiteurs de toute provenance à se rendre dans notre ville et dans nos commerces, et les dommages occasionnés à l’économie bruxelloise par ces mesures ne sont plus à démontrer", indique le comité qui estime également que ces annonces ont un effet pervers : "Le public qui craint désormais pour sa vie lorsqu’il emprunte le métro, appréhende tout autant de se rendre dans le centre de Bruxelles pour les mêmes raisons."
Rappelant les événements inédits que les commerçants du centre-ville supportent depuis des mois (lockdown, tunnels, attentats..), le comité Saint-Jacques réclame un statut identique à celui des victimes de catastrophes naturelles. "Les commerçants en apnée n’ont plus aucune trésorerie pour faire face à leurs obligations. Nous attendons des plus hautes autorités qu’elles prennent en considération nos pertes et proposent des indemnités conséquentes, sans contreparties, à l’échelle du préjudice moral et financier que nous subissons !"

DEUX COLIS SUSPECTS DEPUIS LE 22 MARS
Les alertes à la bombe et colis suspects sont fréquents dans les grandes villes après des attentats. City 2 et une partie de la rue Neuve ont déjà dû être évacués par deux fois depuis les attentats de Bruxelles : le 3 avril et le 13 juin. Les cas de fausses alertes se sont multipliés depuis les attentats de Paris en novembre 2015. C’est notamment le cas à la zone Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) qui recense 23 cas de fausses alertes, et à la zone Bruxelles Ouest (Jette, Molenbeek, Ganshoren, Berchem, Jette), qui a enregistré 20 appels. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PROBABILITÉ D’UN ATTENTAT À CITY II PARAÎT PEU CRÉDIBLE. 

En effet une bombe ou une fusillade ferait un nombre maximum de victimes parmi une clientèle majoritairement musulmane ce qui serait de nature à créer une vive hostilité contreproductive au sein des communautés musulmanes à l’endroit des islamistes. En revanche, je crois à une tentative de déstabiliser le commerce à City II. Il faut se demander à qui profite le crime. La fausse alerte à la bombe (mise en scène par qui ?) et le méga appareil sécuritaire ont  presque autant d’impact psychologique et dissuasif qu’un attentat réel.
On cherche à nous déstabiliser psychologiquement et économiquement et ça marche, il suffit d’interroger celles et ceux qui travaillent dans ce quartier sensible : ils sont terrorisés.
Ce qui ne fait aucun doute, c’est que volens nolens on est en train d’asphyxier Bruxelles  et singulièrement la zone qui jouxte le piétonnier de plus en plus contesté.
MG


mardi 21 juin 2016

Ramadan: une grande rupture du jeûne dans une… église


Pour la première fois, près de 500 personnes ont rompu vendredi le jeûne du ramadan dans l’église Saint Jean-le-Baptiste.
Un demi-millier de personnes étaient attendues ce vendredi soir à Molenbeek pour une immense rupture du jeûne du ramadan pas tout à fait comme les autres. Organisé à l’initiative de l’échevine du dialogue Interculturel Sarah Turine (Ecolo), ce moment de partage et de convivialité a réuni des personnes de différentes confession dans l’église Saint Jean-le-Baptiste. Une situation inédite qui s’explique par les mauvaises conditions météorologiques qui ont poussé les autorités locales à renoncer à organiser l’événement sur la place Communale.
"Ce sont les mosquées et les associations qui s’occupent d’apporter certains aliments comme la soupe ou les dattes, mais chaque convive doit apporter un plat. Il y aura aussi plusieurs discours avant le repas de 22h. Le curé de l’église, moi-même, mais aussi le mari de Loubna Lafquiri (NdlR : la jeune enseignante décédée lors de l’attaque à Maelbeek) prendront ainsi la parole", explique Sarah Turine. "Il devrait y avoir ce soir près de 70 % de musulmans et de Molenbeekois, mais aussi des personnes de confession juive et chrétienne, et des simples citoyens", ajoute l’élue Ecolo.
Il s’agit d’une belle initiative de favoriser le vivre-ensemble et rapprocher les différentes communautés de la Molenbeek. Dans la même démarche, un repas style auberge espagnole avait également été organisé lors de la dernière Noël, tandis qu’une Pâque juive multiculturelle a été célébrée en avril dernier au Centre Communautaire maritime. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Molenbeek a donc en plus d’une «  maison des cultures » une échevine du dialogue Interculturel (Sarah Turine Ecolo). Sarah Turine (islamologue de formation et historienne de l’art) a réussi un exploit :  organiser une rupture de jeune dans une église en présence et avec la complicité du père Aurélien Saniko, lui-même d’origine africaine. Un courrier anonyme à l’attention de l’échevine est parvenu  à la maison communale de Molenbeek-Saint-Jean. «  Tu es la honte de l’Occident, un virus, une pourriture qu’il faut éradiquer. Nous allons t’éliminer comme on le fait avec la vermine, toi et toute ta tribu de métèques. Sois en sûr (sic), ne reste pas en paix, nous serons là, tout prêt, prêt à agir…  L’auteur de cette lettre mérite, comme l’assassin de Jo Cox, l’épithète « d’engeance de vipère » que jésus réservait au plus misérables des infâmes.

En accueillant la rupture du jeûne lors du ramadan,  le curé de Saint Jean-Baptiste a fait preuve d’ouverture aux autres cultures et d’accueil chrétien en action. « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” (Mathieu XXV)
Un superbe exemple de partage et de convivialité. Esprit de respect, de paix de joie et repas de franche fraternité. C’est le groupe du dialogue interculturel, constitué des responsables religieux des religions les plus pratiquées à Molenbeek et des responsables des associations molenbeekoises, qui a monté cette belle initiative.
L’intervention Mohamed el Bachir mari de Loubna, la belgo-marocaine qui a perdu la vie dans les attentats de Bruxelles en mars dernier a  bouleversé l’assemblée par une prise de parole hardie que je vous invite à écouter. Tous les présents  ont pris conscience que le monde se construit ensemble malgré et à travers nos différences.  Un symbole fort, une initiative qui fait parler d'elle sur les réseaux sociaux. Chapeau bas. Ce n’est qu’avec des initiatives volontaristes telles que celle-là qu’on réussira à promouvoir un vivre ensemble digne de ce nom.
MG 


DIYANET, LA NOUVELLE MARIONNETTE AU SERVICE D’ERDOGAN?

PAR UNE ENQUÊTE FINANCÉE PAR JOURNALISMFUND.EU ET COORDONNÉE PAR JOURNALISM++ AVEC LA PARTICIPATION DE MEHMET KOKSAL, NICOLAS KAYSER-BRIL, DARIA SUKHARCHUK, LAURA MOTET, ELIF AKGÜL ET ANNE-LISE BOUYER.
Enquête sur le réseau européen de mosquées turques au service de l’AKP, parti fondé par le président Erdogan.

En 2015, Erdogan était à Hasselt en compagnie de dirigeants de la Diyanet et de l'UETD. © René Breny/Le Soir.
Le dernier combat contre l’instrumentalisation politique des mosquées turques se mène-t-il à Rheda-Widenbrück (Allemagne) ? Kamil Aslan en est persuadé et il n’a pas hésité à porter plainte auprès de la justice allemande pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mainmise totale des partisans de l’AKP » (Parti de la Justice et du Développement, fondé par l’actuel président Erdogan au pouvoir en Turquie depuis 2002) sur sa mosquée de quartier affiliée au réseau européen de la « Diyanet » (appelé DITIB en Allemagne) laquelle est indirectement contrôlée par la Diyanet en Turquie, à savoir la Présidence des affaires religieuses rattachée au cabinet du Premier ministre turc.
Arrivé en Allemagne en 2002, Kamil Aslan est un électricien turc de 35 ans, sympathisant nationaliste et musulman pratiquant qui travaille en journée dans une usine de transformation de viande et fréquente les week-ends la mosquée Yeni Camii située dans sa localité.« Ce que j’ai vu dans nos mosquées allemandes durant les dernières campagnes électorales en Turquie m’a vraiment choqué. Les dirigeants de mosquées contrôlées par DITIB (Diyanet allemande)ont affrété des bus pour transporter les fidèles vers les bureaux de vote afin de les faire voter pour l’AKP. Lors des trajets, de nombreux fidèles rapportent par exemple que des appels à voter pour l’AKP ont été lancés par les dirigeants de mosquées. On a même vu des responsables régionaux du réseau faire le tour des mosquées pour militer avec des tracts en faveur de l’AKP », explique l’intéressé.
Des accusations fermement démenties par les responsables en question qui parlent d’un règlement de compte interne à la communauté turque et rappellent que l’individu a été interdit d’accès à la mosquée suite à son action en justice. L’affaire en justice toujours pendante conteste les changements statutaires des mosquées adoptées en 2012, dont une curieuse mission appelant à « organiser des activités politiques afin d’inciter les jeunes à adhérer à la culture de la démocratie » et concerne plus de 900 mosquées contrôlées par le réseau DITIB (Diyanet) en Allemagne. « Dans mon éducation religieuse, on m’a enseigné que l’islam ne devait jamais servir les intérêts des groupes particuliers et qu’il est au-dessus de toute influence pour que chaque croyant puisse forger sa propre opinion sur les principes qui le guident dans sa vie », précise l’électricien qui milite pour alerter les fidèles de son quartier.
Le cas dénoncé par Kamil Aslan n’est pas vraiment isolé même s’il a peu de chance de faire changer les choses au sein de la communauté, selon les observateurs de Rheda-Widenbrück. De nombreux exemples et témoignages recueillis en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Turquie évoquent des cas similaires d’instrumentalisation politique des lieux de culte au profit de l’AKP seul ou plus spécifiquement pour soutenir les choix politiques de l’actuel président turc.
DES LIENS ENTRE LE RÉSEAU DIYANET EN EUROPE ET LES AUTORITÉS TURQUES
En Belgique, l’association internationale Diyanet de Belgique (AIDB) regroupe quelque 70 mosquées et compte parmi ses administrateurs des « membres liés par un titre » à l’ambassade de Turquie. Bien que les liens entre les mosquées Diyanet en Europe et les autorités turques soient plus qu’évidents et qu’au sein même de la communauté turque ce lien soit même perçu comme un gage de confiance, les parties continuent de prétendre que les mosquées Diyanet en Europe n’ont aucun lien avec les autorités turques. La confusion s’explique par l’existence d’une Fondation religieuse turque (Türk Diyanet Vakfi, TDV) qui n’est pas un organe de l’État et qui jouit donc d’une plus grande flexibilité pour acquérir, construire ou gérer les ressources et les mosquées du réseau de musulmans turcs.
L’usage politique par l’AKP du réseau Diyanet en Europe semble avoir déjà fait ses preuves lors des trois derniers scrutins électoraux avec des scores frôlant les 70 % en Autriche, en Belgique et aux Pays-Bas en faveur de l’AKP auprès de l’électorat turc en Europe pour un taux de participation dépassant les 40 %. Ainsi, lors du meeting du président turc Recep Tayyip Erdogan le 10 mai 2015 à Hasselt, les militants de mosquées Diyanet en Belgique, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas ont été largement actifs pour remplir la salle en invitant les Turcs d’Europe à offrir un accueil triomphal en Belgique au président turc. Dans une lettre envoyée le 6 mai 2015 par l’attaché aux affaires religieuses de l’ambassade de Turquie en Belgique, on peut lire que « chaque mosquée a droit à un bus de 50 personnes. Si besoin, un deuxième bus peut être mis à disposition. Les responsables religieux ainsi que les présidents de mosquées sont par ailleurs chargés d’informer et de fournir des affiches aux citoyens turcs lors de la prière hebdomadaire du vendredi ». La mobilisation a été visiblement totale. Sur la scène d’Ethias Arena à Hasselt, parmi les organisations partenaires on pouvait ainsi découvrir le logo de la Diyanet belge à côté d’autres structures proches de l’AKP. Pour les dirigeants de la Diyanet belge, il ne peut être question d’un choix politique puisqu’il s’agit d’assister à un meeting (certes en campagne électorale) du Président de la République qui constitutionnellement est au-dessus des partis politiques. Seulement aussi dans le discours d’Erdogan que sur le podium, il ne pouvait y avoir de doutes raisonnables sur le but de l’événement.
UN CANAL POUR RÉCOLTER DES SUFFRAGES
Plus tard, refoulé cette fois de Bruxelles en octobre 2015, le président Erdogan se rabat sur la salle du Zenith à Strasbourg (France) pour organiser son grand meeting de soutien à l’AKP en vue de convaincre l’électorat turc de « corriger » son vote suite à la perte, pour la première fois depuis 2002, de la majorité parlementaire par l’AKP lors des élections de juin. La presse française notera à nouveau que les responsables des mosquées affiliés à la DITIB (Diyanet) ont distribué des billets d’entrée à leurs membres et que le logo de l’organisation figurera sur la scène du Zénith. « Le réseau Diyanet n’est en réalité qu’un des canaux utilisés par l’AKP pour récolter les suffrages ou influencer les citoyens turcs en Europe en fonction de l’agenda fixé par le président Erdogan. D’autres réseaux très influents comme l’UETD (Union of European Turkish Democrats), la Direction des Turcs de l’étranger (YTB) servent aussi de relais et on constate que de nouvelles associations d’hommes d’affaires se structurent à Bruxelles pour appuyer ce lobbying en faveur des intérêts d’Erdogan et ses proches », déclare Mete Öztürk, rédacteur en chef de Zaman Belgique , un journal réputé proche du mouvement Gülen, ex-allié devenu ennemi juré du pouvoir turc.
L’affiliation d’une mosquée à la Diyanet, moyennant souvent le transfert de la propriété de l’immeuble au réseau, permet surtout aux fidèles d’accueillir les services d’imams fonctionnaires envoyés et payés par la Diyanet en Turquie. Plusieurs requêtes ont été introduites sans succès auprès de la Diyanet en Turquie pour avoir accès aux budgets détaillés de l’institution ou à la liste des imams en poste à l’étranger. « Il n’y a aucune mosquée à l’étranger qui appartient à notre Présidence des affaires religieuses. Notre administration ne fait qu’envoyer des responsables religieux (imams) faisant suite à la demande en provenance des associations de la société civile créées conformément aux législations en vigueur des pays concernés. Mis à part ce soutien logistique, notre administration n’entretient aucune relation officielle avec les associations concernées », réplique l’administration de la Diyanet pour chaque demande d’information. Une opacité de fonctionnement et financière qui permet aux détracteurs de regarder avec suspicion ce mélange entre institution religieuse, gestion des fonds publics et parti politique. Un appel à la démission de Mehmet Görmez, le Président de la Diyanet en Turquie, a été réclamé par plusieurs membres de l’opposition suite à un véhicule blindé d’une valeur de 350.000 euros qui lui avait été offert par Erdogan. Un audit de la Cour des comptes en Turquie souligne l’absence de justification budgétaire de la Diyanet pour plus de 7 millions d’euros mais les questions parlementaires restent sans réponse.« Malheureusement, lors de la campagne électorale pour les élections législatives du 1er novembre 2015, nous avons pu constater que le réseau DITIB / Diyanet en Europe faisant scandaleusement la propagande de l’AKP. D’ailleurs, quelques jours après les élections qui ont permis à l’AKP de retrouver sa majorité absolue, le parti a envoyé une lettre de remerciement aux imams et aux dirigeants Diyanet en Allemagne. Je pense que tout est dit sur le nouveau rôle des mosquées turques en Europe », réagit Eren Erdem, un député du CHP (Parti républicain du peuple, membre de l’opposition).
LE FINANCEMENT DU RÉSEAU ASSURÉ PAR LES FIDÈLES
Le financement du réseau Diyanet en Europe est quant à lui assuré par les dons de fidèles, la gestion de sociétés d’organisation du pèlerinage, de sociétés de pompes funèbres pour organiser le rapatriement des corps en Turquie, l’organisation des activités sociales et culturelles en vue de récolter des dons ainsi que des financements en provenance des cercles d’affaires en Turquie. Ainsi, comme le démontre l’analyse du montage financier de DITIB-Strasbourg pour créer une faculté théologique de formation de ses imams en Europe permet de comprendre l’intérêt pour les dirigeants de mosquées en France d’être proche du parti au pouvoir en Turquie. A travers la mise sur pied d’un « fonds de dotation éducatif et culturel de Strasbourg » (FODECS), le réseau DITIB arrive à récolter en quatre ans près de 15 millions d’euros essentiellement grâce aux soutiens d’Erdogan auprès du monde des affaires en Turquie ainsi qu’un apport direct financier de la Fondation Diyanet en Turquie, des associations Diyanet en Europe et du consulat turc en France. En 2013, le FODECS achète un appartement pour 246.000 euros afin de le mettre gratuitement à disposition de son président. C’est peut-être ce type d’avantages (une voiture, un appartement) et de ressources financières permettant le développement du réseau qui motivent certains dirigeants à être plus proches du pouvoir en Turquie.
Dans les années 2000, plusieurs gouvernements européens ont tenté de « nationaliser » leur gestion de l’islam. Dix ans plus tard, l’échec est patent : ce sont toujours les pays étrangers qui tirent les ficelles dans le secteur et la Turquie représente l’un des meilleurs exemples à ce sujet puisqu’elle offre une sous-traitance de l’islam qui ne coûte rien aux budgets européens en échange d’un contrôle politique toujours plus évident pour le parti d’Erdogan.
Pays / Nombre d’organisations membres du réseau Diyanet
Allemagne : 916
Autriche : 58
Belgique : 68
Danemark : 27
France : 214
Pays-Bas : 143
Le webdocu Turkish Puppets 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
INSTRUMENTALISATION POLITIQUE DE L’ISLAM
Avec de pareilles pratiques qui participent de la confusion entre le politique et le religieux, la Turquie s’éloigne de plus en plus de son rêve de rejoindre l’Europe. Erdogan est à l’islam ce que Poutine est à la religion orthodoxe. « En Belgique, l’association internationale Diyanet de Belgique (AIDB) regroupe quelque 70 mosquées et compte parmi ses administrateurs des « membres liés par un titre » à l’ambassade de Turquie » « lors de la campagne électorale pour les élections législatives du 1er novembre 2015, nous avons pu constater que le réseau DITIB / Diyanet en Europe faisant scandaleusement la propagande de l’AKP. »
C’est dire combien l’européen moyen ignore tout des méthodes douteuses auxquelles a recours Erdogan pour inciter les Turcs d’Europe à voter en faveur de l’AKP. Tout bien réfléchi cette manipulation n’est pas de nature différente de celle à laquelle ont recours les islamistes de toute farine.
MG



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CEB, CE1D: pourquoi les épreuves externes font polémique

L.V. La Libre Belgique


Conçues et gérées par des personnes externes aux établissements scolaires, les épreuves externes interrogent les élèves sur la base d’un test identique. L’épreuve a pour objectif de vérifier l’acquisition de compétences minimales que l’ensemble des élèves devrait acquérir.
Un outil d’évaluation
"De mémoire, je ne connais pas de pays qui n’aurait pas d’évaluations externes!". Marc Romainville, responsable du service de pédagogie universitaire à l’Université de Namur, juge "indispensables" les épreuves externes, qu’elles soient certificatives ou pas. "En évaluant tous les élèves de la Fédération Wallonie- Bruxelles sur la base d’un même test, cela permet aux écoles qui reçoivent les résultats de leurs élèves de s’évaluer. De déterminer s’il y a un problème, et dans quelle branche. Au contraire, elles peuvent permettre de relever les points positifs", explique-t-il.
Ces épreuves permettraient donc, avant tout, "de recadrer le tir" en cas d’éventuels manquements dans des matières et de se situer par rapport aux objectifs fixés par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Marc Romainville souligne également l’utilité du test comme évaluation pour les enseignants. "C’est un outil qu’ils apprécient particulièremen t. Avoir un test précis avec des questions précises leur permet d’avoir les idées claires sur l’enseignement à avoir".
François Ska, directeur du Collège Roi Baudouin à Schaerbeek, soutient ce point de vue. Il souligne toutefois que la variabilité de la difficulté des tests ne permet pas une comparaison optimale. "L’examen de français du CE1D était ridiculement facile tandis que celui de mathématique l’était moins. Les examens externes n’ont jamais le même niveau de difficulté. On le remarque surtout pour le CEB".
De plus, les clefs données aux professeurs pour corriger les tests ne seraient pas cohérentes. "Par exemple, pour le CESS, la consigne stipule que l’élève a un espace imparti pour donner sa réponse. Dans les fiches d’évaluations données aux professeurs, il n’est mentionné nulle part que l’élève doit être sanctionné s’il répond au delà ou en deçà de l’espace prévu. Les normes données ne correspondent tout simplement pas aux exigences".
Un test équitable?
Pour le pédagogue namurois, les épreuves externes seraient favorables aux élèves. Evalués sur la base d’un même test par un personnel externe à leur établissement, la note serait selon lui, "plus neutre".
Un argument que réfute totalement le directeur du collège pour qui de telles évaluations ne peuvent, en pratique, être équitables. "Il est illusoire de croire cela. On ne peut suivre rigoureusement la même cotation. En pratique, il reste les délibérations, les conseils de classe, etc."
DES ÉPREUVES GÉNÉRATRICES DE STRESS
Les deux spécialistes soulèvent tous deux un danger à éviter pour les enseignants: celui d’appliquer le principe du "learning for the test" - "apprendre pour le test", qui consiste à baser les cours donnés tout au long de l’année sur la réussite du test et non sur l’acquisition de compétences.
Marc Romainville insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne faut pas imposer trop d’évaluations externes aux élèves "Elles sont synonymes de pression tant pour les élèves que pour les professeurs. De plus, leur coût est assez élevé. Il ne faudrait pas trop en faire", défend-il.
Le directeur du collègue va jusqu’à dire que de tels tests déstabilisent professeurs et élèves. "Cela demande une grande organisation, tant pour les directeurs que pour le personnel. Les nouvelles mesures de sécurité entrées en vigueur cette année et le fait qu’ils s’agissent parfois d’épreuves qualifiantes ajoutent une pression supplémentaire pour l’élève et le professeur. Un élève qui voit son professeur stressé car il attend une directive le sera aussi. La Fédération a préféré mettre la priorité sur la sécurité plutôt que sur la pédagogie". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE BUT DE L’ENSEIGNEMENT N’EST PLUS LA FORMATION DE L’ESPRIT MAIS L’ACQUISITION D’UN DIPLÔME 

Il y a longtemps que l’école s’égare, Paul Valéry le constatait déjà quand il écrivait en 1930 dans ses propos sur l’intelligence :
Le diplôme fondamental, chez nous, c’est le baccalauréat. Il  a conduit à orienter les études sur un programme strictement défini et en considération des épreuves qui avant tout, représentent, pour les examinateurs, les professeurs et les passions, une perte totale radicale et non compensée, de temps et de travail. Les programmes scolaires ont pour but unique de conquérir ce diplôme par tous les moyens. Le but de l’enseignement n’étant plus la formation de l’esprit mais l’acquisition d’un diplôme. C’est en considération du diplôme, par exemple, que l’on a vu se substituer à la lecture des auteurs l’usage des résumés, des manuels, des comprimés de sciences extravagants, les recueils de questions et de réponses toutes faites, extraits et autres abominations. Il en résulte que plus rien dans cette culture adultérée ne peut aider ni convenir à la vie d’un esprit qui se développe. (in Variété ; p.1076, tome 1, La Pléiade)
L’éducation ne se borne pas à l’enfance et à l’adolescence. L’enseignement ne se limite pas à l’école. Toute la vie, notre milieu est notre éducateur, et un éducateur à la fois sévère et dangereux. Sévère, car les fautes ici se payent plus sérieusement que dans les collèges et dangereux, car nous n‘avons guère conscience de cette action éducatrice, bonne ou mauvaises du milieu et de nos semblables.
Nous apprenons quelque chose à chaque instant ; mais ces leçons immédiates sont en général insensibles. Nous sommes faits, pour une grande part, de tous les événements qui ont eu prise sur nous ; mais nous ne distinguons pas les effets qui s’accumulent et se combinent en nous. (ibid. p. 1080)
Nous n’imaginons guère encore que le travail mental puisse être collectif. (ibid. p. 1083)
Le sport intellectuel consiste dans le développement et le contrôle de nos actes intérieurs. Ainsi faudrait-il, dans l’ordre de l’intellect, acquérir un art de penser, se faire une sorte de psychologie dirigée... C’est la grâce que je vous souhaite. (p. 1083)
Paul Valéry


lundi 20 juin 2016

La réussite de l'élève ne se trouve pas dans le CE1D, mais ailleurs



Suite aux épreuves de CEB et de CE1D, de très nombreuses réactions ont été publiées sur les réseaux sociaux et nous sont parvenues afin de dénoncer la facilité voire la médiocrité de certaines épreuves. Dans ce contexte, nous vous proposons de découvrir l'opinion de Stéphanie Marigliano, professeure dans le secondaire et internaute de LaLibre.be.


Vendredi soir, alors que ma fille dort paisiblement et que mon compagnon est absent, je me mets au travail pour corriger ces fameuses épreuves externes du CE1D de français que mes élèves ont passées la veille. A l’aide de la grille de correction préparée par des inspecteurs, je m’engage assidûment à la tâche, avec, en toile de fond, un album des grands succès de Renaud, anecdote futile me direz-vous, pas tant que ça…
Je commence par l’épreuve de compréhension à la lecture, qui comprend, entre autres, une nouvelle de Jean-Claude Mourlevat, intitulée « Case départ ». Je poursuis par la compréhension à l’audition, qui consiste en une interview sur le thème de l’orthographe. Et enfin, j’en arrive à l’expression écrite pour laquelle les élèves doivent rédiger un avis argumenté concernant la nouvelle précédemment lue. Rien de bien compliqué à vrai dire…
Je commence. 3 points par-ci, 1 point par-là, 0 ici, 3 là… Autant de points à attribuer pour chaque question, sans hésitation possible, sans nuance possible. Je m’exécute tel un bon petit soldat, avec mon correctif qui me sert de garde-fou. Et puis, venues de très loin, j’entends ces paroles …
« Quand j's'rai grande
j'veux être heureuse,
Savoir dessiner un peu,
Savoir m'servir d'une perceuse,
Savoir allumer un feu,
Jouer peut-être du violoncelle,
Avoir une belle écriture,
Pour écrire des mots rebelles
À faire tomber tous les murs ! »1
Et là, tout à coup, l’absurdité de la situation me saute aux yeux. Je suis en train d’évaluer le travail de mes élèves à travers une épreuve imposée, alors que cette semaine, ils m’ont montré à quel point ils avaient acquis bien d’autres richesses… Carole a lu un texte libre en s’accompagnant de son violon laissant le groupe classe médusé ; Lucie a expliqué combien elle a appris, cette année, à travailler en groupe et à avoir confiance en elle ; Marine a lu à la classe un texte qu’elle a entamé le 1er septembre et qu’elle a terminé le 8 juin. Son texte fait 52 pages et est digne d’un grand écrivain ; Paul a expliqué à la classe ce que sont la dyslexie et la dysorthographie ; Oscar a exprimé combien il était fier d’avoir réussi à terminer la lecture d’un roman… pour la première fois ; Siméon a aidé Candice à installer le projecteur pour qu’elle puisse présenter sa recherche en latin, Stéphane et Pierre ont récité à l’unisson et du haut de leurs 12 ans, « Demain dès l’aube » de Victor Hugo ... Autant de situations dont on ne peut mesurer l’impact, la valeur au travers d’une épreuve standardisée. Et pourtant, les voilà les réussites ! Non pas ces pseudo-réussites dont vont se targuer nos dirigeants pour se donner l’illusion que l’enseignement en Belgique se porte bien. Mais ces vraies réussites, celles qui font que ces jeunes grandissent, apprennent des autres, réfléchissent, deviennent libres ; ces réussites qui font que ces jeunes seront probablement mieux capables que quiconque de faire tomber les murs, de rendre la société un peu plus juste et un peu plus humaine ; ces réussites qui font du bien au moral parce qu’elles sont vraies, authentiques et tellement nécessaires.
Au-delà des débats sans intérêt qui abondent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux à propos de la difficulté (ou non) de l’épreuve (« Mes élèves ont travaillé pour rien », « L’épreuve était tellement facile », « c’est du nivellement par le bas »), je préfère de loin m’offusquer de l’existence même de ces épreuves. Ces épreuves annihilent le travail mené chaque jour, ce travail authentique, lié à la vie et naturel, dont les graines semées seront les jalons de la société future.
Et puis, finalement, heureusement que je travaille dans une école qui vit réellement les valeurs qu’elle défend. Car même si, au final et parce qu’il le fallait bien, j’ai terminé ces corrections et encodé les résultats, je sais que j’aurai très bientôt l’occasion de dire à mes élèves combien je suis fière d’eux : pas pour le CE1D, mais pour tout le reste ! Je leur écrirai un bulletin sans notes, sans classements, sans compétition déguisée, mais un bulletin fait de commentaires écrits, détaillés, nuancés où j’aurai cette liberté de leur exprimer combien je suis fière et émue de constater le chemin qu’ils ont parcouru, les apprentissages qu’ils ont acquis, les relations sociales qu’ils ont développées, leur maturité, leur esprit critique et leur faculté à identifier, du haut de leurs 12-14 ans, les qualités et les richesses de chacun.
Et pour cela, ils auront tous brillamment réussi !
1Extrait d’une chanson de Renaud, « C’est quand qu’on va où ? » 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FISHING FOR COMPLIMENTS ? 

Bravo madame la professeure pour le travail accompli avec vos élèves en une année scolaire. Non, vos élèves n’ont pas travaillé pour rien. Vous me faites penser à Bernard Blier incarnant Célestin Freinet  dans l’inoubliable école buissonnière de 1948 dans lequel il réussit des merveilles avec une bande de jeunes villageois incultes à qui il instille la confiance en soi. ( à consulter  d’urgence sur You Tube si vous ne l’avez pas  encore vu https://www.youtube.com/watch?v=7OnE7tqNJm0)
Mais pourquoi ce mépris à l’égard d’une épreuve standardisée destinée à repêcher des élèves qui n’ont pas eu cours avec vous ou avec Célestin Freinet. Même lui, met un point d’honneur à faire réussir tous ses élèves  aux épreuves du certificat merveilleusement caricaturées du reste : une des scènes clé du film.   
S’il fallait instruire le procès de l’école en communauté française, je plaiderais, comme vous, à charge et j’y mettrais tout mon cœur. Ce serait injuste, évidemment. L’école ? Une machine à rendre compliqué ce qui pourrait s’expliquer simplement. Cela exigerait des maîtres et des maîtresses comme vous qui comprennent vraiment leurs élèves, qui n’aient pas peur de la classe qui terrorise tellement d’enseignants.
Souvenez-vous de l’arrivée du nouveau maître (Bernard Blier dans le rôle de Célestin Freinet) dans l’ « école buissonnière » (1948) : les recommandations de l’ancien maître, le père de la jolie institutrice. Voir et revoir…Blier parfait dans ce rôle.
Ne pas être du côté de la matière contre la classe mais avec la classe contre la matière, comme disait mon ami Guy, le meilleur des instits,  le pire des directeurs qui, comme vous,  exigeait qu’ils fassent tous comme lui.
« On est en retard sur le programme » Que n’ai-je entendu ces balivernes. J’aurais fait moi aussi un drôle d' instit brouillé avec le programme, le système et son dirlo.
Dernièrement, je me suis retrouvé à un dîner de chefs d’écoles. Je me demandais ce que j’avais de commun avec mes anciens collègues. Le lendemain je suis allé rejoindre mon vieil ami Pierre-il fut mon directeur- qui fait des patiences, en sirotant sa  Rochefort, dans sa cuisine en écoutant Jean Sébastien sur son vieux radio-cassettes. Pierre, docteur en sciences didactiques c’est un peu le Léautaud de la pédagogie, il ne voit presque plus et n’est plus que mémoire, quelle mémoire. Blier dans l’école buissonnière c’était lui, une vie durant.
Comme vous en somme.
MG

Verhofstadt propose d'utiliser le Brexit pour faire avancer l'UE

BELGA
La Libre


Quel que soit le résultat du référendum sur l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, cette dernière ne pourra se passer d'une convention qui réglera aussi d'autres sujets fondamentaux pour son intégration, a affirmé dimanche le chef de groupe des libéraux au parlement européen, Guy Verhofstadt.
"Que ce soit oui ou non, on ne peut pas continuer comme ces trente dernières années, avec une Grande-Bretagne qui a un pied dedans, un autre dehors", a déclaré M. Verhofstadt dans l'émission Les Décodeurs (RTBF) ainsi qu'au Zevende Dag (VRT).
L'accord avec le Premier ministre britannique David Cameron crée certes un statut spécial pour le Royaume-Uni qui devient ainsi une sorte de "membre associé" de l'UE, comme les pères fondateurs de l'Europe Paul-Henry Spaak ou Jacques Delors l'avaient imaginé, relève l'ancien Premier ministre belge.
Mais pour M. Verhofstadt, ce débat doit surtout être l'occasion de lancer avec le Parlement européen une convention qui réglera d'autres enjeux majeurs de l'Union comme la gouvernance de la zone euro, la communauté de défense ou les politiques de migration et d'asile.
"Utilisons, abusons de ce Brexit, de cette affaire britannique, pour faire des pas en avant dans une Europe plus efficace et intégrée", a affirmé M. Verhofstadt. Il juge qu'actuellement, l'Union se réduit à une confédération d'Etats-Nations où les règles de l'unanimité génèrent des prises de décision trop lentes et des mesures trop faibles.
A ses yeux, un "Brexit" serait "catastrophique" pour le Royaume-Uni et les trois économies voisines que sont l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique. Mais il le serait davantage encore d'un point de vue géopolitique, en présentant une Europe divisée face à la Russie de Vladimir Poutine ou aux terroristes.
Quant à la campagne sur le référendum britannique, elle est "brutale". "C'est devenu une bataille très rude non pas sur l'Europe, mais sur l'immigration. On ne parle plus du projet européen et des avantages de l'Union", a-t-il déploré. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PLUS D’EUROPE ET MOINS DE NATIONALISME 

« Guy Verhofstadt concède que certaines critiques des eurosceptiques ne sont pas tout à fait erronées, mais la conclusion qu'ils en tirent n'est pas la bonne selon lui. "Ça ne doit pas être un recul vers le nationalisme et le populisme, mais une réforme en profondeur de l'Union européenne", notamment avec un groupe de pays d'accord pour avancer vers plus d'intégration (Benelux, France, Allemagne, Italie, Espagne, etc). »
Guy Verhofstadt, l’infatigable, l’inoxydable député européen de signature libérale que les Britanniques ont éloigné de la présidence, poussé par un ressort inouï, sort à nouveau de sa boîte avec sa coiffure à la diable. Et de faire un tabac médiatique à la VRT.
« Les incertitudes fondamentales qui touchent actuellement l’union européenne ne découlent pas uniquement de la possibilité réelle de perdre la Grande-Bretagne en cours de route et, pourquoi pas d’autres pays dans la foulée. Les dirigeants des nations européennes semblent en effet toujours plus résolus à reprendre les pouvoirs trop facilement concédés à Bruxelles pour prétendument mieux protéger leurs compatriotes » Dany Cohn-Bendit dans la préface du « mal européen » de Guy Verhofstadt un livre qui entend « réactiver notre imaginaire politique »
EXTRAITS :
« Notre marché et notre monnaie  sont en grande partie uniques, mais notre politique ne l’est pas. Le point négatif de la prise de décision politique concerne toujours les États-nations. Mais puisque certains Etats, l’Allemagne en tête, jurent par l’orthodoxie et que d’autres, comme la France et l’Italie, veulent baisser la garde, il ne se passe finalement rien. Les citoyens sont tenus à l’écart et commencent à jouer massivement la carte des partis nationalistes et anti européens. » p.25
« Inévitablement surgit l’image d’une civilisation en déclin. » p. 29
« Le penseur et démographe français Alfred Sauvy craignait que l’Europe ne devienne une société de personnes âgées qui habitent dans de vieilles maisons et ruminent de vieilles idées. Pouvons-nous encore sauver cette Europe fatiguée qui dépérit ? Pouvons-nous encore nous réinventer ? »p. 30
« Celui qui veut se faire une place dans le monde moderne doit commencer par créer une unité. Les pays qui sont nos concurrents ne sont plus des États-nations du XIXe siècle, mais de grandes puissances continentales auxquelles nous devront tenir tête. L’unité implique une seule société politique et une seule défense. Ce n’est qu’ainsi que le nain Europe pourra de nouveau jouer un rôle majeur sur la scène internationale. » p.84
« Le projet européen avait initialement pour objectif de guérir une fois pour toutes les Européens de la pathologie nationaliste. Le nationalisme, même dans ses formes radicales, est en train de regagner du terrain » p. 86
« Il est illusoire de penser qu’une identité nationale peut nous protéger des dangers qui hantent le monde. » p. 95
« Contrairement à ce qu’affirme la vision réductionniste de l’identité prônée par les nationalistes, les hommes ne font pas qu’hériter de leurs caractéristiques et de leur personnalité, il les créent les façonnent également en grande partie. Dans le monde moderne, les êtres humains et toujours, et de plus en plus, sont leur propre artisan » p. 67
« L’identité peut également être à l’origine d’un comportement conformiste à l’extrême, qui ne laisse plus aucune place à la pensée critique » p. 98
« La jeune génération dans quel État membre qu’elle vive, croit en l’Europe, elle ne se laisse pas emprisonner dans le carcan de leur prétendue identité nationale et ne se laisse pas arrêter par les frontières nationales. Elle sait que l’avenir de l’Europe et celui de l’union européenne sera post national ou ne sera pas. P. 100
« La zone euro ne pourra fonctionner convenablement que lorsque nous aurons construit une union économique et politique, en plus de l’union monétaire, avec tout ce que cela implique : un gouvernement, un trésor public, un contrôle démocratique des décisions prises à la majorité. » p. 301 « Cela implique 1 nouveau transfert de souveraineté au profit d’institutions démocratiques et représentatives au niveau européen. À défaut le risque de sombrer encore plus profondément est bien présent » p. 302
« Une monnaie intégrée requiert une économie intégrée. »p. 341
« La mondialisation ronge implacablement notre souveraineté nationale. Qu’il s’agisse de la crise bancaire, du réchauffement climatique, de la fraude internationale ou de la criminalité organisée, nous ne pouvons que constater que seul l’échelon européen est en mesure d’apporter une réponse efficace à tous ces problèmes. Ce qui implique que nous devons oser faire le choix des institutions européennes plus fortes et d’un État fédéral européen. » p. 379
« L’Europe est gravement malade » p.409
« Même si nous partageons largement une culture et une histoire commune, nous ne parvenons pas à jouer collectif en tant que groupement de 28 nations » p. 410
« La majeure partie des électeurs, aussi bien de gauche que de droite, en a assez de l’union actuelle, une union qui ne fonctionne pas de manière satisfaisante, mais ils ne veulent en aucun cas jeter par-dessus bord le projet européen. L’Européen moyen veut une union profondément réformée : une union plus efficace, démocratique étendue et transparente. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une vision et d’hommes et de femmes d’État qui prennent les choses en main, qui trouvent leur inspiration dans un projet de grande envergure englobant tout le continent. » p.412
« Comment être plus fort dans un monde en mutation constante ? Nous ne devons pas nous laisser guider par le parti pris ou la peur, mais par notre volonté de jouer encore un rôle significatif dans le monde de demain une Europe fédérale est la seule option » p.413
Le volontarisme politique et européaniste  de Guy Verhofstadt est sidérant. L’évolution politique de l’ex Baby Thatcher ne l’est pas moins. Cela force le respect. Son livre roboratif est dédié au socialiste Pul Henri Spaak et préfacé par un écolo. Il faut le faire.
MG



LES NATIONALISMES CONTRE LA NATION 

Jean Daniel l’Obs

Le retour à l'idée de Nation et la réflexion sur ce concept se fraient un chemin depuis quelques années, à vrai dire depuis la fin de la guerre d'Algérie. Rappelons que, pour ce qui nous concerne, nous n'avons cessé d'alerter l'opinion sur la nécessité "de ne pas abandonner la Nation aux nationalistes".
C'était notre formule. Nous l'avons développée chaque fois que l'on pouvait observer une évolution de la droite vers l'extrême droite et, d'autre part, au centre et à gauche un débat non dépourvu d'anxiété sur la définition de la Nation et l'opportunité de la défendre. Ceux-là mêmes qui combattaient le racisme avec le plus de sincérité en arrivaient à trouver suspectes les enquêtes trop fréquentes à leurs yeux sur son émergence.
Il y a eu l'Europe, bien sûr, dont le rêve transnational pouvait compenser le patriotisme. Il y eut les révolutions populaires d'Islam, qui tentaient de s'enraciner dans les nations hospitalières. Il y a eu toutes les difficultés de la mixité, du brassage et du mélange ; il y a eu enfin les ambitions compétitives des grandes puissances aux dépens des nationalismes dans les pays de moyenne envergure. Tout cela explique, résume, conduit à la compréhension, mais il reste que tout finit par déboucher sur un nationalisme exacerbé quand il devient religieux et nihiliste quand il se veut mystique.
CONFUSIONS IDÉOLOGIQUES
Depuis la réapparition du terrorisme de masse et avec les cinquante morts d'Orlando en Floride, les partisans d'un refus total de l'immigration vont voir leur audience augmenter aux Etats-Unis bien sûr et chez nous en France dans les contextes électoraux. Il se trouve des militants ou des partis dont le programme contient tout simplement "non à l'immigration". C'est le cas du Front national, qui, sur ce point et dans ce domaine, ne se préoccupe plus de nuancer ou d'atténuer ses prises de position. Ce "non à l'immigration, c'est une date, c'est un programme, c'est une menace.
Depuis qu'il croit à son avenir politique prochain, le Front National a transformé la présentation de son programme. Il avait fait un saut peu remarqué en choisissant de préférer l'anti-islamisme à l'antisémitisme. Ce à quoi on dit qu'un certain nombre de juifs de France n'ont pas été insensibles.
Dans une telle perspective, on peut redouter des confusions idéologiques sans précédent. Si, comme le dit l'un des penseurs de Marine Le Pen, Florian Philippot, les héros de la Nation, selon ses vœux, ne doivent pas reculer au contraire devant la proclamation du respect dû au général de Gaulle, à Jaurès et même à Léon Blum, alors ces nouveaux utopistes peuvent très bien rêver de supprimer la droite et la gauche, et toutes les raisons qui avaient animé les combats populaires depuis la Révolution.
LA PAIX IMPOSSIBLE
J'ai parlé d'un contexte électoral, mais il faut préciser à quel point la dimension de ce contexte est internationale. Tout cela se déroule au moment où l'on reparle de l'éventualité d'un retour à la guerre froide entre les puissances auxiliaires de la Russie et des Etats-Unis. Sans parler des turbulences entre la Russie et la Turquie, et sans oublier ce qu'il y avait de plus inattendu, à savoir le  rapprochment entre la Russie et Israël.
Le Premier ministre de ce dernier pays, Benyamin Netanyahou, est l'objet d'une enquête judiciaire au moment où sa diplomatie débouche sur des éclats singuliers. Cela dit, ce qui se passe en Israël ainsi que la résignation générale à l'impossibilité d'une paix avec les Palestiniens devraient préoccuper gravement les amis du petit Etat hébreu, lorsque le député de gauche Amir Peretz se permet d'accuser le Premier ministre Netanyahou d'être à l'origine de la recrudescence  du terrorisme, cela devrait faire réfléchir, et peut-être aussi faire réagir.
DIEU N'EST PAS UNE EXCUSE
Maintenant, faisons le point : la Nation n'est elle-même à nos yeux que lorsqu'elle est hostile au nationalisme. Et comme celui des nationalismes qui s'est avéré le plus dément, c'est bien sûr le nationalisme religieux, c'est ce qui me rend si attentif à la ligne politique inaugurée par le pape François.
Partout où il se rend, on ne peut pas et on ne doit pas se servir de Dieu comme excuse, prétexte ou loi de la propagation de la mort. Jamais que je sache l'Eglise catholique romaine et apostolique n'était allée aussi loin, jamais elle n'avait autant mérité d'être aussi universellement écoutée.
Jean Daniel 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L’EUROPE COMME  MEILLEUR ANTIDOTE CONTRE LE RETOUR DES NATIONLISMES 

Tout est dit, au lecteur de tirer ses propres conclusions, en toute autonomie.