mercredi 22 juin 2016

Alerte terroriste à City 2: "Un jour, ça va finir par exploser"

La Libre
ANÉMONE HUBAUT, ARNAUD FARR ET PA. D.


Ambiance tendue, ce mardi matin, dans la rue Neuve où est implanté le centre commercial City 2, suite à la fausse alerte à la bombe survenue à l’aube. "Je comprends qu’il faut prendre des dispositions en cas d’alerte, mais là, ça commence à faire beaucoup. Ma fille et ma femme, ne veulent plus venir au centre-ville, ça me fait de la peine", explique Raymond Vaxelaire, ancien directeur de l’Inno.
Eric, gérant d’un magasin en face du City 2, n’a pas pu accéder à son magasin à cause du périmètre de sécurité mis en place. "Un collègue m’avait averti de la situation. Quand je suis arrivé, j’ai vu une trentaine de voitures de police. Je me suis demandé ce qu’il se passait !", s’exclame-t-il.
Les commerçants installés au City 2 sont, eux, à bout de nerfs : "J’en ai marre de tout ça, explique Yann, gérant d’un commerce. Ca fait encore une journée de perdue, voire plus puisque les clients ne reviendront pas cette semaine. C’est frustrant !"
Après le lockdown consécutif aux attentats de Paris, l’impact du piétonnier sur les commerces du centre-ville, et les attentats de Bruxelles, les commerçants s’attendent à une nouvelle période de disette économique. "On sait très bien que City 2 est une cible potentielle des terroristes, et l’événement survenu ce matin ne va certainement pas contribuer à faire revenir les clients", expliquent Jennifer et Fatima, qui tiennent un commerce de vêtements dans le centre commercial.
Les deux jeunes femmes remettent en question la communication qui a été faite durant cette matinée éprouvante. "Nous avons pu accéder à notre commerce vers 10h15 mais nous n’avons reçu aucune information préalable, explique Fatima. Je suis choquée que City 2 ait rouvert si rapidement, ça donne un sentiment d’insécurité. Un jour, ça va finir par exploser et je ne serai pas étonnée ! Il s’agit quand même du plus grand centre commercial de Bruxelles."
Un avis qui diverge de celui de Grégory, qui tient son commerce de produits électroniques au premier étage du centre commercial. "Une fermeture prolongée aurait été néfaste pour mon chiffre d’affaires, déjà au plus mal depuis quelques mois. Mais on s’attend clairement à vivre un mois pénible en raison des menaces qui pèsent sur le centre. Je ne serai pas surpris non plus si un drame se joue ici !", explique celui qui déplore le manque de communication dans la gestion de la situation de ce mardi : "J’étais devant City 2 vers 9h30 et je n’ai pas pu rentrer. Mais je n’ai reçu aucune information, je ne savais pas si j’allais ou non travailler aujourd’hui !"
De son côté, Véronique Pirson, responsable communication de City 2, a décrit une ambiance stressante ce mardi : "On sait depuis la semaine dernière qu’une menace pèse sur City 2. Le climat est donc tendu, mais on espère que cela n’aura pas trop d’impact sur la fréquentation du complexe, déjà en baisse depuis plusieurs mois".

LE COMITÉ ST-JACQUES RÉCLAME DES INDEMNITÉS POUR LES COMMERÇANTS
Le comité de quartier Saint-Jacques s’est fendu d’un courrier au Premier ministre Charles Michel (MR) suite à la décision, survenue lundi, de fermer un certain nombre d’accès aux stations de métro.
"Les fermetures du métro ou des accès au métro à répétition ont sérieusement découragé les visiteurs de toute provenance à se rendre dans notre ville et dans nos commerces, et les dommages occasionnés à l’économie bruxelloise par ces mesures ne sont plus à démontrer", indique le comité qui estime également que ces annonces ont un effet pervers : "Le public qui craint désormais pour sa vie lorsqu’il emprunte le métro, appréhende tout autant de se rendre dans le centre de Bruxelles pour les mêmes raisons."
Rappelant les événements inédits que les commerçants du centre-ville supportent depuis des mois (lockdown, tunnels, attentats..), le comité Saint-Jacques réclame un statut identique à celui des victimes de catastrophes naturelles. "Les commerçants en apnée n’ont plus aucune trésorerie pour faire face à leurs obligations. Nous attendons des plus hautes autorités qu’elles prennent en considération nos pertes et proposent des indemnités conséquentes, sans contreparties, à l’échelle du préjudice moral et financier que nous subissons !"

DEUX COLIS SUSPECTS DEPUIS LE 22 MARS
Les alertes à la bombe et colis suspects sont fréquents dans les grandes villes après des attentats. City 2 et une partie de la rue Neuve ont déjà dû être évacués par deux fois depuis les attentats de Bruxelles : le 3 avril et le 13 juin. Les cas de fausses alertes se sont multipliés depuis les attentats de Paris en novembre 2015. C’est notamment le cas à la zone Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) qui recense 23 cas de fausses alertes, et à la zone Bruxelles Ouest (Jette, Molenbeek, Ganshoren, Berchem, Jette), qui a enregistré 20 appels. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PROBABILITÉ D’UN ATTENTAT À CITY II PARAÎT PEU CRÉDIBLE. 

En effet une bombe ou une fusillade ferait un nombre maximum de victimes parmi une clientèle majoritairement musulmane ce qui serait de nature à créer une vive hostilité contreproductive au sein des communautés musulmanes à l’endroit des islamistes. En revanche, je crois à une tentative de déstabiliser le commerce à City II. Il faut se demander à qui profite le crime. La fausse alerte à la bombe (mise en scène par qui ?) et le méga appareil sécuritaire ont  presque autant d’impact psychologique et dissuasif qu’un attentat réel.
On cherche à nous déstabiliser psychologiquement et économiquement et ça marche, il suffit d’interroger celles et ceux qui travaillent dans ce quartier sensible : ils sont terrorisés.
Ce qui ne fait aucun doute, c’est que volens nolens on est en train d’asphyxier Bruxelles  et singulièrement la zone qui jouxte le piétonnier de plus en plus contesté.
MG


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